L'Atelier Photographique du Collège Georges BrassensRésumé
Chapeau
Nos collègues du collège Georges Brassens ont animé pendant un an un atelier d'initiation à la photographie. Ils nous livrent ici un compte-rendu de cet atelier. Les photos prises par les élèves sont disponibles sur le site de l'établissement, rubrique Club Photo. Contenu
Programme de l'Atelier PhotographiqueL’atelier a concerné 4 élèves de 4ème et une élève de 3ème. Nous avions à notre disposition un laboratoire équipé de trois agrandisseurs. Les appareils photo nous ont été prêtés par des collègues, merci à eux. Les cours ont débuté le mercredi 13 octobre 2010 et se sont achevés le mercredi 1er juin 2011. Ils ont eu lieu tous les mercredis entre 13h30 et 16h30. Notre travail s’est déroulé en deux temps : I- Un temps théorique
II- Un temps pratique
Une exposition, entièrement montée par les élèves, a été présentée à partir du vendredi 3 juin 2011 dans le hall du collège. Des sorties ont ponctué le travail théorique et pratique des élèves : - visite de l’exposition de Raymond Depardon à la Bnf ; - atelier au Louvre consistant en un travail de prise de vue sur pied d’œuvres classiques et contemporaines ; - sorties « prise de vue » dans le XVIIIème et le XIIIème arrondissement, afin de dresser le portrait à la fois d’un Paris touristique abondamment photographié, et d’un Paris plus populaire moins couramment représenté). Déroulé pédagogique de l’atelier1- Découvrir la photographie argentiqueVoir le monde autrementLa première séance est réservée à la découverte de la photographie argentique. Les filles vont de surprise en surprise, et leurs questions s’enchaînent : « des photos sans couleurs, quel intérêt ? des clichés sans personnages, pour quoi faire ? » Leur pratique de la photographie est bien différente de celle que nous leur présentons, mais elles décident de se lancer dans l’expérience. Ce que nous leur proposons alors, c’est d’essayer de voir le monde autrement. Découvrir une pratique artistiqueNous prêtons aux élèves des appareils reflex et nous les invitons à manipuler. Aucune élève du groupe n’a jamais vu une pellicule : nous nous sentons devenir les passeurs d’une tradition en voie de disparition, et les élèves accueillent ce trésor avec excitation. Des explications sont données sur le processus à suivre pour prendre une photo argentique, de la prise de vue au tirage définitif. La mesure du travail est donnée. 2- Préparer les séances de prise de vueTravailler la techniqueS’en suit un travail technique fastidieux. Les élèves peinent, mais nous considérons que les différentes fonctions de l’appareil et de l’objectif, ainsi que la gestion de la pellicule, et les notions de profondeur de champ, de valeur d’ouverture et d’exposition doivent être connues avant de commencer les séances de prise de vue. Nous voulons nous assurer que les élèves seront techniquement autonomes lors des séances de prise de vue. Se nourrir d’images photographiquesEn parallèle, nous donnons à voir aux élèves des clichés d’auteurs que nous les invitons à commenter. Nous espérons qu’elles se nourrissent d’images, de réflexions et d’idées qu’elles pourront réinvestir en situation de prise de vue. 3- Pratiquer la prise de vueLa première séance de prise de vue s’avère laborieuse. Si techniquement, les élèves demandent à être guidées, elles se montrent globalement autonomes. Mais c’est leur statisme, le choix de leurs sujets, de leurs cadrages, et la vitesse à laquelle elles font leurs photos qui nous déroutent. Aiguiser son regardPour la deuxième séance, nous leur proposons donc de prendre en photo le collège. C’est l’occasion de réfléchir à une autre façon de voir, et de donner à voir, un lieu qui leur est familier. Nous revisitons les lieux, attirons l’attention des élèves sur la lumière, les formes, les matières, soignons les cadrages et la composition. L’expérience est probante, nous en obtenons confirmation au développement : certains clichés réalisés lors de cette séance sont d’ailleurs retenus par l’administration pour figurer sur la couverture du carnet de correspondance du collège de l’année scolaire 2011-2012. Proposer une vision personnelle du mondeLes séances de prises de vue qui suivent se déroulent au Louvre : il s’agit de photographier sur pied des œuvres classiques et contemporaines peintes ou sculptées. Les élèves sont invitées à photographier des détails, et l’atelier se révèle instructif : les filles prennent le temps de regarder, de faire le tour des œuvres et commencent à formuler des intentions. On les sent appréhender le monde autrement, et chacune en propose une vision qui lui est personnelle. Progresser techniquementParallèlement, les séances de tirage et de développement débutent. Les clichés sont systématiquement commentés par les élèves qui mesurent leurs réussites et leurs faiblesses en terme de prise de vue. Lors des sorties suivantes, on constate des progrès : les clichés gagnent incontestablement en précision et en netteté. Prise de vue dans le XVIIIèmeLe dernier atelier de prise de vue consiste à prendre en photos les élèves de l’AS danse en répétition. Lors de cette séance, les élèves sont confrontées à la question du rendu du mouvement en photographie et sont contraintes à une plus grande réactivité. 4- Développer et tirerEn laboratoire, les élèves apprennent à développer leurs pellicules et à tirer sur papier leurs négatifs. Pour chaque film, elles produisent une planche contact, sélectionnent les photos qu’elles souhaitent tirer et procèdent au tirage. Le tirage de chaque cliché constitue un gros travail : il faut produire une bande d’essai, puis un tirage initial, et analyser, d’après ce tirage, les techniques à mettre en œuvre pour élaborer un tirage final satisfaisant. Exploiter les ratésLes objectifs que se fixent les élèves au tirage ne sont pas toujours atteints. Il leur arrive de commettre des erreurs techniques, mais ces ratés peuvent profiter à leur créativité et les mener sur le chemin grisant de l’expérimentation : elles ont ainsi eu, par inadvertance, l’occasion et le plaisir de s’initier à la solarisation. Se montrer perfectionnisteProgressivement, les élèves deviennent autonomes. Leurs exigences s’expriment. Elles échangent des avis sur leurs tirages, on les entend employer un vocabulaire d’analyse enrichi et approprié. Elles deviennent capables de tirer et retirer un cliché, jusqu’à obtenir un tirage qui leur convienne. On les sent développer rigueur, persévérance et perfectionnisme. 5- Monter une expositionDevenir passeurPour préparer l’exposition, nous suggérons aux élèves de lui trouver un titre. C’est la meilleure façon, nous semble-t-il, de mettre à jour quelle orientation elles souhaitent donner à leur travail. Plus qu’un titre, c’est un slogan qu’elles proposent : « Non à la couleur, place aux vraies valeurs ! ». Elles partent du principe qu’une exposition de photos N&B n’intéressera pas les élèves, car ils ignorent tout de la photographie argentique. En provoquant, elles veulent susciter la curiosité et les interrogations. Elles veulent faire savoir qu’il existe une autre pratique de la photographie, et la défendre. La mise en page du slogan doit illustrer ce qu’est la photo argentique : les élèves optent pour des lettres découpées noires et blanches et font un collage. Construire du sensUne fois ce travail effectué, les meilleurs tirages sont sélectionnés par les élèves. Au regard de leur production, elles choisissent d’exposer un travail collectif : une attention particulière est portée par chacune au travail des autres. BrainstormingUne soixantaine de clichés est sélectionnée. Suite à des échanges parfois animés, les photos sont regroupées en 6 séries selon des critères thématiques et/ou esthétiques. Pour chaque série, les élèves cherchent un intitulé. Elles décident, pour assurer la cohérence de l’exposition, que le titre de chaque série comprendra le mot « art », une façon de rappeler que la photographie est une pratique artistique. Elles proposent ainsi :
Des affiches en lettres découpées sont fabriquées pour illustrer au mieux chacune des séries. S’initier à la scénographieLes élèves réfléchissent ensuite à la façon d’exposer chaque série, afin que la mise en scène des clichés portent le sens thématique et/ou esthétique de la série en question. Ainsi, pour la série « art-chitecture », les élèves choisissent de privilégier un mode d’exposition géométrique et net qui rendra d’autant plus lisible le travail sur les lignes et la composition qu’elles présentent dans leurs tirages. La dernière séance est consacrée au montage de l’exposition dans le hall du collège. 6- ExposerL’exposition débute le vendredi 3 juin 2011. Nos élèves sont heureuses de présenter leur travail qui comprend 6 séries de photos et un film retraçant leur parcours. Compétences développées dans l'atelier
ConclusionTout au long de l’atelier, nous avons vu avec plaisir nos élèves gagner en précision et en autonomie, évoluer dans leurs choix, devenir capables de soutenir un parti pris esthétique personnel allant parfois à l’encontre de nos conseils. Nous sommes fiers qu’elles défendent à leur tour la cause de la photographie argentique, et nous les félicitons pour leur motivation et leur travail. M. Renaud et Mme Blanc En savoir plusDocuments joints
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Glossaire des Textes Officiels 17/02/11
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