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L'enjeu de la connaissance, HGGSP Tle

Le thème 6 d’HGGSP Terminale invite à considérer la connaissance comme un des enjeux majeurs du monde contemporain. Elle se décline, en savoirs, éducation, sciences, renseignements, informations, et se trouve au centre des politiques publiques, des choix économiques et des relations internationales. La connaissance a ses acteurs, ses flux, ses rivalités, ses conflits.

Cette ressource propose des contenus pour aborder le thème 6, en particulier en Introduction de thème, où il s’agit de poser les problématiques centrales et le lexique du thème. Puis la progression proposée prévoit une autonomisation des élèves au cours des deux Axes et de l’Objet conclusif. Des entraînements à l’oral et à l’écrit du Bac sont également prévus, avec des sujets de dissertation et d’études de documents.

Par Anne Doustaly, professeur d'histoire-géographie au lycée Charlemagne (Paris 4e)

Objectifs

La place dans les programmes

Thème 6 – L’enjeu de la connaissance (26-28 heures)

Ce thème a un double objectif : mettre en avant les conditions nationales et internationales de la construction de la connaissance, en particulier de la connaissance scientifique, et expliquer la manière dont les États favorisent ou contrôlent, entre coopérations et conflits, la production ou la diffusion de celle-ci.

  • Le premier axe souligne l’importance de l’alphabétisation des sociétés pour accroitre le nombre de personnes susceptibles de produire, de recevoir et de diffuser de la connaissance, et examine le fonctionnement d’une communauté́ savante à partir de l’exemple des recherches sur la radioactivité́ au XXe siècle.
  • Le second axe montre comment des États se sont saisis de l’enjeu de la connaissance dans leurs affrontements, comme lors de la guerre froide ou dans leur souci de favoriser leur développement économique, restreignant ou favorisant la circulation des connaissances scientifiques et technologiques.

Thème

Introduction :

- La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats.
- La notion de communauté savante, communauté scientifique en histoire des sciences.

- Les acteurs et les modalités de la circulation de la connaissance.

Axe 1

Produire et diffuser des connaissances

Jalons

  • Donner accès à la connaissance : grandes étapes de l’alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours dans le monde.
  • Produire de la connaissance scientifique : recherche et échanges des hommes et des femmes de science sur la question de la radioactivité de 1896 aux années 1950.

Axe 2

La connaissance, enjeu politique et géopolitique

Jalons

  • Le renseignement au service des États : les services secrets soviétiques et américains durant la guerre froide.
  • Circulation et formation des étudiants, transferts de technologie et puissance économique : l’exemple de l’Inde.

Objet de travail conclusif

Le cyberespace : conflictualité et coopération entre les acteurs.

Jalons

  • Le cyberespace, entre réseaux et territoires (infrastructures, acteurs, liberté ou contrôle des données...)
  • Cyberdéfense, entre coopération européenne et souveraineté nationale : le cas français.

 www.education.gouv.fr

 

Objectifs

Détourer la notion de connaissance et les enjeux qu’elle recouvre : éducation, recherche scientifique, informations et technologies, renseignement, cyberespace.

Quels sont les enjeux sociaux, politiques et géopolitiques de la connaissance aujourd’hui ?

Savoir mener des recherches ; s’entraîner aux épreuves du bac.

Articulation de la démarche

connaissance demarche

 

Fichier PDFPRÉSENTATION - DIAPORAMA

Description

En Introduction de thème, 2 à 4 heures de cours dialogué mettent en place le lexique lié à cette notion, les problématiques qu’elle soulève, les acteurs et experts qui sont utiles pour la comprendre. Les axes et l’objet conclusif sont menés par des exposés d’élèves, planifiés en début de thème. Les contraintes des présentations orales se rapprochent progressivement de celles du grand oral afin de prendre valeur d’entraînement. Après la série d’exposés qui permet de traiter les passages obligés du programme, les élèves mènent des recherches en autonomie guidée, et approfondissent par des ressources écrites (fiches de lecture) ou audio-visuelles (synthèses).

Cette présentation du thème 6 adopte la progression pédagogique applicable à tous les thèmes des programmes de spécialité Hggsp, en classe de Première comme en Terminale.

 Lors de l’introduction, mise en place par cours dialogué d’un solide lexique spécifique au thème, et des problématiques qu’il soulève. Avec documents en appui.

En Axes et Objet conclusif : étude des jalons par des exposés d’élèves approfondissements par des recherches (fiches de lectures, synthèses de ressources audio ou vidéo) ; entraînements aux épreuves du bac par exercices fractionnés (rédiger une introduction, ou un plan) puis intégraux (étude critique de documents et/ou dissertation en 2 heures). Les évaluations de type bac sont pertinentes surtout après l’Axe 2 (les révisions portent sur Intro/Axes 1 et 2) et après l’OC (révision de l’OC).

Mais ce thème 6 est aussi spécifique : une première dans les programmes, et un thème peu étudié de manière générale. Il nous appartient d’en détourer le sens, les implications, les limites. Quel sens donner à une approche de la connaissance par nos 4 disciplines croisées ? La connaissance a bien sûr une histoire, mais profuse, il faudra limiter les exemples et les jalons nous indiquent des temps forts. Elle a une géographie et une économie : mais est-elle un « produit » ? une « ressource » ? une « valeur » ? En tout cas un objet de la mondialisation, plutôt sensible, type pétrole ou uranium, avec des producteurs, des acheteurs, des flux, des inégalités, des rivalités… donc un produit, qui participe aux échanges, par ses circuits spécifiques. La connaissance – que l’on peut décliner en savoir, information, renseignement, transmission - est aussi un marqueur de puissance, donc un objet de géopolitique. Le juriste et philosophe anglais Francis Bacon écrivait en 1597 « La connaissance est en elle-même la puissance ». DIAPO 3 Certains y voient « l’or noir du XXIe siècle » : pourquoi ? Enfin elle est politique : concernant toute la « cité », gouvernants comme gouvernés, elle est une pierre de touche de la démocratie.

Observer les liens avec les thèmes d’Hggsp 1ère (démocratie, puissance, frontières, information, États et religions) et Terminale (territoires de conquêtes, guerre, patrimoine, environnement, histoire et mémoire…). On y croise les progrès scientifiques et technologiques, les médias, l’éducation, les mémoires, … autant de domaines indissociables de la connaissance. Sans compter la mise en abyme où nous nous trouvons : délivrer à nos élèves des connaissances sur la connaissance, c’est les faire réfléchir à ce qui se transmet, qui circule, restera de chaque époque, qui permet le « progrès » (on retombe sur l’idée de valeur), ses débats, ce qui mérite de ne pas être oublié, qui est utile, voire précieux.

Dernière remarque introductive : les élèves seront en milieu ou fin d’année de Terminale : exercés aux pratiques et méthodes de la spécialité, devraient pouvoir exercer des « réflexes » et aborder cet objet dans toutes ses dimensions, y compris sa nouveauté.

Plan de cette présentation

  • La connaissance : un sujet récent en sciences humaines, quelques repères.
  • Progression dans le thème et mises en œuvre pédagogiques
  • Sujets d’évaluations type bac (écrit et Grand oral)

1. La connaissance : un sujet récent en sciences humaines, quelques repères

La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats

Remarque : c’est un élément du programme pour l’introduction au thème.

Peter F. Drücker.

Né en 1909 à Vienne en Autriche, mort en 2005 en Californie aux États-Unis ; était professeur, auteur et théoricien, consultant en management d'entreprise. Il fait des études de droit, et mène d’abord en Autriche une activité de journaliste. Il n'a que vingt ans lorsqu'il obtient un entretien avec Hitler avant son arrivée au pouvoir. À la suite de cet entretien, il publie plusieurs textes s'opposant au totalitarisme et se rapproche des milieux conservateurs allemands opposés au nazisme.

Il émigre en Angleterre dès avril 1933, donc peu après l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Il y est journaliste, puis économiste pour une banque à Londres où il assiste aux célèbres séminaires de Keynes à Cambridge, puis il s'installe aux États-Unis juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Enseigne les sciences politiques à l’université puis se spécialise dans le management, et fonde le consulting d’entreprise. Se spécialise en organisation des entreprises ou autres systèmes (associations caritatives, système éducatif). Il est à l'origine de nombreux concepts utilisés dans le monde de l'entreprise, comme l'esprit d'entreprise et l'innovation systématique.

Son parcours original montre des allers-retours constants entre organismes publics (cours et publications universitaires) et le monde de l’entreprise ou du bénévolat. A la fin de sa vie, il militait par sa fondation pour le management non lucratif (échanges d’expertise).

Le site de la fondation Drücker pour voir son actualité : https://www.drucker.institute

 

Sa pensée de la connaissance 

La réflexion de Drücker doit être comprise dans le contexte des années 1960, qui voient émerger le sujet de la connaissance en sciences sociales. Le concept d’économie de la connaissance est établi par Fritz Machlup, économiste autrichien, en 1962, dans son livre The production and distribution of knowledge in the United States ; sa thèse montre que près de 45 % des employés aux États-Unis manipulent de l'information. L’industrie de la connaissance représente 29 % du PIB aux États-Unis en 1958 toujours d’après l’étude de Machlup, et 34 % en 1980 d’après ses continuateurs. Les industries de la connaissance représentent plus de 50 % du PIB de l’ensemble de la zone OCDE à la fin de la décennie 1990, et connaissent depuis une croissance supérieure à celle des PIB.

Influencé par ce contemporain, autrichien comme lui installé aux États-Unis, Drücker élargit la notion d’économie de la connaissance à celle de société. La notion de « société de la connaissance » a été proposée par Peter Drucker en 1969. Elle décrit un changement dans notre appréhension du savoir, considéré désormais comme une ressource à exploiter. Ce fondateur du management moderne a ainsi convaincu les entreprises d'investir dans l'innovation pour augmenter leurs profits.

Pour Drücker, la connaissance est constituée de tous les savoirs, savoir-faire et savoir-être qui existent dans les sociétés ; et ces savoirs, étant eux-mêmes portés par des collectifs sociaux, sont, par définition, eux-mêmes porteurs de sens – et donc de valeurs. Une société de la connaissance permet selon lui la circulation sans entraves des savoirs entre institutions et individus publics et privés. Il valorise l’imagination, l’invention, et le renouvellement des pratiques en s’inspirant précisément de savoir-faire ou savoirs-être venus d’autre milieux. Pour lui, il faut non seulement accepter, mais rechercher les creusets facilitateurs de l’innovation et de la connaissance : l’imprévu, les contradictions, le changement.

Donc en clair, le secteur public doit s’inspirer du privé, et inversement, afin que les savoirs soient optimisés. Par exemple il combat dans le secteur privé les réunions à répétition ou le contrôle des horaires de travail, et dans le public l’excessive bureaucratisation.

Dans un de ses derniers ouvrages, Au-delà du capitalisme, Drucker bien que restant un farouche défenseur du libre-marché, remet en cause certains aspects du capitalisme. Pour lui, la recherche du gain financier ne devait pas primer sur la création de valeur. C’est pourquoi il recommande, et met en pratique par sa fondation, la mise en application des savoirs et savoirs faire de l’entreprise (recherche d’efficacité, gains de temps et de productivité) par les ONG, associations bénévoles, institutions publiques.

 

Deux extraits de P. Drücker (Diapo 5) permettent une critique de sa pensée : pour les historiens, son rapport à l’évolution (la connaissance n’est-elle pas centrale aussi au néolithique, par exemple ?) et son lexique (opposition des termes information/connaissance) sont discutables.

Trois de ses ouvrages parmi une trentaine :

-The age of discontinuity (1968) : c’est là qu’il développe l’idée de société de la connaissance.

-La grande mutation vers une nouvelle société (Technology, Management and Society, 1970)

-Témoin du XXe siècle - de Vienne 1920 à la Californie 1980 (2001) : son autobiographie.

 

La connaissance aujourd’hui, un enjeu politique et géopolitique

L’expression « société de la connaissance » est relativement récente dans le discours public (Stratégie de Lisbonne, UE, 2000). Elle se superpose à celles de « société de l’information », un peu plus ancienne, qui couronne le développement des ordinateurs et des réseaux, et de « société de la communication » (c’est le média et non plus l’individu qui façonne la communication). Elle a comme activité principale de produire et de diffuser des connaissances, et non plus seulement des produits alimentaires ou industriels. La maîtrise des connaissances devient le cœur des activités de chacun.

En dépit de la nouveauté apparente, c’est un concept ancien ; les sociétés de la connaissance ont une histoire : la Chine antique, la Mésopotamie, la Perse puis l’Empire arabe ont, avant la Renaissance, érigé les savoirs en valeurs constructrices de civilisation. Reprise par l’Europe à la fin du Moyen Âge, cette vision du savoir, énoncée par Bacon, puis Descartes, a ouvert le chemin à la science classique et à son développement ininterrompu jusqu’à aujourd’hui. C’est un succès presque universel, tous les pays ont des chercheurs et une politique scientifique, ou souhaitent en avoir une.

Mais on observe un changement progressif de régime de production et d’échanges des connaissances : à partir d’une conception de la recherche menée pour la société, exercée par des professionnels spécialistes, il semble qu’on se dirige vers une recherche avec la société. Il s’agit donc non seulement de mieux produire les connaissances, mais aussi de mieux les échanger. Et les deux processus sont interdépendants.

L’association excellence/fonds publics a constitué un modèle pour les systèmes scientifiques des pays développés, et persiste encore aujourd’hui dans nombre de pays malgré les théories néolibérales. Mais une évolution importante des politiques scientifiques se déclenche dans les années 1960-1970 : il s’agit désormais de coopérer avec l’industrie, de transférer plus vite les connaissances acquises dans les laboratoires publics, et parfois même de coproduire les technologies nouvelles. C’est une nouvelle ère de l’innovation, dans laquelle les scientifiques sont alliés aux firmes, apportant leurs connaissances comme une partie du processus de production. Ainsi la connaissance contribue à la compétition privée, sachant qu’elle était déjà un sujet de rivalités entre acteurs publics (Cf physique atomique et projet Manhattan pendant la Seconde guerre mondiale). Cette tendance est aujourd’hui dominante dans le monde, et en particulier dans les nouveaux pays émergents.

Les années 1980-1990 sont marquées par l’apparition de doutes sur le développement, sur sa voracité en énergie, tandis que s’accroît la préoccupation de l’environnement. On voit aussi émerger dans les sociétés, malgré les apports du développement (allongement de la durée de vie, hausse du niveau de vie, mobilité accrue, etc.), une hésitation de plus en plus grande sur certains choix scientifiques et techniques qui en sont le ressort (sur le nucléaire, par exemple). La société fait irruption dans les politiques scientifiques, les enquêtes d’opinion montrent une perte de confiance dans « le progrès ». La société veut avoir son mot à dire, par des voies encore maladroites, sur ce que la science propose pour son avenir. Un souci de démocratie se fait jour dans un domaine piloté par l’excellence et l’élitisme ; la connaissance est politique.

De fait, les trois constituants des politiques scientifiques (la recherche, l’innovation, la société), coexistent dans l’ensemble des systèmes nationaux de recherche. Mais à côté des acteurs étatiques, une place de plus en plus importante est occupée par des associations d’un type nouveau (les « ONG ») qui traduisent l’émergence de la société dite « civile » dans le champ scientifique, et ce à l’échelle mondiale.

La « société de la connaissance » dans la stratégie de Lisbonne est aussi un slogan. Elle repose sur l’idée que l’Europe est en situation de « retard » économique dans le contexte de la mondialisation et que ce retard est dû à une carence en matière d’innovation, elle-même due à une carence dans la production des connaissances scientifiques. D’où la démarche prônée par le traité de Lisbonne qui est fondée sur le principe d’une intensification de cette production de connaissances (donc de l’activité de recherche) et d’une meilleure mobilisation de celles-ci pour accélérer les processus d’innovation technologique.

On voit ainsi la question de la connaissance occuper le centre de questionnements politiques (connaissance et démocratie) et géopolitiques (connaissance et puissance).

Progression dans le thème et mises en œuvre pédagogiques

En spécialité HGGSP, on peut  aborder les jalons des axes et de l’objet conclusif par des exposés d’élèves, le cours dialogué intervenant surtout en introduction du thème, et ponctuellement par la suite.

 

Proposition de ventilation des heures / mises en œuvre pédagogiques

 

2-4 h

Introduction

Lexique, outillage conceptuel, problématiques pour aborder le thème

Cours dialogué + lexique/notions + analyses de documents

4-6 h

Axe 1

Produire et diffuser les connaissances

Exposés élèves / Reprise

4-6 h 

Axe 2

L’enjeu politique et géopolitique de la connaissance

Exposés élèves / Reprise

4-6 h 

OC

Le cyberespace : conflictualités et coopérations

Exposés aux élèves / Reprise

2-4 h 

Évaluations

Sujets type Bac / correction / approfondissements

Par ex : 1 étude critique de documents (sur les Axes 1 et 2) en 2h

               1 dissertation sur l’OC en 2h

 

Cadrage donné aux élèves pour les exposés

  • 5’ par élève avec diaporama succinct de 5 diapositives maximum
  • Puis questions / critiques de la classe et reprise / compléments par l’enseignant
  • Conseil méthode pour la préparation de l’exposé : commencer par les ressources du manuel, puis élargir les recherches
  • Le groupe prend des notes pendant l’exposé, et chacun vérifie lors de la reprise que les notes sont complètes / pertinentes.
  • Compter 2 exposés par heure, plus ou moins, selon prolongement ou pas sur documents

 

Planification du thème

A partir des termes du programme publié au B.O. (voir annexe ci-dessous p. 10-11 ou Diapos 7-8), voici une proposition de fiche d’ouverture de thème distribuée aux élèves afin de planifier les étapes, les exposés, les évaluations. Alors que l’année avance, les contraintes peuvent se rapprocher de plus en plus de celles du Grand oral, afin de servir d’entraînement (5’ de présentation / ni notes ni projection / une production graphique possible).

      

Sujets d’évaluations type bac pour le thème 6

Les épreuves écrites

Rappel du cadre de l’épreuve écrite de spécialité Hggsp :

  • Durée 4 heures (dissertation en 2 h. et étude critique de document(s) en 2 heures).
  • Les sujets de dissertation peuvent embrasser l’ensemble du thème, ou s’inscrire dans l’un des axes ou le travail conclusif. Le sujet peut se présenter sous forme affirmative ou interrogative.
  • L’étude de document(s) peut comporter deux documents de natures différentes ou un seul.

 

Sujets de dissertation

  •  « Les États et l’enjeu de la connaissance » 
  •  « Produire et diffuser de la connaissance depuis le XVIe siècle »
  • « Les enjeux de la connaissance dans le cyberespace : rivalités, coopérations »

 

Étude critique de document(s) thème 6

Sujet 1. Produire et diffuser de la connaissance depuis le XVIe siècle 

Consigne. Montrez comment la connaissance scientifique est contrôlée et utilisée par les États, pour asseoir leur puissance.

Doc. 1.  Louis XIV et l’Académie royale des sciences.

hggsp connaissance Louis XIV et l’Académie royale des sciences 

Henri Testelin, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences, 1667, huile sur toile, 348 x 590 cm, Châteaux de Versailles et de Trianon.

Doc. 2. La président Truman justifie l’utilisation de la bombe atomique

 « Le monde entier remarquera que la première bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima, une base militaire, afin d’éviter, dans la mesure du possible, la mort de civils. Toutefois, cette attaque ne constitue qu’un avertissement. Si le Japon ne capitule pas, il faudra lâcher des bombes sur les industries de guerre, ce qui entraîne, malheureusement, la perte de milliers de vies civiles. J’implore les civils japonais de quitter les villes industrielles immédiatement et de se soustraire à la destruction. Je réalise l’impact tragique de la bombe atomique. (…) Toutefois, nous savions que nos ennemis faisaient des recherches. (…) Nous savions quelle serait l’ampleur du désastre dans notre pays, dans tous les pays pacifiques, pour toute la civilisation, s’ils l’avaient découverte en premier. C’est pourquoi nous nous sommes sentis obligés d’entreprendre les longs travaux de recherches et de production, incertains et coûteux. Nous avons gagné la course à la découverte contre les Allemands. (…). Nous l’avons utilisée contre ceux qui nous ont attaqués sans prévenir à Pearl Harbor, contre ceux qui ont affamé, battu à mort et exécuté des prisonniers de guerre américains (…). Nous l’avons utilisée pour écourter l’agonie de la guerre, pour sauver les vies de plusieurs milliers de jeunes Américains. Nous continuerons à l’utiliser jusqu’à ce que nous ayons complètement détruit les forces qui permettent au Japon de faire la guerre. Seule une capitulation nous arrêtera. La bombe atomique est trop dangereuse pour être lâchée dans un monde sans lois. C’est pourquoi le Royaume-Uni et les États-Unis, seuls détenteurs de son secret de fabrication, n’ont aucune intention d’en révéler le secret jusqu’à ce que l’on trouve des moyens de maîtriser la bombe afin de protéger le reste du monde du risque de destruction totale. (…) J’ordonnerai au Congrès de coopérer afin que (…) sa puissance soit au service de la paix mondiale. (…) Nous sommes convaincus qu’au sortir de cette guerre, notre nation est la plus puissante au monde (…) Utilisons maintenant cette force, toutes nos ressources et tout notre savoir-faire pour la grande cause d’une paix juste et durable ! »

Discours radiodiffusé du président américain Harry Truman le 9 août 1945, émis depuis la Maison Blanche le 9 août 1945, à 22 heures, www.cvce.eu.

 

Sujet 2 : La connaissance, un enjeu géopolitique 

Consigne : Vous montrerez comment la connaissance est un enjeu politique et géopolitique depuis la guerre froide.

Doc 1 : L’espionnage au cœur des relations internationales

Dans un essai paru en 2018, Ben Macintyre relate l’aventure d’Oleg Gordievsky, colonel du KGB à la solde des services du contre-espionnage britannique, le MI6. Dans cet extrait, l’auteur décrit les activités des différents agents du KGB.

Aux yeux de l’Ouest, ces trois initiales [KGB] étaient synonymes de terreur, d’agression internationale et de subversion. Bref, elles représentaient toute la cruauté d’un régime totalitaire aux ordres d’une mafia officielle et sans visage. Ceux qui appartenaient au KGB en avaient une autre perception. S’ils le redoutaient, s’ils courbaient l’échine, ils respectaient son rôle de rempart face à l’impérialisme occidental et à l’agression capitaliste, de gardien du communisme. Faire partie de cette élite privilégiée, c’était l’assurance d’être admiré et envié. (…) Le KGB disposait de deux sortes d’agents à l’étranger. Ceux qui opéraient sous une couverture officielle, membres d’une ambassade ou d’un consulat, attachés culturels ou militaires, journalistes accrédités ou attachés à une mission commerciale. Grâce à cette immunité diplomatique, ces espions « légaux » ne pouvaient être poursuivis pour espionnage si leur activité venait à être découverte. Ils seraient alors déclarés persona non grata et expulsés. Par contre, les « illégaux » n’avaient pas de statut officiel, voyageaient sous une fausse identité avec de faux papiers et se fondaient jusqu’à se rendre invisibles dans le pays où ils étaient envoyés. Le KGB les infiltrait partout, les faisait passer pour des citoyens ordinaires et d’autant plus dangereux. Tout comme les légaux, ils collectaient des informations, recrutaient des agents, espionnaient sous diverses formes. Les « taupes » ou agents dormants restaient souvent cachés pendant de longues périodes avant d’être activées. La cinquième colonne de chaque pays fournissait également des clandestins qui prendraient les armes entre conflit entre l’Est et l’Ouest. (…) Une des tâches du contre-espionnage occidental était de faire le tri entre les vrais diplomates et les véritables espions. Débusquer les illégaux était une besogne autrement plus délicate.

Ben MACINTYRE, L’Espion et le Traître (The Spy and the Traitor. The Greatest Espionage Story of the Cold War), 2018, De Fallois.

Doc. 2 : La coopération technologique entre États

hggsp connaissance Livraison du premier avion de combat Rafale à l'Inde

Livraison du premier avion de combat Rafale à l'Inde (octobre 2019)

Le ministre de la Défense de l'Inde, Rajnat Singh, reçu par son homologue française, Florence Parly.

 

Sujet 3 : Les acteurs du cyberespace 

Consigne : Vous montrerez que le cyberespace met en jeu de nombreux acteurs, qui établissent des relations de coopération mais aussi de rivalité.

Doc 1. L’Appel de Paris (12 novembre 2018)

À l’initiative de la France, cet appel a été signé par 67 États, 358 entreprises, 139 organisations internationales.

Le cyberespace joue désormais un rôle capital dans tous les aspects de notre vie ; il relève de la responsabilité d’un grand nombre d’acteurs, chacun dans son domaine propre, de le rendre plus fiable, plus sûr et plus stable.

Nous réaffirmons notre soutien à un cyberespace ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique, devenu partie intégrante de la vie sous tous ses aspects sociaux, économiques, culturels et politiques.

Nous réaffirmons également que le droit international, dont la Charte des Nations Unies dans son intégralité, le droit international humanitaire et le droit international coutumier, s’applique à l’usage des technologies de l’information et de la communication par les États. Nous réaffirmons que les droits dont les personnes jouissent hors ligne doivent également être protégés en ligne et que le droit international des droits de l’Homme s’applique au cyberespace. (…)

Nous condamnons les cyberactivités malveillantes en temps de paix, notamment celles qui menacent des individus et des infrastructures.

Nous reconnaissons que la menace constituée par la cybercriminalité impose de redoubler d’efforts afin d’améliorer la sécurité des produits que nous utilisons, de renforcer nos défenses face aux criminels et de favoriser la coopération entre toutes les parties prenantes, tant à l’intérieur de nos frontières nationales qu’au-delà de celles-ci.

Nous reconnaissons la nécessité d’une approche multi-acteurs renforcée et d’efforts supplémentaires afin de réduire les risques qui pèsent sur la stabilité du cyberespace et d’établir davantage de fiabilité, de capacité et de confiance.

Extrait de l’Appel de Paris (12 novembre 2018).

Doc 2 : Selon l’importance de l’extrait choisi dans l’Appel de Paris (le Doc. 1 se limite aux acteurs mais le texte intégral est plus long), on peut faire le choix d’ajouter ou pas un document visuel (dessin de presse par exemple).

 

Sujets pour le grand oral

Ils s’inscrivent dans les programmes de spécialité Hggsp seule, ou peuvent être adossés aussi à l’autre programme de spécialité de l’élève.

  • Poursuivre l’alphabétisation du monde : enjeux sociaux et géopolitiques.
  • Les services de renseignements, hors de contrôle ou face cachée des États ?
  • La démocratie au risque du secret.
  • Le cyberespace (opportunités, risques, législations)
  • La société de la connaissance.
  • Quelle place pour les États dans la recherche scientifique ?
  • L’éthique et la connaissance : faut-il contrôler le progrès ?

 

Sitographie

Trois sites Internet de référence sur l’éducation dans le monde :

  • Unesco.org
  • undp.org (Programme de développement des Nations unies
  • unicef.org

Sites Internet de référence sur l’atome

  • musee.curie.fr
  • sfen.org (revue générale du nucléaire)
  • cea.fr/jeunes (le site du commissariat à l'énergie atomique)

 

& bibliographie

  • Nicky Hager, « Au cœur du renseignement américain »Le Monde diplomatique, novembre 2001
  • Nicole Gadrey, « Société de la connaissance et qualifications des femmes », Revue Éducation et société, 2015, Vol. 15, n°1, p. 105-117.
  • Nicolas Adell-Gombert, Anthropologie des savoirs, Armand Colin, 2011.
  • Questions internationales n° 35 : Renseignement et services secrets (janvier-février 2009)
  • Jean-Christophe Notin, Les guerriers de l'ombre, Tallandier, 2017.
  • Rémi Kauffer, Histoire mondiale des services secrets, Perrin, 2017

 

RUBRIQUE « EN SAVOIR PLUS »

Un atlas

Sébastien-Yves Laurent, Atlas du renseignement : Géopolitique du pouvoir, 2014

Un « Que sais-je ? » :

Nicolas Arpagian, La cybersécurité, 2018

Un article

Alain BAUER, Marie-Christine DUPUIS-DANON, Pierre VERLUISE, « Comment le renseignement français change-t-il ? », Diploweb.com, La revue géopolitique, le 17 juin 2018.       

Une BD : Arnaud Delalande, Eric Liberge, Le cas Alan Turing, Les Arènes, 2015

Un roman graphique : Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier, La bombe, Alcante, Glénat, 2020.

 

Liens vers des prolongements possibles, des approfondissements, textes etc …

« Les principales opérations connues de la CIA pendant la guerre froide », Atelier de cartographie de SciencesPo, Roberto GIMENO, le 4 avril 2009.

https://www.diploweb.com/Les-principales-operations-connues.html

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