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DVD " Mémoire demain" réalisé par l'Union des Déportés d'Auschwitz

Résumé

Intervention de Mme Hertu, IA-IPR Musique, au colloque du 24 Mars 2011 au lycée Louis Le Grand (Paris) sur "La transmission de la Mémoire".

Chapeau

A l'occasion de la sortie du DVD "Mémoire demain", un colloque a été organisé le 24 mars 2011 au lycée Louis Le Grand.

Contenu

« MÉMOIRE DEMAIN »
Intervention de Madame Hertu, IA-IPR d'éducation musicale, lors du colloque du 24 mars 2011 au lycée Louis Le Grand

Programmes d'enseignement de la musique

Les Programmes d'enseignement de la musique dans le second degré imposent aux professeurs des questions transversales  au collège et au lycée. Chacune est à traiter dans le parcours de l’élève, au travers d’une problématique d’étude resserrée et doit prendre appui sur des œuvres de référence qui sont choisies par le professeur.

  • au collège, deux questions paraissent particulièrement adaptées à  une problématique d’étude sur la mémoire de la Shoah : l'une est intitulée « Musique, fonctions et circonstances », l’autre, « Musique, intention et mémoire ». Tous les élèves sont alors concernés dans le cadre de la formation obligatoire.
  • au lycée, dans le cadre de l’option facultative offerte à un nombre plus restreint d’adolescents, j’ai relevé celle en classe terminale « L’œuvre et l’histoire », et dans une moindre mesure une autre en classe de seconde « Les rapports de la musique à la société » : toutes deux ont également pertinence à initier une problématique d’étude sur la SHOAH. Par ailleurs, des sections de spécialité musique et plus largement artistique(s) sont  implantées  dans plusieurs grands lycées parisiens : elles nourrissent des contenus et des pratiques musicales approfondies qui permettent des projets artistiques ambitieux ? C’est dans ce cadre que des projets  spécifiques sur la mémoire sont régulièrement  élaborés.

Axes clés des pratiques pédagogiques

Les pratiques pédagogiques de l’enseignement musical tournent autour de 3 axes clés :

  • la perception au travers de l’écoute et l’analyse d’œuvres
  • la production  au travers des pratiques musicales vocales et/ou instrumentales
  • la culture, par l’apport de connaissances sur les œuvres complétées de l’ouverture transversale Histoire des arts

Les professeurs d’Éducation musicale ont toute latitude pour aborder des œuvres de compositeurs  qui témoignent de la SHOAH. Ce peuvent être :

  • des œuvres écrites et produites au sein de l’univers concentrationnaire nazi (ex. opéra Brundibar à Terezin ou le Verfûgbar aux enfers de l’ethnologue G. Tillon au camp de Ravensbrück).
  • des œuvres de grands compositeurs qui  portent cette mémoire avec légitimité comme des Milhaud, Hindemith, Schoenberg, Korngold ou encore  des chants populaires de résistance (Chants des partisans juifs du ghetto de Varsovie ; chants d’Ilse Weber composés à Terezin…)
  • dans tous les cas des œuvres qui nourrissent autant l’analyse, la recherche documentaire que des pratiques d’interprétation, de création ou de réécriture pour asseoir une réflexion approfondie. Quelle est la place de la musique pendant la seconde guerre mondiale : instrument idéologique, acte de résistance, moyen de survie ou expression du désespoir ?  Quelle est sa force de témoignage et d’évocation au travers de compositions postérieures des générations qui suivent ? En quoi l’artiste a-t-il un devoir de mémoire ? Autant de questions qui peuvent nourrir l’étude.

Je voudrais citer trois exemples de projets musicaux  conduits ces dernières années  dans notre académie par des professeurs de musique :  

  • l’ hommage à Violette Jacquet-Sylberstein qui avait été violoniste dans l’orchestre des femmes d’Auschwitz – Birkenau par les élèves musiciens de la section TMD du lycée La Fontaine (2008-2009)
  • l’interprétation par des élèves du même lycée de l’opéra Brundibar avec la maîtrise de Radio France en 2009 comme celle du Verfügbar aux enfers avec le théâtre du Châtelet par 2 fois (en 2007 à Paris et 2010 sur le site même de Ravensbrück)
  • les créations  musicales de professeurs de musique qui portent cette histoire et témoigne d’une mémoire familiale au travers de  contes pour enfants . Mais il y en aurait bien d’autres à citer.

En conclusion

Pour terminer, il faut évoquer les particularités des enseignements artistiques dans leur ensemble : ils touchent à l’expression sensible de l’individu dans un cadre collectif. Au travers des pratiques artistiques, on approche l’indicible, on suscite l’émotion, on touche à la violence des idées et des actes : l’acte artistique est un acte de chair si je puis m’exprimer ainsi, qui engage l’individu dans son corps, son esprit et exacerbe sa sensibilité.

Ces pratiques artistiques, au-delà de leurs singularités, sont reliées inévitablement à l’apport de connaissances fiables et sûres qui vont nourrir la réflexion, la compréhension et permettre la construction d’un individu initié et responsable.

C’est la raison pour laquelle les enseignements disciplinaires plébiscitent la formation transversale  sur un tel sujet, des partenariats  spécialisés et des ressources d’exception : le dévédérom « Mémoire demain » en est à mon sens un magnifique exemple. Collectant une mémoire vivante, il met en relation l’expression sensible de chaque témoin avec des apports scientifiques conséquents, des documents complets et des accès immédiats par une navigation facile. La durée de chaque témoignage, de chaque document, son identification repérée par des phrases ou mots clés permettent de s’y référer à tout moment  d’un propos, par extraits sécables facilitant des cibles particulières au travail de chaque séance, dans chaque discipline, mais également dans un cadre autonome de recherche. Assurément, il m’apparait être une ressource de grande qualité pour les établissements du second degré, à destination du cœur de la classe.

 Pascale HERTU, Inspecteur d’Académie, Inspecteur Pédagogique Régional

 

Présentation du DVD-ROM

Mémoire demain est un DVD-ROM à vocation pédagogique (à lire sur un ordinateur, PC ou Mac). Il comprend avec un livret d’accompagnement  et  un programme d’enregistrement de la parole des déportés sur les lieux mêmes de leur déportation, dans les camps d’Auschwitz et de Birkenau. Présentation et témoignage de Simone Veil
Prix de vente TTC conseillé : 25 €
On le trouve maintenant en vente sur Internet, sans doute en commande aussi en librairie.

 
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