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Concert Liszt - Chez Marie d’Agoult

Liszt2Concert Liszt - Chez Marie d’Agoult

Dans le cadre de l’Année Liszt 2011, le Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), l’Institut français et le Commissariat de l’Année Liszt 2011 ont décidé de travailler conjointement afin de sensibiliser tout au long de l’année les élèves et les enseignants au compositeur Franz Liszt. L’Académie de Paris a souhaité inscrire deux manifestations visant à célébrer le bicentenaire de la naissance du compositeur. L’une, organisée à la Fondation Dosne-Thiers le 19 octobre dernier, l’autre élaborée en collaboration avec le Théâtre du Châtelet le 3 décembre.

Présentation du projet

La personnalité aux multiples facettes du compositeur, sa dimension européenne, la diversité de ses orientations artistiques dans un contexte flamboyant et sa virtuosité ont fait germer l’idée d’une joute musicale inter-lycées, propice aux pratiques collectives d’écriture, de transcription et d’interprétation, sans oublier la dimension littéraire.
Tous les lycées musicaux de l’académie de Paris se sont engagés : Brassens, La Fontaine, Lamartine, Monet, Quinet et Racine ont rassemblé leurs forces et leurs talents autour d’un programme de musique de chambre adapté à l’esprit des salons. L’analyse d’un panel d’oeuvres du compositeur comme de ses écrits ont enrichi le travail de production artistique dans les établissements.
Liszt, qui parlait couramment le français, a fréquenté d’illustres salons situés dans le 9e arrondissement. En effet, dès 1823 Liszt s’installe à l’hôtel d’Angleterre en face de la
Maison Érard, 13 rue du Mail et se trouve immédiatement lié à la vie du 9e arrondissement. Il a par la suite fréquenté un grand nombre de salons tels que :
• Le Salon de Marie d’Agoult (ancienne rue neuve des Mathurins)
• Le Square d’Orléans et la Nouvelle Athènes, 80, rue Taitbout
• L’Atelier-Salon d’Ary Schaeffer, 16 rue Chaptal
• Le Salon de Pauline Viardot, 48, rue de Douai
• Le Salon de Cristina Belgiojoso où se déroula le célèbre « duel » Liszt-Thalberg
• Le Salon de George Sand, 23 rue Laffitte
• Le salon d’Anna Czartoryska, 2 rue Saint-Louis en l’Ile
• Le Salon de Madame de Bussière, 7 rue Tronchet.

 

 

Le compositeur est féru des réunions saint-simoniennes au 6 rue Monsigné au début des années 1830 ; sa rencontre avec Marie d’Agoult a lieu chez la marquise Le Vayer, rue du Bac. Après l’épisode suisse, il vit maritalement avec Marie d’Agoult rue Laffitte à l’Hôtel de France pendant plus de 6 mois. C’est là que Marie tient salon et reçoit la fine fleur des artistes. Dans tous les cas, Liszt reste lié à la maison Erard dont les salons abritent des expositions d’instruments et sont l’écrin des célèbres concerts des 29 avril 1830, 22 décembre 1835 (avec Hiller et Chopin), 4 septembre 1837 (avec Chopin) et surtout le 20 avril 1841, premier vrai « récital » parisien de Liszt au sens moderne. Les Salons Pleyel, 9 rue Cadet, seront fréquentés par le compositeur dans une moindre mesure.

La forme qui est donnée à entendre au théâtre du Châtelet cherche à restituer l’échange d’esprits éclairés : dans le cadre prestigieux de ses foyers, enrichi de l’appui d’un metteur en scène, le programme du 3 décembre a choisi des pages musicales de référence et des textes révélateurs de l’esprit romantique.

A la Fondation Thiers

Des documents prochainement disponibles...

Au Théâtre du Châtelet

Deux parties musicales distinctes se déroulent simultanément.
Le programme est joué deux fois : un court entracte est aménagé pour la déambulation du public.

Foyer Nijinski

Un montage vidéo du concert

 

Dans le film ci-dessus sont joués des extraits des oeuvres suivantes :

  1. Malédiction, pour piano et orchestre à cordes
  2. La Campanella, étude pour piano n°3
  3. Murmures de la forêt, 2e pièce pour piano extraite des Études de concert
  4. Hohe Liebe (Goethe), extrait du recueil Liebesträume pour voix et piano : réécriture pour voix, violoncelle et piano
  5. Sonnet de Pétrarque n° 104, pour piano solo
  6. 10e étude d’exécution transcendante (allegro agitato molto)
  7. Lieb, so lang du lieben kannst, extrait du recueil Liebesträume pour voix et piano : transcription du lied pour piano et violon

 

 

Les photos du concert


 

Grand Foyer

 

Un montage vidéo du concert

Dans le film ci-dessus sont joués des extraits des oeuvres suivantes :

  1. Le vieux vagabond (Pierre-Jean de Béranger), transcription pour voix et ensemble instrumental
  2. Bagatelle sans tonalité, transcription pour violon solo, flûte traversière et trio à cordes
  3. O Roma nobilis, motet datant probablement de 1879
  4. Der Hirt (Schiller), lied pour voix et piano transcrit pour voix et ensemble instrumental
  5. Romance oubliée, 1880
  6. Pater noster, extrait des Harmonies poétiques et religieuses : pièce pour piano transcrite pour voix et ensemble à cordes.
  7. Salve Regina, motet à quatre voix mixtes et quatuor à cordes
  8. O Salutaris Hostia, motet à quatre voix mixtes et quatuor à cordes
  9. Rhapsodie hongroise n°2, transcription pour ensemble instrumental

 

 Les photos du concert

 

Note d’intention du metteur en scène

À L’ÉCOUTE DE LISZT
Avant même d’être l’auteur d’une oeuvre immense, Liszt est une personnalité hors norme. Il incarne une Europe où l’art abolit les frontières et il fédère l’humanité autour de valeurs fondamentales. Ainsi le beau doit être au service du bon, l’amour associé à une quête spirituelle qui mène à Dieu. Pour donner un aperçu de cette matière vaste et complexe, une série de pièces ont été choisies comme autant d’îlots qui étonnent par leur richesse et leur diversité, mais aussi des paroles qui les relient entre eux tout en se faisant l’écho direct de leur créateur, le mettant en scène. Cette touche de théâtralité met en perspective ce foisonnement et tente de l’inclure dans
une dynamique, une continuité, une cohérence.

Deux lieux pour vivre deux temps de la vie. Chronologiquement : la période qui le lie à Marie D’Agoult et va jusqu’au moment de la rupture, puis la période romaine pendant laquelle il affirme un rapport de plus en plus passionné à la religion. Et, comme chez de nombreux mystiques, la communion recherchée avec Dieu finit par résonner des accents du rapport amoureux.
Ici, l’humanité de l’artiste se reconnaît à ce besoin irrépressible pour l’exploration technique, acoustique qui l’amène à franchir les barrières de la tonalité, à s’aventurer dans une dimension du son, mais aussi de l’être, encore jamais explorée et qui parle si fortement à notre conscience contemporaine.
On retiendra aussi de cette vie, cette oeuvre où la générosité prime sur toute chose, un modèle à méditer. Enfin un talent, une exigence dont tous ces jeunes artistes qui ont « osé » Liszt témoignent aujourd’hui.


Carmelo Agnello

Crédits

 

  • Pascale HERTU, IA IPR Académie de Paris
  • Agnès ADOULT, Lycée Lamartine, professeur agrégé de musique
  • Christine ANSELME, Lycée Racine, professeur agrégé de musique
  • Dominique BLAZY, Lycée Racine, professeur agrégé de musique
  • Didier BLONDE, Lycée Racine, professeur d’art dramatique
  • Patrick CHOUKROUN, Lycée La Fontaine, professeur agrégé de musique
  • Sabine COURROY, Lycée La Fontaine, professeur agrégé de musique
  • Marie-Paule DUFFAURE, Lycée Brassens Professeur agrégé de musique
  • Olivier FRONTIERE, Lycée Quinet Professeur agrégé de musique
  • Joël MAZEAU, Lycée Monet Professeur agrégé de musique