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Avant les APC, dans la classe

mis à jour le 14/06/11

Externaliser les aides ? Mettre en place une pédagogie différenciée ?
Les enseignants du premier degré sont dans l’ensemble convaincus de la nécessaire différenciation, mais celle-ci suscite objections, manque d’assurance, voire craintes. Des pistes de réflexion sont apportées à partir de questions fréquemment posées.

Pédagogie différenciée et externalisation des aides

Pourquoi différencier ma pédagogie dans la classe, puisque j’ai les APC après la classe pour cela ?

Les questions que pose effectivement l'externalisation des aides

  • Comment éviter que les APC ne deviennent le seul temps de différenciation, voire qu’elles soient un frein à la différenciation en classe ?
  • Comment prévenir des attitudes de repli sur les APC, tant de la part de l’enseignant que de l’élève ?
  • Comment éviter que les APC en viennent même à provoquer une augmentation des exigences et une accélération du rythme des enseignements dans la classe en raison d’une possible "compensation", voire "réparation"  ? 

Réponses

  • L'observation des élèves montre qu’ils ont des besoins et des rythmes différents.
  • Ne pas en tenir compte risque de ralentir les apprentissages des élèves et de nuire à leur mobilisation au cours des activités. 

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Je m'occuperai de lui plus tard  

Risques des APC

  • Les APC conduisent parfois le maître à "externaliser" la difficulté. Les conséquences sont dommageables pour l’élève qui, se sentant écarté, décroche et développe des comportements préjudiciables à ses apprentissages :
    • passivité : "ce n’est pas grave si je ne comprends rien la maîtresse s’occupera de moi ce midi"
    • ennui, baisse d’intérêt pour les apprentissages
    • gestes d’impatience, commentaires négatifs, comportements perturbateurs : "C’est pas intéressant, de toute façon. J’aime pas ça !"
    • dépréciation de soi "J’y comprends rien, je suis nul, j’y arrive pas".

Réponses

  • La différenciation est une aide efficace pour remédier aux difficultés dans la classe, pour gérer au quotidien des rythmes de travail et d’effort différents, pour mobiliser tous les élèves.
  • Pour faciliter la mise en place d’aides au quotidien tenant compte des besoins des élèves, une série de modalités permettent de mettre en œuvre une "pédagogie différenciée" dans la classe.
  • Les deux heures d’APC viennent en complément de l’aide différenciée 

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La pédagogie différenciée, d’accord, mais pas avec un effectif de 30 élèves !

Réticences
Les craintes ont trait aux difficultés de gestion de groupe et d’organisation.

  • Une préparation individualisée du travail est trop importante : "je ne vais pas préparer 25 activités !"
  • La pédagogie différenciée est souvent envisagée comme du travail en groupe, délicat à organiser : "j’ai déjà du mal à tenir mon groupe-classe, si en plus il faut que j’organise du travail de groupes "
  • "Je veux bien mais je ne sais pas comment m’y prendre".

Réponses

  • La différenciation ne se résume pas à un travail de groupe ou à une individualisation, comme on le croit parfois.
  • Elle se fonde avant tout sur une observation (de l’élève, de ses réalisations), sur une analyse précise des erreurs, des besoins qui en découlent : c’est un travail essentiel.
  • La différenciation consiste, en poursuivant les objectifs communs à tous, à adapter l’action pédagogique en faisant jouer des variables :
  • les situations, les supports et les consignes : avec des tâches différentes pour l’acquisition d’une même compétence
  • les aides : avec une situation identique, mais en proposant des aides ou ressources
  • l’organisation de la classe : groupe de besoin, aide des pairs, différenciation en groupes hétérogènes, plan de travail, ateliers.
    Voir la description de ces organisations  montrant les variables sur lesquelles on peut jouer pour répondre aux besoins des élèves.
  • Cette pédagogie, parce qu’elle est structurée et structurante pour l’élève, le place dans un cadre rassurant et guidant. Ainsi, la gestion de classe peut tout au contraire s’en trouver facilitée.   

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J'ai essayé des groupes de niveaux : ça creuse les écarts !

La recherche le confirme, si la seule réponse de l’enseignant est le recours aux groupes de niveaux permanents dans la classe, le fonctionnement est alors souvent celui-ci :

  • aux bons élèves, des tâches complexes, intellectuellement exigeantes et stimulantes ;
  • aux élèves plus faibles : des tâches plus courtes, plus découpées, très simplifiées, pour que ceux-ci réussissent quelque chose.

Par conséquent, la réponse n’est ni du côté d’un excès d’homogénéité, ni du côté d’un excès d’hétérogénéité, mais dans l’alternance des types de groupes.

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"Les groupes de couleur en maternelle ne relèvent pas de la pédagogie différenciée", dit mon inspecteur

Questions que posent effectivement les groupes de couleur tournants

  • Le fonctionnement traditionnel par groupes de couleur qui tournent immuablement du lundi au vendredi n’équivaut-il pas souvent à un travail collectif retardé, chacun faisant la même chose tour à tour ?
  • Les activités proposées ne sont-elles pas parfois pas assez adaptées au niveau de certains enfants ? Avec une tâche en deçà de leurs possibilités ou au contraire trop difficile ?
  • L’enseignant dirige un groupe et donc tour à tour va pouvoir adapter son action aux élèves qui une fois dans la semaine vont travailler avec lui : les trois autres jours, l’enseignant ne verra-t-il pas que le résultat de l’activité effectuée en autonomie ou avec une ASEM, sans avoir pu observer les élèves la réalisant ?

Réponses

  • Le fonctionnement en quatre ateliers montre le savoir-faire des enseignants d’école maternelle pour organiser la classe où tous ne font pas la même chose en même temps ; les enseignants d’école élémentaire réticents par rapport à ce type de fonctionnement ne gagneraient-ils pas à s’en inspirer ?
  • Si tous les élèves font une activité autonome pendant que l’enseignant dirige un groupe, ce qui est effectivement une très bonne organisation, pourquoi dans ce cas ne pas donner la même activité aux trois quarts de la classe, ce qui faciliterait en grand groupe d’une part le lancement de l’activité et d’autre part le dialogue à partir d’une même activité réalisée ?
  • Au lieu de donner à tous la même activité successivement, l’enseignant peut attribuer des activités en regroupant les élèves qui ont le même besoin au lieu de donner, successivement à tous, la même activité. Les groupes de couleurs peuvent alors relever de la pédagogie différenciée, car ils ne "tournent" pas. Par exemple, groupe violet : ceux qui s’entraînent à faire des ronds en tournant dans le bon sens parce qu’ils en ont besoin ; groupe rose : ceux qui s’entraînent à découper parce qu’ils ont des progrès à faire, etc.

Consultez aussi les propositions concernant le dispositif des ateliers.      

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