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Consignes en salle informatique

mis à jour le 05/01/16

Donner des consignes en salle informatique quand les élèves sont absorbés par leur activité ? Pas si simple !
Voici des pistes pour y remédier.

Donner une consigne n’est pas chose facile. Dans la salle informatique, le positionnement des acteurs ajoute un nouvel obstacle. L’élève est en action face à la machine, il produit, il agit, il essaie, il recommence. Il fait face à ses propres apprentissages. Le professeur, lui, est derrière. Et l’élève le sollicite quand il a besoin d’aide. Si le professeur n’enseignait qu’à une petite poignée d’élèves à la fois, il pourrait répondre à toutes ces sollicitations. Mais ce n’est pas le cas. Le professeur se trouve donc avec un grand groupe dont tout ou partie lui tourne le dos, se concentre sur des écrans, fait abstraction de sa parole d’enseignant !

Il faut se rendre à l’évidence, dans ces conditions s’adresser au fil de l’eau à l’ensemble du groupe est illusoire. Plutôt que de se lamenter d’un « Ils n’écoutent pas ! », il est préférable de s’organiser autrement.

salle informatique

Les élèves n’écoutent pas le professeur pendant l’activité ?

Et si celui-ci donnait les consignes avant ?

Avant l’activité donc et sans les ordinateurs, le professeur expose les situations qui vont être rencontrées : insérer une image, choisir un style de paragraphe. Une réflexion commune est menée, des indications sont données. L’utilisation d’un vidéoprojecteur est une aide précieuse pour visualiser les étapes des processus rencontrés. Toutes les informations ne seront pas mémorisées, certes. Mais pendant l’activité, la mutualisation informelle de ce qui aura été retenu par les uns ou par les autres fera gagner en autonomie.

Le professeur ne peut pas répondre à toutes les sollicitations pendant l’activité ?

Et s’il déléguait ce rôle à un tutoriel ?

Le tutoriel explique, pas à pas, une fonctionnalité logicielle dont on va avoir besoin. Sur papier ou en vidéo, il accompagne les élèves durant l’activité. Il peut être découvert, et commenté, avant l’activité, collectivement ou non.

Il faut le refaire de temps en temps car les logiciels changent d’interface au gré des versions. Il peut en exister, immédiatement exploitables,  sur internet.

Les élèves demandent sans cesse des indications sur les démarches à adopter ?

Et si le professeur n’en donnait presque plus ? Obligeant les élèves à réfléchir par eux-mêmes.

En collectif avant l’activité, le professeur fixe un objectif global sans entrer dans les détails de sa réalisation. Par exemple : insérer une photo et l’habiller avec du texte. Les élèves travaillent par groupes de deux ou trois. Devant les ordinateurs, ils élaborent des stratégies. Ils tâtonnent, font appel aux compétences acquises, ils échangent entre eux, explorent les menus, regardent ce que font les autres.

Les élèves apprennent  ainsi un aspect fondamental du numérique : il faut chercher, explorer et s’autoformer en permanence, développer son sens de l’initiative et sa curiosité. Les premières trouvailles retenues ne sont pas forcément les meilleures. Elles dépendent parfois simplement de la force de persuasion du leader du groupe plutôt que de leur pertinence. Des bilans différés dans le temps sont donc parfois nécessaires pour gagner en efficacité.

Mais que fait le professeur ?

Moins le professeur s’épuise à expliquer, plus il peut se consacrer à des aides plus individuelles. Dans le cas de la production d’un document numérique, il peut s’intéresser au fond des travaux des élèves, au respect des règles de typographie, à la cohérence et la complémentarité des médias, à l’harmonie de la maquette. Il peut également accorder plus de temps à des élèves moins à l’aise avec l’activité.

Le professeur peut aussi observer plus facilement les stratégies adoptées par la classe pour les faire évoluer, notamment lors d’un bilan.

Il est bien possible que la mise en place de ces pistes ait des conséquences au-delà des l’activités elles-mêmes. Les élèves développeront très probablement leur autonomie et leur sens de l’initiative, et ainsi, seront plus enclin à s’investir d’eux-mêmes dans leurs apprentissages.

Philippe Tassel