Numérique et confinement, pour l’IGÉSR, il faut améliorer la formation et la coordination des équipes

Rapport IGESR

"Si, dans son ensemble, le système éducatif disposait à peu près des capacités requises pour faire face à une situation de crise, l’exploitation de ces capacités, principalement humaine […], aura trahi des insuffisances qu’il conviendra de corriger dans les meilleurs délais." C’est le constat dressé par l’IGÉSR dans un rapport sur l’usage du numérique pendant le confinement publié en janvier 2021.

L’inspection générale insiste, dans son rapport "les usages pédagogiques du numérique en situation pandémique durant la période de mars à juin 2020" (1), sur l’importance de la formation des enseignants aux pratiques pédagogiques d’enseignement à distance, sur la coordination des équipes et sur les ressources et outils.  

Selon l’inspection générale, "si, dans son ensemble, le système disposait à peu près des capacités requises pour faire face à une situation de crise, l’exploitation de ces capacités, principalement humaine – gestion des ressources, diffusion de l’information nécessaire, compétence pour user des outils informatiques – aura trahi des insuffisances qu’il conviendra de corriger dans les meilleurs délais".

Des difficultés pédagogiques

D’une manière générale, rappelle l’IGÉSR, "la priorité numéro un" des enseignants était pendant le confinement de "maintenir le contact social et pédagogique" avec les élèves. Ils ont "été contraints de revoir à la baisse leurs objectifs d’enseignement" et souvent "se sont cantonnés à des révisions". De ce fait "les enseignants en éducation prioritaire se montrent inquiets quant aux apprentissages effectifs lors de cette période".

L’inspection générale note par ailleurs qu’au niveau pédagogique "les enseignants de collège en enseignement prioritaire se sont montrés systématiquement moins enclins à évoluer" par rapport aux autres, contrairement au primaire. Pour l’enseignement professionnel, "l’impossibilité de réaliser des expériences et des gestes techniques s’est révélée un obstacle didactique impossible à surmonter pour de nombreuses disciplines".

Les risques d’une mauvaise coordination

Dans ce rapport, l’IGÉSR présente huit préconisations pensées pour certaines "au niveau de l’établissement" et pour d’autres "au niveau de l’institution" (cf. encadré). Plusieurs concernent la formation des enseignants ou la coordination des approches pédagogiques au sein des équipes lorsque sont mis en place des dispositifs d’enseignement à distance. 

À défaut d’une bonne coordination, le risque pointé par les personnels interrogés dans le cadre de ce rapport est "une dispersion des méthodes et des outils qui complique considérablement le suivi des activités par les élèves". Selon les témoignages recueillis, "le rôle des chefs d’établissement et des directeurs d’école dans cette coordination est essentiel".

L’IGÉSR préconise aussi, au travers d'"exercices annuels", de contrôler "la bonne préparation des acteurs (services académiques, établissements, équipes administratives et pédagogiques) et l’adaptation des équipements au passage imprévu à une situation d’enseignement à distance".

Consolider l’offre institutionnelle de ressources

Au niveau des outils, services et ressources numériques proposés aux enseignants, l’inspection générale constate "des manques que l’institution devrait combler" en réponse à des besoins exprimés en particulier "pour la production et la mise en ligne de vidéos ou pour la création de questionnaires à choix multiples personnalisés".

Ainsi, note l’IGÉSR, "on ne peut que déplorer que les ressources documentaires institutionnelles n’aient été utilisées que par une minorité de professeurs, qui ont souvent fait appel à l’offre privée". Une offre institutionnelle apparaît toujours comme "un enjeu essentiel".

(1) "Les usages pédagogiques du numérique en situation pandémique durant la période de mars à juin 2020", rapport d'octobre 2020 rédigé par les IGÉSR Jean Aristide Cavaillès et Brigitte Hazard comme pilotes, Christine Gaubert-Macon, Paul Mathias, Jean-Michel Schmitt, Laurent Carroué et Laurence Loeffel.