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Code créatif

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Quels dess(e)ins pour le code ?

QDC#1 (… en attendant QDC#2)
Projet mené sur l’année scolaire 2017/2018
Groupe de 13 élèves 1L enseignement de spécialité arts plastiques

Financement : lycée Colbert + ALYCCE Partenaire culturel Gaîté lyrique
Artiste intervenant : Gaëtan Robillard et 4 étudiants de l’IMAC
Pour voir tout le travail de Gaëtan Robillard : http://tabouret-studio.github.io/Images-Generiques/

 

Quel dess(e)ins pour le code ?

toutes les images sur flickR

(tout le projet en images sur FlickR)

 

 

 

QDC#1

Des élèves de 1ère ont expérimenté des modalités de création liées à la programmation et aux algorithmes. Étape par étape, ils ont été amenés à s’interroger sur la place de la machine et de la programmation dans le processus de création.

Ils ont abordé la question du dessin : de ses gestes dits traditionnels jusqu’aux tracés effectués par un Plotter XY. Ils ont appris à analyser les composants plastiques de leurs dessins, à les classifier et les indexer pour les transcrire en opérations codées. Le hasard des algorithmes a procédé à l’altération infinie de leurs dessins initiaux. Un échantillonnage de ces altérations a fait l’objet d’un tirage sur papier affiche.

Les constats d'entrée.

Si les élèves utilisent quotidiennement des outils numériques, ils ont une relation « de façade » à ces matériels. Il s’agissait à travers ce projet de les amener à passer de l’autre côté de l’écran, et à aborder les composants immatériels d’une image numérique, notamment le code.

 

Le choix opéré, de cibler le projet par rapport à des gestes graphiques liés au dessin (du feutre noir sur papier blanc au traçage mécanique effectué par une machine), a permis de questionner et de qualifier une pluralité de gestes liés à des pratiques du dessin.

 

Les élèves ont dû aussi avoir recours à un vocabulaire spécifique pour ausculter leurs dessins. Ils ont développé leur capacité à nommer des composants plastiques spécifiques.

 

Le développement du projet en plusieurs temps (dessiner, indexer, coder, générer, tracer, restituer) leur a permis d’entrevoir l’ensemble d’un cheminement créatif, avec ses maîtrises, ses hasards et ses accidents ; et ce, jusqu’à la présentation du travail accompli.

 

La collaboration avec un artiste et un lieu dédié aux cultures numériques, a mis en perspective les questionnements soulevés dans le champ d’une création contemporaine, notamment par la rencontre avec d’autres œuvres soulevant de semblables problèmes.

Projet de création de  Gaëtan Robillard, adossé au projet de classe :

c'est ici : petit clic

 

Le projet mené a permis de traiter les points du programme liés à l’image et au passage de la figuration à l’abstraction. Le traitement via le logiciel et son procédé algorithmique a mis en avant la question de la présence/absence du référent. La nécessité d’avoir recourt à une indexation des caractéristiques graphiques des dessins a permis de traiter de l’autonomie des constituants plastiques.

En abordant l’ensemble des étapes du processus créatif et de ses questionnements liés au passage du dessin traditionnel au dessin numérique, ils ont pu saisir quelles sont les composantes fondamentales de l’image pour aboutir à la globalité de l’œuvre, jusqu’à sa présentation.

 

Les étapes du projet QDC#1 ?

flèche rouge Dessiner

QDC 1

 

 

 

flèche rouge Indexer

QDC2

QDC3

 

flèche rouge Coder

 code-revu
   

 

flèche rouge Générer de nouveaux tracés avec le logiciel

QDC4

 

 

 

flèche rouge Tracer avec un plotter XY

QDC-Tracer-1

 

flèche rouge Restituer les dessins retracés et le travail du logiciel

QDC6

QDC7$

 

 

QDC8

 

Teaser Ateliers partagés de la Gaîté lyrique :

https://youtu.be/PUVteXUmBu4

 

QDC#1-ateliers partagés Gaîté

 

 

 

Du côté des élèves : … à propos de la place d’un programme dans la création artistique.

Chaque élève a été amené à s’interroger sur les points suivants :

- Un programme peut-il faire de l’art à votre place ?

- Quelles seraient les conditions de cette mise en œuvre ?

Nour

Non un programme ne peut pas faire de l’art à notre place car il produit et reproduit des formes préconçues et créées par l’homme qui lui ordonne un programme.

Il n’est pas libre, il ne peut pas penser et réaliser tout seul. Il a besoin d’être dirigé même pour réaliser par exemple une dizaine de carrés.

La condition possible pour qu’un programme puisse réaliser une œuvre artistique, serait de le paramétrer et de faire qu’il soit libre, et non sous la direction de l’homme, qu’il puisse penser de lui-même et réaliser, penser comme nous autres êtres humains, pour qu’il puisse réaliser comme nous.

Si je devais créer un programme, je lui demanderais de penser de lui-même, pour que ses œuvres lui soient propres.

…ou la possibilité de faire le plus grand nuancier et de compléter l’œuvre à l’aide de ce nuancier.

…ou de réaliser des œuvres à base de peinture déjà faite et de les mixer afin de faire une œuvre, un tableau à part.

 

Hortense

Je ne pense pas qu’un programme fasse de l’art « à ma place ». En tout cas, dans les programmes que nous avons expérimentés, on oriente les machines sur la voie artistique donc le programme ne fait pas de l’art « à ma place ».

Pour que le programme fasse de l’art « à ma place », il faudrait le doter d’une volonté créatrice, afin que la machine devienne indépendante de la démarche artistique de l’homme. Dans la continuité de cette idée, avoir créé une machine capable de création artistique réfléchie serait une première œuvre d’art, permettant une multitude de productions artistiques. Le souci c’est qu’il faudrait une vraie intelligence artificielle, capable de réflexion et pas seulement d’application de consignes.

Ce programme, je le créerais seulement pour qu’il fasse de l’art. Il doit être indépendant. Ainsi, ma seule démarche en tant qu’artiste, serait de le doter d’une conscience créatrice. Chose qui, pour l’instant, relève de la Science-fiction.

Ainsi, je peine à décrire ce que nous avons fait au cours des séances puisque cela ne partait pas d’une démarche pleinement personnelle et réfléchie. C’est à mon sens plus de l’exploration que de l’art.

 

Tryphène

Je pense qu’un programme ne peut pas faire de l’art à ma place, sinon ce ne sera plus un travail que j’ai fourni mais plutôt un travail (créé par moi) qui sera par la suite transformé par un appareil technologique.

Afin qu’un programme fasse de l’art à ma place, il faudrait supprimer ce programme et créer un outil fait par l’homme. Cet outil doit être naturel.

Si je devais créer un programme je lui demanderais de mettre en place toutes les idées artistiques qui me passe par la tête, afin d’apercevoir l’effet que ça produit lorsque mes pensées sont mises en œuvre.

 

Matis

Je pense que oui, car la machine peut créer quelque chose de « beau » esthétiquement, pour peu qu’on lui donne les consignes nécessaires. En revanche, je ne pense pas que la machine puisse créer d’elle-même une œuvre artistique car elle serait sans intention.

En effet, je pense que les conditions requises pour que la machine crée quelque chose de beau est l’intention. S’il n’y a pas de réflexion, d’intention derrière une œuvre, elle perd grandement son intérêt.

Je pense que j’utiliserai pour des travaux minutieux, qui fourmillent de détails, qui sont trop durs, trop longs à réaliser par l’homme. Par exemple des dessins composés de croix ou de points.

 

Brenda

Je ne pense pas qu’un programme puisse faire de l’art à notre place. Premièrement car le savoir-faire de l’ordinateur est répétitif, et il reproduit bêtement ce que l’homme lui dicte de faire. Deuxièmement car l’homme est un personnage d’émotion qu’un appareil ne peut le comprendre.

Pour que cela soit possible, il faudrait que les appareils aient été créés à cette fin, soient dotés d’une certaine créativité. Ce qui leur permettrait de ne pas nécessiter l’aide d’un humain.

Je lui demanderais de « remastériser » les œuvres des plus grands artistes.

 

Elias

Oui si nos intentions se retrouvent dans le résultat du programme, et que l’on transcrive nos intentions et des consignes au programme.

 

Alyssa

Je pense qu’un programme peut faire de l’art à ma place en prenant en compte ma manière de dessiner, ce que j’aime faire et les caractéristiques qui se trouvent dans chacun de mes dessins. Au contraire, si le programme ne prend pas en compte ces, ou certaines de ces conditions, je ne pense pas qu’un programme puisse faire de l’art ou bien même dessiner tout simplement. Un programme facilite quand même les productions, minutieuses ou répétitives et donc trop longues à réaliser.

Si je devais créer un programme, je lui demanderais de dessiner à ma manière ou de reproduire des dessins que j’aimerais avoir en plusieurs exemplaires et même ajouter des arrangements, faires des transformations. Je scannerais quelques-uns de mes dessins pour qu’il puisse mémoriser la façon dont je dessine. Je lui demanderais de reproduire des dessins que j’aime mais que j’ai trouvé sur internet, ou de moi-même.

 

Nadia

D’après moi, un programme ne peut pas faire de l’art proprement dit mais plutôt une reproduction d’une œuvre artistique. L’art est une chose spontanée et ne peut donc pas être exécutée par une machine qui n’a aucun libre arbitre sur la production artistique.

Pour que ce soit possible d’après-moi, il faudrait que le programme soit doté d’une intelligence indépendante de l’homme.

Je lui demanderais d’effectuer des œuvres plus précises.

 

Blanche

De mon point de vue, un programme ne peut pas faire de l’art. l’art est une façon d’exprimer des sentiments. Selon moi une machine ne contient aucun sentiment. Donc, faire passer ceci par un programme crée une barrière aux sentiments exprimés dans l’œuvre. Après, je pense que ce type de programme peut être utile pour des affiches publicitaires, des slogans ou autres.

La condition pour que cela soit possible est de pouvoir transmettre des sentiments à une machine.

Après : prolongements… QDC#2 ?

Ce projet initialement conçu sur l’ensemble du cycle terminal (1ère & terminale), doit voir un second temps se dérouler en 2018-2019. L’artiste intervenant cette année poursuivra son travail auprès du groupe classe, réinvestissant les acquis dans une perspective d’interactivité de l’œuvre avec le spectateur.

Si passer de l’autre côté de l’écran a permis aux élèves de prendre conscience d’un certain nombre de questionnement liés à a création numérique, cela a aussi mis en avant la place de l’humain et de son rapport à la machine dans une procédure de création artistique. Les textes des élèves (ci-dessus) mettent en avant cette préoccupation d’une création coupée de l’humain, d’une oeuvre désaffectée puisque mécanique et générative.

Les démarches d’artistes (Molnar, Noll, Nake) vues cette année en référence, ont permis d’introduire ces questionnements.

Le travail de l’an prochain approfondira ces points, en interrogeant la réception et l’autonomie de l’œuvre dès lors que la machine, ses caractéristiques et composants, sa programmation, entrent en jeu.

 

La relation de l’œuvre au spectateur sera abordée, tant dans sa dimension technique (programmer l’interactivité), que dans sa dimension spatiale (penser un dispositif de présentation qui inclue la présence du spectateur), et générative (développement autonome).

Ce second temps du projet QDC#2 ? permettra de développer le nouveau point au programme :

Machines à dessiner, protocoles ou programmes informatiques pour générer des dessins :

  • d’explorer les potentialités de l'usage à visée artistique de machines, de technologies, de protocoles de travail dans le champ du dessin ;
  • d’analyser la nature et le statut du geste artistique dès lors que l'artiste n'est pas l'unique inventeur ou producteur du dessin ou qu'il l'intègre dans un processus plus large ;
  • de mettre en perspective les pratiques de ces trois artistes avec les différentes conceptions et usages du dessin en arts plastiques.

 

La resitution du projet QDC :