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L'oeuvre littéraire dans la profondeur du temps : entre dépôt légal de l'imprimé et dépôt légal du web

LogoPNFYael Lors de la troisième journée du rendez-vous des Lettres, consacré aux métamorphoses de l'oeuvre et de l'écriture à l'heure du numérique, Françoise Gomez, IA-IPR de l'Académie de Paris et Joël Huthwohl, directeur du département Arts du Spectacle de la BNF, ont proposé un atelier, dont on trouvera ici le compte-rendu.

Objectifs

Par construction, les manuels de français, dont l’un des objectifs est de permettre la découverte et la rencontre de l’œuvre littéraire, tendent à donner de celle-ci une vision unifiée qui permette à l’élève et au professeur d’appréhender le parcours d’un auteur dans le temps : au niveau biographique avec périodes, dates-clés, dialogue entre l’art et la théorie, etc., et au niveau extra-biographique, par la référence aux mouvements littéraires et aux courants esthétiques.

Cette prise en charge pédagogique de l’œuvre, qui vise une clarification en vue de la transmission, n’échappe pas toujours à l’illusion rétrospective qui tendrait à ordonner dans une logique de causalité ce qui dans une œuvre peut relever de l’accident, de l’essai, ou du hasard.

Redécouvrir cette part d’aléatoire et de construction empirique est une forme d’enquête rendue nécessaire et possible, aujourd’hui, par l’éclatement des supports qui contribuent à la constitution progressive d’une œuvre. Placé en situation de comprendre ce qui, dans l’œuvre aujourd’hui bien ordonnée d’un auteur, a pu parvenir à s’imposer, et dans quelles circonstances, le jeune lecteur – écrivant de 2012 peut situer son acte d’écriture personnel en rapport avec la démarche auctoriale, et maîtriser, à son niveau et en pratique, à quel moment on peut clore un acte d’écriture, et mettre à sa production un point final toujours provisoire.

Description

Origine de l'atelier

L’atelier se fonde sur un dispositif institutionnel séculaire en France et indispensable à la vie littéraire : le dépôt légal, et ses évolutions récentes, grâce au numérique. Depuis environ une décennie, le dépôt légal de l’ouvrage imprimé se double en effet d’un dépôt légal du web, qui permet, pour des sites présentant un intérêt notoire et reconnu, d’aspirer sur plusieurs années, à un niveau de profondeur pré-défini,  l’état et l’évolution de la ressource mise en ligne.

C’est ainsi que le site personnel de Valère Novarina est aujourd’hui accessible, dans l’épaisseur de son évolution diachronique, depuis les postes de consultation de la BNF Arts du spectacle. Un stage académique déposé au Plan Académique de Formation de l’académie de Paris, a eu lieu début 2013,  trois jours de travail durant lesquels Valère Novarina est revenu, avec les professeurs stagiaires, sur la lecture de son œuvre par lui-même, dans la perspective de cette mise en ligne. En dialogue avec Valère Novarina et avec le Directeur de la BNF Arts du spectacle, M. Joël Huthwohl, Marie-France Ionesco, dramaturge, professeur honoraire à l’ESAAT,  est parallèlement revenue sur la lecture rétrospective de l’œuvre de son père Eugène Ionesco, lecture qu’elle a conduite à partir du Fonds Ionesco de la BNF pour l’exposition « Ionesco » organisée en 2008 .

L’atelier proposé dans le cadre du Rendez-vous des Lettres s'est proposé de transférer au niveau national les acquis du stage académique, enrichis des apports des stagiaires parisiens. Il s'est structuré autour de trois axes principaux :

  • dépôt légal du web vs dépôt légal de l’imprimé : manipulation du support numérique, complémentarité des deux supports ;
  • le temps, l’événement et l’accident dans la fabrication de l’œuvre littéraire, à partir d’exemples concrets tirés des œuvres d’Eugène Ionesco et de Valère Novarina ;
  • les bénéfices pratiques pour la classe, notamment en lycée, dans la perspective d’étude de l’histoire littéraire. 

Vous trouverez ci-dessous un lien vers le diaporama qui a servi de support au déroulement de l'atelier, ainsi qu'un film réalisé lors l'intervention de Valère Novarina dans le stage académique correspondant. Les enseignants de Lettres seront sans doute sensibles au magnifique hommage à la lecture à voix haute, qu'il y présente.