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Magie de la boîte noire (3) : Cendrillon

CendrillonPommerat La troisième étape peut alors se mettre en place avec l'étude du spectacle Cendrillon de Pommerat.

Objectifs

La troisième étape peut alors se mettre en place avec l'étude du spectacle Cendrillon de Joël Pommerat.

JoelPommerat

Description

Avant la représentation

1. A la maison, lecture 

Les élèves relisent le conte de Perrault en repèrent la structure et  relèvent les éléments de merveilleux. 

2. En classe, lecture individuelle

 Ils  découvrent  la version des frères GRIMM distribuée par le professeur et la comparent à celle de Perrault. 
Consigne : soulignez dans le texte de Grimm ce qui est différent de  la version de Perrault.

3.Mise en commun par groupes, puis en classe entière, (un rapporteur par groupe) .

Les élèves font des remarques sur les surprises que la lecture leur a ménagées et voici ce qu’ensemble nous en avons retenu :

NotesElevesSurLesMotifsDuConte(2)

Après la représentation

1. Le mémento 

Après la représentation de Cendrillon, chaque élève rédige, au brouillon, très vite, un petit texte dans lequel il énonce ce dont il veut se souvenir. Une lecture à voix haute de chacun de ces Mémentos est menée en classe. On s’écoute et l’on complète, éventuellement, ce que l’on aurait oublié de dire.

Dans une seconde étape, on questionne : Quels outils de la langue rendent le texte que vous venez de lire, plus intéressant ? Les élèves évoquent les adjectifs qualificatifs, la précision des noms communs notamment.

Consigne : A partir de vos notes et de ces observations, réécrivez ce texte en y insérant des dessins si vous le souhaitez.

Voici quelques traces de ce travail  à découvrir en ouvrant le lien ci-dessous : 

Magie de la boîte noire : Pommerat revisité par les élèves

 

2. Etude de la langue : les adjectifs qualificatifs

3. Ce que nous voulons retenir ensemble :

 

NotesElevesSurCeQuePommeratRetientDuConte 

4. Comment ces éléments ont-ils été détournés ?

Les élèves comprennent très vite la notion de détournement parodique.

5. Les expansions du nom.

6. Les éléments du spectacle

a. Travaux de groupes : les « décors », la lumière, la scénographie, la musique et les personnages.

Chaque élève note ce qui l’a particulièrement intéressé ou amusé ou ébloui dans le spectacle… Des groupes d’intérêts se constituent. 

b. Les questions concernant les « décors », la lumière, la scénographie, la musique sont traitées en classe entière.

Les élèves évoquent la spécificité du travail de Joël Pommerat et Eric Soyer : la boite noire, la magie des lumières et des sons, la puissance de la musique, l’humour et le fait qu’il y ait si peu d’acteurs pour interpréter autant de rôles. Néanmoins reste un problème : la maison

LA MAISON

 Notre avis : Charlotte et moi (Lucile) ne savons pas si la vitre de la maison de la belle mère de Cendrillon est un effet projeté sur le mur, ou une vitre, ou si c’est une image sur un grand tableau qui nous donne l’impression que c’est une vitre. On a l’impression que c’est un long couloir qui n’a pas de fin. Ou bien est-ce que la pelouse, les fleurs et les arbres sont vrais ?

c. Les personnages :

Consigne : en vous appuyant sur la fiche d’analyse de la représentation théâtrale (cf. infra), préparez  un petit exposé sur le personnage que vous avez choisi. Voici par exemple l’exposé d’un groupe de garçons concernant le personnage du Prince :

Le prince est potelé, de petite taille et jeune, il ne connaît rien du monde extérieur à son château et il croit à des histoires qui ne tiennent pas debout. Par exemple, il croit que sa mère est coincée dans la grève des transports depuis 10 ans alors qu’elle est morte. Il ne connaît pas les usages de politesse :  ainsi il offre sa chaussure à Cendrillon. Il n’a ni la stature ni l’autorité d’un prince. Il n’a aucune fierté. Il est timide, empoté et statique. Il est maladroit car il bouscule souvent les gens et étourdi car il oublie de donner ses coordonnées à Cendrillon. Il a plus une voix d’enfant que d’adolescent. Les couleurs de ses habits ne sont pas variées car ils ne sont que rouges. Les chaussures font un peu vieux-jeu, il est démodé.

 

Autre exemple : ces deux petits  exposés, de deux groupes de filles , concernant la Marraine:

Personnalité

La marraine est un personnage drôle et amusant, quand elle est drôle elle est impolie dans son langage comme dans ses manières : elle fume, s’invite chez Sandra, casse son lit et dort dans sa penderie branlante en tissu. A 314 ans, elle en a assez de la vie, parle comme une poissonnière et aimerait connaître des choses nouvelles.

Ses pouvoirs

La fée lassée de toutes ces années, essaie une autre magie que la sienne, une magie truquée basée sur l’illusion, qu’elle n’arrive pas à exécuter.  La marraine, même à travers sa magie reste drôle, surtout lorsqu’elle rate ses tours. Quand la marraine réussit un tour c’est un exploit : à cause d’elle Sandra s’est retrouvée déguisée en animal mi-mouton mi-ours et en majorette avant de désespérer et de décider qu’elle choisirait  elle-même les habits qu’elle mettrait au bal. En tant que magicienne, elle se trouve forte mais ne réussit aucun de ses tours, par contre, en fée elle est très douée : elle arrive à remonter le temps pour que Sandra comprenne les dernières paroles de sa mère.

Conclusion

C’est grâce  à la marraine que l’histoire se déroule, elle incite Sandra à aller au bal, ainsi, cette dernière rencontre le prince. C’est elle qui représente la magie de la pièce.

 

Le langage de la marraine

Quand elle parle  avec Cendrillon, elle emploie un langage grossier, vulgaire ou familier Elle parle beaucoup et utilise un langage franc et dur. Elle coupe souvent la parole. Elle n’écoute qu’elle. Elle parle comme les jeunes entre eux  (ou essaie). Elle crie souvent et dès qu'elle parle avec Sandra, elle se fâche. Elle la contredit tout le temps. La marraine ne parle pas le langage de son époque. Elle a huit siècles, mais elle parle comme si elle avait quatorze ans. 

Les costumes de la marraine

Quand la marraine apparaît pour la première fois, ses habits sont vieux, ils sont de couleur rouge et marron. Au cours de la pièce, la marraine ne change pas de  vêtements. Elle porte des chaussures noires à talon.

Remarques : Aucun groupe n’a voulu travailler sur le personnage de Cendrillon : il semble qu’ils ne supportent pas ce que sa mère lui « aurait » imposé et refusent, sans pouvoir l’exprimer, les contraintes et « châtiments » qu’elle s’inflige. Néanmoins, la question de la promesse qu’elle fait à sa mère sur son lit de mort,  et  de sa destinée tragique est abordée, oralement, en classe entière. Les élèves, qui connaissent l’histoire d’Œdipe nous la racontent et le lien est fait entre le tragique du mythe grec et celui des contes !

7. Ecrire comme le fait Joël Pommerat 

Argument ou sujet ! Ecrire un texte de théâtre : rédigez la scène de Cendrillon que vous auriez aimé voir écrite et mise en scène par Joël Pommerat

Par oral, en classe entière : recherche des idées de scènes .  

Propositions des élèves :

  • Les deux sœurs révèlent à la belle-mère que c’est Cendrillon que le prince aime.
  • Cendrillon invite sa belle famille à son mariage.
  • La belle–mère découvre dans une lettre anonyme que c’est Cendrillon que le prince aime.
  • Le prince devient roi et Cendrillon l’aide à gouverner face aux conseillers du royaume.
  • La marraine intervient auprès du père de Cendrillon.
  • Les noces sont perturbées par la belle-mère et ses deux filles.

a. Ecriture individuelle à partir du sujet de son choix 

Consignes : 

  1.  Respectez les codes de la mise en page du texte de théâtre utilisés par Joël Pommerat.
  2. Respectez le cadre, l’intrigue et le caractère des personnages de la pièce.
  3. Vérifiez que chacune des répliques est utile (pour la connaissance du personnage ou pour l’action).
  4. Variez les niveaux de langue.

b. Lecture, en groupes et à la table, des premières versions des textes, par chacun des élèves, à ses camarades.

Les groupes sont constitués par le professeur de trois ou quatre élèves, de niveaux, de compétences et de sexes différents, exigence imposée  avec diplomatie mais fermeté : quelques petites tensions sont à gérer.

Consigne donnée oralement : vérifiez que le texte peut-être facilement «mis en bouche», que le propos est juste, conforme aux personnages, à leur humeur, à la situation et faites des propositions constructives. L’auteur du texte le modifie éventuellement.

c. Mise en forme de chacun des textes sur traitement de texte.

Chacun distribue son texte aux camarades de son groupe. Répartition des rôles. On peut jouer un rôle à plusieurs si l'on veut...

d. Mise en jeu du texte par petits groupes.

Les élèves se dispersent dans la classe, le couloir annexe et dans la cour, sous le regard du professeur. Un temps limité est donné. Une aide est apportée à certains groupes au fur et à mesure de leurs besoins. Ils apportent d’autres modifications aux textes, tant dans les répliques que dans les didascalies.

Voici quelques-uns de ces textes "choisis" de façon aléatoire puisque ce sont ceux dont je dispose au moment où s'écrivent ces lignes.

Les deux soeurs révèlent à la belle-mère que c’est Cendrillon que le Prince aime

Le fantôme de la belle mère trouve une lettre du père qui lui révèle la vérité

La rencontre du père et de la belle-mère

Rencontre entre le père et la belle-mère

Le jeune couple fête son mariage par un voyage de noces au fin fond...

e. Jeu dramatique : Présentation à la classe des saynètes

Consigne : On n’applaudit pas car c’est une étape du travail qui vient de se dérouler.

Les élèves qui ont joué répondent à ces questions : comment cela s’est-il passé ? Avez-vous réussi à faire ce que vous aviez prévu ? Les élèves-acteurs constatent que, lorsqu’on joue devant les autres la première fois, on ne sait plus son texte ; que toute modification de déplacement, de mimique, d’attitude, perturbe la mémoire ; que réciter n’est pas jouer.

Les élèves-spectateurs,  qui ont assisté à la scène, disent ce qu’ils pensent qui pourrait améliorer le travail de leurs camarades. Synthèse et précisions complémentaires du professeur.

Aide technique (par exemple placement, ou diction, jeu scénique, comment placer sa voix, comment « recevoir » une réplique, supprimer les blancs ou faire des poses, faire sonner les consonnes…)

Remise en jeu du groupe, etc.

f. En final, chacun note ce qu’il a appris. « J’ai appris….

En voici quelques exemples, qui bien entendu ne sont pas exhaustifs...

BilanCendrillon1

BilanCendrillon2

BilanCendrillon3

Les élèves ont apprécié de jouer avec des camarades qu’ils n’auraient pas forcément fréquentés, qui n’ont pas le même « niveau » scolaire, qui ne sont pas de même milieu social, sans doute mais qui, pour ce travail avaient des compétences différentes et très complémentaires. Par ailleurs, ils ont appris à échanger, à s’entraider pour produire le meilleur d’eux-mêmes et ont acquis une très grande autonomie dans le travail qui se ressent d’ailleurs dans tous les cours (cf. bilan de conseil de classe du deuxième trimestre) : usage des ressources numériques, des dictionnaires, des locaux. Ils ont enrichi leur langue et acquis plus d’aisance à la pratiquer. Tous les élèves viennent en cours avec plaisir et ont progressé.

Prolongement : 

L’écriture longue  d’un conte s’est faite à partir du spectacle Raoul Pèques ou la vaisselle de sept ans, de Maël Le Mée, Théâtre de la Ville, spectacle en écho, notamment à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll que les élèves ont lu.

Ateliers GIPTIC
  • Reporté - PIX pour les élèves allophones
  • Reporté - Prise en main d'outils de base (PCN et La Digitale)
  • Reporté - Favoriser l’inclusion des élèves allophones grâce aux ressources de la Banque numérique “ Équipe Réussite “
  • Reporté - Les applications numériques (ENT, Paris Classe Numérique ) au service du journal scolaire
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