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Journal de l'option légère au lycée Lamartine

CRDP OEA Cendrillon Nicole Caillon anime depuis une quinzaine d'années l'option théâtre facultative du lycée Lamartine, avec le comédien David Géry. Elle nous livre dans ce journal de bord, qu'elle enrichira au fil de cette année 2012-2013, le processus qui l'a amené à travailler sur le Cendrillon de Joël Pommerat.

Lundi 17 septembre

Premier contact avec les élèves : ils sont nombreux, 23, grande majorité de filles bien sûr. Tous ne resteront pas, mais quand même, le projet qui fera travailler tout le monde et contentera la majorité ne va pas être simple à trouver.

On fait le tour des compétences de chacun en musique, danse, chant, etc.…Tout cela peut servir.

Ils sont très actifs,  proposent pas mal de choses :

  • des auteurs : Koltès,  Pommerat, Tchekhov ;
  • des pièces : La petite Catherine…de Kleist, Incendies de Mouawad , Kids de F. Melquiot; 
  • des thèmes  : scènes de ménage, 
  • des formes  : un cabaret, etc.

Bref  beaucoup de choses qu’on leur refusera pour diverses raisons dont une qui les agace beaucoup : déjà fait ! Eh oui, cela fait plus de 15 ans que David Géry et moi faisons ce travail d’encadrer des options légères…

On distribue quelques scènes que j’avais apportées pour ceux qui veulent déjà travailler.

Lundi 24 septembre

On s’attaque à la lecture d’une pièce déjà évoquée avec ceux de l’année précédente ADN de Dennis Kelly,  pièce contemporaine, personnages proches de leur âge,  facile d’accès mais assez « noire » sur l’adolescence. C’est ce qui les frappe le plus, ils ne sont pas « emballés » de plonger dans cet univers même si on leur dit qu’on trouvera une forme poétique qui va déréaliser le propos.

On décide d’esquisser tout de même un travail sur certaines scènes pour la semaine suivante.

8 scènes (monologues ou dialogues) sont choisies.

Lundi 1er octobre

Passage des scènes prévues, c’est un projet possible, mais qui n’enthousiasme pas ce groupe dont plusieurs éléments ont envie de chanter, faire de la musique… On remet sur la table l’idée d’un cabaret sur un thème et certains proposent de préparer des « numéros » pour la fois suivante  

Lundi 8 octobre

Chose dite, chose faite, mais le résultat (assez performant techniquement) de ces numéros de cabaret n’est pas convaincant : des clichés, chapeaux haut de forme et collants résille…

Je ne sais plus pourquoi, peut être à cause du cabaret, je pense à Pommerat et me lance toute la semaine dans la lecture ou relecture de ses textes.

Je découvre Cendrillon en lecture (je l’avais vu mais pas lu) je découvre aussi le texte de Cet enfant que je n’avais même pas vu, et que je trouve vraiment fort.

Je vois David en « urgence » le samedi, lui donne les deux textes à lire pour le lundi.

Pendant le week- end il me dit préférer nettement travailler sur Cet enfant,  je suis d’accord, les deux projets me tentent également, on décide de lire le texte avec les élèves lundi.

Lundi 15 octobre

Dommage, David n’a pas eu le temps de repasser chez lui prendre les textes, nous ne les avons pas ! On décide de faire  des improvisations sur le thème parents/enfants qui les prépareront à Cet enfant.

Lundi 22 octobre

Cette fois c’est parti pour la lecture, chacun a un texte.

Au fur et à mesure des scènes, les visages plongent, les soupirs se multiplient, mais nous tenons le coup et leur demandons d’aller au bout de la lecture avant de se prononcer.

La discussion qui s’engage est très intéressante, ils n’aiment pas beaucoup, ils trouvent çà trop « glauque » et en même temps quand on leur demande ce qu’ils aimeraient jouer si on le faisait quand même, il y a des volontaires pour toutes les scènes.

On verra après les vacances.

Mais pendant les vacances, je ne suis pas très tranquille, j’ai entendu leurs désirs pendant cinq ou six séances, certes il ne faut pas toujours les écouter, mais là, on est vraiment à l’opposé de ce qu’ils souhaitaient.

Je me mets donc à repenser à d’autres textes de Pommerat dans lesquels il y a des scènes de présentateurs ou présentatrices, avec des ambiances music- hall, ou dancing, et je me dis qu’on pourrait « tricoter » quelque chose avec ces scènes et celles de Cet enfant.

J’essaie donc de construire ce montage de scènes et le propose à David à la fin des vacances

Cette idée me plait beaucoup, d’autant plus qu’entre temps j’ai appris par un collègue que Cendrillon entrait au programme de spécialité l’an prochain, je ne suis donc pas pressée de le faire.

Mais j’attends le verdict de mon partenaire… 

Lundi 12 novembre

Retour de vacances

David a changé d’avis,  il redoute deux choses sur le projet autour de Cet enfant : d’une part,  qu’on ne forme pas un groupe puisque ce ne seront que des scènes à  deux, voire des monologues, d’autre part que le montage soit artificiel, et il peut l’être d’autant plus que ces texte des présentateurs sont étranges, énigmatiques et difficiles à défendre au baccalauréat.

Nous sortons de notre chapeau Cendrillon : enthousiasme général des élèves qui n’auraient pas eu, me disent- ils, le plaisir de le travailler puisqu’ils sont déjà en terminale.

Lundi 19 novembre

Le comédien n’est plus avec nous, et ce jusqu’à fin janvier, il est sur sa création prochaine à Aubervilliers, me voilà seule pour affronter les difficiles moments de la « distribution »

Tout le monde ou presque veut jouer Cendrillon !

J’ajoute que pour les élèves l’enjeu est toujours de taille car nous avons la chance de jouer sur le plateau du Théâtre de le Commune 2 soirs consécutifs au moi de mai et c’est pour eux une expérience formidable.

 A suivre…