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Orientation post-baccalauréat : léger regain d'intérêt pour les universités

Logo LeMondePlus de 710 000 élèves de terminale ont formulé leurs vœux de cursus sur le site du ministère en mars 2012.

Article du Monde paru le 26 avril 2012.

Depuis 2009, le site « Admission post-bac », dit APB, est devenu familier aux lycéens, qui ont jusqu'au 30 mars de l'année de terminale pour y formuler leurs divers vœux de cursus d'enseignement supérieur et jusqu'au 31 mai pour en modifier éventuellement l'ordre. Il leur est possible d'exprimer jusqu'à 36 souhaits, mais selon les chiffres du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, communiqués le 24 avril, ils se contentent en moyenne de 5,9 choix et de 11 à Paris; ce qui s'explique par l'offre particulièrement riche en universités et classes prépa de la capitale.

APB offre, année après année, une palette grandissante déformations −10 400 en tout. En 2012, une quinzaine d'écoles d'arts et 26 écoles de commerce recrutant après le bac ont été ajoutées. Le site a accueilli les 4,2 millions de vœux de 717500 candidats, en hausse de 5,6 % par rapport à 2011. Au-delà de sa fonction pratique d'« affectation» des candidats à un établissement, APB est aussi un formidable observatoire des désirs des futurs étudiants de France.

Premier constat: le bac professionnel monte en puissance, avec, en 2012, 131000 élèves, soit 18 % des bacheliers, le double de 2010. Ils souhaitent à 82 % s'inscrire à un cursus court de brevet de technicien supérieur (BTS). Mais cette filière sélective, aux places limitées, en renvoie bon nombre vers l'université. Et ces élèves, de niveau en général plus faible, accusent un taux d'échec de 80 % à 90 % en première année de licence. Le raisonnement vaut aussi pour les bacheliers de la filière technologique, qui veulent majoritairement un BTS (60%) ou un institut universitaire de technologie (17%).

Deuxième constat: les 280 lycées offrant des classes préparatoires aux grandes écoles voient se tasser le nombre de leurs candidats, autour de 59300, pour environ 40000 places. «Dans les filières scientifiques, nous n'enregistrons, depuis quatre à cinq ans, qu'une légère croissance, de 0,5 % », observe Bruno Jeauffroy, président de l'Union des professeurs de prépas scientifiques. «Il reste, en cette fin avril, près d'un millier de places disponibles et les 40 écoles d'ingénieurs peuvent accueillir quasiment tous les candidats», rassure-t-il. La tendance semble, en revanche, à la baisse pour les prépas aux écoles de commerce : les concours 2012 n'ont séduit 9134 candidats, un chiffre en recul de 3 % en deux ans. Seules les écoles d'ingénieurs ou de commerce dites « à prépa intégrée », recrutant ' dès l'après-bac, connaissent, elles, un réel succès.
Demande APB

Succès de droit et médecine

Troisième constat : les licences à l'université suscitent un regain d'intérêt (+7%), avec, toujours en tête, droit, économie-gestion et santé-médecine. «Nous enregistrons, en 2012, 15 % de plus de premiers vœux sur l'ensemble de nos formations », se félicite Jean-François Baloudé, nouveau président de l'université de Paris-Ouest-Nanterre. « Les effectifs explosent en droit. Notre cursus pluridisciplinaire "humanités, droit, éco-gestion", créé avec la chambre de commerce, rencontre un réel succès : 1000 vœux pour 35 places. »

La situation est bien différente à Paris-Nord, en Seine-Saint-Denis, qui n'est choisi en premier qu'une fois sur dix : « Seule la licence santé a du succès et recueille 990 demandes pour100places, mais nous sommes un peu victimes des stratégies d'étudiants ayant bien compris le fonctionnement d'APB et plaçant en tête les filières sélectives, pour garder le choix et ne pas être d'emblée dirigés chez nous », reconnaît Jean-Claude Piat, vice-président chargé de l'orientation. C'est un inconvénient d'APB d'amplifier ainsi les phénomènes d'attraction ou de réticence.

ISABELLE REY-LEFEBVRE