Les SVT et le nouveau lycéeRésumé
Réflexion sur les programmes à propos la mise en œuvre des programmes du lycée en SVT par Dominique ROJAT - Doyen des inspecteurs généraux de SVT Chapeau
Réflexion sur les programmes du lycée en SVT par Dominique ROJAT - Doyen des inspecteurs généraux en SVT Contenu
Les SVT et le nouveau lycée
Les SVT inscrivent leur projet particulier de formation dans celui plus général de l’école, décliné dans le contexte propre au nouveau lycée. L’objectif de ces lignes est de montrer qu’à la fois le programme du lycée et les préconisations didactiques générales qui l’accompagnent sont le résultat d’une recherche de cohérence entre ces différentes dimensions. Éléments de contexte ; le projet de l’écoleL’école est une institution chargée d’un projet qui s’inscrit à la fois dans une continuité longue et dans une actualité définie notamment par la loi d’orientation d’avril 2005 et par les textes et réformes qui en découlent depuis cette date. L’héritage et la nouveautéAu fil des
générations humaines, un héritage s’installe entre les individus. Culture, sciences, technologiesLes savoirs
et savoir-faire associent une dimension fondamentale et une dimension
utilitaire, appliquée : dans le champ de la discipline, ceci conduit à
l’affirmation du lien étroit entre science et technologie. Absence de limites, utilité pratique et plaisirÀ l’époque de
Lévi-Strauss[2],
on aurait distingué l’Homme « être de culture » de l’animal
« être de nature ». Cette distinction étroite n’a plus court. On sait
aujourd’hui que bien des animaux ont une culture (au sens défini ici). Les
chimpanzés possèdent une pharmacopée qu’ils se transmettent au fil des générations ;
les oiseaux apprennent à chanter en écoutant leurs congénères[3] [4].
L’élève et l’époqueLa transmission de culture est vieille, au moins, comme l’humanité. Pourtant, rien, de ce point de vue, n’est plus aujourd’hui comme avant. Le monde nouveauLes jeunes d’aujourd’hui vivent dans un environnement essentiellement urbain, qui les éloigne du monde naturel réel dont ils n’ont plus de connaissance spontanée et dont ils méconnaissent comme les adultes les composantes biologiques. Ils ont une vie longue, dans un milieu largement façonné par l’homme, dans un contexte où la mort, victoire finale de la nature, est perçue comme un scandaleux défi. Toutes les formes de communications semblent faciles et sans limite.[6] Le flux d’image et d’informationIl y a un
siècle, un adolescent qui entendait parler d’un sujet scientifique se trouvait
presque toujours à l’école. Le sujet abordé était pour lui nouveau et, pour peu
qu’il ait quelque curiosité, sa simple évocation suffisait à fasciner son
attention. Aujourd’hui, le même adolescent est pris dans un flux d’informations
d’origines diverses et largement incontrôlable. Il entendra plus parler de
séisme au journal de 20h qu’en classe. Le discours du professeur est devenu un
filet de voix experte dans un brouhaha non expert mais qui paraît parler de la
même chose. Il ne suffit plus de parler de science pour être écouté, il faut
rendre le discours expert assez attrayant et audible, le distinguer du bruit de
fond. L’appareillage de l’esprit ; de la donnée à l’enseignementSelon Michel
Serres, l’un des aspects remarquables de l’histoire de l’humanité consiste en
l’externalisation progressive d’un certain nombre de fonctions du corps dans
des objets techniques, des outils, des appareils (à-pareils, comme l’écrit
Michel Serres)[7].
Ainsi, la fonction de déplacement du pied s’externalise dans la bicyclette,
l’automobile, l’avion, la fusée. Cette externalisation rend la fonction plus
efficace, plus rapide, moins fatigante et libère le corps pour la recherche
d’autres fonctions.
Aujourd’hui, l’appareillage de l’esprit ne concerne plus que la mémoire. On a aussi externalisé largement des procédures de traitement : le calcul depuis longtemps, le tri des informations plus récemment, une certaine forme d’intelligence créative sans doute aussi, aujourd’hui. Sauf à inverser la hiérarchie et à rendre l’esprit humain appendice de la machine, la maîtrise compréhensive de ces outils s’impose et la recherche de la spécificité de l’action du cerveau doit être pensée. Michel Serres conclut, optimiste : « Nous voilà condamnés à devenir intelligents ».[10] L’apprentissage : entre émotion et raisonPuisqu’il convient toujours d’apprendre, pour déterminer ce qui doit être appris, il n’est pas sans intérêt de prendre en compte quelques idées très simples concernant l’apprentissage, c’est-à-dire concernant le fonctionnement du cerveau[11]. Le volume du cerveauQue peut-on
faire rentrer dans un cerveau en un temps donné ? Voilà une question
étrange et pourtant fondamentale. Comprendre et apprendreLorsqu’il
s’installe pour sa première leçon de conduite, l’élève reçoit quelques
explications, il comprend ce qu’il convient de faire pour conduire. Puis il met
en pratique ce qu’il a compris et, très concentré, arrive à accomplir un petit
trajet. Pendant ce temps, il aura du mal à parler à son voisin et ne verra sans
doute rien du paysage. L’apprentissage et le plaisirBeaucoup de
neurobiologistes utilisent une formule globale : l’homme est un être de
raison et d’émotion. Émotion et raison sont indissolublement liées. La place originale de l’écoleEn définitive, pourquoi a-t-on besoin d’une école ? L’environnement et l’institutionChez toutes
les espèces animales qui ont une culture, on s’en passe apparemment fort bien.
La transmission est alors assumée par les proches, au hasard de la vie et des
rencontres, par les parents en tout premier lieu. Le projet de l’école se décline en deux étapes. L’école de la similitudeL’école primaire et le collège, l’école du socle, s’adressent à tous avec un projet commun. Il s’agit de rapprocher, de rassembler, de faire vivre ensemble, notamment en donnant à tous un socle de culture commune : le socle commun de connaissances et de compétences. C’est l’école obligatoire où les dimensions communes aux différentes formations dominent ; il s’agit de faire des citoyens assez semblables pour pouvoir se comprendre.[16] Vaste projet, avec sa grandeur, ses difficultés, ses contraintes[17]. L’école du projet personnelLe lycée et
l’enseignement supérieur mettent l’accent sur le projet personnel, la
différenciation individuelle, dans une société qui rassemble. Il s’agit de
faire des citoyens assez différents pour qu’ils aient des choses à échanger, à
se dire.
Les SVT dans le projet de l’écoleOrganiser l’enseignement des SVT, c’est à la fois tenir compte du contexte (le volume et la variabilité de la culture ; le changement du monde ; le développement du numérique ; le déferlement médiatique ; les processus d’apprentissage) et les projets du lycée (la stabilisation des acquis communs ; l’accompagnement de la naissance et du développement des projets personnels ; la gestion de la coexistence de projets spécialistes et non spécialistes). Cela entraîne des conséquences à la fois sur la structure générale du programme, sur son contenu et sur les principes didactiques qui l’accompagnent. Penser la structure d’un programmeLa construction d’une légitimitéComme le montrent les opinions très diverses exprimées dans des cercles variés, la légitimité d’une discipline ne va pas toujours de soi. Son existence même peut être remise en cause. Si cela n’est jamais le cas – notamment dans le contexte français – pour les mathématiques, le français, il n’en va pas de même, par exemple, pour les SVT. Un programme doit donc avoir le souci d’argumenter la nécessité de l’enseignement présenté, c’est-à-dire le présenter en relation avec la fonction de l’école en général, du lycée en particulier. Cette légitimation s’appuie sur deux raisons et deux objectifs. Deux raisons :
Science fondamentale, science appliquée : faut-il choisir ? Le programme du lycée est construit à partir d’une réponse négative à cette question. Approches fondamentales et appliquées sont également respectables et n’ont aucune raison d’être perçues comme en concurrence. Deux objectifs :
Sciences pour
tous, sciences liées à un projet professionnel : faut-il choisir ? Le
programme du lycée est construit à partir d’une réponse négative à cette
question. Le pari est fait qu’il est possible d’organiser un enseignement qui convienne
aux deux profils d’élèves. Naturellement, dans le cas des filières non
scientifiques, la première approche domine. Une organisation thématiqueLe croisement des deux raisons et des deux objectifs conduit à la définition des trois grandes thématiques qui structurent les programmes. Une thématique organise l’approche fondamentale : la Terre dans l’univers, la vie et l’évolution du vivant. Il s’agit de la construction, argumentée selon des méthodes scientifiques, du grand récit du monde. Il offre à tous le plaisir de connaître et comprendre ; il forme aussi l’esprit de chacun à la méthodologie scientifique. Il s’ouvre, pour ceux qui en feront le choix, vers les métiers de la recherche et de l’enseignement. Deux thématiques structurent la dimension appliquée à deux échelles différentes. A l’échelle du globe, il s’agit des grands enjeux planétaires contemporains. Par une approche réellement scientifique, il s’agit de comprendre, à l’échelle planétaire, l’impact et la responsabilité humaines. Cela doit permettre à tous de devenir des citoyens éclairés et responsables face au monde et à certains d’aborder les univers métiers de l’utilisation et de la gestion de la planète (agriculture, environnement, gestion de l’eau, des ressources minières, etc.). A l’échelle individuelle, le thème « corps humain et santé » permet à tous de devenir des individus éclairés et responsables face à leur santé et celle des autres, mais aussi à certains de se préparer à des métiers de la santé et du bien-être (médecine et professions paramédicales, métiers du sport, etc.). Ces trois thèmes déclinent les différents aspects du sens de la discipline. Ils ne sont pas des espaces cloisonnés. Les choix de répartition des sujets abordés dans les thèmes sont évidemment discutables et rien n’interdit à un professeur de nuancer ces répartitions. Si en terminale, c’est dans « corps humain et santé » que l’on aborde l’immunologie, il va de soi qu’on aurait pu le placer dans le premier thème. L’objectif de cette répartition thématique est double : montrer que cette distinction conduit à des regards différents sur les savoirs (quand on est dans une approche fondamentale, c’est le mode de construction des savoir qui prévaut ; quand l’approche appliquée domine, c’est plutôt l’utilité des savoir construits qui importe) ; montrer aussi les relations qui existent entre approches fondamentale et appliquée et en quoi elles sont indispensables l’une à l’autre (ainsi, la théorie de l’évolution, le plus souvent présentée comme une connaissance fondamentale, présente des implications pratiques fortes, médicales par exemple). Une structure spiralaireComme
l’apprentissage des notions fondamentales nécessite que l’on y revienne
plusieurs fois, le choix a été fait de construire le programme selon une
structure spiralaire, rompant en cela avec une habitude ancienne en SVT. Grandes idées et petits détailsL’apprentissage
demande des répétitions : il convient donc de déterminer et de stabiliser
les grandes idées utiles pour la poursuite d’études dans l’enseignement
supérieur. Promouvoir une nouvelle relation aux savoirsLe volume immense de la culture scientifique disponible, l’accessibilité de données nombreuses mais non critiquées ni hiérarchisées, le flot d’information que chacun reçoit sans même le chercher, conduisent à envisager une nouvelle relation aux savoirs. Cela définit certes les objectifs de formation (le recentrage sur les grandes idées et les grandes méthodes) mais cela conduit aussi à regarder différemment la pratique d’enseignement. Comment concilier des nécessités à première vue contradictoires ?
Répondre à ces questions c’est construire une approche raisonnée de la didactique de la discipline. Un héritage statiqueUn exposé
dogmatique de l’état de la science est évidemment techniquement possible. C’est
une modalité qu’il est constamment recommandé d’éviter. Comment regarder ces
principes aujourd’hui ? Un héritage dynamique reçu, assimilé et prolongéUn enseignement scientifique qui ne se contente pas de transmettre des savoirs mais veut former l’esprit pour que l’élève devienne capable d’utiliser de façon critique les données nombreuses à sa disposition, citoyen responsable et acteur de la future évolution des savoirs, doit prendre en compte le mode de construction de ces savoirs et le rendre apparent. Il exerce l’élève aux différents aspects de la relation entre faits et idées scientifiques, c’est-à-dire à l’investigation scientifique.[18] Les styles pédagogiques qui mettent en œuvre le raisonnement et forment l’esprit sont de plusieurs types. Dans l’enseignement magistral, le maître raisonne, mais l’élève est simplement spectateur. Il s’agit bien d’une formation de l’esprit, par imitation en quelque sorte, qui a sa place, qui ne saurait être exclusive. Dans les différentes formes de pédagogie active, l’élève est sollicité pour participer lui-même à la construction des savoirs. Il apprend donc en même temps les savoirs eux-mêmes, le mode de construction des savoirs et la capacité à transférer ces modes de construction pour participer à la future évolution des savoirs[19]. Le plaidoyer pour une pédagogie active n’est pas nouveau. Il existe une continuité de la maïeutique socratique à la démarche d’investigation, en passant par la Renaissance, Rousseau, la pédagogie de la redécouverte, la pédagogie par problèmes scientifiques. Si cette façon de voir la pédagogie, notamment des sciences, n’est pas neuve, jamais comme aujourd’hui – à l’époque des données immensément disponibles, de l’évolution rapide des savoirs – elle n’a été plus indispensable. Elle s’appuie sur l’utilisation des TICE en abordant des éléments des sciences telle qu’elle se construisent actuellement et permet aux élèves d’être intelligents différemment La démarche d’investigation[20]Comme en collège, mais sous une forme adaptée, le style pédagogique privilégié est donc celui de la démarche d’investigation. Cette démarche se présente sous la forme d’un canevas type, une succession d’étapes :
Mais ce schéma n’est que théorique et bien peu de séances sont l’occasion de dérouler cette succession dans cet ordre exact et dans le plein développement de chaque étape. Le réalisme, les possibilités techniques, le temps disponible, conduisent à un développement inégal des diverses étapes, parfois mêmes à en modifier l’ordre. L’activité des chercheurs est infiniment variée. Pourquoi la transposition pédagogique de leurs travaux ne le serait-elle pas aussi ? Diversité et plaisir d’apprendreDans un monde de zapping, où l’élève est sans cesse sollicité par la présentation rapide et souvent séduisante de sujets variés, il n’est sans doute pas possible de cultiver sa motivation, de susciter son désir de savoir, de lui faire vivre le plaisir de chercher, de comprendre, d’apprendre, sans jouer sur la diversité des styles pédagogiques. Une méthode parfaite, répétée à l’identique d’une séance à l’autre, qui ferait disparaître tout effet de surprise, conduirait à l’ennui et donc …serait loin d’être parfaite. Programme et liberté pédagogiqueSi l’on admet
qu’il n’y a pas d’issue sans une diversité construite, qui à chaque séance
surprend les élèves par une approche originale ; si l’on admet que les
savoirs à faire retenir se limitent à un petit nombre de grandes idées
fondamentales, construites à partir d’études de cas rigoureuses et
variées ; si l’on admet que le contexte local, les goûts du professeur,
les aptitudes des élèves conduisent, pour construire partout les mêmes grandes
idées, à suivre des cheminements fort différents ; il est clair que la
liberté d’organisation du professeur est immense.
Pour
le groupe SVT [1] Le débat qui consiste à se demander s’il est ou non légitime d’aborder dans l’enseignement des SVT des questions socialement vives se trouve ainsi tranché de lui-même. Dès que l’on touche à l’humain, la dimension strictement biologique entre en interaction avec d’autres. Tout le travail – délicat – du professeur de SVT consiste à savoir présenter ce que son approche a de spécifique, en quoi cette approche entre en interaction avec d’autres, sans pour autant investir ces autres dimensions qui échappent à sa compétence. C’est aussi naturellement l’occasion de développer de nombreuses activités transdisciplinaires collaboratives. [2] LEVI-STRAUSS Claude 1947. Les structures élémentaires de la parenté. Facsimile réédité en 2002. [3] LESTEL D. 2009. Les origines animales de la culture. Paris : Flammarion. 414p [4] JAYAT D., DENHEZ F., GOULESQUE P. 2010. Les animaux ont-ils une culture? Les Ulis : EDP Sciences. 220p. [5] La science cherche le mouvement perpétuel. Elle l’a trouvé ; c’est elle-même. La science est continuellement mouvante dans son bienfait. Tout remue en elle, tout change, tout fait peau neuve. Tout nie tout, tout détruit tout, tout crée tout, tout remplace tout. Ce qu’on acceptait hier est remis à la meule aujourd’hui. La colossale machine Science ne se repose jamais ; elle n’est jamais satisfaite ; elle est insatiable du mieux, que l’absolu ignore. […] La science va sans cesse se raturant elle-même. Ratures fécondes. […] Oh ! l’admirable merveille que ce monceau fourmillant de rêves engendrant le réel ! O erreurs sacrées, mères lentes, aveugles et saintes de la vérité ! […] La science est l’asymptote de la vérité. Elle approche sans cesse et ne touche jamais. Victor Hugo, L'art et la science dans William Shakespeare, 1864 [6] Le 1er mars 2011, Michel Serres prononçait un discours sous la coupole de l’institut intitulé « Petite Poucette » dans le cadre du colloque « Les nouveaux défis de l’éducation ». Cette prodigieuse analyse de ce que sont les jeunes et donc les élèves d’aujourd’hui mériterait d’être lue de tous. http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_divers/serres_2011.html [7] SERRES M. 2011. Hominescence. Paris, Le Pommier [8] Savoir consiste alors non plus à se souvenir, mais à objectiviser la mémoire, à la déposer dans des objets, à la faire glisser du corps dans des artefacts, laissant la tête libre pour mille découvertes. Michel Serres – Hominescence [9] Après l’invention antique de l’écriture, puis celle du livre imprimé à la Renaissance, sans doute vivons nous aujourd’hui la troisième et spectaculaire étape de l’externalisation de la mémoire. [10] Hominescence [11] Comprendre le cerveau. Vers une nouvelle science de l’apprentissage. OCDE. 2002 [12] LIEURY A. 2010. Apprendre par cœur ou comprendre ? Cerveau et psycho, Septembre-octobre 2010, n°41, p42-47 (Il s’agit d’un numéro intitulé « Comment motiver les élèves dont plusieurs articles sont d’un grand intérêt.) [13] Rousseau s’inquiétait déjà que l’on ne prenne pas assez en compte les capacités d’apprentissage des élèves : « Les plus sages s’attachent à ce qu’il importe aux hommes de savoir, sans considérer ce que les enfants sont en état d’apprendre. » Rousseau – L’Émile ou de l’éducation [14] Les émotions permettent d’évaluer l’attitude à adopter devant les choses : pour faire bref, les rechercher si elles sont agréables, les éviter si elles sont désagréables. Sur cette base, on peut formuler l’hypothèse que le système émotionnel produit la motivation. Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage OCDE [15] Le plaisir le plus intense que le cerveau puisse ressentir est sans doute lié à la résolution de problèmes intrinsèques ou internes. On a qualifié cet événement « d’orgasme intellectuel ». Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage OCDE [16] La situation présente est le résultat d’une histoire. La prise en compte collective de la transmission culturelle ne pouvait que conduire à l’école obligatoire. L’immensité, croissante, de la culture humaine, ne pouvait que prolonger cette phase commune : du certificat d’étude à l’attestation du socle ; de l’école obligatoire au collège unique puis à l’école du socle. [17] DELAHAYE J.-P. 2006. Le collège unique, pour quoi faire ? Paris, Retz, 157 p. [18] C’est ce que Georges Canguilhem appelle « la transformation du concept traditionnel de science par la subordination de l’explication à la preuve, de l’intelligible au vérifiable. » dans Études d’histoire et de philosophie des sciences concernant le vivant et la vie. [19] Tu me dis, j’oublie, tu m’enseignes, je me souviens, tu m’impliques, j’apprends. Benjamin Franklin cité dans Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage OCDE [20] […] rien de déploie mieux toutes les possibilités de l’intellect non encore mûr qu’une piste qui se perd dans l’obscurité. Stefan Zweig – Brûlant secret [21] Il en va de la pédagogie comme du reste : dès que nous cessons de réfléchir sur des cas particuliers (or, dans ce domaine, tous les cas sont particuliers), nous cherchons, pour régler nos actes, l’ombre de la bonne doctrine, la protection de l’autorité compétente, la caution du décret, le blanc-seing idéologique. Puis nous campons sur des certitudes que rien n’ébranle, pas même le démenti quotidien du réel. Daniel Pennac – Chagrin d’école [22] Les idéaux ont de curieuses qualités, entre autres celle de se transformer brusquement en absurdité quand on essaie de s’y conformer strictement. Robert Musil – L’homme sans qualités En savoir plusDocuments joints
Lien vers Page Web
URL
Média
Lien vers Portlet
Lien vers Articles Longs
Lien vers Articles Courts
|
Liens Utiles
ACCES (INRP) 10/02/12Forum national SVT 16/09/09Espace enseignant SVT 28/04/09Liste de diffusion académique 25/11/08
Liens vers flux RSS
Educnet 01/07/08Planet-Terre 30/06/08 |
Contacts | Plan du site | Mentions légales | Accessibilité | Aide | Flux RSS interne
© ac-paris.fr