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Nouvelles pratiques en EPS, entre rock, sarbacane et match d'impro

mis à jour le 01/12/10

En appui au mouvement de réformation des organisations des enseignements et des pratiques au lycée général, une équipe en EPS est amené à repenser son approche, ses contenus d'enseignement et les pratiques nouvelles et motivantes pour des jeunes citadins. (bilan d'étape en nov. 2010)

Conjuguer EPS et innovation

 La parution des nouveaux programmes EPS pour les lycées, la mise en œuvre progressive du dispositif de l’accompagnement personnalisé, l'enseignement anticipé de la philosophie, dès la rentrée 2011, dont une des pistes de réflexion pourrait se résumer par « l’organisation d'ateliers interdisciplinaires de découverte de la philosophie, d’éveil de l'esprit critique, de travail de réflexion consacrée à des thèmes plus restreints comme, par exemple, celui du corps ... »… L’ensemble de ces événements ne pouvait qu'influencer l’évolution conjoncturelle du projet d'expérimentation et d'innovation pédagogique du lycée Charlemagne, initié, après agrément du Recteur, en novembre 2008.

D’une part, nous confirmons notre résolution d’orienter notre réflexion sur le fondement anthropologique de certaines activités physiques, sportives et artistiques non encore pleinement intégrées dans le champ professionnel disciplinaire, comme la danse de société, le ju jitsu, le yoga et les arts martiaux internes ; ces deux dernières entités surpassant la simple performance ou la compétition de par une spécificité de développement et d’entretien de soi. D’autre part, nous élevons notre hypothèse jusqu’à faire valoir ces quatre activités comme « le chaînon manquant » des programmes EPS actuels, si l’on consent à envisager la puissance transformatrice d’une activité corporelle sur les nouvelles générations.

En effet, jusqu'à nos jours, la discipline EPS, de par le choix de ses enseignants, a montré une trop importante focalisation sur les activités de performance et de confrontation /compétition. Nous cherchons effectivement à nous aligner sur les préoccupations de l'inspection générale qui cherche actuellement à favoriser l’ensemble des élèves, particulièrement les filles, les inaptes et les handicapés. Ceci en développant une recherche sur des activités artistiques qui nous semblent beaucoup plus prometteuses et davantage ancrées dans un patrimoine anthropo-technique avéré…

 

CONTEXTE  INSTUTIONNEL  PRESENT

1) EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE

Une lecture des programmes EPS, très focalisée sur notre recherche, nous permet de dégager plusieurs éléments significatifs (que nous faisons apparaître en caractères gras) :

Finalité : former, par la pratique scolaire des activités physiques, sportives et artistiques, un citoyen cultivé, lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué.

Premier objectif : conduire chaque élève à s'engager pleinement dans les apprentissages, quels que soient son niveau de pratique, sa condition physique et son degré d'inaptitude ou de handicap. Le développement des ressources, l’enrichissement de la motricité, la capacité à en disposer à bon escient dans le cadre d'une pratique raisonnée, constituent des conditions nécessaires pour accroître la réussite de l'élève dans des contextes de pratiques diversifiées. Ils contribuent à l'équilibre personnel et à la réalisation de soi.

Deuxième objectif : l’EPS permet à l'élève d'assurer sa sécurité et celle des autres, d'entretenir sa santé, développer l'image et l’estime de soi pour construire sa relation aux autres. Elle vise à la recherche du bien-être, de la santé et de la forme physique. Elle doit amener l'élève à bâtir une image positive de son corps. Grâce au plaisir éprouvé, aux efforts consentis, aux progrès réalisés, les élèves comprennent les effets bénéfiques d'une activité physique régulière de plus en plus autonome tout au long de la vie. Par l'analyse réflexive sur les pratiques elles-mêmes et les conditions de la pratique, le lycéen évite d'être un consommateur naïf d'activités physiques et devient pratiquant lucide et responsable, capable de réinvestir les effets de sa formation en dehors de l'école.

À partir de la pratique physique et de la tenue des rôles sociaux, l’EPS s'attache également à faire construire les attitudes et comportements permettant de vivre en société : connaître les règles et en comprendre le sens, les respecter, les construire ensemble, pour agir en responsabilité.

Troisième objectif : la pratique uniforme scolaire des activités physiques, sportives et artistiques, favorise l'accès à une culture raisonnée, critiquée réfléchie des pratiques sociales et des valeurs qu'elle véhicule. L’EPS permet aux lycéens de disposer de connaissances nécessaires et d'un niveau de pratique suffisant pour l'aider à se situer au sein d'une culture contemporaine pour l'accès à des pratiques physiques qui complètent l'offre de formation proposée aux collégiens.

Les cinq compétences propres à l’EPS, de dimension motrice, circonscrivent l'ensemble des activités physiques sportives et artistiques. Elles organisent le parcours de formation du lycéen afin de lui permettre l'accès aux acquisitions les plus représentatives du champ culturel des activités physiques, sportives et artistiques. Chacune des compétences recouvre à la fois l'énoncé de l'un des cinq problèmes fondamentaux posés à l'élève dans la pratique des APSA et les éléments qui ont témoigné de sa capacité à le résoudre. Elles se définissent ainsi :

  • Réaliser une performance motrice maximale mesurable à une échéance donnée (CP1) ;
  • se déplacer en s'adaptant à des environnements variés et incertains (CP2) ;
  • réaliser une prestation corporelle à visée artistique ou acrobatique (CP3) ;
  • conduire et maîtriser un affrontement individuel ou collectif (CP4) ;
  • réaliser et orienter son activité physique en vue du développement et de l'entretien de soi (CP5).

Les trois compétences méthodologiques et sociales : révèle l'acquisition de méthodes, d'attitudes, de démarche réflexive. Elles constituent de véritables outils qui permettent à l'élève de savoir apprendre, de savoir être, seul et avec les autres, tant à l'école qu'en dehors. Elles sont indispensables tant à l'acquisition des compétences propres à l’EPS, qu'à celles partagées avec les autres disciplines pour permettre à l'élève d'apprendre et de devenir citoyen et lucide. Leur énoncé définit à la fois ce qu'il y a à savoir et des repères pour apprécier les acquis :

  • S'engager lucidement dans la pratique : se préparer à l'effort, connaître ses limites, connaître et maîtriser les risques, se préserver des traumatismes, récupérer, apprécier les effets de l'activité physique sur soi, etc. (CMS1) ;
  • respecter les règles de vie collective et assumer les différents rôles liés à l'activité : juger, arbitrer, aider, parer, observer, apprécier, entraîner, etc. (CMS2) ;
  • savoir utiliser différentes démarches pour apprendre à agir efficacement : observer, identifier, analyser, apprécier les effets de l'activité, évaluer la réussite et l'échec, concevoir des projets (CMS3).

2) ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISE

Principes de l'accompagnement personnalisé : …Dans tous les cas, la liberté d'initiative et d'organisation reconnue aux équipes pédagogiques de leur permettre de répondre de manière très diversifiée aux besoins de chaque élève avec toute la souplesse nécessaire. Au sein de l'établissement, l’accompagnement personnalisé doit être construit de façon cohérente avec le tutorat, les stages de remise à niveau ou les stages passerelles. Tous doivent concourir à un meilleur accompagnement et à une meilleure orientation pour chaque élève.

 

Contenu : … L'accompagnement comprend, à l'initiative des équipes pédagogiques, des activités comportant notamment :

  •  le travail sur les compétences de base : compréhension du travail attendu et organisation personnelle pour y répondre, expression et communication écrite et orale, prise de notes, analyse et traitement d'une question, capacité à argumenter, recherche documentaire, maîtrise et utilisation responsable des technologies de l'information et de la communication, activités contribuant au renforcement de la culture générale (conférence), aide méthodologique à l'écrit comme à l'oral, etc. ;
  • les travaux interdisciplinaires : thèmes de travail choisi par les élèves ou les professeurs ; projets individuels ou collectifs ;
  • la construction d'un parcours de formation et d'orientation réfléchi prenant appui sur le passeport orientation formation, l'orientation active, la préparation à l'enseignement supérieur, la participation de représentants des différentes branches d'activité professionnelle, la découverte in situ des métiers, etc. L'accompagnement tient compte des entretiens personnalisés d'orientation conduit par les professeurs principaux et le concours des conseillers d'orientation-psychologues. Les parents sont associés à ces entretiens.

3) ENSEIGNEMENT ANTICIPE DE LA PHILOSOPHIE

Le ministre Luc Chatel a présenté de nouvelles mesures pour développer l'enseignement de la philosophie, jeudi 18 novembre. Il a annoncé un enseignement anticipé de la discipline. Il a évoqué deux voies principales pour aider les lycéens à entrer dans cet « amour de la sagesse »(le vrai sens de la philosophie).

Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, a ouvert aux côtés d’Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, la Journée mondiale de la philosophie, organisée cette année dans le cadre de l’Année internationale du rapprochement des cultures.

 À cette occasion, il a exprimé la volonté du Président de la République et la sienne de voir l’enseignement de la philosophie s’étendre en amont de la classe terminale dès la rentrée 2011, et ce sous différentes modalités.

L’enseignement de l’Éducation civique, juridique et sociale (ECJS) des classes de seconde et première sera notamment ouvert aux professeurs de philosophie, qui pourront ainsi aborder les notions au programme sous un angle spécifiquement philosophique.

Une expérimentation d’un enseignement anticipé de la philosophie sera également lancée au niveau national. Fondée sur l’initiative des équipes pédagogiques et dans le cadre de l’autonomie renforcée des établissements, cette expérimentation pourra se décliner sous différentes formes : les professeurs de philosophie pourront, par exemple, participer à l’accompagnement personnalisé ou aux enseignements d’exploration proposés en classe de seconde, ou encore intervenir de manière ciblée au sein des cours d’autres disciplines pour en éclairer la portée philosophique.

L’expression d’intentions  comme « l’organisation d'ateliers de découverte de la philosophie, d’éveil de l'esprit critique, de travail de réflexion consacrée à des thèmes plus restreints comme, par exemple, celui du CORPS... » a retenu notre attention pour donner davantage de profondeur et de puissance réflexive à notre projet.

Pour donner un cadre national à cette expérimentation qui sera inscrite dans la prochaine circulaire de rentrée, Luc Chatel a demandé à l’Inspection générale de l’Éducation nationale d’en élaborer le cahier des charges. Un appel à projets sera diffusé en janvier 2011 auprès de tous les lycées et la mise en œuvre des projets sera effective dès la rentrée 2011.

 

AVANCEE DU PROJET D’EXPERIMENTATION ET D’INNOVATION PEDAGOGIQUE

1) REALISATIONS :

- Continuité de l’enseignement des danses sportives comme « chorégraphie collective » et de leur animation dans le cadre de l’association sportive. L'effervescence exceptionnelle et la motivation extrême des élèves permises par l'intégration de cette discipline artistique nous ont amenés à envisager, en fin d'année scolaire, avec l’accord de mes deux autres collègues, un évènement-spectacle mettant en scène l’évaluation de cette épreuve au bac ; à laquelle seront conviés parents d'élèves et membres de la communauté éducative. Nous l'avons intitulé à dessein le « Gala Bac Danse » ;

- Le tournage du film vidéo sur le thème de la danse sportive, conçu et réalisé par une auteure de romans sur l’adolescence et le féminisme dans le sport, Maylis DE KERANGAL (Prix Médicis 2010) (Participation aux Epsiliades dans un débat sur la place de la femme dans le sport) et une étudiante journaliste Elsa BOULLIC, prévu en début d’année scolaire, se met en place actuellement ; et ce, durant la totalité d’un cycle de la classe de 2ème 2 (du 23 novembre au 22 janvier 2010) dans les locaux du lycée Charlemagne. Il se compose de plusieurs interviews d'élèves, de l'enseignant en situation pédagogique avec plusieurs séquences filmées sur les moments d'articulation du cycle les plus significatifs sans oublier l'étape symbolique de l'évaluation de fin de cycle. Ce projet s’inscrit un peu dans le style du film documentaire « Les rêves dansants – Sur les pas de Pina Bausch », sorti récemment dans les salles de cinéma ; dernier film tourné en 2008 sur le travail de la célèbre chorégraphe allemande, décédée en 2009.

Le projet de sensibiliser les décideurs institutionnels sur la pertinence éducative de cette activité anthropologiquement fondée est en parfaite coïncidence avec l’idée de ce documentaire. Plusieurs thèmes sociaux devraient pouvoir être traités à cette occasion : anthropologie de la danse en milieu scolaire, le corps des adolescents et leurs usages sociaux, les représentations des modèles sportifs entre masculin et féminin, les pressions communautaristes et l’empreinte religieuse, les loisirs musicaux des 15 à 18 ans et leurs ancrages culturels, addictions et musiques, etc.

- La confiance exprimée, pour cette année scolaire 2010-2011, par le chef d'établissement dans l'octroi de 5 heures supplémentaires (4 heures d'enseignement en classe de seconde et 1 heure d'enseignement personnalisé) nous a fortement soutenu dans la tâche d’assumer la meilleure supervision des classes de secondes, directement concernées par le projet d'expérimentation et d'innovation pédagogique et les quatre APSA programmées (danse sportive, Ju Jitsu, Yoga-Sarbacana) ;

- Continuité de l’enseignement du Ju Jitsu comme « art martial externe » sous la forme de démonstrations (ou « katas ») de duos mixtes, sous l’intitulé « Judo-Ju Jitsu » ;

- Le stage de « YOGA et TIR A L’ARC » encadré par Martine WILLIAMS, professeur d’EPS du lycée Claude Monet et moi-même, s'est déroulé dans les installations sportives du lycée Charlemagne du 23 au 25 juin 2010. A l'adresse des stagiaires, une démonstration de Kyudo (avec la participation de M. Philippe DALLINGA) a été présentée et une initiation au Sarbacana a pu être proposée grâce à l'intervention de M. Michel Laurent DIOPTAZ. Il nous paraissait opportun de mettre à jour, auprès de ce public enseignant, les nuances culturelles entre le sport de loisirs, voire celui de compétition et l'art martial interne.

- Nomination en tant que professeur principal de la classe de 2ème 6 et coordonnateur de l’accompagnement personnalisé pour cette classe ;

- Nomination en tant qu’Enseignant Référent aux Affaires Européennes et internationales (E.R.A.E.I.) du lycée Charlemagne auprès de la Délégation aux Relations Européennes et Internationales et à la Coopération (D.A.R.E.I.C.) ;

- Lancement de l’activité « Sarbacana » dans le cadre de l’association sportive avec la participation de Michel-Laurent DIOPTAZ, chercheur et concepteur de la discipline ;

- Participation du lycée Charlemagne aux EPSILIADES, les 12 et 13 novembre 2010 à la Halle Carpentier (13ème) pour présenter le projet d’expérimentation et d’innovation pédagogique et tout particulièrement « Le Sarbacana, art martial interne » en présence de Michel-Laurent DIOPTAZ : tenue d’un stand, présentation commentée d’un film vidéo tourné dans le cadre de l’association sportive puis enregistré et monté par M.-L. DIOPTAZ et enfin démonstration d’élèves débutants du lycée avec des pratiquants avancés du « Dojo Sarbacana » (Voir ci-dessous le reportage photographique et texte d’accompagnement sur les « spécificités du Sarbacana » en tant qu’art martial interne promu par le lycée Charlemagne) ;

- Les activités de l'Association Sportive, pratiquées par les élèves, connaissent un essor croissant : le lancement de l'activité « Sarbacana » a permis l'adhésion de nouvelles catégories d'élèves, notamment quelques filles. En outre, nous avons même constaté une notable participation de ceux-ci (13 élèves en tout), un samedi après-midi entre 14 h et 17 h, lors des EPSILIADES. Cette dernière activité, d’une façon générale, a permis un surcroît d'effectif féminin.

Cotisations élèves  2009-2010 : 5 405,00 €

par rapport aux 3 675 € réalisés sur 2008-2009

- Les activités de l'association sportive, pratiquées par les adultes, nous ont également permis une  légère augmentation de bénéfice par rapport à l'an dernier :

 

Cotisations adultes 2009-2010 : 10 854,00 €

par rapport aux 9 776 € réalisés sur 2008-2009 

Ce dernier revenu nous a permis de nourrir notre projet en nous permettant de solliciter des intervenants spécialistes, de participer à des formations et de réaliser l'achat du matériel nécessaire (cibles diversifiées, sarbacanes et flèches, arcs, panneaux de bois modulables, location de véhicules pour le transport).

2) DIFFICULTES ET OBSTACLES :

- La pratique du tir à l'arc, arrêtée par le Directeur de l'académie de Paris, sur la liste académique des collèges et lycées, n'est pas sans poser de lourds problèmes matériels, pédagogiques et éducatifs ; notamment dans le cadre de l'enseignement de l’EPS avec des classes de 35 élèves. Compte tenu de l'hétérogénéité morphologique des élèves et de l’ambivalence de la singularité de chacun quant au couple œil directeur-latéralisation, il est nécessaire de disposer d'un nombre impressionnant d’arcs d'initiation pour les filles et les garçons. De plus, la mise en oeuvre et la maintenance de ce matériel et des accessoires nécessaires est particulièrement lourde. Il apparaît également une appréciation défavorable à l'activité quant à la constante tension statique et dissymétrique qu'elle génère,  préjudiciable au développement harmonieux des jeunes, subissant encore plus ou moins le processus de croissance. 

Nous préférons de loin l'activité « le Sarbacana » en tant qu'art martial interne (CP5) et activitédeperformance motrice maximale mesurable à une échéance donnée (CP1). Cette activité offre une palette infiniment plus riche de contenus de par :

  • son filtre d'activité « artistique » en tant qu’ « art martial interne » ;
  • la sensibilité tai-chi chuan qu'elle exprime ;  
  • l’éthique qui l’imprègne ;  
  • la poétique dans laquelle elle peut être immergée par le processus de métaphorisation ;  
  • la pragmatique articulation entre relaxation et action qu’elle explore ;
  • la maîtrise émotionnelle sur le support respiratoire (puissance du couple abdomino-diaphragmatique et le concept scientifique de D.E.P. et de V.E.M.S.* sous-entendu) et postural qu'elle propose ;
  • la dynamique énergétique coïncidente du « son silencieux », correspondant au « kiaï » spécifique des arts martiaux et du geste « foudroyant » ;
  • le passage de la posture, du geste ralenti et fluide à la motricité efficiente et « foudroyante » spécifique des traditions corporelles de l’extrême-orient ;
  • la bilatéralité qu'elle instrumente sous le couvert d’une fine et symbolique gestuelle. Les flèches visées par la droite n’ayant pas la même couleur que celles visée par la gauche ou de face, on peut relire sur la cible un diagramme informant sur le processus de bilatéralisation du souffleur ;
  • la disposition philosophique qu’elle ouvre sur l’espace-temps et la pleine conscience ainsi qu’une subtile éducation à la prise de décision ;
  • de plus, cette activité offre un aboutissement concret et « objectif » aux techniques de renforcement musculaire, d'étirement et de maîtrise respiratoire, spécifique de l'enseignement du yoga ; lequel en devient ainsi sa propédeutique.

- En fin d'année scolaire 2009-2010, nous avions envisagé le tournage d'un film vidéo sur l'enseignement et l'apprentissage des arts martiaux, externe (Ju-Jitsu) et internes (Sarbacana, Kyudo), présentés aux élèves dans leur forme traditionnelle de démonstrations (« katas ») en partenariat avec l'option cinéma du lycée Paul Valéry ; ceci en collaboration avec Philippe ZILL, professeur de français, responsable de cette option et ancien pratiquant de karaté. Malgré le vif intérêt partagé par les deux enseignants, cela n'a pas pu se faire en raison d'une discordance de disponibilité horaire… Nous comptons rebondir sur d'autres solutions nécessitant une organisation matérielle différente que nous exposerons plus avant…

-  Notre implication en tant que professeur principal et coordonnateur de l'accompagnement personnalisé au niveau de la 2ème 6 nous a permis de bénéficier d'une meilleure perception de la part des professeurs des autres disciplines. Nous avions relevé, dans nos précédents rapports, diverses tensions entre les enseignants des autres disciplines et nous-mêmes ; celles que nous avions antérieurement suscitées eu égard à la politique d’ouverture de notre association sportive sur l'extérieur, notamment auprès des parents d'élève et des citoyens de proximité. Nous avions également évoqué le reproche exprimé de façon récurrente, sur une qualité d’analyse de nos élèves, lisible sur nos appréciations, taxé de « psychologisme », aussi bien par les autres enseignants que par l'administration... Aujourd’hui, une ambiance plus sereine et collective semble désormais s’aménager plus facilement  et notre projet, selon certains indices relationnels, donne l’impression quelque part d’être mieux accepté, par l'ensemble de la communauté éducative.

-  Les cours proposés aux adultes constituent le seul levier matériel et financier de nos actions éducatives. Sa fragilité demeure une interrogation constante sur l'étendue de nos moyens. Nous avons pu obtenir une subvention de 1200 € de la part du centre national de développement du sport contribuant ainsi à l'achat du matériel de tir à l'arc. M. François MULLER, coordonnateur académique des innovations pédagogiques, vient de nous suggérer le recours à des subventions du conseil régional dans le cadre des aides régionales « Projet lycée innovation éducative ».

3) CONTINUITE  DU  PROJET  ET  ETAPES  SUCCESSIVES :

        - Projet de film mi-fiction/mi-documentaire sur la pratique des arts martiaux externes (Ju Jitsu) et internes (Sarbacana, Yoga) dans le cadre de l'EPS, de la seconde à la terminale. Ce sont les moyens financiers de l’association qui pourvoiront aux dépenses : caméraman et preneur de son, location de matériel (caméra, son et éclairage), scénariste, droits musicaux, costumes, transports, etc.

Nous avons demandé un devis précis à M. Gaëtan PEAU, responsable de la section théâtre du Lycée Charlemagne qui est intéressé pour la scénarisation et la mise en œuvre technique du projet. Nous avons également reçu un devis de 4500 €, émanant de Mlle Fédérica GIUSTACCHINI  de l’association S.T.A.R., éditrice de la revue « Les périphériques vous parlent », sur le même projet.

        - Projet d’un film didactique et pédagogique sur l’enseignement du Ju Jitsu au lycée. Accord est pris avec la direction technique nationale de la fédération française de judo, le jiu-jitsu, kendo et disciplines associées, en la personne de M. Eugène DOMAGATA ; lequel a pris rendez-vous pour entreprendre le tournage d’un film vidéo sur la didactique et la pédagogie d'un cycle de ju-jitsu en classe de seconde du 25 janvier au 9 avril 2011. M. DOMAGATA viendra les 3, 10 et 15 décembre 2010 en « repérage » et accompagnement pédagogique de M. RICHARD, mon collègue EPS.

  En effet, cette fédération (troisième fédération française de par le nombre de licenciés), en partenariat avec la maison du Japon, entreprend une campagne de promotion du judo et du ju-jitsu sur les collèges et lycées français. Dans ce dessein, une mallette pédagogique est sur le point d'être conçue à l'identique de ce qui a déjà été réalisé pour les classes primaires. Dans la mallette pédagogique prévue à cet effet, divers supports seront proposés (DVD didacticiel sur lequel figurera le cycle filmé au lycée Charlemagne, la progression sur plusieurs cycles, livres, jeux, etc.) pour la promotion des arts martiaux et divers éléments éducatifs représentatifs de la culture japonaise.

        -  Nomination à la commission consultative de la fédération française de judo, ju-jitsu, kendo et disciplines associées (FFJ), composée d'enseignants et chargée de la promotion de ses activités en milieu scolaire ;

        - Projet d’articles sur le revue EPS : un sur le Sarbacana (entériné au mois de décembre 2010) signé par Michel Laurent DIOPTAZ et un autre sur le Yoga, signé par mes soins, courant 2011 ;

        -  Demande d’une subvention au Conseil Régional, dans le cadre des « aides régionales » sur la thématique de dotation « Projet lycée Innovation éducative » ; ceci afin de soutenir la concrétisation de notre projet au niveau des ressources matérielles et humaines spécialisées. Le plafond envisageable est de 5000 €.

        - Demande d’une APSA d’établissement (Arrêté du 8/04/2010. JO du 25/04/2010. BOEN spécial n°4 du 29/04/2010), le « Yoga et Sarbacana » pour le 10 janvier 2010. Nous proposerons un stage de formation adéquat pour répondre à l’appel d’offres de l’I.U.F.M. dans le cadre du Plan Annuel de Formation (P.A.F.). Nous avions organisé l’an dernier un stage de « Yoga et tir à l’arc » dont le rapport de faisabilité et de généralisation auprès des collègues EPS d’établissement est rendu très faible et donc décevant, selon notre constat et notre enquête auprès des collègues stagiaires.

       - dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, en tant que coordonnateur de ce dispositif de la 2ème 6, nous sommes en train de mettre au point des modules d’interventions, sur l’axe de l’aide méthodologique, traitant du corps, de la relaxation et de la prise de décision avec en filigrane les techniques de développement personnel extraites du Yoga et du Sarbacana ;

       -  par anticipation de la prochaine circulaire de rentrée, à propos de l’enseignement anticipé de philosophie, qui fait l’objet d’une annonce du ministère, nous répondrons favorablement à l’appel à projets du ministère à propos « d'ateliers de découverte de la philosophie, d’éveil de l'esprit critique, de travail de réflexion consacrée à des thèmes plus restreints comme, par exemple, celui du CORPS...]. Ces ateliers à vocation interdisciplinaire, pouvant être appréhendés dans le dispositif de l’accompagnement personnalisé, nous semblent tout à fait compatibles avec les APSA que nous cherchons à promouvoir dans la compréhension de notions philosophiques traitées pour le bac, comme celle de « nature et culture », d’ « espace-temps », de « l’art », de « la technique », de « liberté et responsabilité », etc.

La Sarbacane, une approche EPS

COMPTE RENDU VISUEL DE NOTRE PARTICIPATION AUX « EPSILIADES »

1er salon-exposition de l’EPS, du SPORT et de l’ASSOCIATION SPORTIVE 12-13 et 14 novembre 2010 à la Halle Carpentier (13ème)

http://www.sarbacana.com/sarbacane/sarbacana-depcision.htm

Contexte de la recherche et découverte pertinente du Sarbacana pour notre projet :

Notre expérience approfondie et réflexive de formateur dans le domaine de la compétence propre 5 (réaliser et orienter son activité physique en vue du développement et de l'entretien de soi), notamment en musculation, nous amène à penser autrement cette compétence culturelle, fortement controversée par une grande proportion de collègues en exercice.

Particulièrement, l’émergence, consacrée cette année dans les programmes, au chapitre national de ladite compétence, de deux activités comme la « musculation » et le « step » fait débat ; si l‘on consent à se référer à la notion de « patrimoine anthropo-technique » respectable à transmettre aux nouvelles générations…

Après avoir conduit de nombreuses séances en co-évaluation de musculation pour les classes de terminale dans mon établissement, après avoir proposé l’activité « step » en classe de seconde pendant toute une année, après plusieurs années d’animation en salle de musculation, je ne peux qu’admettre la superficialité des contenus éducatifs et leur pauvreté signifiante. Que restera-t-il d’autre à ces jeunes que la tentation consumériste « illusionniste » des salles de fitness.

Nous avons donc cherché des passerelles culturelles plus fiables et puissamment transformatrices dans un ancrage anthropologique plus dense et plus profond. A ce titre, le Yoga ne peut que s’imposer avec le patrimoine de ses nombreuses techniques corporelles plusieurs fois millénaires.

Après une longue visite dans un établissement qui fait référence en matière d’enseignement adapté, le lycée Toulouse Lautrec, établissement régional d’enseignement adapté (E.R.E.A.), de Vaucresson, nous avons été surpris par l’importance des activités de tir ou de lancer de précision dans leur programmation. Au retour, nous avons nourri une longue réflexion sur ce type d’activité. Nous avons prospecté dans un premier temps dans les clubs sportif ou de loisir (tir à l’arc, sarbacane, etc.), puis, au détour raisonné d’une exploration exhaustive, nous avons découvert le monde des arts martiaux internes (le Kyudo, le Shuriken Jutsu et enfin le Sarbacana) qui m’apparaissaient d’une richesse éducative jusqu’alors insoupçonnée… Après avoir assisté à maintes démonstrations et participé à plusieurs séances ou stages d’initiation, il s’est avéré que nous étions confrontés  à un territoire de compétence qui valait le détour ; parce qu’il alliait précisément, de façon intrinsèque en son sein, une identité culturelle profonde et la cohésion méthodologique la plus subtile.

De plus, sachant pertinemment, s’agissant aussi bien de « yoga » comme de « musculation », de « cardio-training », de « stretching », voire encore de « relaxation », ou bien encore de « sarbacana » ou de « kyudo » par rapport au tir à l'arc sportif (ou de loisir), que nous sommes confrontés à des activités complémentaires, vu du point de vue anthropologique... Le meilleur exemple que nous puissions trouver dans ce domaine est illustré par le biathlon du ski de fond. Celui-ci est caractérisé par l’alternance d’une activité à très fort coefficient énergétique et d’une autre à très haut degré de calme et concentration.

Dans les sports les plus médiatisés comme le pilotage de formule 1 ou le golf, nous sommes confrontés à ce même dernier type de compétence reposant sur un type de motricité fine et une capacité de concentration extrême.

Toujours dans ce type d’activités à très haute teneur médiatique, le foot-ball, le basket-ball, le baseball, le rugby, malgré leur spécificité de sport d’équipe, voit très souvent et de façon décisive, leurs plus sublimes héros confrontés individuellement à l’épreuve fatidique du tir de précision ; notamment lors des coups de pied arrêtés qui parsèment fréquemment le temps de la rencontre.

Enfin, nous retrouvons toujours ce mythe récurrent du « tireur d’élite » qui porte à lui tout seul le destin de la collectivité dans le 1/10ème de seconde qui lui est imparti pour agir juste.

De David contre Goliath en passant par Ulysse, Robin des Bois, Guillaume Tell, ou plus récemment le sniper russe de la bataille de Stalingrad (voir le film de Jean Jacques Annaud) jusqu’à Johnny Wilkinson (équipe d’Angleterre de rugby, championne du monde) et le foot-balleur Juninho, nous revenons sans cesse à la même histoire, à la même aventure de l’instant décisif pour un seul homme.

Mais sur quel type d’attention et sur quelles donnés corporelles perceptives et proprioceptives doit se reposer cet « acteur de l’instant décisif» qui réside forcément en chacun de nos élèves ?

C’est précisément ce que se propose d’explorer le « Sarbacana » comme art martial interne et son concepteur Michel-Laurent DIOPTAZ avec lequel nous avons beaucoup échangé pour intégrer cette discipline dans le milieu lycéen et le présenter à la communauté professionnelle EPS à l’occasion de ces Epsiliades : en aboutissement symbolique du Yoga qui devient ainsi sa propédeutique idéale…

Proposition au Recteur du « Sarbacana » comme activité académique EPS à la place du tir à l’arc avec le dispositif de formation adéquat sur les références didactiques et pédagogiques suivantes :

Rappel : Accès au texte et aux photos par le lien :

 http://www.sarbacana.com/sarbacane/sarbacana-depcision.htm

En savoir plus sur la démarche

Voir aussi le développement de l'approche artistique et culturelle à partir de la danse et du rock au lycée, sur la page 

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