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Publier des photos d’élèves ?

mis à jour le 14/12/15

Vous tenez à publier des photos prises pendant le temps scolaire représentant des élèves reconnaissables. Vous avez déjà les autorisations des tuteurs légaux.
Des précautions simples mais indispensables sont à prendre !

Nous souhaitons parfois publier des photos ou des vidéos où les élèves sont reconnaissables.
Pourquoi pas ? Si c’est de façon occasionnelle et surtout responsable.

Positionnement professionnel

Si des parents exercent une pression cordiale, mais bien réelle, pour « voir » leurs enfants en classe, d’autres exprimeront clairement leur mécontentement en cas de problème. Rappelons que nos habitudes de partage et de diffusion de photos personnelles, à titre privé, ne peuvent pas être reproduites telles quelles à titre professionnel. Ce ne sont pas les photos de nos propres enfants que nous publions mais bien celles de nos élèves. À ce propos, la lecture de cet article peut être utile  "Un cadre pour la photo numérique scolaire".
Il est bon de garder en tête que la diffusion des ressources que nous publions peut nous échapper, y compris quand elles sont protégées par un mot de passe. Par exemple, de nombreux parents ont un compte sur Facebook. Un simple appui du doigt sur l’écran du smartphone suffit alors pour partager des photos… même protégées par mot de passe.

choeur

Bons sens

Trois erreurs sont à proscrire :

  • Oublier de demander les autorisations de publication des tuteurs légaux
  • Collecter toutes les photos prises par des accompagnateurs et les diffuser aux parents, sans tri préalable
  • Diffuser les ressources telles qu’elles ont été prises sans adaptation technique

Bon usage

1 - Demander l’autorisation des tuteurs et de l’enfant lui-même

C'est une obligation légale. Elle ne peut pas être générique, pour toute l'année, pour toutes les activités et toutes les publications. (cf. document en fin d'article). S'il s'agit d'un site internet, les photos doivent être retirées du serveur en fin d'année.

La question de l'identité numérique est devenue incontournable, parfois cruciale. Quand nous publions une photo, essayons de nous projeter plus loin que l’année scolaire. Comment pourra être interprétée telle ou telle photo, plusieurs années plus tard, sortie de son contexte ?

Au-delà de l’aspect légal, demander à un élève l’autorisation de publier une photo le représentant est une occasion vraie d’éducation aux médias. Si un élève a le droit de refuser qu’on diffuse sa photo, alors il pourra mieux comprendre que lui-même ne peut pas diffuser ce qu’il veut à propos d’autrui. Il n’est pas trop tôt pour aborder cet aspect de la communication. En effet, l’expression visuelle, dessin, photo et vidéo, imprègne largement la communication des préadolescents et des adolescents sur les réseaux sociaux.

2 - Définir les droits d’usage

ordinateur portableQuel que soit le support, cédérom, clé usb, site internet, nuage, il est indispensable de définir les conditions d’utilisation des photos ou vidéos. Elles peuvent prendre la forme d’un court article, d’un écran ou d’un fichier nommé « conditions d’utilisation ».
Elles peuvent ressembler à ce court texte :
  « Ces photos, ou vidéos, sont diffusées aux parents d’élèves de la classe de … en date du… . Elles sont réservées à un usage familial. Toute personne qui visionne ces photos, ou vidéos, s’engage à ne pas les diffuser ou dupliquer, quel qu’en soit le support (cédérom, disque dur, réseau social etc).
Les tuteurs légaux des enfants photographiés ont donné leur autorisation pour ce seul usage. »

3 –  Évaluer et trier

Nous devons visionner attentivement chaque photo ou vidéo, y compris en observant son arrière-plan où des personnes ne sont pas forcément à leur avantage.
Il est préférable d’exclure les ressources dont l’intérêt ne saute pas aux yeux. Ne cherchons pas l’exhaustivité, visons plutôt la qualité en ne gardant que celles qui correspondent à notre intention pédagogique. Lors d’une sortie scolaire, cinq ou six photos représentant les élèves paraissent très suffisantes.
Il ne faut pas hésiter non plus à recadrer les photos si le sujet principal nous paraît pertinent mais que d’autres éléments secondaires le sont moins.

4 – Réduire la qualité technique

terre reseauLes photos de notre smartphone, et plus encore celles de notre appareil photo numérique, ont une excellente définition. Ce peut être un inconvénient. Les fichiers sont lourds à éditer, copier ou charger. De plus, il est possible d’isoler un détail en conservant une bonne qualité. Aussi Il est prudent de ne garder que la qualité indispensable.
La définition de prise est souvent de 300 dpi (point par pouce) c’est à dire une bonne qualité d’impression. Pour l’affichage à l’écran, une définition inférieure, de 72 dpi, fera l’affaire. Si on imprime une photo de cette définition, le résultat est légèrement flou. C’est d’ailleurs ce qui arrive parfois quand on veut imprimer des images trouvées à partir d'un moteur de recherche.

Les photos ont souvent, d’origine, une largeur et une hauteur importantes, entre 3000 et 5000 pixels de large pour 2000 à 3660 de haut. Là aussi, il est préférable de réduire ces dimensions. 500 pixels de large sont suffisants. Il est même possible de descendre à 250 pixels quand le sujet s’y prête. S’il s’agit d’un diaporama, il sera possible d’aller jusqu’à 800, voire 1000 pixels de large.

La fonctionnalité de traitement par lots des logiciels d’images permet de faire subir la même transformation technique à un ensemble de photos. Très pratique pour gagner du temps !

Pour les vidéos, le temps de traitement est plus long, surtout si on ne se contente pas d’une modification de la taille et de la définition, mais qu’on souhaite élaborer un petit montage : coupe de scènes, ajout de titre et d’informations textuelles.

danse

Évolutions

En termes d’image, la France a une législation très protectrice des personnes. Pourtant nous avons presque tous un appareil photo et une caméra dans notre poche, et le partage sur les réseaux est d’une facilité déconcertante. Une tension apparaît donc entre les pratiques individuelles et la loi. L’école est traversée par cet antagonisme entre le désir des familles et le respect de la législation. La situation est délicate, mais elle est l’occasion privilégiée d’aborder concrètement l’éducation aux médias à l’école.

Philippe TASSEL