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Mon premier congrès de l’AGEEM

mis à jour le 10/11/16

Logo Ageem 2016 Juillet 2016 à Dijon : « Comment construit-on l’estime de soi ? Comment l’enseignant crée-t-il les conditions pour qu’un jeune enfant se construise une image positive et juste de lui-même ? » 1200 enseignants étaient réunis début juillet dans la capitale des ducs de Bourgogne, pour réfléchir, débattre, se former et partager autour de : « L’estime de soi : Quels enjeux à l’école maternelle pour l’élève et pour l’enseignant ? »
par Isabelle Daneyrole, représentante Académique de l’AGEEM pour Paris et membre de la Mission maternelle

Présentation du congrès

Programme du congrès de l'AGEEM 2016Le 89ème congrès de l’AGEEM à Dijon s’est joué à guichet fermé du 3 au 5 juillet 2016. Ayant réservé ma place dès janvier, j’ai pu dès le 2 juillet, rejoindre la grande transhumance des enseignants de maternelle du début de l’été, qui n’hésitent pas à traverser tout le pays pour se plonger dans les eaux bouillonnantes et revigorantes des sources de l’AGEEM. 

Sur le parvis du palais des congrès de Dijon, une armée de femmes et d’hommes tous habillés de rose, était là pour accueillir les congressistes et nous souhaiter la bienvenue. Un sac rempli de surprises nous était remis en plus du programme des festivités, dont le guide de réflexionOuverture dans une nouvelle fenêtre particulièrement intéressant que l’Ageem édite pour ses adhérents lors de la préparation du congrès.

Deux années sont nécessaires pour préparer les congrès et tous les adhérents de l’académie de la côte d’or et de nombreuses écoles s’étaient mobilisés pour donner vie à ce 89ème congrès.

L'estime de soi

1200 enseignants venant des 4 coins de la France, s’étaient donnés rendez-vous dans la capitale des Ducs de Bourgogne, pour réfléchir, débattre, s’informer, se former, partager autour de :

« L’estime de soi : quels enjeux à l'école maternelle pour l'élève et pour l'enseignant ? ».

« Comment construit-on l’estime de soi ? Comment reconnaît-on sa propre valeur à travers les différents âges de la vie ? Est-ce un état stable une fois supposé atteint ? Ou bien est-il remis en cause en fonction des aléas, des épreuves, des expériences de vie ? Comment être certain d’avoir une juste estime de soi ? Comment ne pas avoir un ego surdimensionné ? Ou être dans une sous-valorisation constante ? Ces questionnements sont aussi vrais pour les adultes que pour les enfants. Burn out, arrêt du métier après 5 ans d’exercice, comment l’enseignant peut-il se reconnaître comme un acteur valorisé, suffisamment rassuré par rapport à ses actions ? Comment crée-t-il les conditions pour qu’un jeune enfant se construise une image positive et juste de lui-même ? ».

Mon programme était précis et organisé, et entre les conférences, les ateliers de pratique et les espaces d’expositions, pas le temps de s’ennuyer !
Mon appareil photo en poche et ma tablette à portée de main, les moissons de l’été pouvaient commencer.

Après le discours d’ouverture de Mme Isabelle Racoffier, Présidente de l’AGEEM, et une allocution de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, je commençais par une conférence de Jean-Paul Delahaye, Inspecteur de l’éducation nationale honoraire et auteur du rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire »Ouverture dans une nouvelle fenêtre qui réaffirmait le rôle majeur de l’école maternelle dans le parcours de réussite des élèves.

Congres Ageem (1)J’enchainais avec Grégory Delboe, Professeur des écoles, EMF puis formateur à l’ESPE, chercheur en STAPS et en sciences de l’éducation, avec la présentation de « L’estimomètre » comme outil pédagogique.
Les élèves confrontés à une même tâche ne l’abordent pas avec les mêmes possibilités, ce qui peut poser un problème. Certains élèves ont des ressources riches, d’autres plus pauvres, certains découvrent, alors que d’autres sont déjà dans l’application de choses connues. L’utilisation de l’estimomètre permet à l’enfant de se situer avant même de se lancer dans la réalisation de la tâche. Il peut ressentir sa capacité de réussite avant de commencer. Une fois qu’il a pointé sur l’estimomètre son ressenti, il semble pouvoir mieux se recentrer sur la tâche elle-même. Une fois la tâche exécutée, il est invité à évaluer lui-même son degré de réussite.

Congres Ageem (2)Le lendemain, j’assistais à une conférence de Maryse Métra, Présidente de l’AGSAS, avec pour sujet : « De quel soutien les enseignants ont-ils besoin pour faire grandir l’estime de soi de leurs élèves ? ».

Les congrès de l’AGEEM, sont des lieux uniques de formation, de rencontres et d'échanges, centrés sur la défense et la promotion de l'école maternelle. Des propositions de mise en œuvre venues de toute la France et même de pays étrangers, témoignent de la richesse de cette école première.
La thématique du congrès de Dijon a été choisie, en cohérence avec la loi de refondation, avec l'objectif de contribuer à la réussite de tous. Les mots "Agir", "Réussir", "S’exprimer", "Comprendre" occupent une place importante dans le nouveau programme de l’école Maternelle et ils étaient le fil conducteur des ateliers de pratiques auxquels chacun pouvait participer.
J’avais choisi entre autres, un atelier intitulé : « Explorer le vocabulaire graphique d’un artiste » animé par l’auteur de « Activités graphiques à l'école maternelle, premiers pas dans les arts visuels » Ed, Canopé.
Chacun avec son accent, sa personnalité, son envie créatrice était là pour s’essayer, communiquer, faire avec les autres, former un groupe et finalement, éprouver son estime de soi !
Nous étions au cœur du sujet et je m’arrêtais sur cette citation de Rousseau, écrite sur un panneau : « Nul ne peut être heureux s’il ne jouit de sa propre estime », je comprenais alors que l’enjeu de ce congrès était de taille et poursuivais mon exploration.

L’originalité et la richesse des congrès de l’AGEEM résident dans un savant partage entre des temps de conférences, des lieux d’exposition, où de nombreux éditeurs exposent leurs dernières nouveautés et proposent des animations, et un forum qui présente les travaux et projets des classes participantes. Cette partie m’a particulièrement ravie. Une cinquantaine de stands animés par les enseignants étaient en libre accès. Photos, travaux d’enfants, constructions, vidéos, panneaux explicatifs, objets de mémoires, sculptures étaient présentés. Quel savoureux laboratoire d’idées, de réflexions et de trouvailles, réalisées par des enseignants motivés et qui souhaitaient partager leur cheminement avec d’autres !
L’estime de soi avait soulevé des trésors de créativité et chacun avait explorer des chemins différents.  
Appartenir à un groupe, se connaître, réussir et éprouver la confiance et la sécurité, les fondements de l’estime de soi étaient interrogés, illustrés.
Pour travailler la connaissance de soi, certains avaient choisi l’expression orale, artistique et corporelle, pour que les enfants apprennent à reconnaitre, à nommer, à traduire plastiquement et à « jouer » les émotions.

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Des parcours sonores, des jardins imaginaires, des rencontres artistiques, de la danse, des imagiers du corps, des robes aux couleurs des émotions, des sculptures et installations de toute sorte…

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Valoriser les réussites, accompagner l’enfant vers des apprentissages structurés, lui offrir un environnement riche et évolutif lui permettant de choisir, de s’exercer, de persévérer, de comprendre ce que l’on attend de lui. Les enseignants présents sur ce forum, nous montraient cela et le nouveau programme de l’école maternelle apparaissait en filigrane.

[…] L’école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. En manifestant sa confiance à l’égard de chaque enfant, l’école maternelle l’engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà.

[…] l’équipe enseignante définit des modalités de relations avec les parents, dans le souci du bien-être et d’une première scolarisation réussie des enfants et en portant attention à la diversité des familles. L’accueil quotidien dans la salle de classe est un moyen de sécuriser l’enfant.  L’enseignant reconnaît en chaque enfant une personne en devenir et un interlocuteur à part entière, quel que soit son âge. L’accueil, les récréations, l’accompagnement des moments de repos, de sieste, d’hygiène sont des temps d’éducation à part entière. Ils sont organisés dans cette perspective par les adultes qui en ont la responsabilité et qui donnent des repères sécurisants aux jeunes enfants. Chaque enseignant s’attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait par rapport à lui-même. Il permet à chacun d’identifier ses réussites, d’en garder des traces, de percevoir leur évolution.

[…] Se construire comme personne singulière, c’est découvrir le rôle du groupe dans ses propres cheminements, participer à la réalisation de projets communs, apprendre à coopérer.  Par sa participation, l’enfant acquiert le goût des activités collectives, prend du plaisir à échanger et à confronter son point de vue à celui des autres. Il apprend les règles de la communication et de l’échange.  L’enseignant a le souci de guider la réflexion collective pour que chacun puisse élargir sa propre manière de voir ou de penser. Ainsi, l’enfant trouve sa place dans le groupe, se fait reconnaître comme une personne à part entière et éprouve le rôle des autres dans la construction des apprentissages. Dans un premier temps, les règles collectives sont données et justifiées par l’enseignant qui signifie à l’enfant les droits (s’exprimer, jouer, apprendre, faire des erreurs, être aidé et protégé...) et les obligations dans la collectivité scolaire (attendre son tour, partager les objets, ranger, respecter le matériel...) À travers les situations concrètes de la vie de la classe, une première sensibilité aux expériences morales (sentiment d’empathie, expression du juste et de l’injuste, questionnement des stéréotypes...) se construit. Au fil du cycle, l’enseignant développe la capacité des enfants à identifier, exprimer verbalement leurs émotions et leurs sentiments. Il est attentif à ce que tous puissent développer leur estime de soi, s’entraider et partager avec les autres.

Lien avec l'évaluation positive et le carnet de suivi des apprentissages

Je m’attardais pour finir sur 2 stands, qui me paraissaient faire le lien avec le sujet de l’évaluation positive et la question du carnet de suivi des apprentissages sur lequel les équipes réfléchissent depuis l’année dernière dans toutes les écoles.
Les enseignantes présentes sur ces 2 stands avaient cherché à rendre leurs élèves conscients de ce qu’ils apprennent, à favoriser leur sentiment de réussite pour qu’ils s’impliquent davantage dans les activités et développent leur estime de soi.

L'un s'appelait : « La maison de mes savoirs, de mes apprentissages »

Un autre intermédiaire que le classeur, les cahiers, pour rendre visibles les apprentissages de l’école maternelle…et pourquoi pas une maison ?
Une maison dont les murs vont s’enrichir des progrès de l’enfant au fil de l’année. Un support personnalisé qui va renforcer leur estime de soi et les valoriser à travers le regard des autres…

Congres Ageem (8)A la question : « A la fin de la GS de maternelle, que reste-t-il des nombreux apprentissages réalisés au cours de ces 3 ou 4 années ? », l’enseignante cherchait à utiliser un support original pour faire travailler activement les élèves sur la restitution des leurs apprentissages autre que les classeurs et cahiers habituels.
Le déclic vint, suite à la la lecture d’un album : « Les copains de la colline », éd. Milan, dans lequel 3 enfants réalisent des constructions avec des cartons.
De l’idée de construire des refuges sur la base de grands volumes qui plaisaient aux enfants, lui est venue la proposition de construire des maisons dans lesquelles ceux-ci pourraient y « ranger » tout ce qu’ils apprenaient à l’école.
Chaque élève pourrait y laisser ses traces, ses essais, ses réussites, y exposer ses connaissances et ses acquis. Il pourrait y inviter son papa, sa maman, un copain, pour leur expliquer tout ce qu’il apprend à l’école, et même s’y réfugier pour ressentir et savourer le plaisir de savoir faire tant de choses !

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L’autre s’intitulait : « Des boîtes et des sacs à savoirs…de l’école à la maison ! »

Une petite fiche jointe au sac à savoirs permettait à chaque famille d’en comprendre le sens.

Fiche sac à savoirs

Il y avait un sac pour chaque mois, et l’on pouvait y trouver des jeux, des albums, des poésies, des comptes-rendu de sorties, d’expériences, des objets à manipuler.

Ces enseignantes et bien d’autres avaient choisi de développer des questions essentielles :
Comment valoriser et faire se rencontrer la langue de l’école et la langue de la maison ?
Comment expliciter les apprentissages de l’école maternelle pour que l’élève devienne acteur de son développement et devienne élève ?
Et chacune avait trouvé une manière d’y répondre.

Tous ces travaux menés sur l’estime de soi m’ont enchanté, et tous les participants à ce congrès ont su développer des ressources bien utiles.
Il m’apparait bien naturel aujourd’hui de vouloir en partager les bienfaits, et ma mission en tant que nouvelle Représentante de l’AGEEM pour l’Académie de Paris depuis septembre, sera de vous présenter nos travaux et nos actions et d’accompagner les réflexions du groupe de la Mission maternelle de Paris auquel j’ai l’honneur de participer depuis plusieurs années auprès de Mme Leuleu-Galland.

Prolongement

La section de Paris de l’AGEEM vous invite à prolonger l’étude de ce sujet lors de sa journée académique le mercredi 1er mars 2017, qui se tiendra à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris à partir de 13h30 en présence de Mme Liliane Chalon.
Les inscriptions sont closes sur « circonscript » mais peuvent être envoyées à notre adresse : ageem@ac-paris.fr

Congres Ageem (13) « S’estimer, c’est comme quand maman elle nous aime, sauf que là c’est nous qu’on s’aime !!»     
Hiuana, 6 ans

Article rédigé par Isabelle Daneyrole, Représentante Académique de l’AGEEM

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