Spectacles 2ème degré
Après une année passée à repérer pour vous les auteurs contemporains, cette fois, c’est le retour des classiques : Victor Hugo et Tchekhov, même si c’est « une » version de ce dernier au Théâtre Paris Villette… Sinon, c’est la saison des « Scènes ouvertes à l’insolite » du Théâtre de la Marionnette à Paris (ne pas manquer !) et encore un peu de cirque au Théâtre Monfort…
Coup de projecteur !
Scènes ouvertes à l’insolite – 9ème édition du festival
Théâtre de la Marionnette à Paris
Hélène Crampon : 01 44 64 79 70
Du 07 au 10 juin
au Théâtre de la Cité internationale
Comment questionner le monde et son histoire pour mieux l’appréhender ? Comment parler d’exil, de solitude, de blessures infligées par les guerres ou les catastrophes planétaires ? Les jeunes artistes invités dans cette 9ème édition ont l’audace et l’habileté de s’y atteler. Qu’ils travaillent seuls ou au sein de collectifs, c’est avec beaucoup d’inventivité, de sensibilité et de technicité que ces jeunes créateurs s’expriment, explorant le plateau comme un territoire qui recèle de multiples possibles. L’énergie qu’ils développent est sans doute à la source de l’engouement grandissant des spectateurs pour les arts de la marionnette. La nouvelle génération de marionnettistes s’impose d’emblée parmi les artistes dont il faudra assurément tenir compte dans les années futures.
Au programme :
- 22 parcours différents, composés chacun de 2 à 3 spectacles par soir pour découvrir plusieurs univers en une même soirée…
- 8 spectacles en salle
- 2 spectacles en extérieur
- 1 exposition ouverte tous les soirs du festival.
- 1 thé-philo sur le thème du paradoxe
- 1 rencontre professionnelle
Nouveautés
Quatrevingt-treize, de Victor Hugo, mise en scène Godefroy Ségal
Maison de la Poésie
Geneviève Brunet – 01 44 54 53 10
Du 02 au 20 mai
du mercredi au samedi à 20h,
le dimanche à 16h
J’ai souvent dit à mes enfants que la révolution française avait été un des exploits les plus titanesques de l’homme. Le pied d’Armstrong sur la lune est un pas de fainéant comparé à cette foulée sauvage qui a fait chuter plus de 1200 années d’histoire.
Hugo nous parlait de devoir. Pas celui de mémoire, de repentance, d’épanchement de sentiments. Non pas que cela soit inintéressant, mais Hugo, lui, faisait appel au devoir d’histoire. De savoir. De conscience. Pas un petit effort ressemblant à une minute de silence : ce devoir, cette « montagne » comme il l’aimait à l’appeler, ce 93 monumental, ce colosse, cette année mono-humaine, c’est une vie entière qu’il passa à la ressasser, la mastiquer, la ruminer, la réfléchir, la penser. Jeune, son cœur était tourné vers sa mère, la vendéenne. Plus tard, la raison lui révéla l’héroïsme, l’humanité de son père le républicain.
Et il n’y a pas de manichéisme là-dedans. Il y a du sentiment humain et de la complexité humaine.
Quatrevingt-treize est le dernier roman d’Hugo.
Cette œuvre testamentaire nous prend la main, nous citoyens, et nous rappelle la naissance de notre fragile liberté, de notre fragile égalité et de notre fragile fraternité. Godefroy Ségal.
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Visionnez un extrait du spectacle
Hernani, de Victor Hugo, mise en scène Margaux Eskenazi
Théâtre de Belleville
Léopoldine Leydier : 01 83 64 50 20
Du 20 avril au 03 juin ;
du mercredi au samedi à 21h,
le dimanche à 17h.
Je me suis emparée d’Hernani comme d’un cheval de bataille. A l’œuvre de combat et de jeunesse de 1830, j’y apportais une troupe, un plateau et de la passion. Je voulais des corps en pagaille, du sang, de la nourriture, des grands rires et des larmes. Je voyais les comédiens à l’horizon, l’insolence sur la scène et la parole du grand homme.
Un de ceux qui rêve d’un théâtre pour le peuple « populaire par la vérité, humain, naturel, universel par la passion », un de ceux qui démembre sans fléchir les alexandrins, coiffé d’un bonnet rouge. Enfin, un de ceux qui ne craint ni le sublime ni le grotesque en nommant le cochon par son nom.
Faire du théâtre à 25 ans, c’est dire « merde » et « encore » à la fois. Margaux Eskenazi
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Une mouette, d’après Tchekhov, mise en scène Isabelle Lafon
Théâtre Paris-Villette
Caroline Dietler : 01 40 03 72 38
Du 09 au 26 mai ;
les lundis, mercredis et samedis à 19h30,
les mardis, jeudis, vendredis à 21h
Tu vas rentrer dans la salle et tu verras un théâtre nu.... C'est ce que souhaitait Treplev pour la représentation de sa pièce, cette représentation qui ouvre La Mouette de Tchekhov.
Onze personnages. Tu ne verras pas onze acteurs.
Tu verras cinq femmes, là, devant toi. Elles vont se laisser emporter par La Mouette... s'emparant de tous les rôles. Liszt a transcrit les symphonies de Beethoven pour piano seul. Tu ne peux avoir le même effet qu'avec tous les instruments mais tu entends différemment. Comme au cœur de chacune des notes.
La pièce est amaigrie, comme Nina à la fin de l'acte quatre, mais « ses yeux sont plus grands ».
Tu vas te perdre un peu dans les noms, les personnages... Ça parle d'amour beaucoup, de théâtre beaucoup, et si l'on ne se perd pas dans l'amour et le théâtre, où veux-tu que l'on se perde ?
La musique s'approchera de toi. L'histoire s'approchera de toi dans cet abri théâtre ou dans le théâtre comme dernier abri. Tu fais partie de la pièce. Isabelle Lafon
Cirque
L’Art de la fugue, mise en scène Yoann Bourgeois
Monfort Théâtre
Aurélie Morisson – 01 56 08 33 84
Du 22 mai au 09 juin,
du mardi au samedi à 20h30
À l’origine le programme des Fugues rassemble une série de petites danses spectaculaires pour un homme et un objet, écrites précisément sur L’art de la fugue de Jean-Sébastien Bach, chacune dans un rapport singulier à un objet particulier.
Entre contrôle et chute, chaque fugue impose une prise de risque, tant physique qu’esthétique. Si chacune de ces danses se construit, à la manière de la fugue, autour d’un motif spécifique (la marche, la chute) qui se forme, se déforme et se reforme à l’infini, le motif principal qui les réunit est le point de suspension : présent absolu, endroit idéal lorsque l’envol d’un corps atteint son apogée et lorsque la chute n’a pas encore débuté, instant de tous les possibles.
C’est d’un poème visuel qu’il s’agit, sorte « d’architecture constructiviste » cherchant à matérialiser le temps, donnant une dimension éternelle de l’éphémère.
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spectacles-2nd-avril-mai-2012




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