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Robot hexapode, une bête à concours !

mis à jour le 26/10/16

Hexapode SSINous vous avions présenté dans l’article « Les Olympiades de sciences de l’ingénieur » du site STI de l'académie de Paris, une étude détaillée du robot hexapode des trois lauréates des premières Olympiades nationales de sciences de l’ingénieur en 2011, alors lycéennes (Christian Garreau, « Six pattes pour gravir le podium »). D’inspiration biomimétique, leur petit robot, peu coûteux et économe en énergie, imite le déplacement du cafard. Équipé d’une microcaméra, il pourrait servir, par exemple, à retrouver des victimes de cataclysmes ou de conflits dans des endroits inaccessibles à l’homme.

3 gagnantes

Ophélia Bolmin, Céline Lay et Fanny Risbourg (sur la photo) ont depuis remporté le concours C.Génial en mai dernier au palais de la Découverte à Paris, et se sont distinguées en septembre à l’Eucys (European Union Contest for Young Scientists) à Bratislava (Slovaquie) parmi les 50 000 concurrents européens et internationaux, en remportant le prix EIROForum. À la clé, un séjour d’une semaine dans l’un des centres de recherche européen (Cern, ESA…) de l’EIROForum. L’Eucys, concours européen de jeunes scientifiques, a été créé à l’initiative de la Commission européenne en 1989 afin de favoriser les échanges entre jeunes chercheurs en sciences et technologie de l’UE. C’est aussi pour eux l’opportunité de rencontrer d’éminents scientifiques européens.

Céline Lay, Ophélia Bolmin, Fanny Risbourg sont interviewées par la Conférence des Grandes Ecoles (CGE)

CGE logo

CGE : Trois grands succès successifs, trois reconnaissances par vos pairs : les Olympiades nationales de sciences de l’ingénieur en 2011 ; Le concours C.Génial en mai 2012 et enfin tout récemment le prix EIROForum catégorie Engineering au concours EUCYS en septembre dernier à Bratislava. Pouvez-vous revenir un peu sur les origines de cette grande aventure et sur la complicité de votre trio ?

[Fanny] Notre travail sur le robot hexapode a commencé dans le cadre du TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de première. Nous étions alors dans des classes différentes, et ce projet nous a permis de passer du temps ensemble et de travailler efficacement puisque nous connaissions déjà les points forts et les méthodes de travail de chacune d’entre nous.

Quand notre professeur de sciences de l’ingénieur, M Garreau, nous a inscrites aux Olympiades de sciences de l’ingénieur, nous n’espérions pas la victoire. Voir notre travail ainsi récompensé quelques mois plus tard nous a donc donné envie de poursuivre notre travail sur ce projet, et nous avons participé au Concours C.Génial l’année suivante.

A titre personnel, je pense que ce que ce projet nous a réellement apporté, plus qu’un diplôme ou un quelconque prix (bien que je sois rentrée de Bratislava avec plein de bons souvenirs), c’est une expérience unique de travail d’équipe en particulier (et oui, ce n’est pas en se tapant dessus qu’on a fait marcher le robot !). La complicité qui existe aujourd’hui entre Céline, Ophélia et moi est aussi le fruit de ce travail d’équipe, qui nous a beaucoup rapprochées.

CGE : Pendant toutes les phases de présentation et de jauge de votre projet, vous avez été confrontées à de nombreux homologues étrangers. Que pensez-vous de l’émulation générée par le rassemblement de toutes ces graines de scientifiques ? Et quelle est votre idée des capacités collaboratives des pays et/ou des scientifiques les uns avec les autres dans une perspective d’apport pour la collectivité mondiale ?

[Céline] Les concours auxquels nous avons participé nous ont vraiment encouragées à persévérer dans la voie scientifique. Les projets des autres participants étaient très intéressants. Ils nous ont fait découvrir des aspects des sciences que nous ne connaissions pas. Ces concours nous ont aussi motivées pour améliorer notre projet et apprendre à communiquer pour mieux le défendre tant en français qu’en anglais, face aux jurys et aux autres participants. Le concours international EUCYS nous a donné envie de progresser car il nous a permis d’appréhender différentes approches d’un même problème. Lors des concours auxquels nous avons participé, la majorité des projets présentés étaient le fruit d’un travail collectif, ce qui nous a confortées dans l’idée que le travail en équipe conduit à un meilleur résultat que lorsque que l’on travaille seul.

Aujourd’hui l’anglais facilite la communication et la collaboration entre scientifiques de pays différents. Les centres de recherches européens qui offraient des prix pour le concours EUCYS, comme le CERN, l’ILL ou l’ERSF, sont performants sur le plan mondial et illustrent donc l’efficacité des collaborations entre pays et scientifiques.

CGE : Trois jeunes femmes de sciences à l’époque où l’on a encore du mal à convaincre un fort public féminin de s’engager dans les études scientifiques. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Quels seraient vos arguments pour convaincre des qualités de ces filières vos homologues en quête de la bonne orientation ?

[Ophélia] Si elles sont encore peu nombreuses dans les filières scientifiques, comme nous avons pu le voir lors des différents concours, leur nombre semble augmenter au fur et à mesure. Nous avons eu la chance au long de notre parcours d’être inscrites dans des classes dans lesquelles les filles étaient relativement nombreuses (par exemple, elles représentent 1/3 de notre classe de MPSI cette année). L’ambiance nous semble plus détendue et collaborative. Les filles apportent une vision différente dans les projets, plus globale et favorisant la recherche de consensus nécessaire au bon fonctionnement d’une équipe.

L’école devrait davantage offrir aux jeunes l’occasion de rencontrer des scientifiques, de comprendre leurs métiers et de partager leurs passions. Nous avons eu la chance de faire des rencontres déterminantes pour notre projet et d’être soutenues par un coach hors pair… S’orienter dans une filière scientifique, que l’on soit homme ou femme, demande une véritable curiosité, pour toujours aller plus loin, tout en s’amusant. Mon message serait donc de privilégier avant tout ce que l’on aime. Les études scientifiques ont l’avantage d’ouvrir aujourd’hui la voie à un grand nombre de domaines, mais également d’explorer les technologies qui constituent notre vie de tous les jours, d’expliquer les phénomènes qui nous entourent et de contribuer à construire le monde de demain.

C-Garreau

De gauche à droite : Christian Garreau, Céline Lay, Ophélia Bolmin, Fanny Risbourg

Lire la suite de l’interview dans La Lettre d’information de la CGE :

http://www.cge-news.com/main.php?p=638

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