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Un dispositif d’accompagnement des élèves après la classe : ADELL

mis à jour le 10/01/18

Le collège Georges Rouault organise au bénéfice des élèves de l'établissement un dispositif innovant d'Aide aux Devoirs et Leçons en Ligne (ADELL) accessible depuis le domicile ou tout point Internet.

Jérémie Pelé, Professeur coordonnateur d’ADELL au collège Georges Rouault, présente le dispositif mis en oeuvre dans son collège.

Aide aux Devoirs et Leçons en Ligne, un dispositif innovant 

Au collège Georges Rouault[1], REP+ située dans le 19e arrondissement de Paris, lorsque les élèves ont des difficultés à être accompagnés dans les apprentissages en dehors du temps scolaire, le site internet Aide aux Devoirs et Leçons en Ligne (ADELL) peut être utile.

Sans téléchargement, les élèves et les enseignants inscrits et formés ont à disposition un tableau blanc virtuel et une zone de tchat. Développé et utilisé depuis huit ans dans mon établissement mais aussi par Saïd Iamarene au sein d’un pôle mathématiques de l’université Paris Est Créteil et grâce au partenariat avec Cedric Derycke, directeur de la société Classip, ce dispositif accompagne les élèves du collège après la classe. Aujourd’hui, il fonctionne grâce à l’investissement d’une enseignante de mathématiques, d’une de français, d’une d’anglais et de moi-même, en SVT.

Participant au dispositif et le coordonnant depuis presque sa création, je vais dresser ici quelques caractéristiques de cette aide aux apprentissages à distance.

Les objets de ces échanges entre élèves et professeurs varient en fonction des besoins et des demandes des élèves. Ils changent aussi en fonction des objectifs fixés par l’enseignant qui consacrent une à deux heures de son temps de 18h30 à 19h30 une à deux fois par semaine (rémunéré en HSE prélevées d’une enveloppe dédiée à l’accompagnement éducatif).

Travail personnel et travail en coopération

Les échanges entre l’enseignant et les élèves volontaires, se font généralement par écrit. Selon le nombre d’élèves connectés et les objectifs de travail, les élèves peuvent échanger de manière privilégiée avec l’enseignant. Dans ce cas, l’élève possède sa classe virtuelle et échange avec l’enseignant sans que d’autres élèves puissent lire et interagir : la classe virtuelle est privée.

Le professeur a aussi la possibilité de convier les élèves connectés à travailler ensemble par coopération : la session de travail s’apparente alors à un îlot de travail virtuel.

Pour faciliter la communication, tout est prévu. La plateforme propose une zone de tchat, un tableau blanc sur lequel on peut écrire et dessiner, la possibilité de partager des documents, de les annoter.

 En général, les enseignants privilégient la coopération. L’idée est de faire réfléchir les élèves autour d'un même sujet pour qu’ils confrontent leurs réponses et apprennent à s’écouter. Ce type d’exercice a lieu lorsque les élèves se connectent sans formulation précise d’une attente ou lorsqu’ils souhaitent travailler la même notion.

Une forte participation des élèves de sixième

Ce premier cas peut surprendre : une partie de nos élèves ayant un très bon niveau mais aussi ceux présentant de très grosses difficultés, se connectent pour échanger sur des questions en lien direct avec les apprentissages mais sans avoir de demande précise. Ces élèves, surtout en sixième, éprouvent un vif intérêt pour le dispositif. La curiosité, l’ouverture aux autres, la liberté d’utiliser un espace d’expression sans avoir la pression directe du groupe classe, la volonté de faire plaisir à leurs parents, à leurs enseignants sont leurs moteurs. Après, l’adolescence et la volonté d’indépendance éloignent les élèves du dispositif.

Le plaisir d’échanger génére des liens et de la confiance

Que ce soit dans une salle virtuelle privée ou au sein d’un îlot virtuel la différenciation des attendus et la personnalisation des tâches est au cœur du travail réalisé. Qu’il s’agisse d’une reprise d’un élément de cours, d’une remobilisation à travers un exercice à visée d’apprentissage (remobilisation, renforcement…) ou d’une exploration - seule ou collective - obligatoire pour la résolution d’une “tâche complexe”, le plaisir d’échanger est le pilier de la démarche. Ce plaisir qui crée une fidélisation des élèves à l’usage du dispositif ADELL renforce la dimension humaine du dispositif : on communique, on crée de la confiance, on déclenche ou on entretien la volonté de participer en classe. Les élèves qui ont été accompagnés pendant ces heures osent participer en classe car ils maîtrisent davantage les notions. Ce dispositif d’accompagnement en ligne contribue ainsi à améliorer l’ambiance générale des classes au sein desquelles les participants sont nombreux. L’apprentissage de la communication verbale contribue sans doute à l’apprentissage de la vie avec les autres.

L’impact sur les résultats scolaires

Au-delà des impressions non quantifiables mais partagées, Laurent Wajnberg chef d’établissement du collège Rouault de 2011 à 2016, a pérennisé le dispositif en l’ouvrant notamment aux élèves des cordées de la réussite du Lycée Louis Le Grand.  Il a aussi quantifié l’impact du dispositif en utilisant l’indicateur des moyennes disciplinaires représentées sur ADELL. Ces résultats, présentés dans le rapport annuel 2015 sur le fonctionnement du collège, montrent que les élèves les plus assidus au travail en ligne tendent à maintenir leurs résultats sur l’année scolaire alors que pour les autres le fléchissement est incontestable.

Les compétences transversales en lien avec le socle

Dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, en dehors des murs et de l’emploi du temps scolaire, ADELL permet de renforcer de compétences transversales majeures issues de différents domaines du socle commun en vigueur[1].

Domaine 1 : Les langages pour penser et communiquer. Le dispositif renforce la capacité à s’exprimer oralement par la formalisation de cette expression à l’écrit. L’élève apprend à exprimer ses pensées, ses attentes et ses besoins à travers la formulation d’un questionnement écrit. Il comprend au fur et à mesure que la maîtrise et l’utilisation du vocabulaire spécialisé est indispensable pour se faire comprendre par ses pairs et ses enseignants.

Domaine 2 : Les méthodes et outils pour apprendre. ADELL aide l’élève à organiser son travail personnel. Lorsque les élèves travaillent en groupe à distance, la plateforme oblige le respect d’une organisation et d’un partage des tâches. Par ailleurs, l’usage d’un outil de communication numérique facilite le travail de recherche et de partage d’informations issues de différents médias web.

Domaine 3 : La formation de la personne et du citoyen. Cet outil numérique de communication encourage les élèves à faire preuve de responsabilité, à respecter les règles de communication et de la vie collective. Ce dispositif offre un espace et un temps d’engagement aux élèves.

Un objectif commun au programme du collège

Le programme du cycle 4[2] du 24 décembre 2015 précise p.221 que “l’ensemble des disciplines concourt à apprendre aux élèves comment on apprend à l’école. Elles prennent en charge l’apprentissage de la langue scolaire, de la compréhension des consignes, du lexique, du maniement des usuels, de la prise de notes. Elles aident à acquérir des stratégies d’écoute, de lecture, d’expression.”

Voici dans ces quelques lignes ce qui portent les enseignants depuis la création d’ADELL et de sa première version appelée “téléassistance” primée lors du forum des enseignants innovants à Dax en 2010.

Plan Numérique et Devoirs faits

Le Plan numérique pour l’éducation lancé en 2015 veut développer des méthodes d’apprentissages innovantes pour favoriser la réussite scolaire et développer l’autonomie, former des citoyens responsables et autonomes à l’ère du numérique et préparer les élèves aux emplois digitaux de demain”[1]. Sa mise en œuvre repose sur quatre piliers : la formation, les ressources, l’équipement et l’innovation. C’est dans ce cadre que je présente le dispositif ADELL, outil transférable et adapté aux possibilités d’accès des élèves. Il a évidemment ses contraintes, le temps d’appropriation des élèves (réduit car il s’inspire d’outils de communications usuels), des enseignants (le rapport à l’élève n’est pas le même qu’en classe, les activités doivent être pensées pour le format numérique), le nécessaire engagement régulier des enseignants.

Aujourd’hui, ADELL entre en résonnance avec les exigences de “devoirs faits” mis en place depuis novembre 2017. Elle offre un complément et une alternative au travail proposé aux élèves volontaires dans les deux cas. Ces deux dispositifs ont les mêmes objectifs : donner aux élèves de l’école de la République, un espace et un temps d’accompagnement, d’échanges et d’apprentissage pour les aider à choisir leur orientation et à comprendre l’ensemble du monde qui nous entoure.

 

 Nathalie KELLER, Principale du collège G. Rouault nous donne son avis.

ADELL, une réponse à une exigence sociale et pédagogique

Ce dispositif a vocation à répondre à une exigence de politique sociale et pédagogique dans un établissement où plus d’un élève sur deux est boursier.

Le service public est ainsi en mesure de répondre à un besoin des familles en leur proposant un accompagnement personnalisé de leur enfant totalement gratuit.

Comme en témoigne une Elève, en classe de 3ème en 2016 -2017, aujourd’hui scolarisée à Henri IV : "c'est comme une aide personnalisée à domicile, mais avec nos professeurs", "Mes parents, qui ne parlent pas français, auraient du mal à m'aider. J'ai des amis qui pourraient demander à leurs parents mais qui préfèrent Adell car l'aide est plus complète qu'une réponse ponctuelle à une question sur un exercice."

L’implication des enseignants dans l’acquisition des compétences du domaine deux du socle commun « apprendre à apprendre » est un vecteur de réussite scolaire indéniable pour tous. Notre établissement réalise une plus-value majeure concernant les résultats au DNB des élèves de PCS défavorisée. L’origine sociale n’a quasiment pas d’influence sur le succès ou l’échec aux examens des élèves du collège Rouault contrairement aux statistiques nationales et académiques.  La capacité des enseignants à nourrir le « face à face » pédagogique par «du « côte à côte » explique la persévérance des élèves, et ainsi leurs résultats.


[1] Extrait de la présentation du plan numérique pour l’éducation :

http://ecolenumerique.education.gouv.fr/plan-numerique-pour-l-education/

[1]http://cache.media.eduscol.education.fr/file/College_2016/74/6/RAE_Evaluation_socle_cycle_4_643746.pdf

Conférences de la CARDIE

mis à jour le 13/02/18

"Apprendre au XXIe siècle"

mardi 10 avril 2018 (17h à 19h)

Pic. F. Taddei-1

François Taddéi est fondateur et directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI).

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mis à jour le 30/03/17