Cité scolaire Alphonse De Lamartine

Lien
HISTORIQUE DU LYCEE ALPHONSE DE LAMARTINE
Résumé

LES CINQ TEMPS DU LYCEE LAMARTINE, ETABLISSEMENT CENTENAIRE DU IXe ARRONDISSEMENT DE PARIS

Chapeau
Contenu

 

LES CINQ TEMPS DU LYCEE ALPHONSE DE LAMARTINE, ETABLISSEMENT CENTENAIRE DU IXe ARRONDISSEMENT DE PARIS


LE TEMPS DES DEMOISELLES 1891-1914

La fondation

L'éducation nationale loue en 1891, puis achète en 1896 une folie du XVIIe (hôtel particulier peut être du à Mansart) et charge le lycée Racine d'y installer une annexe confiée à Madame ROUBINOVITCH. En 1893, elle est transformée en lycée. C'est le quatrième lycée de jeunes filles de Paris (enseignement élémentaire et secondaire de 6 ans à 18 ans jusqu'au diplôme, selon la loi Camille Sée) après Fénelon (1883), Racine (1887) et Molière (1888).
Les travaux commencent avec la démolition des écuries (aile gauche de l'hôtel) et leur remplacement par un bâtiment en brique et surtout dans le fond du parc en 1900 la construction d'un grand bâtiment à trois étages. Reste de ce passé les boiseries XVIIIe, classées en 1925, du salon du proviseur et le vieil escalier menant de la véranda vers la cour où Senancourt, écrivain romantique, a fixé la scène de l'aveu informulé de son héros mondain Obermann.

Un recrutement bourgeois et une irrésistible poussée féministe

Le lycée recrute les filles de la bourgeoisie industrielle et commerçante,du quartier (l'effectif passe de 71 élèves à 500) surtout chez les familles républicaines et laïques militantes et celles de religion protestante ou israélite (les
Catholiques vont au couvent). L'enseignement est payant (20 louis d'or) et sans but utilitaire mais dans la réalité le lycée pousse ses meilleures élèves "les aigles" à rejoindre l'enseignement supérieur alors que "les oisillons" restent à mi-temps pour l'après midi faire "des visites" avec leurs mères.

Les alphonsines : un milieu homogène

Il y a consensus entre le corps enseignant (institutrices et professeurs, sévriennes et souvent célibataires), les mères d'élèves et les anciennes qui se retrouvent dans une association pratiquant des activités mondaines, culturelles et charitables - ouvroir pendant la guerre de 14 pour les cousettes du quartier, vestiaire et colonie de vacances (La Grange à Saint Leu) pour leurs filles - financées par un bal et une vente de charité. La première présidente est Berthe THUILLIER-LASALLE, fille de sénateur et future du président de la chambre de commerce de Paris, puis Suzanne de Wendel, fille du directeur de l'Excelsior. L'association édite un journal un annuaire et crée le terme « alphonsine ».

Uniforme

Tablier noir, robe longue et bottines, chignon, tutoiement interdit.

LE TEMPS DES BACHELIERES 1914 à 1960

Les pionnières

Certaines refusent le modèle proposé (diplôme) et se lancent à la conquête du bac et d'une carrière. Ce mouvement grandira sous l'impulsion de Mlle Caron pendant la première guerre mondiale avec la création d'une sixième, ancêtre des actuelles terminales. En 1914, les premières bachelières scientifiques seront Simone FRANCK-WORMSER qui deviendra ingénieur et Jeanne LEVY, la première femme nommée professeur à al faculté de médecine de Paris (en 1934), comme Jeanne DURRY, née WALTER, sera à la génération suivante la première femme à la Sorbonne.

Une valse hésitation dans les années vingt

Les directrices, le conseil d'administration hésitent encore entre le diplôme et le bac jusqu'à ce que la réforme BERRARD aligne l'enseignement féminin sur le masculin (application de cette uniformisation de 1924 à 1931) et que de nouvelles constructions menées par Madame BERNARD-BRET permettent au lycée de grandir son effectif à 1200 élèves (construction de l'aile gauche du vieil hôtel aujourd'hui intendance - construction des salles Picasso et Magritte - surélévation de l'aile gauche du bâtiment au fond de la cour.

Le recrutement s'ouvre aux filles de milieu plus modeste

La gratuité mise en place de 1930 à 1939 élargit le recrutement à la petite bourgeoisie du quartier (60%) et de la banlieue (40%) grâce à la proximité des gares mais il faut être méritante car il y a un examen d'entrée en sixième depuis 1934. Le lycée, grâce aux bourses, recrute les meilleurs éléments du primaire (les autres allant dans les cours complémentaires).Le lycée fabrique, dans les années trente, une centaine de bachelières par an et le critère de recrutement effectué au mérite sans connotation sociale, reposant sur des valeurs intellectuelles et morales, stable et performant (sorties pédagogiques et culturelles, théâtres) et les élèves pour lesquelles le lycée est un tremplin social (80% de réussite au bac).

Le règlement sévère est vécu comme non coercitif

Une tenue correcte est exigée - gants et chapeau obligatoires - maquillage et port de pantalon interdit - montée en rang et au sifflet - tablier en toile écru dont il faut attacher la ceinture et où figure, brodé sur le poche de poitrine, le nom de l'élève et sa classe.


LES ANNEES NOIRES : 1940- 1945

Un fonctionnement normal malgré tout

C'est l'exode et de juin au 19 août le lycée est transformé en centre de réfugiés, mais dès octobre 40, il retrouve sa vocation n'étant pas réquisitionné et un effectif de 1300 élèves sous la haute direction morale de Mlle WHEATCROFT, malgré la peur des bombardements, le manque de chauffage, les difficultés de ravitaillement.

L'antisémitisme durement ressenti dans un établissement à forte minorité israélite

Ce sont les exclusions, dues au statut juif, frappant deus membres du corps enseignant et la secrétaire de la directrice, toutes les trois réintégrées en 1945. C'est le port de l'étoile jaune à partir du 8 juin 1942. Beaucoup d'élèves juives disparaissent des listes pour se cacher en province ce qui n'empêchera pas la déportation d'une dizaine d'élèves de Drancy à Auschwitz dont aucune ne reviendra sauf Madeleine Bloch, soeur de Paulette. Les élèves, selon leur sensibilité, vivent plus ou moins bien cette période tragique car s'il n'y a pas de collaborateurs parmi l'administration et le corps enseignant, il y a quelques pétainistes. Les actes de résistance restent individuels et secrets mais le lycée peut être fier de certains de ses membres comme Jeanne Chaton (professeur d'histoire), Lacape (professeur d'anglais), Belle Jouffray (professeur de dessin) et de la surveillante générale Mlle Klein.


LES ANNES SOIXANTE ET SOIXANTE DIX : LE REJET DE LA TRADITION ET LE TEMPS DES EFFERVESCENCES

La seconde métamorphose

L'examen d'entrée en sixième disparaît en 1963. Le premier cycle du lycée devient collège d'enseignement secondaire mais reste attaché au lycée qui y recrute la majeure partie de ses secondes. La grande vague du babyboom et de la démocratisation gonfle les effectifs jusqu'à 1800 élèves et amène l'annexion du coton (établissement commercial du 119) et l'ouverture de l'annexe HUCHARD dans le XVIIIe arrondissement et la création en 1963 d'une classe de lettres supérieures. C'est l'oeuvre de Mme CHARBONNEL. L'extension transforme peu le corps social : 42% d'enfants issus de cadres, d'enseignants et de professions libérales, 48% d'employés, d'artisans, de commerçants et de professions intermédiaires, 10% d'ouvriers. La mixité se répand mal, elle n'est réussie qu'à l'annexe, création nouvelle.

Les revendications lycéennes afin d'obtenir une adaptation de l'établissement aux mentalités nouvelles.

Le changement le plus profond provient de l'évolution des moeurs. Les adolescentes réclament plus de liberté et estiment le règlement du lycée obsolète. Après mai 68, elles obtiennent sa réécriture. Les leaders qui mènent le branle en liaison avec Jacques Decour se recrutent parmi les meilleures élèves de terminales. Leurs actions révolutionnaires ne nuisent ni à leur réussite scolaire, ni à leur insertion sociale et professionnelle.

Une grande agitation

Les vagues contestataires se succèdent : mai 68, l'affaire Guiot en février 71, l'affaire des fiches suite à la circulaire Guichard et le refus de toute traque à l'intérieur du lycée en novembre 71, l'affaire WANDER et les dégradations au lycée la nuit du 12 décembre 72, l'agitation contre la loi Debré sur le service militaire en mars et avril 73.

Un foyer de contestation mais beaucoup de créativité.

L'association des anciennes élèves disparaît, le nouveau lieu convivial du lycée devient le foyer avec une animatrice à plein temps, Colette VEISSEYRE , saltimbanque de l'éducation nationale qui mène la troupe théâtrale, le ciné club et surveille les clubs dont le plus fameux, celui d'information politique où discutent celles qui sont gauchistes et celles qui ne le sont pas. Les murs du foyer ont la parole et la guerre des DAZIBAOS s'y déchaîne soigneusement réglementée. Un journal « Le Pavé dans le lac » obtient une certaine audience. Il y a création du CDI.

Face à cette génération de mutants, le monde adulte se fracture.

Ce n'est pas entre les élèves mais chez les parents et les enseignants que la cassure se produit et perdure. Il y a d'un côté les adultes qui refusent ces nouveaux comportements, y voient la fin de l'autorité paternelle et de la famille et pour se défendre créent les associations autonomes. Il y a ceux qui accompagnent le mouvement lycéen pour le comprendre et l'encadrer. La rupture entre les camps est vécue difficilement. Le rôle de l'administration est périlleux. Mme NIEL affronte mai 68. Mlle PONS canalise les ardeurs révolutionnaires des élèves grâce au foyer et mène une politique de consensus auprès des adultes par le biais de la commission permanente qui fonctionnera jusqu'en 1977.



LE TEMPS DU REFLUX DES ACTIVITES PEDAGOGIQUES PERISCOLAIRES ET DE L'AGITATION POLITIQUE APRES 1980. LE LYCEE SE BANALISE EN PERDANT SES CARACTERISTIQUES SPECIFIQUES.


C'est le reflux des activités pédagogiques périscolaires.

C'est la fin du foyer, la disparition avec son animatrice de la troupe théâtrale, du journal. Les seuls lieux conviviaux restent la documentation et l'infirmerie.

C'est la retombée de la vague gauchiste et de l'agitation politique

Les élèves qui militent pour le mouvement de 1985 contre la loi DEVAQUET ou dans celui de 1990 pour aider les lycées défavorisés des banlieues chaudes sont peu nombreux et proviennent des section marginales. Les autres élèves les soutiennent par solidarité et pour faire la fête, aussi les flambées brutales retombent vite. « Le lycée Lamartine n'est plus un lycée chaud » titrera le Figaro.

La mixité est devenue une réalité partielle

Elle est totale au collège (43% de garçons) et partielle au lycée (33% en 1990 alors qu'il n'y avait que 14 garçons en 1965). Elle progresse dans le corps enseignant (un tiers de professeurs hommes). La directrice prend le titre de Proviseur avec Mlle MERMOD en 1980 et en 1994, c'est la première direction masculine avec Edouard SIKA,successeur de Monique FERRETI.

Des sections nouvelles et moins de banlieusards

Si les effectifs des classes scientifiques régressent face aux classes littéraires, des sections spéciales apparaissent : Les musiciens dès 1976, les arts plastiques en 1976 et enfin les arts dramatiques en 1983. Le recrutement banlieusard diminue (40% en 1949, 28% en 1974 et 10% en 1984). L'orientation est de 30% en fin de troisième et de 33% en fin de seconde. Le collège est socialement plus élitiste que le lycée. Le corps enseignant est titulaire à 79%. Il y a une régression des agrégés de 50% à 32% de 1966 à 1988.

(Résumé de la thèse de Jacqueline ROUX , soutenue en 1997 à Paris I sous la direction d'Antoine PROST)

Juin 2013
  Lu Ma Me Je Ve Sa Di  
1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
Liens Utiles X  
Educ'Horus   13/12/12
Académie de Paris   21/01/10
Flux RSS X