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La Parole de l’enseignant

Vignette parole de l enseignant Le langage du maître devient une parole professionnelle à partir du moment où il intervient en tant qu’étayage du langage enfantin. Plus l’élève est jeune, plus l’étayage est appuyé ; il s’agira pour le maître de faire évoluer cet étayage, c’est-à-dire d’abandonner peu à peu des situations de communication proches des échanges familiaux, où le non-verbal est tout aussi important que le verbal. (Dominique Cantillon - Publié en mai 2011)

Vidéo tournée dans le cadre de la série "Tenue de classe" du CNDP
Elle met l’accent sur le parler professionnel.

Ainsi, le maître se doit d’utiliser un langage le plus explicite possible, non seulement pour formuler ses consignes et faire comprendre le travail proposé mais aussi pour donner à entendre des structures syntaxiques, lexicales et stylistiques que l’enfant est susceptible de reprendre peu à peu à son compte, à condition bien sûr que ces structures soient entendues souvent et qu’elles ne soient pas trop éloignées de ce qui est entendu à la maison ou de ce que l’élève est capable de produire lui-même. Il serait illusoire d’imaginer que la parole magistrale, aussi parfaite et adaptée soit elle, ait pour effet instantané de produire chez l’enfant un langage équivalent.

L’enfant en effet procède par tâtonnements successifs, produit au début des trouvailles langagières qui vont être ou non validées par le maître ; si celui-ci par exemple les reprend à son compte, c’est-à-dire les répète devant la classe entière ou devant un petit groupe d’enfants, il marquera par l’intonation de sa voix, le débit de son phrasé sa validation et reconnaîtra dans les propos de l’enfant quelque chose qui fait sens chez lui, donc qui doit faire sens aussi pour les autres enfants. Cette reconnaissance de la parole de l’enfant par le maître se traduit par la reprise verbale de celui-ci, qui de surcroît sait mettre en valeur par son débit lent, par l’accentuation qui met en exergue certains mots des productions langagière enfantines.

Cet étayage langagier du maître ne se traduit pas seulement par certaines reprises ou prises en compte des productions enfantines, il se réalise également dans une manière de dire et de redire les choses ; par exemple, en reformulant ses consignes, le maître donne à entendre des reprises, des expansions, des équivalences verbales. Cela a toute son importance car la redondance, la répétition du presque semblable fait saisir à l’enfant par exemple la synonymie, certaines relations donc entre les mots, la possibilité d’user de plusieurs signifiants pour un même signifié, tout ce qui permet à l’enfant de créer du sens.

En ce qui concerne les enfants dont le français n’est pas la langue maternelle et avec les enfants très jeunes, il est important que cette reformulation se fasse sous certaines conditions : une mise en mots évidemment bien articulée mais aussi une référence permanente à l’objet de la conversation ou du discours. En d’autres termes, il est primordial par exemple que le maître accompagne toutes ses actions d’un discours, qu’il s’applique pour chaque mot nouveau important à proposer un support visuel, etc.