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Conférence : Isabelle Arnulf, "La neurologie des rêves"

mis à jour le 18/03/12

 

neurone

 

 

Conférence "La neurologie des rêves", par le Dr Isabelle Arnulf.

Lundi 19 mars 2012
18 h
Salle 205 du Bâtiment des sciences
Lycée Henri IV, 23, rue Clovis, 75005

 

Même si les rêves, souvent perçus comme mystérieux et étranges, exercent une fascination séculaire sur les hommes, ils ont longtemps été boudés par la communauté scientifique qui manquait d’outils pour analyser de manière rigoureuse une expérience aussi subjective. Ce n’est qu’au début des années 1950 qu’ont été identifiées différentes phases de sommeil, chacune associée à un mode d’activation particulier du cerveau, des yeux et des muscles, et à un contenu mental du dormeur différent. En parallèle se sont alors développées deux approches complémentaires du rêve : 

  • l’une recueille le récit du dormeur, éveillé dans ces différents stades, et analyse son contenu verbal  selon des méthodes quantifiées (nombre de mot, contexte, sens, bizarrerie). Il est alors possible de rechercher les différences entre les récits de rêves de différentes populations (garçons et filles, tribus, rêves des aveugles) ainsi que la présence d’éléments particuliers (lisons-nous en rêve ? sommes nous souvent paralysés ? Y a t-il beaucoup de sexe ? Les rêves sont-ils plus souvent agréables ou désagréables ?). Nous avons ainsi étudié si les paraplégiques marchaient dans leur rêve, ou si le rêve persistait quand on supprime artificiellement le sommeil paradoxal. 
  • L’autre approche consiste à utiliser différents troubles neurologiques pour aborder le rêve  plus objectivement encore : ainsi, certains patients ne sont plus paralysés en dormant et extériorisent leurs rêves. Il est donc possible, en caméra infra rouge, de les voir batailler, parler, manger (sans aliment) la nuit : On peut ainsi décrire de façon objective le déroulement du scénario et répondre à d’ancienne questions : les rêves sont-ils créés au réveil ou se déroulent-ils en temps réel pendant le sommeil ? Les yeux sous les paupières fermées suivent-ils le scénario du rêve ? Nous travaillons sur ces comportements, mais aussi sur les hallucinations qui bordent le sommeil et correspondent à des rêves demi-éveillés. Le rêve lucide (capacité à être conscient en rêvant et à diriger ses rêves) constitue aussi une approche neurologique nouvelle, grâce à l’imagerie fonctionnelle cérébrale. Enfin, il est possible, comme dans « Inception » d’essayer d’insérer des éléments de la veille pré-sommeil dans le contenu cognitif du sommeil. 

Tous ces éléments, très récents, nous aident à essayer de comprendre la façon dont notre cerveau travaille en dormant. 

Dr Isabelle Arnulf 
Neurologue, chef de l'unité des pathologies du sommeil
Hôpital Pitié-Salpêtrière et Université Pierre et Marie Curie