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Lectures

mis à jour le 09/09/11

Livres reçus

Livres reçus 

Jérôme FERRARI, L’art dans Le monde comme volonté et comme représentation d’Arthur Schopenhauer

SCEREN CNDP-CRDP, collection Philosophie en cours
92 pages, 9,90 €

La réflexion sur l’art – objet du troisième livre du Monde comme volonté et comme représentation et de nombreux chapitres des suppléments – occupe une place éminente dans le développement de la pensée de Schopenhauer. L’art y tient sa valeur de sa relation à l’être – au monde, d’un côté comme volonté, de l’autre comme représentation.

« Toute œuvre d’art tend donc, à vrai dire, à nous montrer la vie et les choses telles qu’elles sont dans la réalité… » A la faveur de ce déplacement vers l’ontologie, les dimensions cognitive et éthique intègrent l’expérience esthétique. Par des analyses d’une grande précision, liée à une fréquentation intime des œuvres, Schopenhauer manifeste ainsi la puissance propre à l’art. 

Sommaire

Un effet de vérité 
L’art comme mode de connaissance
Phénomènes et chose en soi
Le monde comme volonté et comme représentation
L’objectivation de la volonté
Entendement et vouloir-vivre
Art, science et philosophie

L’expérience esthétique
La conversion du sujet
La suspension du désir
Plaisir esthétique et stimulation de la volonté
Le problème du plaisir esthétique

Le dévoilement de l’idée
Le génie
Les Idées dans la philosophie de Schopenhauer
Degrés d’objectité et formes d’art
Idées et concepts
Un Idéal de l’intuition

Deux formes d’art : les arts poétiques et la musique

Les arts poétiques
Du non-sens de l’histoire
Fiction et vérité

La musique
Un art sans images
Un autre monde

De la philosophie considérée comme un art

Bibliographie

> Médecine, santé et sciences humaines. Nouveau manuel pour les études médicales

Sous la direction du Collège national des enseignants de sciences humaines et sociales en médecine et santé

Christian BONAH, professeur d’histoire des sciences, faculté de médecine de Strasbourg

Claudie HAXAIRE, maître de conférences d’anthropologie, faculté de médecine de Brest

Jean-Marc MOUILLIE, maître de conférences de philosophie, faculté de médecine d’Angers

Anne-Laurence PENCHAUD, maître de conférences de sociologie, faculté de médecine d’Angers

Laurent VISIER, professeur de sociologie, faculté de médecine de Montpellier

Préface de Tzvetan TODOROV

Les Belles Lettres, coll. Médecine & Sciences Humaines.
718 pages, 23 €

Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l’enseignement des sciences humaines et sociales au sein de la formation médicale. Il s’adresse aux étudiants de médecine et à tous ceux qui s’engagent dans les métiers du soin ou qui s’intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales posées par la médecine contemporaine.

Les nouvelles relations entre soignants et patients, l’interrogation sur l’identité scientifique de la médecine, le développement spectaculaire des techniques médicales, l’exigence d’une sensibilisation aux enjeux éthiques et bioéthiques du soin face à l’évolution des demandes, individuelles et sociales, appellent une réflexion spécifique.

Fournir des repères historiques et conceptuels à cette réflexion, interroger les présupposés de la pensée médicale, évaluer les multiples responsabilités liées au soin, promouvoir l’indépendance du jugement, le sens des problèmes et la clairvoyance critique sont les objectifs de l’introduction des sciences humaines dans le monde médical. L’ambition de ce recueil est d’y contribuer.

Sans prétention encyclopédique, il invite le lecteur à s’approprier les questions à partir de regards croisés et à prendre ainsi la mesure de la diversité et de la complexité des problèmes humains de la médecine.

Le livre se compose d’une centaine d’études présentées par thématiques, de plusieurs annexes « ressources » et d’un index analytique.

Les auteurs, médecins et non médecins, sont des spécialistes des thèmes abordés travaillant aussi bien en sciences humaines (comme anthropologues, économistes de la santé, historiens, juristes, philosophes, psychanalystes, psychologues, sociologues) que dans le monde de la santé (en biologie, cancérologie, génétique, gériatrie, médecine générale, médecine interne, neurologie, neurochirurgie, psychiatrie, rééducation fonctionnelle, et dans les soins infirmiers). Le projet résulte notamment de la collaboration des responsables et enseignants en sciences humaines et sociales des facultés de médecine françaises.

 

> Sophie ITURRALDE, Don Quichotte et ses fantômes

Millon, collection nOmina
410 pages, 28 €

Dessins de Guy Pehourcq

Il y a peu de héros de la littérature mondiale que l’on reconnaisse aussi immédiatement que Don Quichotte et Sancho en leurs innombrables avatars, peu d’œuvres qui fournissent des schémas aussi clairement identifiables d’attitudes humaines face au monde. Mais lorsqu’on lit le livre, aussi « simplement » qu’il est possible pour un ouvrage précédé d’une ombre aussi monumentale, on est frappé de voir à quel point nos attentes sont déjouées et nos souvenirs menteurs. Tout et son contraire a été dit à propos du livre et de ses personnages, et cette incohérence n’a pas moins de vérité que les apparentes convergences des représentations : car dans le monde qu’est ce roman coexistent toutes les nuances et les contradictions du nôtre.

Pour lire Don Quichotte, il faudrait être capable de faire le vide de ce grouillement d’images spectrales et de discours convenus. A nous qui sourions et nous laissons émouvoir par ce personnage, que nous disent de nous-mêmes et de notre rapport à l’altérité du monde et des hommes l’indulgence et la fascination pour les fantômes qu’il a su inventer pour nous ? Puisqu’il ne saurait être question d’une « lecture juste » d’une œuvre de l’art comme Don Quichotte, œuvre baroque, ouverte à tous les vents, contentons-nous d’exister avec et en lui, de mettre des fragments et des lignes de vie, de pensée, de rêverie et d’émotions « en intelligence » avec lui, d’adopter un principe a-théorique, émotif, de guidage pour l’interprétation. Accompagnons Don Quichotte en ses errances, prêtons attention aux émotions que suscitent en nous sa confrontation à l’espace du voyage, au vieillissement, au conflit intime entre l’amour pour Dulcinée et le remue-ménage du désir. Nous y trouverons ce qui nous touche au cœur secret de nos désirs et de nos inquiétudes.

Professeur agrégé de Philosophie, Sophie ITURRALDE enseigne au Lycée Alain-Fournier de Bourges.

 

Guillaume PIGEARD de GURBERT , Fumer tue. Peut-on risquer sa vie ?

Flammarion, coll. Antidote
120 pages, 8 €

Fumer, assurément, est mauvais pour la santé. De cette évidence partagée, que peut dire le philosophe ? A partir d’un examen de la formule figurant sur les paquets de cigarettes, ce petit livre conduit le lecteur de l’analyse des mécanismes du néolibéralisme à la découverte de la dimension métaphysique de l’acte de fumer en passant par la recherche de la signification anthropologique de l’art de fumer.

Fidèle au mot d’ordre de la collection dans laquelle il s’inscrit, il s’agit d’un vrai livre de philosophie, à la fois léger et profond, destiné « à tous ceux qui veulent se construire un avis, par eux-mêmes et pour eux-mêmes ».

Professeur agrégé, docteur en philosophie, Guillaume Pigeard de Gurbert enseigne au Lycée de Bellevue à Fort-de-France.

 

> Aline BEILIN, Denis Diderot – La culture et l’éducation

SCEREN CNDP-CRDP, collection Philosophie en cours
94 pages, 9,90 €

Le philosophe éclectique qu’est Diderot n’admet rien au titre du préjugé et au privilège de l’ancienneté ou de la tradition ; il est curieux, avide de connaître la variété des représentations et des pratiques humaines. Il faut alors le suivre dans le tableau des cultures et des mœurs de son temps.

Il y découvre les tensions que recouvrent le naturel et le culturel. Il tente de mettre au jour les processus d’acculturation de l’homme, ce que sont ces processus et ce qu’ils devraient être. Dénonçant les travers d’une culture trop proche ou, à l’opposé, trop éloignée de la nature, Diderot avance ainsi les principes d’une éducation moderne.

Sommaire

Introduction
La naturalité du sens moral, ou le moyen de faire l’économie de Dieu

Nations sauvages et nations policées
L’inscription des peuples dans un temps et dans une histoire
L’état de nature de Diderot : l’anti-chimère ou la volonté de penser l’existant
Qui sont les « sauvages » de Diderot ?
Le sauvage est-il plus heureux que nous ?
Les cultures sont-elles commensurables ?

L’universel et le singulier, l’universel singulier
Un seul genre humain
Physionomie des peuples, identité des individus
L’universel singulier, ou quand la culture fait varier la nature

Du physique au moral sans solution de continuité
« Sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas »
Les trois codes
Premier procès en dénaturation : il n’y a que le méchant qui soit seul
Second procès en dénaturation : la sexualité ou le lieu privilégié de la morale naturelle
L’amitié rare, ou la simplicité et l’universalité d’un « en deçà » de la coutume

Eduquer, moraliser l’homme
Cultiver et instruire, moraliser et civiliser
Tout enfant peut-il être instruit et éduqué ?
L’ordre des connaissances

Annexe I
Vie et œuvre

Annexe II
Présentation succincte des œuvres de Diderot citées dans cet ouvrage

Annexe III
Textes et analyses complémentaires

Bibliographie

 

> François ATHANE, Pour une histoire naturelle du don

PUF, coll. Pratiques théoriques. 332 pages, 26 €

Nous donnons tous les jours, souvent sans même y penser. Nous offrons notre aide ou une friandise, nous donnons des indications, des nouvelles, des pièces de monnaie, des coups de main et, par-dessus tout peut-être, du temps. Mais, si nous employons quotidiennement ces mots : don, donner, cadeau, offrir, recevoir, nous ne savons pas pour autant dire ce que c’est que donner.

Ce livre se propose d’examiner les diverses définitions du don qui ont été proposées dans la philosophie et les sciences sociales. Ce faisant, on est progressivement amené à identifier chacune des modalités par lesquelles les humains peuvent transférer un bien à autrui. Parmi celles-ci, le don présente une caractéristique cruciale, qui le différencie notamment de l’échange : avec le don, celui qui reçoit peut se trouver absolument démuni, n’avoir rien, ni rien à donner en retour.

Ce trait, pour être longtemps passé inaperçu dans les écrits sur le don, s’avère fondamental. Ce livre se propose en effet de montrer que, pour cette raison, le don a joué un rôle décisif dans la préhistoire de l’espèce humaine, tout comme dans l’histoire de chacun d’entre nous : lorsque nous étions enfants.

 

Dans sa première partie, l’ouvrage développe une étude détaillée de l’« Essai sur le don » de Marcel Mauss, qu’il confronte à d’autres textes du même auteur, notamment ses Ecrits politiques, en général peu sollicités par les précédents commentateurs parce que longtemps difficiles d’accès. L’analyse conduit à réfléchir sur des notions adjacentes au don et à l’échange, comme celles d’Etat, de marché ou de loi.

La deuxième partie examine des textes relevant de la postérité de langue française de Marcel Mauss, empruntés à Claude Lévi-Strauss, Claude Lefort, Jacques Derrida, ainsi que Roger Maunier et Pierre Bourdieu. Le fil directeur de l’analyse visant à éclairer les différences entre don, échange, dette, intérêt, est fourni par les travaux d’Alain Testart. Elle aboutit à théorie générale des transferts permettant une classification de leurs diverses formes.

La dernière partie choisit de prendre à la lettre l’une des thèses de Mauss – le don est universellement partagé chez les humains – et s’achève en cinq thèses exposant les raisons […] pour lesquelles le don revêt une importance simplement vitale pour le genre humain. Elle justifie le titre de l’ouvrage en soutenant que le don est universel parmi l’humanité et que l’universalité du don résulte d’une nécessité naturelle.

 

La qualité philosophique de ce livre, issu de la thèse de doctorat de F. Athané, tient d’abord à ce que son approche du don se veut résolument élémentaire : essayer de dire ce que c’est que donner et pourquoi donner importe, ce en vue de quoi il développe, avec une entière clarté, des analyses précises, fines et détaillées, nourries d’une connaissance approfondie des œuvres sur lesquelles porte l’examen.

Il faut souligner combien ce livre, parfaitement accessible et maniable, sera utile aux professeurs de philosophie dans la composition de leur cours.

Professeur agrégé et docteur en philosophie, François ATHANE enseigne dans l’Académie d’Orléans-Tours.

 

> Hadi RIZK, Comprendre Sartre

Armand Colin, 256 pages

« Qu’est-ce qu’on peut comprendre d’un homme aujourd’hui ? », se demande Sartre dès L’Etre et le Néant.

A l’heure où l’Histoire et la société sont tantôt craintes comme des instances fatales et opaques, tantôt éludées dans une indifférence individualiste et nihiliste, Sartre renoue, au-delà de Marx et de son héritage, les liens entre l’activité des individus et la genèse du pouvoir. La leçon du groupe en fusion, de la fraternité et de l’institution, est qu’il n’y a pas de totalité sociale ou historique qui préexiste aux possibles que les hommes imaginent, même si leur propre Histoire leur échappe, en raison du caractère irréductible de la multiplicité. Puissance et liaison de libertés singulières, qui s’unissent sans se confondre, pour refuser l’inhumain et affirmer l’impossibilité de l’impossibilité de vivre, dans une dialectique subjective et vivante des luttes.

Cet essai s’attache à suivre dans l’œuvre de Sartre l’entreprise infinie de totalisation de l’être, du monde et de l’Histoire en fonction du primat de l’existence particulière. Hadi Rizk s’intéresse à cet axe qui relie l’Etre et le Néant (1943), la Critique de la raison dialectique (1960) et l’Idiot de la famille (1972) pour montrer comment s’opère dans la philosophie de Sartre cette totalisation du réel, du monde et de l’Histoire par une aventure de la liberté.

Une magnifique leçon de philosophie qui arrache Sartre aux interprétations convenues et mutilantes pour retrouver dans le mouvement même de l’œuvre l’exigence radicale de totalisation qui l’habite.

Ancien élève de l’ENS, docteur en philosophie, Hadi RIZK est professeur de philosophie en khâgne au lycée Henri IV et responsable de la Préparation académique parisienne des concours internes.

 

> Benoît SCHNECKENBURGER, Apprendre à philosopher avec Épicure

 Éditions Ellipses, 192 p.

Philosophie longtemps censurée, l’épicurisme constitue pourtant une des plus belles sagesses grecques. Parce que le plaisir est le principe et le but de la vie, l’hédonisme d’Épicure propose un système complet de philosophie, de la métaphysique atomistique à l’éthique, qui n’a d’autre but que de nous délivrer des craintes et superstitions. Il propose une leçon de vie, où les plaisirs simples et partagés permettent aux amis de vivre heureux. Devenir épicurien, c’est  découvrir que la philosophie est un discours rationnel qui procure le bonheur. Y a-t-il meilleure façon d’apprendre à philosopher ? 

Benoît Schenckenburger est professeur au Lycée Turgot.

 

> Jean-Paul JOUARY, Diderot face à Galilée et Descartes – La science en héritage

SCEREN CNDP-CRDP, collection Philosophie en cours

96 pages, 9,90 €

En rompant avec la culture dominante de la Renaissance, le moment galiléo-cartésien a façonné notre représentation de ce qu’est une science. Mais il a aussi fondé la physique sur de nouveaux postulats philosophiques et religieux.
Ce sont ces présupposés que le matérialisme de Diderot critique au XVIIIe siècle. Il ouvre alors les perspectives d’une nouvelle construction du monde qui éclairent jusqu’aux sciences contemporaines, de la relativité à Ilya Prigogine.

Sommaire

Introduction
Les obstacles culturels à la physique
Les obstacles théoriques à la physique
La révolution galiléenne
Les conditions culturelles de la physique galiléenne
L’impact contradictoire de la physique galiléenne
Un nouveau mode de pensée
De nouvelles contradictions
Descartes : comment fonder le fondement ?
Comment la science inventa le « monde sensible »
Diderot : la construction d’un nouveau monde
Un « siècle newtonien » ?
Diderot et les mathématiques
Une nouvelle conception du monde
Dans le rétroviseur de la physique contemporaine
La science comme interprétation
Des cordes, des boucles et des mathématiques
La leçon de Prigogine

Avec un index chronologique des auteurs cités et une riche bibliographie.
Un petit livre très clair dont les analyses précises et détaillées font un instrument de travail extrêmement précieux.

Docteur en philosophie, Jean-Paul JOUARY est professeur en classes préparatoires au Lycée Claude Monet. Très actif en formation initiale et continue, il est, entre autres, responsable du module Philosophie & sciences du Plan Académique de Formation parisien.