Document 1. Carrière des Buttes-Chaumont en 1860. Le parc des Buttes-Chaumont en 1996. "Le gypse a été exploité dans la carrière des Buttes-Chaumont jusqu’en 1860. Le document 1 présente l’aspect du paysage à cette date. Puis, cet ensemble de 27 hectares a été transformé en un parc inauguré en 1867. Des travaux considérables ont été réalisés : apports de terre, construction d’allées, de ponts, d’un temple « romain » au sommet de l’île, création d’un lac, installation d’un ruisseau artificiel tombant en cascade devant une grotte (ancienne entrée de carrière) et alimentant le lac." De plus amples informations sur l’historique des Buttes-Chaumont peuvent être trouvées en consultant un document fourni par les gardiens du parc ou en consultant les panneaux à l’entrée du parc. Le gypse est encore visible, à l’affleurement, en un point du parc. Le gypse est une roche sédimentaire évaporitique qui donne, par chauffage dans des fours vers 120°, un matériau de construction : le plâtre. Le gypse est une roche blanchâtre, grise par altération et absorption de poussières, brillante comme du sucre sur une cassure fraîche (d’où son nom de gypse saccharoïde). Le gypse est soluble dans l’eau, mais en faible quantité (2,5g.L-1). Il se dépose dans des lagunes, par évaporation de l’eau de mer. Une autre roche peut-être trouvée aux Buttes-Chaumont : la meulière. La meulière est une roche siliceuse à l’aspect rouillé dû à l’oxyde de fer, généralement caverneuse, autrefois exploitée sur la butte. Elle constitue un matériel de construction. L’alternance entre les gypses et les marnes est également visible au même arrêt. Il est également possible d’observer des fontis. Au cours du trajet à pied, depuis le métro Ménilmontant vers les Buttes-Chaumont, on est amené à voir d’anciens regards.  Premier regard au 17, rue des cascades Deuxième regard au bout de la même rue. On sort métro Ménilmontant. Le premier arrêt est juste à la sortie du métro, place de Ménilmontant. On peut constater des fissures le long des murs de l’église, causées par un fontis. Ces lézardes marquant la présence de gypse vont pouvoir être observées tout au long du parcours. On emprunte ensuite la rue des Cascades; cette voie est à sens unique donc pratique pour surveiller les voitures (et les élèves), lors des différents arrêts. La rue de Ménilmontant qui lui est perpendiculaire, est fortement en pente ce qui indique le sens dans lequel coulait l’eau présente naturellement auparavant. Un premier regard est l’occasion d’un arrêt afin d’expliquer le rôle de ces points de prélèvements d’eau : il se situe au 17, rue des Cascades. Au 79-81 de la rue [ arrêt ], un bâtiment penche fortement à cause d’un fontis.  Un peu plus loin, à l’extrémité de la rue se trouve le deuxième regard. Lors d’un arrêt, on peut montrer aux élèves deux plaques qui se situent sur celui-ci : la première est écrite en latin donc laisse imaginer l’âge de cette bâtisse, et la seconde est une ancienne borne où est indiquée l’altitude du lieu, la valeur inscrite étant toutefois inexacte. Vers la fin de la rue des Cascades, avant la rue de la Mare, se trouve une plaque « Histoire de Paris » sur les sources de Belleville [ arrêt ]. On remonte donc la rue de la mare, puis une partie de la rue des Pyrénées. On aboutit alors dans l’avenue Bolivar que l’on emprunte jusqu’à l’arrivée aux Buttes-Chaumont. L’entrée se fait à l’angle de l’avenue Darcel avec l’avenue J. Liniers [ arrêt ]. A ce niveau, se trouve une plaque retraçant l’histoire du parc des Buttes-Chaumont. On peut s’attarder également sur une construction de briques rouges (donc attestant la présence de marnes, argiles) qui est fissurée. Sur les murs ont été apposés des rectangles blancs servant de repères pour visualiser l’avancée de ces fissures.  Panneau sur l’histoire de parc Maison de briques rouges à l'entrée On suit l’avenue Darcel puis l’avenue Alphand. On croise au passage l’avenue des Marnes. On tourne à droite et on longe alors une rivière artificielle. On déboule sur la route circulaire : au croisement se trouve un affleurement de gypse [ arrêt ].  Gypse :strates et rupture de pente; Marnes :s’écoulent selon une pente douce On reprend la route circulaire pour rejoindre une grotte [ arrêt ]. Celle-ci correspond à l’entrée de l’ancienne carrière.  A l’intérieur de la grotte : fontis, cascade et stalactites. Au plafond, le trou est un fontis naturel. Attention aux stalactites et la cascade qui, eux, ne le sont pas ! Le béton recouvre le gypse sous-jacent pour empêcher son altération. On continue sur la route circulaire et l’on voit de loin le temple de la Sibylle. C’est l’occasion d’un arrêt pour en faire un croquis. Le temple est le témoin du niveau primitif des terrains de gypse.  On parvient à l’entrée des Buttes, face à l’avenue Michal et à la mairie du 19ème arrondissement. C’est le moment du dernier arrêt pour voir une autre baraque de briques rouges penchée et fissurée. On peut aussi passer au stand ouvert par la mairie afin d’expliquer au public les travaux de restauration prévus sur le site : on y trouve des panneaux sur les caractéristiques du parc, son histoire passée et future. 3/ Objectifs pédagogiques• Etude d’une roche sédimentaire dans son contexte régional et local : utilisation du gypse pour les activités humaines, mise en valeur de l’ancien site d’exploitation. • Elaborer une production personnelle ou par groupe de deux élèves, portant sur l'un ou l'autre de ces points, à partir des renseignements obtenus lors des différents arrêts du circuit. Des consignes plus précises pourront être précisées. II/ L’exploitation de la sortie en classe• La production est rendue la semaine suivante. Une mise en commun sera alors faite en classe. • Une séance de travaux pratiques peut être mise en place afin d’étudier les comportements différents de deux roches : gypse et marne ; les élèves ayant déjà eu un aperçu de leurs caractéristiques (solubilité, dureté,..), ils pouront chercher eux-mêmes les tests à réaliser. Enfin, les connaissances apportées par la sortie seront réinvesties lors du cours afin de définir ce qu’est un paysage, puis plus tard pour illustrer les ressources du sous-sol utilisées par l’Homme. Auteur(s): Béatrice Adaine et Nathalie Aufruns (version réactualisée) |