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FIG 2018. "La France demain". Pays invités : "les pays nordiques"

Vignette fig2018 Consacré cette année au thème « La France demain », la 29e édition du Festival International de Géographie s’est tenue comme d’habitude à St-Dié-des-Vosges du 5 au 7 octobre 2018. Les pays invités étaient les pays nordiques. Pour l’année 2019 le thème retenu pour le festival est «Les migrations» avec comme espace invité : « Les Caraïbes ». Par Samuel Coulon

Prospective et géographie

La traditionnelle cérémonie d'ouverture du festival s'est déroulée le jeudi matin 5 octobre, à l'espace Georges-Sadoul. Après les remerciements protocolaires de la municipalité et la télétransmission d’une allocation du Ministre de l’Éducation nationale, l’Inspection générale de géographie représentée par Catherine Biaggi et Laurent Carroué a exposé le Plan National de Formation dans le cadre du programme du Festival. Cette introduction fut l’occasion d’annoncer la mise à disposition pour les enseignants des images satellites du CNES à partir du site Géoimage. Le site couvre presque l’ensemble du monde et l’exceptionnelle qualité des photographies permet de « lire les plaques d’immatriculation des voitures ».

CnesFig2018

Le thème du FIG invite naturellement à s’intéresser à la démarche prospective. Dans une table ronde qui réunit l’inspection générale et les géographes Philippe Subra et Jacques Lévy, les intervenants appellent à « croiser » les regards, dialoguer entre les disciplines et associer les chercheurs, enseignants et « praticiens » de la géographie. Avec une touche d’ironie, P. Subra signale que « la démarche prospective, c’est construire des scénarios qui ne se réalisent pas ». La prospective permet d’alimenter le débat par des scénarios qui permettent de définir des futurs possibles. Le problème est d’identifier les signaux faibles et ne pas exagérer les signaux fort. Pour Jacques Lévy, « on se trompe de futur car on se trompe de présent. Si la prospective doit aider les gens à décider, il faut être en prise avec les éléments dynamiques ».

 

L'injustice spatiale : où est l'injustice ? (conférence d'ouverture)

JacquesLevyFig2018Dans sa conférence introductive, Jacques Lévy se réjouit de la dimension prospective donnée au FIG 2018, mais il met en garde son auditoire sur une prospective « des ingénieurs » trop technique et trop administrative à ses yeux. La 1re condition pour s’intéresser au futur, c’est de « ne pas se tromper de présent ». Il faut partir du terrain. « Si on écoute les acteurs et les individus ordinaires, on apprend beaucoup ».  Cela permet de bien cerner et de comprendre les éléments dynamiques « qui préfigurent le futur ». S’appuyant sur les conclusions de ces derniers travaux réalisés à partir d’enquêtes auprès de citoyens (entretiens non-directifs, participatifs etc.), Jacques Lévy centre son intervention autour de la question de la justice. Il s’agit de « penser le présent dynamique à travers la question de la justice spatiale ». À la grande question « vivons-nous dans une société juste ? tout le monde a quelque chose à dire ». Le géographe utilise ensuite une série de cartes conçues à partir des données de l'INSEE, pour mettre en lumière plusieurs éléments qui, parfois, vont à l’encontre des idées reçues.

Où est l’injustice ?

  • Les pauvres sont en ville. En ville, il n’y a pas que la gentrification et des « riches ».  Les pauvres urbains « sont plus pauvres car le coût de la vie est plus élevé ».  Il y a autant de pauvres en Île-de-France que dans le reste de la France. C’est dans le gradient interne au périurbain (qui n’est pas un espace de relégation) qu’il y a le moins de pauvres.
  • Les métropoles produisent la richesse pour le pays, mais pas pour leurs propres habitants.
  • Les banlieues concentrent l’injustice : délinquance, niveau de vie faible, chômage, drogue, violence. Il n’y a pas de réaction des autorités publiques à la hauteur des enjeux : on dépense moins pour la Seine Saint-Denis que dans le reste de la France : les fonctionnaires les moins payés (les plus jeunes) sont envoyés dans des territoires qui nécessiteraient davantage d’expérience.
  • Les périurbains sont à l’aise. On assiste à l’affirmation de nouvelles dynamiques « concentriques » et beaucoup moins « angulaires » qu’auparavant. Il existe des « anneaux » des habitants aisés (souvent séniors) situés entre les périphéries des agglomérations et l’espace périurbain.
  • La mixité est au centre. Le logement social permet aux pauvres de vivre dans les centres.
  • Des déserts bien irrigués. « Les médecins sont là où il y a des gens ». Les régions à faible densité ont aussi des médecins.
  • Des centres des petites villes en crise. La plupart des gens choisissent leur lieu de résidence en périphérie dans lesquelles ils trouvent des centres commerciaux « qui se portent bien ». Les difficultés d’accès aux espaces centraux rendent les centres moins attractifs : « On ne peut pas se garer devant la boutique. »
  • Les pauvres des régions riches paient pour les riches des régions pauvres. Les grandes villes n’ont pas la possibilité de répondre à la pauvreté et sont dans certains cas frappées par le mal développement.
  • Les enjeux de la justice spatiale. La « liberté » et « l’égalité » ne doivent plus être pensées comme contradictoires (ce que E. Macron a compris selon le Jacques Lévy). Le rejet des riches n’existe plus. Les individus souhaitent construire leur parcours individuel selon leur propre désir sans se comparer aux autres. Jacques Lévy évoque le cas d’un habitant, interrogé dans le cadre de son enquête, qui s’épanouit en consacrant son temps à « collectionner des caravanes ».

Fig-2018   Fig 2018 IG

Captations vidéo

Enseigner avec le numérique. Des ateliers pédagogiques organisés par la DNE et la DGESCO

Une fois de plus, plusieurs enseignants de différentes académies (y compris la Guyane !), ont animé des ateliers sur le thème du Festival, autour des questions des programmes de collège, de lycée général et technologique, de lycée professionnel et pour la première fois, du premier degré.

Ces ateliers présentent des travaux conçus à partir de ressources et d’outils numériques variés dans une grande diversité d’approches, renouvelées par le numérique. Le thème du FIG privilégie naturellement une dimension prospective dans le traitement des questions des programmes, mettant ainsi en exergue les débats sur les fractures et la cohésion des territoires. Il s’agit de contribuer à la formation « du citoyen, en capacité d’agir, de manière éclairée, aujourd’hui et demain ».

Une brochure des ateliers pédagogiques numériques du Festival permet de transmettre l’expérience partagée durant cet événement. Elle est disponible en téléchargement sur le site Éduscol. Les captations de certains de ces ateliers seront disponibles prochainement.

 

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Télécharger la brochure "Enseigner avec le numérique" FIG 2018

 

FIG 2018 Claire Dreyfus & Olivier Pingal   FIG 2018 Marie Masson

Photo 1. Claire Dreyfus (académie de Toulouse) et Olivier Pingal (DNE)
Photo 2. Marie Masson (académie de Guyane)

 

  FIG 2018 Alexandre Plessy Fig 2018 Marie Fourcade

Photo 3. Alexandre Plessy (académie de Créteil)
Photo 4. Marie Fourcade (académie de Toulouse)

Une « Story map » pour Édugéo en 2019 ?

Édugéo, développé par l'IGN et accessible gratuitement via le portail Éduthèque, se dote d’une nouvelle fonctionnalité permettant de réaliser des « Story map ». Encore en phase de développement, cette fonctionnalité permettra d’intégrer sur les cartes IGN des commentaires, des documents multimédias, des photographies ou des images personnelles. Cet outil de narration spatialisée permettra à tous les élèves de présenter un lieu, un territoire ou de raconter… une histoire.  Jackie Pouzin, chargé de mission Édugéo, était bien sûr présent pour nous faire de nombreuses présentations personnalisées pendant toute la durée du festival.

Une "story map" sur la ville d'Évron dans l'interface Édugéo. Jackie Pouzin (Édugéo) 

Fig 2018 Edugeo

FIG 2018 - paysage

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