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"Le stylo n'a pas dit son dernier mot" : Le Monde

Lestylo Malgré les multiples avantages du clavier de l'ordinateur (copié/collé, lisibilité, correction orthographique...), des scientifiques nous mettent en garde contre l'abandon de l'écriture manuscrite qui ralentirait l'apprentissage de la lecture.

Un article du supplément "Culture & idées" du journal "Le Monde" (daté du 13/11) revient longuement sur le caractère essentiel de l'apprentissage et de la pratique, notamment par les jeunes, de l'écriture manuscrite.

  • Ecriture manuscrite et tapuscrite : quelle différences ?

La parole des experts est d'abord mise en avant et s'attache à déceller les différences entre les deux formes d'écriture :
Edouard Gentaz, directeur de recherche au CNRS et professeur de psychologie du développement à l'Université de Genève, souligne que l'apprentissage de la calligraphie par les enfants participe au développement d'une motricité très fine que l'ordinateur ne permet pas.
Roland Jouvent, chef d'un service de psychiatrie à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, confirme cette expérience corporelle unique ; il prépare d'ailleurs un livre sur ce sujet. D'autres considèrent que l'écriture manuscrite permet une créativité investie et immédiate sur la page que ne peut égaler l'inventivité pourtant constante des programmes informatiques.

L'écriture manuscrite permet finalement une prise de conscience innégallable, car immédiatement visible par "l'auteur", des différentes étapes subies par le texte corrigé, ratturé, reconstruit...

  • Quel impact sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture ?

La deuxième question soulevée dans cet artcile est de savoir si le changement de mode d'écriture bouleverse notre façon d'appréhender la lecture et l'écriture. C'est sur ce point que les partisans du clavier et du stylo s'opposent le plus.
Les uns (comme Anne Trubeck) se sont exprimés, notamment aux Etats-Unis pour le tout numérique et l'abandon de l'écriture cursive, et ce dès l'école primaire. Ils avancent les vertus de la rapidité et des multiples fonctionnalités de la saisie qui permettent "une vitesse d'éxécution suivant le rythme de la vitesse de cognition".
Leurs adversaires, des neuroscientifiques pour la plupart, sont éffarés par tant d'émerveillement. A la lumière de leurs études expérimentales menées aussi bien auprès de jeunes enfants que d'adultes, ils défendent l'idée que l'écriture manuscrite permet une mémorisation (celle du corps) et une reconnaissance durable, essentielle pour l'apprentissage de la lecture.

  • L'écriture manuscrite serait irremplaçable dans la formation des individus :

D'autres études citées dans l'article tendent à prouver que l'écriture manuscrite est là encore irremplaçable : La mémorisation des cours est plus fine à travers la prise de notes au stylo. Contrairement à la retranscription d'une leçon à l'aide d'un ordinateur, celle-ci favorise l'analyse personnelle, la compréhension et l'esprit de synthèse.

  • La France soucieuse de maintenir cet éveil cognitif :

En 2000, alors que les Etats-Unis créaient la polémique en proposant la suppression de l'écriture cursive dans les écoles, la France réaffirmait la nécessité d'apprendre aux enfants à écrire à la main dès la fin de l'école maternelle. Toutefois, là encore, les recherches sont actives et des changements didactiques préconnisent des nuances dans l'apprentissage de la calligraphie : importance de l'écriture "attachée". En 2013, simplification des majuscules ornées...

  • De nombreuses citations et références universitaires :

Cet article, très riche par ces citations de spécialistes et ses références, souligne les avancées encore prudentes de la recherche dans le domaine d'une culture numérique dont on ne commence seulement qu'à saisir et analyser les impacts cognitifs.

  • Un conclusion favorable à la créativité de nos mains :

Toutes ces recherches montrent donc que "le passage du stylo au clavier est loin d'être une simple affaire d'outil".
En ce qui concerne la France, ce recueil de point de vue et d'analyses d'experts met en avant la caractère vivant, dans notre société, de l'écriture manuscrite et personnelle qui réinsuffle dans notre rapport au langage la part émotionnelle que "la sécheresse" de l'ordinateur tenterait de lui enlever. Le débat est ouvert et la recherche en ébullition...

L'article est enrichi par le point de vue d'un autre chercheur, Jean-Luc Vélay, dont les recherches portent sur l'écriture et la lecture.

Il est également complété par une bibliographie.

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