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Renouveler les pratiques en BTS : travailler par compétences

Cécile Akil-Plessix, du lycée Hôtelier Jean Drouant, témoigne de ses pratiques en BTS et nous propose des outils et des procédures pour travailler autrement la Culture Générale et Expression. Il s’agit de partir des compétences à acquérir et d’élaborer les exercices en fonction. Un tableau récapitulatif des activités en fonction des compétences complète le propos.

Travailler autrement, une nécessité

a) Le travail collaboratif est un phénomène de société qu’on doit prendre en compte comme l’habitude du tutorat, celle de regarder ou de créer des tutoriels sur le Net. Il nous faut donc multiplier les activités de groupe, en binôme ou groupe de 4 (organisation facile), en ilot.

 

b) Pédagogie de projet : Favoriser l’attention longue sur une activité choisie, qui plaît, menée à la maison ou en classe, seul ou en groupe : Présentation d’un film par exemple – réalisation d’un dossier, d’une anthologie illustrée, …

 

 

Ecrire

• Nécessité de retrouver le plaisir d’écrire, de sortir de la relation duelle : j’écris pour le professeur un devoir type examen

• Nécessité de faire écrire souvent car les étudiants se heurtent très fréquemment à des difficultés de maniement de la langue à l’écrit en particulier.

 

Point sur les différents types d’écrit :

- L’écriture de travail : notes sur un texte – brouillon - plan

- Les écritures explicatives et argumentatives variées : résumé – explication – commentaire – paragraphe morcelé : argumentation / illustration d’une thèse -

- Les écritures créatives qui permettent de faire émerger une dimension du thème ou de fixer un exemple (à partir d’un support déclencheur) – écritures créatives dans la mesure où elles développent les compétences attendues

 

Travailler l’oral

 L’oral préparé

Proposer de courts exposés sur des films. Par exemple : projection de la bande-annonce – présentation du synopsis – analyse du film dans ses apports au thème étudié. Après quelques exposés, l’enseignant propose des arguments à illustrer en s’appuyant sur ce qui a été vu. On peut même imaginer que les étudiants eux-mêmes proposent des arguments.

 

L’oral semi-préparé

Débat dans lequel quelques étudiants incarnent les auteurs d’un corpus tandis qu’un groupe est évaluateur à partir d’une grille préalablement établie.

 

L’oral brut

Débat avec prise de notes qui nourrira une écriture personnelle. Un étudiant peut en prendre la direction.

 

Remarque : toutes ces démarches peuvent déboucher sur des exercices écrits type examen !

 

 

Lire pour mieux comprendre, lire pour mieux argumenter

Multiplier les lectures littéraires, pourquoi ?

Les professeurs renouent avec leur spécialité ; ils seront plus convaincants et développeront plus aisément l’attention conjointe des étudiants : je regarde ce que tu regardes parce que cela a l’air fascinant.

La lecture narrative se mémorise plus facilement du fait du plaisir procuré par le texte littéraire et parce que les étudiants sont eux aussi habitués à la lecture littéraire.

 

Aborder le texte argumentatif autrement

-  Pratiquer l’exercice du centon (agencement de fragments) sur un texte d’idées long : je repère des phrases ou expressions importantes et je réécris le texte avec. Il s’agit là d’une première approche du résumé.

- L’incarnation dans un débat ou une micro-conférence. L’étudiant incarne un auteur dont il s’approprie la pensée. Le travail a été préparé en groupe au préalable et il parle sous le contrôle du groupe qui peut être évaluateur.

- Deux textes dans la classe. En binômes, les étudiants détachent les phrases clés et les recopient dans le désordre. On échange ensuite et chaque binôme doit remettre les phrases dans l’ordre. Il s’agit là de travailler la construction argumentative.

 

Les plus de la démarche :

- Une meilleure mémorisation des idées.

- Un apprentissage de formulations nouvelles (c’est aussi en copiant qu’on apprend à écrire !)