Les effets du numérique sur les apprentissages

Pisa

Un rapport récent de PISA, Students, Computers and Learning Making the Connection, analyse les effets des équipements du numérique sur les apprentissages, avec des fiches pays par pays

La situation de la France

La fiche consacrée à la France met en évidence des taux d’équipement élevés à la maison (99% des élèves de 15 ans dont 96% des élèves défavorisés disposent d’un accès internet). La compréhension de l’écrit électronique des élèves de 15 ans est bonne elle aussi (performance supérieure à la moyenne de l’OCDE) : évaluer ce qu’ils lisent en ligne, suivre des liens pertinents, cibler la recherche. 12% des élèves naviguent de manière peu ou pas du tout ciblée.

En revanche, les élèves français n’ont pas toutes les habiletés attendues dans l’utilisation de l’ordinateur pour la résolution de problèmes mathématiques : trier une base de données ou créer un graphique.

Quant aux équipements des établissements scolaires ils sont proches de la médiane des pays de l’OCDE : un ordinateur connecté à internet pour 3 élèves de quinze ans. 

Et chez nos voisins?

Focus sur l'Espagne

Le Programme Ecole 2.0, financé entre 2009 et 2012 à hauteur de 302 millions d’euros, a permis l’achat de 614 549 ordinateurs, l’aménagement de 27 131 salles de cours et la formation de 120 136 enseignants. Cet investissement, de 47 613 euros par élève, représente 5,26 fois le coût moyen d’un étudiant de l’enseignment secondaire.

Selon PISA, comparé à celui de 34 pays de l’OCDE, le ratio ordinateur-élèves en Espagne (de 2,2 à 1) est assez faible. Toutefois, suite aux investissements du gouvernement central, l'Espagne  est devenue l’un des pays européens où l’on trouve le plus grand nombre d’ordinateurs par élèves du primaire. En effet, en Espagne 32% des élèves en sont équipés.

La presse française a mis l’accent sur le fait que l’Espagne qui s’était engagée dans un vaste plan numérique n’obtenait pas de bons résultats. Mais quand on regarde la fiche, la signification est sans doute un peu différente : les élèves espagnols sont peu équipés en 2012 et leur performance dans la lecture numérique n’est pas très bonne, non plus que leur performance dans l’utilisation des mathématiques.

Mais ce qu’il est important de noter, c’est que les élèves qui consultent beaucoup internet pour leurs travaux scolaires ont des résultats significativement meilleurs dans ce domaine. Ce sont les pratiques sur internet qui semblent être distinctives  (ce qui rejoint des études précédentes) : les élèves d’origine favorisée consultent internet pour faire des recherches et lire la presse en ligne, alors que les élèves plus défavorisées l’utilisent plus pour échanger sur les réseaux sociaux et capter des images ou des vidéos.

Qui sont les meilleurs lecteurs en ligne selon PISA?

Une fiche du rapport est particulièrement intéressante pour les différents membres du système éducatif  : elle identifie ce qui fait le bon lecteur en ligne. Lire sur papier et lire en ligne mobilisent un même fond de compétences, mais diffèrent également et les compétences des élèves dans les pays montrent des décorrelations ; les Polonais et les Chinois de Shanghaï qui sont d’excellents lecteurs sur papier sont moins bons en ligne ; les élèves de Singapour et de Corée sont significativement meilleurs dans la lecture en ligne que les lecteurs de même niveau sur papier d’autres pays.

Que fait un bon lecteur en ligne ? il sélectionne ses sources ; il évalue la pertinence des liens à suivre pour conduire à bien la tâche en cours. Le lecteur moins bon consulte plus de pages non pertinentes et même s’il est persévérant se laisse porter sans sélection véritable. C’est la qualité de la navigation qui est à la base de la qualité de la lecture.