Bandeau

Enseignement par la simulation

Une réforme en IFSI, de nouvelles méthodes pédagogiques, des exemples et des expériences.

Définition

  •       Action de simuler
  •       Représentation modélisée d’un phénomène
  •       Reproduction expérimentale de conditions réelles avec des apprenants dans l’intention d’en tirer un enseignement

 

Qu’elle place lui donner DANS LA FORMATION EN SOINS INFIRMIERS ?

 

  •     La simulation est mise au service de l’enseignement et de l’apprentissage en sciences de la santé mais cela nécessite de s’interroger sur
  •     La conception de la compétence professionnelle
  •     La conception de l’apprentissage
  •     La conception de l’enseignement

 

  •     La simulation aide à
  •     Modéliser une pratique professionnelle
  •     Susciter de la motivation
  •     Enseigner voire évaluer

 

developper La compétence professionnelle

L’enseignement vise à développer la compétence professionnelle chez l’apprenant. En soins infirmiers, ces compétences reposent sur son potentiel à résoudre des problèmes relevant de situation simples mais également complexes. La simulation est un moyen pour amener l’apprenant à réfléchir à sa manière d’appréhender le problème et d’enclencher une démarche réflexive qui va lui permettre de consolider sa capacité à la résolution de problème.

Expert en résolution de problème de santé simples et complexes

  •         Si le problème est simple:

–        Tous les indices sont disponibles d’emblée

–        La solution requiert une/des tâches formalisées

–        La résolution atteint un haut degré de certitude

–        Les personnes ressources s’accordent sur la nature de la solution

  •      La simulation à pour but d’appliquer la bonne solution (attendue)

 

 

  •         Si le problème est complexe:

–        Tous les indices ne sont pas disponibles d’emblée

–        La solution ne répond pas à un « standardisme » mais est unique

–        La résolution n’atteint pas un haut degré de certitude

–        Les personnes sollicitées sur la meilleure solution à mettre en œuvre sont parfois en désaccord, y compris à postériori

  • ◦         La simulation à pour but d’élaborer et argumenter une des solutions raisonnables possibles

 

Etre un praticien réflexif

  •       Le professionnel rentre en action en mettant en œuvre de façon automatique ses savoirs

–        Mais existence d’un « grain de sable » qui « désautomatise » l’expert

–        L’expert pour faire face à la situation entre dans une phase de « bricolage cognitif», il expérimente autre chose

–        Il fait cependant en sorte de pouvoir reproduire, réutiliser ce nouveau savoir

  •        La simulation à pour but d’enclencher le cycle de la pensée réflexive et de le réexploiter lors du débriefing

 

Etre un praticien autonome

  •        Le professionnel s’auto-évalue et réajuste

–        Mais l’autoévaluation n’est pas un exercice solitaire

–        Elle fonctionne si elle est délibérément associée à une source de rétro-action (débriefing, échange avec ses paris)

  •      La simulation permet l’interaction avec les autres

 

un projet pedagogique avec La perspective de l’apprentissage socio-constructivisme

L’apprentissage nait des interactions entre les différents acteurs impliqués dans la situation. La simulation interroge la stratégie d’apprentissage en ce sens qu’elle permet des allers-retours sur l’information. Elle autorise le droit à l’erreur puisqu’elle aide l’apprenant à revenir sur sa démarche réflexive et sa prise de décision dans l’action. Elle facilite la transférabilité des apprentissages du fait de séances contextualisées. Elle est un outil pour développer l’échange entre professionnel, la connaissance et la reconnaissance des compétences de tous dans la situation professionnelle, la considération de la force d’une équipe …et cela grâce au temps de débriefing réalisé en fin de séance permettant la confrontation avec des professionnels.

Modifier sa structure cognitive

◦         À partir des savoirs antérieurs

◦         Grace aux interactions sociales

◦         La simulation permet la transférabilité des connaissances construites

◦         La simulation est totalement compatible avec la stratégie d’apprentissage de base

 

La perspective de l’apprentissage socio-constructivisme

◦         Elle respecte la stratégie d’apprentissage de base:

–        Répétition: reformulation des informations dans les mêmes termes

–        Élaboration: reformulation des informations dans d’autres termes

–        Organisation: hiérarchisation, catégorisation, transformations des informations

–        Résolution de problème: sélection et manipulation de l’information en prévision d’un but

 

un projet pedagogique avec La perspective de l’enseignement socio-constructiviste

  •    La simulation interroge:
  •    La stratégie de l’enseignement
  •    Le rôle de l’enseignant
  •    Les conditions de l’apprentissage

 

  •     La stratégie de l’enseignement
  •      L’enseignement s’appuie sur des situations d’apprentissage contextualisées
  •      L’enseignement permet le traitement de l’information
  •      L’enseignement permet d’expliciter les activités et actions de l’EI
  •      L’enseignant dirige l’attention de l’EI vers la compétence et incite l’EI à comparer

 

  •      Le rôle de l’enseignant
  •      Il est modèle de rôle : il joue un rôle clinique, il fait la simulation (démonstration). Le débriefing est un face à face enseignant/apprenant

–        Exple: illustration d’un manière de gérer un groupe, posture modélisante dans les dires…

  •       Il est facilitateur : superviseur, il observe.
  •     Il est évaluateur : Dans ce rôle il évalue la progression de l’EI (comme le maitre d’apprentissage en stage). Il porte un jugement mais l’évaluation n’est alors pas standardisée comme un examen, son évaluation est enchassée au dispositif de formation
  •    Il est planificateur : il assure la progression pédagogique et planifie la simulation dans le continuum de formation. Il construit l’enseignement en permettant des allers-retours entre l’approche analytique des compétences (décontextualisation), et l’approche de la compétence (contextualisation par des familles de situations).
  •   Il est producteur de ressources : il fait appel aux recommandations et bonnes pratiques, à du matériel spécifique et opérationnel…
  •    Il est fournisseur d’information: il s’entoure d’experts et de professionnels compétents dans la discipline (professionnel du terrain), il fait appel à l’expertise médicale…

Organisation de la simulation

  •     L’intérêt d’un travail sur situation simulée offre du réalisme et un aspect pratique pour acquérir des compétences.
  •   Ce réalisme et la mise en œuvre d’une pratique gestuelle de soins articulés à des situations variées, voire en anglais, dans un environnement réaliste sous contrôle (droit à l’erreur)
  •   Peut être un moyen pour les apprenants d’analyser leur gestion de la situation, de corriger leurs erreurs, de gagner en confiance en soi, de s’entrainer et de partager avec les autres leur expérience

 

  •    Ainsi, la situation induit un travail réflexif regroupant raisonnement et évaluation clinique de la situation, prise de décision et action concrète.

 

  •    Les échanges favorisent la démarche d’analyse, l’esprit d’équipe et la bienveillance professionnelle

 

  •    Une séance de simulation est composée de trois temps :
  •     Brefieng  sur la séance
  •     Déroulement de la séance
  •     Débrefieng sur la séance
  •     Une séance est bâtie par les formateurs qui montent des scénarios mettant en évidence les objectifs pédagogiques souhaitées.(une séance est prévue dans ses moindres détails).

 

 

 

Etat des lieux/Faisabilité

        IFSI Rabelais

 

Les moyens matériels

Les locaux

  •       Les locaux ont un impact sur la mise en place de la simulation
  • –    Espace d’action
  • –    Espace de stockage du matériel
  • –    Espace de briefing et débriefing

 

Les atouts de Rabelais

  •   Un espace d’action en 125
  •   Des possibilités de stockage dans les autres salles
  •   Des salles à aménager pour le briefing/débriefing 126

Travaux en prévision

 

Le matériel informatique et vidéo

  •     La vidéo et enregistrement phonique
  • –  Matériel audio et vidéo d’utilisation simple et bien positionné dans la pièce
  • –  Ordinateur
  • –  Pièce derrière miroir sans teint pour manager la séance (régie)

 

Les atouts de Rabelais

  •   Un espace à faire budgéter pour organiser une régie en 125
  •   Des salles à aménager pour le briefing/débriefing 126 (en cours)
  •   Un investissement à prévoir en matériel audio et vidéo (minimum une caméra et un micro de qualité)

Travaux en prévision

 

Le matériel pédagogique

  • –   La vidéo et enregistrement phonique
  • –   Logiciels
  • –   Mannequins standards
  • –   Mannequins électronique
  • –   Bras et torse de perfusion
  • –   Appareillage (scope, perfuseurs….)

 

Les atouts de Rabelais

  •   Des mannequins (5 + une multitudes à réparer)
  •   1 mannequin électronique
  •   6 bras à perfusion
  •   1 torse VVC
  •   Matériel médical à compléter
  •   Manque les scopes et perfuseurs.
  •   Manque matériel audiovisuel

Travaux en prévision pour réaliser une chambre ou espace hospitalier en 125

 

L’existant

Notre force à Rabelais:

 

  •     Des UE animées avec des jeux de rôle (en priorité sur les soins relationnels)
  •     Des UE utilisant des ateliers techniques (TP soins infirmiers)
  •     Des mises en situations complexes (AFGSU)
  •     Des logiciels pédagogiques (Transfusion)
  •     Autres….

 

 

 

 

Séances de simulation exemples

IFSI de Brest

Les régions Bretagne et Alpes ont un peu d’avance. Elles bénéficient d’un partenariat avec les centres d’enseignement de simulation dans les hôpitaux auxquels elles appartiennent.

A Brest, le partenariat est fort avec le CESIM et l’avancée dans la simulation bien lancée dans l’IFSI.

Jeux de rôle

  •     Entretien éducation thérapeutique du patient
  •     Entretien thérapeutique avec médiation et reformulation
  •     Entretien d’embauche
  •     Gestion de crises aux urgences
  •     Situation d’accueil en anglais
  •     Transmissions entre soignants (pluridisciplinarité)

 

Ateliers techniques

  •     Perfusion et calculs de dose
  •     Prélèvements sanguins sur différentes voies
  •     Pose de sonde urinaire
  •     Pose d’électrodes d’ECG
  •     Prise de paramètres et transmissions
  •     Atelier observation (deux thèmes hors soins et constat sur l’observation relevée – thèmes: la mer, la nature avec les 5 sens. Les EI s’étaient préparés à une ambiance médicale, déstabilisation, observation ciblée sur la vue large)

 

Mises en situation complexe

  •    AFGSU
  •    Transfusion
  •    Gestion d’un accident transfusionnel (avec urgentiste)
  •    Gestion d’un arrêt cardio-respiratoire (avec urgentiste)
  •    Toilette en binôme (INFIRMIER/AS)
  •    Le plus de la simulation est d’avoir un expert lors des scénarii (plurisdiciplinarité et expertise médical)

 

 

Les freins a la simulation

  •       A surmonter

 

Freins pédagogiques

  •      Formation des formateurs : DU en pratique simulée (Université Paris-Descartes)
  •     Evolution de la posture du formateur : mener un entretien explicitatif lors du débriefing , rôle de guidant et facilitateur
  •     Implication de l’équipe: projet commun
  •     Implication de professionnel: partenariat avec des professionnels et les intéresser à la simulation pour qu’ils soient demandeur

 

Freins organisationnels

  •   Activité chronophage
  •   Une séance de 10 à 15 min: 7 EI pour 2 formateurs
  •   4h pour 3 scénarii, 3 débriefing et chaque EI est acteur et observateur
  •   Préparation de la séance: X heures de travail => mutualisation des ressources et des situations inter IFSI +++
  •   Création de scénarii à partir du terrain, avec des gens du terrain
  •   Temps de débriefing: x3 le temps de la séance

 

Freins financiers

  •     Le coût de l’investissement
  •     Le coût de l’entretien: nécessité d’avoir une personne pour préparer et ranger la salle et le matériel, entretien du mannequin, gestion des matériels…

 

Les perspectives

  •   S’équiper pour travailler sur le handicap et le vieillissement
  •   Nous disposons d’un simulateur
  •   Mutualiser entre IFSI
  •   St Joseph intéressé
  •   Le CEFIEC Paris IV, pourquoi pas?
  •   Développer un partenariat avec SAMU/PARM ?

 

  •   L’IFSI croix Saint Simon Montreuil, dispose d’un équipement performant en termes de locaux, simulation ?

 

 

positionnement de L’ARS (bretagne)

  •   La simulation répond aux attendus du référentiel
  •   Analyse de pratique: il est possible de faire la simulation sur des temps de stage, l’analyse de pratique reflexive peut être aussi issue d’une situation de stage produite par l’EI….
  •   Valide les activités non réalisées en stage: attention il faut une expertise parfois selon l’acte (il vaut mieux l’avoir fait une fois en simulation que jamais)
  •   Pédagogie innovante et respectant le courant déontologique en cours: JAMAIS LA PREMIERE FOIS SUR UN PATIENT (trop d’accidents, source HAS)

 

C’est une pédagogie qui entre parfaitement dans le référentiel de 2009 et qui doit être développé à bon escient. C’est pourquoi il est indispensable de réfléchir non seulement aux stratégies pédagogiques à mettre en place au sein de l’IFSI mais également au plan de financement de formation des équipes.

 

Conclusion

Simulation => 3 mots

 

  •         Ethique: Jamais la première fois sur le patient ce qui limite les accidents

 

  •         Formation: permettre l’actualisation des compétences, autoriser de porter sur soi un regard nouveau, apprendre à travailler avec d’autres professionnels

 

  •          Risque : développer des facteurs de sécurisation des pratiques

 

La simulation, (HAS), vise à

  •       améliorer la formation, le comportement des professionnels
  •       limiter les incidents et infections issus des gestes de soins
  •       réapprendre l’échange entre professionnels

C’est un outil de formation indiscutable mais qui nécessite tout de même la mise en place de recommandations et la formation des professionnels, notamment si elle devient, et elle le deviendra dans les années à venir, un outil de certification

Son utilisation requiert de toujours se situer sur la boussole des valeurs

 

Travail réalisé à partir des journées d’échanges sur la simulation en soins infirmiers organisée par l’IFSI de Brest, le 19 et 20 octobre 2011.

 

Les journées de Brest

Depuis quelques années, la simulation médicale et paramédicale occupe une place croissante dans la formation des professionnels de santé et notamment dans les instituts de soins infirmiers qui pratiquent ces techniques depuis longtemps.

A Brest, l'innovation dans la simulation est d'une part technologique (équipements depointe : simulateurs de patient, haute fidélité, échographie, simulateurs de poumons¿) mais réside aussi dans le travail pédagogique de fond réalisé par les enseignants pour mettre ces techniques au service des élèves.

C'est pourquoi l'IFSI de Brest s'est adossé au Centre de Simulation Universitaire (CESIM Santé), depuis sa création afin de réfléchir ensemble sur des programmes multiprofessionnels et une mutualisation des moyens humains et matériels.L'année dernière une promotion entière de l'IFSI a passé une demi-journée au CESIM et a régulièrement participé à d'autres formes de mise en situation dans leur institut.Ces premières journées paramédicales sur la simulation ont été organisées par l'IFSI duCHRU, le CESIM santé et l'Université de Bretagne Occidentale, avec le soutien logistique dela société Laerdal. Elles ont été conçues autour des préoccupations actuelles dans le domaine. L'optimisation de l'usage de la simulation est bien entendu une affaire d'enseignants, mais aussi de décideurs institutionnels et politiques avec qui nous devons construire l'avenir.

C'est pourquoi ces premières journées nationales ont pour objectif d'échanger avec l'ensemble des IFSI sur les projets en cours en France et à l'étranger, mais aussi de partager l'expérience de partenariat entre l'IFSI de Brest et le CESIM. Une table ronde réunira des experts nationaux et européens pour échanger sur l'aspect organisationnel des centres de simulation sur les territoires de soins.

HAS et simulation

Simulation en santé et développement professionnel continu : une mission confiée au Pr. Jean-Claude GRANRY et au Dr Marie-Christine MOLL du CHU d’Angers

La Haute Autorité de Santé a confié au Pr. Jean-Claude Granry et au Dr Marie-Christine Moll une mission sur la simulation en santé : réaliser un état des lieux des initiatives et des expériences en cours au niveau national et international puis formuler des recommandations favorisant le déploiement de la simulation en santé en France dans le champ du développement professionnel continu (DPC)* .

A l’instar des simulateurs de vols dans l’aéronautique ou des simulateurs de navigation maritime, la simulation en santé consiste à "reproduire expérimentalement des conditions réelles" pour permettre un entraînement sans risque des professionnels de santé.
Si parfois elle se fait grâce à des simulateurs sophistiqués, elle peut également être réalisée sans matériel particulier si ce n’est une caméra pour enregistrer, visualiser et débriefer les séquences d’entraînement. Son but principal est de former les personnels soignants - médecins et paramédicaux - seuls ou en équipe. La simulation constitue également un moyen de progresser dans la gestion des risques liés aux soins et la gestion des incidents critiques.

Largement utilisée dans le monde, la simulation en santé l’est beaucoup moins France. C’est une des principales raisons qui ont poussé la Haute Autorité de Santé à confier une mission au Pr. Jean-Claude Granry et au Dr Marie-Christine Moll du CHU d'Angers. Ces deux experts vont ainsi réaliser pour la HAS un état des lieux de la simulation en santé et formuler des recommandations susceptibles de favoriser son déploiement en France dans le champ du développement professionnel continu. A cet effet, le Pr. Jean-Claude Granry et le Dr Marie-Christine Moll prendront contact avec les sociétés savantes, les conseils nationaux professionnels de spécialité et la Fédération des Spécialités Médicales. Par ailleurs, la mission s’attachera à montrer en quoi les activités d’analyse de pratiques par simulation peuvent être d’un apport majeur en matière de développement professionnel continu.

La mission comportera trois phases :

  • 1e phase - Etablissement de l’état de l’art national et international sur la simulation dans les domaines de la santé et le champ du développement professionnel continu. Un rapport détaillé sera rendu public d’ici la fin de l’année 2010.
  • 2e phase - Elaboration de préconisations par groupes d’experts.
  • 3e phase - Perspectives et développement.

* Le développement professionnel continu a pour objectifs l’évaluation des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances, l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ainsi que la prise en compte des priorités de santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé (Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires).

 

 

 

Extrait du journal Ouest France sur l’événement

 

 

 

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