Numérique, point d’étape au lycée Diderot

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Le 10 juin 2013, au lycée Diderot de Paris (19e), Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, est venu présenter, en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, et de François Weil, recteur de l’académie de Paris, un premier point d’étape de l’entrée de l’école dans l’ère du numérique.

Accompagnés d’une délégation de hauts responsables administratifs et politiques – Olivier Schrameck, président du CSA, Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil, Marie Derain, défenseure des enfants, Louis Gallois, commissaire général à l’investissement, et Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique –, les ministres ont rencontré plusieurs classes où les disciplines enseignées nécessitent l’emploi de l’outil numérique.

Parmi celles choisies figurait notre classe de terminale STI2D [1], dont nous assurons le cours d’enseignement technologique en langue vivante [2]. L’objectif de la séance présentée était d’entraîner les élèves à prendre la parole en continu et en anglais, en vue de leurs épreuves orales au baccalauréat, qui portent sur leur projet réalisé durant les deux derniers trimestres.

Deux élèves ont expliqué, en anglais, le déroulement d’une expérience et les conclusions à tirer des variations de certains paramètres. Leurs commentaires étaient étayés par la projection d’une simulation numérique de l’expérience. Le reste du groupe, après avoir écouté la présentation, les a questionnés, cet échange permettant de justifier et de préciser les énoncés précédents.

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La présentation des élèves de terminale STI2D au ministre

Après avoir assisté à cette séance, Vincent Peillon a dialogué avec les élèves sur leurs projets technologiques respectifs et leurs sujets d’entraînement à la présentation d’une expérience en anglais.  Pour de nombreux élèves, le fait de lier l’expression en langue étrangère à leur enseignement technologique, spécifique ou transversal, donne une motivation supplémentaire, l’application étant perçue comme plus immédiate. De plus, cet enseignement fait d’autant plus sens pour les élèves qu’il est en lien direct avec la filière qu’ils ont choisie.

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 L’échange de Vincent Peillon avec les enseignants

La délégation est venue ensuite vers nous afin d’échanger sur cet enseignement propre aux sections de STI2D. Les questions posées concernaient notre façon de travailler ensemble et l’utilisation de l’outil numérique dans nos cours.

Les cours de technologie en langue vivante se font à quatre mains et à deux voix. Pour les deux enseignants, cela implique une concertation en amont afin de se mettre d’accord sur les savoirs et leur mise en œuvre didactique. Les supports (audio et écrits) retenus portent pour la plupart sur des problématiques en lien avec les enseignements technologiques spécifiques ou transversaux que reçoivent les élèves par ailleurs. L’accent est également mis sur la méthodologie et les spécificités du discours oral (mémorisation, structuration du discours, prise en compte des codes de l’oral, élocution, gestion de l’interaction, gestion des supports visuels de type diaporama, etc.) En classe, les activités sont conduites en anglais par les deux enseignants. Si le professeur de technologie est le garant des savoirs dispensés, l’enseignement en langue répond quant à lui de la recevabilité linguistique des énoncés produits à l’oral et à l’écrit. Il nous semble que la priorité reste la prise de parole en anglais des élèves sur des sujets technologiques. L’hypercorrection linguistique et la spécialisation dans un champ technologique donné ne correspondent pas aux objectifs que nous avons identifiés pour ce cours coanimé.

Tout au long des deux années, nous utilisons sous différentes formes des outils numériques. Bien sûr, la projection de vidéos et l’écoute de documents sonores sont présentes dans nos séquences pour permettre l’acquisition de vocabulaire et pour servir de support à l’expression des élèves, mais ce qui est spécifique à notre matière est l’utilisation de simulations numériques soit de fonctionnement de systèmes techniques – sous la forme de fichiers GIF ou Flash Player, par exemple – soit d’expériences où l’on fait varier différents paramètres pour étudier les conséquences de ces variations. L’avantage de ce type d’animation est qu’il va permettre à l’élève de décrire et d’expliquer, en anglais, les démonstrations qu’il projette en même temps. Le but est de communiquer, l’expérimentation réalisée de façon informatique n’ajoutant aucune difficulté de mise en œuvre ou de paramétrage. De plus, ces expériences mises à disposition sur des sites Internet dédiés à l’enseignement, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, sont accompagnées de fiches descriptives et de mode opératoires permettant l’acquisition du vocabulaire scientifique et technique propre au sujet traité.

Une autre utilisation du numérique consiste à évaluer les discours des élèves par l’intermédiaire d’enregistrements sonores qu’ils réalisent en dehors de la classe soit avec un téléphone soit avec un microphone et un PC, que nous collectons par courrier électronique. L’avantage des outils cités ici est qu’ils permettent, par un choix approprié des supports, de différencier les difficultés et de moduler les groupes en fonction des compétences de départ des élèves. L’autonomie qu’ils doivent acquérir pour l’épreuve du baccalauréat se construira ainsi  à un rythme approprié.

 [1] STI2D : baccalauréat série Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable.

[2] Article rédigé par les deux enseignants qui ont accueilli le Ministre dans leur classe de terminale STI2D : Caroline SCHNEIDER, professeure d’anglais, et Francis TEILLET, professeur de sciences industrielles de l’ingénieur au lycée Diderot (75019).

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