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Éducation morale et civique

mis à jour le 10/12/12

Vignette Educ morale et civique La circulaire du 25 août 2011 sur l’instruction morale et civique à l’école primaire a suscité quelques questions dans le monde enseignant. Or, elle s’inscrit dans les programmes de 2008.

À ce titre, elle ne demande donc pas un « travail » supplémentaire. (par Sylvie Marescaux, publié en octobre 2011)

En cherchant à saisir les raisons de la parution de cette circulaire, nous pouvons les appréhender en constatant le nombre d’incivilités graves que connaissent les établissements scolaires dans leur ensemble et à divers degrés. Ainsi, le politique s’empare d’un problème sociétal, ce qui est son rôle.

Que dit la circulaire et comment, dès l’école maternelle, s’approprier celle-ci pour mettre en œuvre le « devenir élève » ? Trois paragraphes l’organisent :

  • Les objectifs pour l’instruction morale
  • Quelle instruction morale dispenser à l’école ?
  • La maxime morale, support privilégié

Nous laisserons de côté le dernier point, qui ne nous parait pas concerner l’école maternelle, pour nous attacher aux deux premiers. « Le développement moral de l’enfant doit faire l’objet d’une attention aussi soutenue que son développement intellectuel et physique. » Le jeune enfant est reconnu d’emblée comme une personne. Au-dessus de lui, il y a un universel auquel il est relié grâce à « la voix et l’exemple de ses maîtres ». Kant nous dit : «  une génération éduque l’autre  » (Kant, Réflexions sur l’éducation). L’éducation morale commence donc bien avant l’entrée à l’école maternelle. Elle est souvent implicite dans les familles. Le rôle de l’école est de mettre à jour des règles communes indispensables à toute vie sociale.

« Il s’agit de transmettre les principes essentiels de la morale universelle, fondée sur les idées d’humanité et de raison. » Trois termes sont privilégiés à l’école maternelle : la politesse, la coopération et le respect.

  • La politesse est « la première des vertus » énonce Comte-Sponville (Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus). La politesse se pratique avant de se comprendre. Tout enseignant l’exige de ses élèves. A l’école maternelle, parfois, cette exigence est rencontrée pour la première fois par nos élèves. C’est une contrainte externe, l’intégration de règles extérieures à l’enfant. Elle ne se discute pas.
  • La coopération est une attitude spontanée du jeune enfant ; le plus souvent il coopère en jouant avec l’autre. L’école maternelle va lui enseigner une autre coopération, plus consciente. A travers la réalisation de projets communs, il collabore avec ses pairs, prend des responsabilités.
  • Le respect est, peut-être, ce qui est le plus simple à saisir pour nos jeunes élèves puisque cette notion ne prend sens que lorsqu’elle s’établit dans la réciprocité, pas seulement entre pairs, mais de manière égale avec l’ensemble des personnes de l’école. Le respect se vit au quotidien, dans l’altérité des rencontres où l’autre est soumis et se soumet aux mêmes règles que moi. Ainsi, le sentiment du juste incite chacun à la norme puisque tous y sont soumis.


Mettre en œuvre la circulaire ? Sommes-nous tous des Monsieur Jourdain ? Quel enseignant responsable ne le fait déjà ? En entrant à l’école maternelle, l’enfant confronte son désir au cadre posé par les adultes. Ce cadre, il faut le mettre en mots, accompagner sa compréhension. Il nécessite, de la part de l’enseignant une grande rigueur et une grande conviction. Il doit permettre à l’enfant, à l’entrée à l’école élémentaire de respecter les autres et respecter les règles de la vie commune, d’aider et de coopérer avec ses pairs.