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La France mondialisée ?, Cahiers français n°367

Éd. La Documentation française, Mars-Avril 2012

La France est-elle en mesure de profiter de la mondialisation ou bien est-elle condamnée à subir celle-ci ?

S. Berstein rappelle que la mondialisation a résulté d’une série de transformations technologiques, économiques et sociales et qu’elle a eu de multiples conséquences ; dans les deux cas, la France, comme d’autres pays développés mais peut-être plus que d’autres, a dû intégrer ces mutations. Cela n’a pas toujours été sans mal et continue à poser problème. Elle a dû faire face à une perte de souveraineté de l’Etat et au recul de son influence dans le monde, et des menaces sont apparues sur son modèle social. Comme les possibilités de s’adapter semblent limitées et que s’opposer à la mondialisation paraît vain, un désenchantement sinon un rejet vis-à-vis de celle-ci se sont développés. Pour l’auteur, le salut passe par une forme de fédération européenne.

Th. Madiès montre que la France est un pays ouvert sur l’extérieur et étudie sa spécialisation productive ; il constate que celle-ci ne lui permet pas (ou insuffisamment) de profiter de l’essor économique des pays émergents, donc de bénéficier, via ses échanges, de la mondialisation. Enfin, il note le maintien d’une forte attractivité de la France concernant les IDE et relativise les dégâts sur l’emploi des délocalisations.

JM. Harribey est bien plus critique : après avoir distingué les partisans de la démondialisation des adeptes de l’altermondialisme, il explique pourquoi les propositions des premiers sont illusoires et rejette nettement le protectionnisme. Une autre mondialisation, régulée au niveau mondial, lui semble plus efficace pour éviter les dégâts provoqués par le système productif et le système financier dans l’actuelle mondialisation.

J. Damon s’interroge sur les risques auxquels notre modèle social est exposé par la mondialisation : il s’agit non d’abandonner ce modèle mais de l’adapter en tentant de conjuguer protection, compétitivité et développement durable. Un objectif de moyen terme, de son aveu même !

P. Veltz observe que certaines faiblesses de la France expliquent se désindustrialisation et montre qu’une nouvelle géographie de la production se met en place dans laquelle la France peine à trouver sa place.

B. Krulic montre que la mondialisation a mis et met encore en question l’identité nationale. A. Lombard traite de la culture française dans l’espace mondialisé, F. Benhamou du livre à l’heure de la mondialisation et C. Paradeise des universités confrontées à un « marché mondial de la connaissance » (ou de la formation). Enfin, Ph. Moreau-Defarges évoque le recul de l’influence diplomatique dans le monde de la France résultant de cette mondialisation. Un débat intéressant sur l’efficacité d’Hadopi.

Un numéro très utile.

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