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Exploiter les archives de l'INA pour travailler la compréhension de l'oral et l'histoire littéraire

mis à jour le 14/04/17

ina 130 Julie Beauval, professeure de lettres au lycée Gabriel Fauré (13e), propose une activité à destination d'élèves de Seconde. Il s'agit de travailler la compréhension orale, la prise de note et l'histoire littéraire - ici Zola et les Rougon-Macquart - à partir de ressources vidéo de l'INA. La description de l'activité est complétée par le modèle de fiche utilisé par les élèves et différents travaux réalisés par ces derniers.

Si les élèves travaillent au quotidien et sans s'en rendre compte leur capacité à comprendre des énoncés, il revient au professeur de français de les guider dans la compréhension d'un français plus exigeant, qu'ils n'entendent pas ou peu parler, et qui leur permettra d'enrichir leur vocabulaire.

  L'activité suivante est souvent utilisée en cours de langues étrangères, mais s'applique à merveille au cours de français, car elle permet aux élèves d'améliorer leur concentration en même temps qu'elle les entraîne à prendre des notes.

  J'ai trouvé sur le site de l'Institut National de l'Audiovisuel une vidéo de 1987 en lien avec la séance que je consacrais à la genèse des Rougon-Macquart : il s'agit d'une présentation du livre Carnets d'enquêtes, regroupant des photos prises par Zola sur Paris et qui, à l'époque, venait d'être édité dans la collection Terre Humaine, chez Plon. Ce bref reportage de deux minutes renforçait ce que nous venions de dire sur le travail de documentation auquel se livrait Zola avant de commencer la rédaction de ses romans, et permettait en même temps aux élèves de découvrir quelques clichés pris par le romancier lui-même lors de ses fameuses enquêtes.

  J'ai donc projeté au tableau cette vidéo après avoir donné aux élèves les consignes suivantes : ils devaient prendre en notes ce que disaient les intervenants de la vidéo sur le recto d'une feuille que je leur avais distribuée au préalable. Après deux écoutes, ils pouvaient retourner la feuille et tenter de répondre aux questions inscrites au verso, en s'aidant de leurs notes. Puis, nous mettions en commun les réponses, et les élèves se corrigeaient eux-mêmes, avec une autonomie à laquelle je ne m'attendais pas, pensant naturellement à changer de stylo pour distinguer ce qu'ils avaient vu de ce qu'ils avaient manqué.

    Je fus étonnée du silence qui régnait pendant l'activité : les élèves se montrèrent très attentifs pour prendre des notes, chose qui, en temps ordinaire, leur coûte beaucoup. Il ne vint à l'esprit d'aucun d'eux de retourner la feuille et de consulter les questions proposées pour saisir ce qu'il fallait retenir de la vidéo, certainement parce que tous savaient que l'exercice ne donnerait lieu qu'à une évaluation personnelle.

   Par cette activité, les élèves ont ainsi pu travailler leur capacité de concentration et de compréhension, mais aussi se rendre compte que, contrairement à ce qu'ils pensent et soutiennent hautement, ils étaient parfaitement capables de distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas, de le prendre en notes et de le restituer ensuite.