Le Lycée du Temps Choisi (LDTC)

mis à jour le 31/12/08

Il offre la possibilité de préparer en un ou deux ans un Bac L, ES, STT ACC Le L.D.T.C. accueille des jeunes motivés par l'obtention d'un Bac mais qui, pour de multiples raisons, ne peuvent se préparer à l'examen ni dans une structure traditionnelle ni par le CNED. Le L.D.T.C. respecte les programmes officiels de terminale mais adapte les horaires des cours. Les cours sont dispensés par bloc de 3 ou 4 heures consécutives d'une même discipline. L'emploi du temps est étudié pour laisser à chaque élève des plages de liberté.

Etre élève au LDTC (video sur dailymotion)

PERSONNE-CONTACT/ ANIMATRICE DE L’ACTION :

Nom :  BARRAL  Armelle Tél. : 01 44 08 70 32  Mèl : abarral@voilà.fr

L’objectif de cette structure est essentiellement de re-scolariser des élèves qui n’étaient plus acceptés par les établissements scolaires et  de leur faire obtenir le baccalauréat ou pour le moins de se « réconcilier » avec l’école ou bien encore de permettre à des élèves d’améliorer leur niveau soit parce qu’ils arrivaient de l’étranger, soit pour se préparer à l’entrée dans une école qui demande un niveau de classe terminale.


DESCRIPTION DU PROJET

Une histoire de plus de 10 ans déjà

 

Mise en place à la rentrée 95/96, la structure du lycée du Temps Choisi a pour objectif de « raccrocher » des élèves en situation de décrochage scolaire et de les préparer à un baccalauréat.

Cette idée est née de l’écoute d’élèves en rupture scolaire et en « demande » d’école.

 

Deux contraintes, a priori, contradictoires sont apparues :

- Réaliser le programme du bac ou amener à une niveau de terminale des personnes qui, suite à leur parcours tumultueux, ont beaucoup de lacunes et donc auraient particulièrement besoin d’école.

- Laisser des temps de liberté à des élèves chez qui « trop d’école » avait tué l’école,

 

Pour créer cette classe, le proviseur s’est adressé à une équipe qui travaillait en partie dans le lycée, au niveau de classes en alternance avec comme volonté de créer une petite équipe la plus polyvalente possible afin de développer une relation de confiance élève/enseignant qui permette à la fois à l’élève d’être connu et reconnu et ainsi lui offrir les moyens de se réapproprier la confiance en lui qu’il avait souvent perdue par la confiance qu’ils accordent aux autres, tout en lui laissant des plages de liberté qui lui permette de ne pas « étouffer ».

 

C’est ainsi que nous avons décidé d’opter pour travailler par plage horaire plus conséquentes tout en libérant 3 demi-journées par semaine. Ceci dans l’objectif de rentabiliser le temps, de développer le goût à l’étude et l’autonomie de l’élève.

 

Un contrat au début, accord verbal, depuis contrat écrit et signé est établi entre le LDTC et l’élève dans l’objectif de responsabiliser celui-ci. Dans ce contrat il est stipulé que tout aménagement, pour une période déterminée, est possible à partir du moment où il est négocié avec la coordinatrice et l’équipe pédagogique. L’idée essentielle étant de ne pas perdre de vue le baccalauréat.

 

Depuis sa création, le Lycée du Temps Choisi a subi des changements et des aménagements pour répondre de la façon la plus performante possible avec les contraintes qui sont les siennes. (arrêt de la préparation du bac ES au profit du bac L, changement de cours du soir en cours de soutien, création d’un cours « Histoire des Idées », développement de pratiques permettant aux élèves de mieux apprendre (apprendre à apprendre), reprise d’élèves redoublants en soutien plutôt que directement en cours).

 

 


Origine et profil des élèves accueillis au Lycée du Temps Choisi

 

Une majorité d’élèves accueillis au Lycée du Temps Choisi sont des élèves « décrocheurs » ou « décrochés » du système scolaire traditionnel. En écoutant ces jeunes, G. LONGHI, alors proviseur d’un lycée professionnel a eu l’idée de créer une classe permettant à ces élèves de reprendre confiance et d’obtenir le baccalauréat ;

 

L’origine des élèves est dès la première année très diversifiée, milieux sociaux en difficulté mais aussi milieux plus favorisés offrant un contexte culturel favorable.

 

L’âge des élèves s’échelonne en règle générale de 17 à 23 ans, les plus nombreux se situant entre  18 et 20 ans.

 

Leur « décrochage » a évidemment différentes origines : révolte et/ou mal-être de l’adolescent contre un système, maladie, accident (physique, social, psychologique), orientation subie, pression lycée « élitiste »… .

 

L’origine des élèves qui arrivent dans ces classes est assez diversifiée :

  • Elèves de 1ère (dans un lycée et en voie de décrochage ou ayant arrêté d’aller au lycée

en cours d’année ou élèves inscrits au CNED)

  • élèves désirant changer d’orientation (issus de première ou autre)
  • élèves venant du lycée intégral (créé plus tard), aujourd’hui majoritairement STG
  • élèves rentrant de l’étranger après un première ou non
  • élèves ayant eu une activité salariée
  • élèves ayant cessé leur scolarité pour cause de maladie ou d’accident, (physique, psychologique, social etc…)
  • hyper actifs, surdoués à caractère asocial

 

Le Lycée du Temps Choisi recrute les élèves après une démarche volontaire de leur part.

Des réunions d’information sont effectuées entre janvier et juin. A l’issue de la réunion un entretien a lieu le jour même, ou à une date ultérieure avec la coordinatrice.

 

A l’issue de cet entretien, le candidat repart avec une fiche de renseignements, et « le devoir de réfléchir » à son engagement. S’il décide vouloir s’inscrire, il retourne sa fiche et une lettre de motivation et est reçu une seconde fois par un des professeurs de l’équipe (aujourd’hui, essentiellement A. Baseilhac et B. N’GOUNIO), après ce second entretien, il y a concertation et décision. Les réponses sont données généralement en juin.

 


Quelques éléments spécifiques à la structure LDTC pouvant relever de l’expérimentation

 

·        la reprise d’élèves en rupture scolaire dans un établissement scolaire traditionnel ce qui permet à l’élève « d’être comme les autres », tout en bénéficiant d’un rythme et d’un accompagnement personnalisé. Cet accompagnement est rendu possible grâce à la bienveillance du lycée Jean Lurçat : proviseure et collaborateurs. Cela permet aussi aux élèves du LDTC d’être respectés dans leur spécificité tout en respectant eux-mêmes les règles de vie en commun.

 

·         la grande souplesse de gestion des présences et des travaux des élèves : négociation d’absences, calendriers de devoirs rendus s’adaptant au rythme de l’élève et de ses contraintes (travail, autres activités, blocage …)

 

·        la grande disponibilité de l’équipe prête à soutenir, aider l’élève dans ses démarches d’apprentissage, sa cohérence dans les approches proposées : mise en place de procédés pédagogiques modifiant le rapport à l’apprentissage : refus de l’opposition  « Ecole des savoirs /  Ecole de l’humain »., conception centrée sur l’exploitation des connaissances pour dégager du sens et développer l’aptitude à penser. Traitement personnalisé, même en cours collectif : utilisation et sollicitation des spécificités de chacun pour mieux renvoyer à la construction collective du cours.

 

 

·        Mise en place de contenus  pédagogiques modifiant le rapport à l’apprentissage : usage de la confrontation comme environnement favorisant une dynamique d’investissement personnel ;  Mise en place d’un cours « Histoire des idées » qui donne  des points de repères aux élèves en abordant différentes matières de façon transversale. Ce cours est animé  par les professeurs de philosophie, lettres et d’histoire géographie, économie droit. C’est un cours qui est très interactif et offre aux élèves à la fois,  la possibilité de confronter leurs idées et de développer leur esprit critique.

 


L’équipe du Lycée du Temps Choisi

 (compléter le statut de chaque personnel)

 

Antoine BASEILHAC

Enseigne histoire–géographie, économie-droit et anime le cours histoire des Idées.

Assure des entretiens avec les élèves lors de leurs démarches d’inscription

 

Stéphane LANSARD 

Enseigne mathématiques et enseignement scientifique

 

Frédérique LAUDE :

enseigne allemand après avoir enseigné aussi lettres et philosophie - fondatrice du pôle Histoire des Idées . Présente depuis la 2nd année

 

Vivian LOFIEGO 

Enseigne Espagnol

 

Bertin N’GOUNIO 

Enseigne Mercatique (théorie, études et projets) –  Présent depuis la création - Assure des entretiens avec les élèves lors de leurs démarches d’inscription – A enseigné Economie en ES

 

Charles-Edouard NIVELEAU

Enseigne philosophie, lettres, français et anime le cours Histoire des idées.

 

Anne TRAORE 

Enseigne anglais.

 

Armelle BARRAL

coordinatrice depuis sa création. Assure la gestion de ces classes et le suivi des élèves.

 


EVALUATION DU PROJET

 

 

TABLEAU DE SUIVI PEDAGOGIQUE DE LA STRUCTURE LDTC


Le tableau de bord permet de mettre en rapport les objectifs fixés par l’équipe, les traces produites et les activités mises en œuvre et les conditions de leur évaluation (modalités et critères).

 

Nous avons retenu ensemble l’opportunité d’observations et de visites en relation avec les activités programmées.

Objectifs

Traces

Modalités

Critères

Personnels concernés

Date proposée

Ce que je vise pour l’élève

Comment je le sais

Ce que je regarde, et les moments privilégiés

A quoi je vois que c’est réussi ?

 

 

AXE  1 : raccrocher

construire des liens sociaux dans l’école, dans la société

 

Entretiens avec des élèves

Bilan avec l’équipe enseignante

Module « Histoire des idées »

 

Participation

Argumentation

Coopération

Analyse réflexive sur le parcours scolaire

 

 

AXE  2 : réussir et s’insérer

mener un projet à son terme. 

 

Suivi des résultats

Visites d’anciens élèves, réseaux sociaux internet

Conseil de classe de fin d’année

Réussite au bac

 

 

 

Suivi des anciens élèves

 

Réussite dans les études supérieures (cf. tableau ci-dessous)

 

 

 

Le devenir des élèves :

Le retour sur le devenir des élèves n’est pas systématique et pas forcément immédiat  et une analyse quantitative n’aurait donc pas de sens avec les informations dont dispose la structure.

Par contre le retour est dense et permet d’apprécier qualitativement l’apport induit par le passage au Lycée du Temps Choisi.

Avec ou sans le bac, les élèves  ont pour le moins pris conscience de leurs capacités et sont capables de les exploiter de manière autonome.

 

Devenir des élèves avec le bac 

Etudes universitaires

Ecoles supérieures (Sup de Co,  Ecole audio-visuel, Ecole du Louvre…)

BTS , licences professionnelles

Elèves sans le bac 

Ecoles supérieures ne nécessitant pas le bac

BTS en alternance                                  

Formation professionnelle (informatique, décoration …)

 

 


Quelques études, écrits et documents sur la micro-structure du LDTC depuis 10 ans

 

Les études réalisées sur le Temps Choisi :

Etude réalisée par Marie-Anne HUGON (96/97)

Etude demandé par le pôle innovation : 2006/2007, dans le cadre d’un master 2, en ligne sur le site INNOVATION

Mémoire  de recherche réalisé par Julian PETIT , étudiant en Master 2 « Recherche en sciences de l’éducation » à Paris V 2006/2007

 

Les articles – émissions - reportages :

Nombreux et plus particulièrement un documentaire réalisé par Katja STEINHART ainsi qu’une vidéo réalisée par deux élèves du LDTC dans le cadre de l’option cinématographique et  des articles (Télérama, La lettre des Parents, La vie, Mutine, Libération, …)

 


Etude d’un dispositif expérimental

 «le lycée du temps choisi (LDTC) »

lycée Jean Lurçat - avril 2007

 

Introduction.

I. Méthodologie d'analyse.

I. 1 La démarche.

I. 2 Les entretiens réalisés.

I. 3 La constitution de l'échantillon.

I. 4 Quels enjeux représente ce travail pour l’enquêtrice ?.

II La carte d'identité de la structure LDTC..

II 1Généralités :

II 2  Les objectifs visés :

II. 3 Le cadre institutionnel

II. 4 Moyens et sources de financement

II. 5 Les acteurs du LDTC..

5. 1 Les jeunes qui fréquentent la structure.

5. 2 Les acteurs professionnels du LDTC..

5.3 Les autres acteurs.

III. Le fonctionnement quotidien du LDTC..

III. 1 Les cours du jour

III. 2 Les cours du soir

III.3 En cours de réflexion.

III.4 Un cours atypique ou innovant : "Histoire des Idées"

III.5 Deux cordes à mon arc.

III.5 La pratique pédagogique des enseignants au LDTC..

III.6 Le système de notation.

IV. Les résultats au LDTC..

V. Synthèse.

 

BIBLIOGRAPHIE.

ANNEXES.

Annexe 2 : Lettre de remerciement

 

Cette étude a été demandée par la mission académique « Innovation et expérimentation » à l’équipe du Lycée du Temps Choisi.

 

Elle fut réalisée en deux temps :

 

 Un premier travail a été présenté par Mademoiselle Rime SAIDI

 

 L’équipe du L.D.T.C. s’est appuyée sur celui-ci pour réaliser l’étude qui suit.

 

 

 

Introduction

 

Le LDTC fait l'objet d'un suivi par l'Académie de Paris dans le cadre du dossier « structures expérimentales ». A ce  titre, le LDTC relève de l'article 34 de la « loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école ».

A ce titre, un travail de contractualisation avec différentes structures avait déjà été engagée ; mais encore jamais précisément avec celle du LDTC. C’est l’expérience la plus ancienne, dix années de pratique, mais un cadre nouveau ont donc motivé cette étude, réalisée à la demande de la mission académique « innovation et expérimentation » de l'Académie de Paris.

L’écrit présenté ici est d’abord le résultat d’une enquête approfondie conduite par Mlle Rime SADI, étudiante en master II à l’Université de Paris X-Nanterre, sous la responsabilité de Marie-Anne HUGON, professeur des universités qui avait déjà réalisé un écrit il y a… dix ans.

Cet écrit a ensuite été repris par l’équipe du lycée comme trame d’analyse de son activité.

 

Son objectif est de décrire la structure « le lycée du temps choisi (LDTC) »  du lycée général et technologique Jean Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris.

 

I. Méthodologie d'analyse

 

I. 1 La démarche

 

L'objectif de cette étude est de décrire les éléments qui caractérisent la structure LDTC et de donner un aperçu général de toutes ses composantes. 

 

Pour cela, dans un premier temps, nous avons pris connaissance des documents sur la structure du LDTC fournis par Mme Barral, coordinatrice du LDTC. Il s'agit d'articles de presse, de documents administratifs et de rapports institutionnels. Des entretiens informels et formels ont été menés avec l'équipe éducative, des élèves actuellement scolarisés et des anciens élèves de la structure. Des entretiens ont été réalisés également avec Mme Dauphin, Proviseure du lycée Jean Lurçat.

Pour que le lecteur soit au plus prêt de la réalité de la structure,  les propos des personnes interrogées apparaîtront à différents moments de l’analyse.

 

Enfin, pour mieux comprendre  le vécu des élèves et le mode de fonctionnement de l'équipe éducative, des cours de philosophie, d'histoire-géographie et d'  « Histoire des Idées » ont fait l'objet d'une observation. Une présence à différentes reprises dans le bureau de la coordinatrice, lieu habituel dans lequel les enseignants et les élèves du LTDC se croisent, a permis d'observer discussions et échanges informels.

 

 

I. 2 Les entretiens réalisés

 

Avant de réaliser les entretiens semi-directifs, des grilles d'entretien ont été construites avec des questions différentes selon la personne interviewée : la Proviseure, la coordinatrice, les enseignants et les élèves de la structure et des classes « ordinaires ». Aucune limite de temps n'a été fixée afin de laisser la personne interviewée parler à son aise, si elle le souhaitait.

 

La conduite des entretiens a demandé au préalable l'établissement d'un climat de confiance. Pour cela, les objectifs de l'enquête ont été précisés au début de chaque entretien afin de lever craintes et appréhensions éventuelles, et créer un climat favorable pour réaliser le travail de recherche ainsi qu’une dynamique positive.

Au cours des entretiens,  une écoute individuelle, attentive et respectueuse de la personne a été privilégiée. Pour préserver l'anonymat des personnes rencontrées, les noms des membres de l'équipe éducative ne sont pas mentionnés. Les entretiens avec les élèves ont été également anonymés.

 

I. 3 La constitution de l'échantillon

 

Différents entretiens ont été réalisés :

 

     entretiens avec des élèves du LTDC ( section L et section STG)

     un entretien avec la coordinatrice

     entretiens avec des enseignants (de philosophie, d'histoire-géographie, de mercatique et d'anglais)

     entretiens avec des anciens élèves du LDTC

     entretien avec la Proviseure du lycée Jean Lurçat

     entretien avec Mr Longhi, fondateur du LDTC. Ce dernier m'a fourni des éclaircissements et des éléments très utiles sur la structure.

 

I. 4 Quels enjeux représente ce travail pour l’enquêtrice ?

 

Comme l'a fait remarquer Françoise Cros, lors de sa conférence intitulée « De l'innovation au changement » en 2001, il est très important de préciser ma place sur le plan institutionnel et mes enjeux personnels par rapport à la structure du LDTC.

 

N'étant pas membre de l'éducation nationale, je n'ai aucune fonction institutionnelle à soutenir et je n'ai pas le projet de travailler dans ce type de structure. J'effectue une recherche sous contrat et je suis absolument libre de mes propos et de mes conclusions.

 

Néanmoins, j'ai dans le cours de mes études universitaires effectué une recherche sur les structures alternatives en France et au Québec; ce travail est intitulé « Décrochage et raccrochage scolaire : comparaison des approches françaises et québecoises » (Département des Sciences de l'éducation, Paris X-Nanterre, 2004). C'est à ce titre que j'ai été sollicitée pour cette mission par Mr Muller sur la recommandation de Mme Hugon, mon ancienne tutrice de mémoire qui elle-même avait réalisé en 1998 une étude de cas sur le lycée du temps choisi[1], point de départ de mon travail.


 

II La carte d'identité de la structure LDTC

 

II 1Généralités :

La structure du lycée du Temps Choisi (LDTC) dépend du Lycée Jean Lurçat, établissement public situé dans le 13ème arrondissement.

 

Le LDTC accueille en terminale, environ 90 jeunes au parcours scolaire atypique.  Ils sont bien souvent décrocheurs ou en voie de l'être. Parmi ces jeunes, certains reprennent leurs études en classe de terminale, d'autres arrivent des autres structures expérimentales du lycée ou d'autres établissements scolaires. Pour de multiples raisons, ils ne peuvent se préparer à l'examen ni dans une structure traditionnelle ni dans le cadre du CNED.

 

Scolarisés au LDTC, ces jeunes obtiennent un statut scolaire  et sont suivis par des adultes de référence.

 

Le LDTC prépare au bac L et au bac STG (mercatique). Si l'élève est  redoublant, il a la possibilité de conserver les notes qu'il a obtenues si elles sont égales ou supérieures à la moyenne (possibilité liée à son inscription en « candidat libre » au bac)

 

Le défi proposé à la base est d'obtenir le bac en un an quelque soit le cas de figure (que l'on soit redoublant ou que l'on n'ait pas passé ses épreuves de 1ère).

La préparation du bac en 2 ans est envisagée chaque fois que cela est utile mais relève d'une négociation entre élève et équipe pédagogique.

Exemples :

  • un élève qui travaille pour subvenir à ses besoins

  •  un élève qui poursuit en parallèle un autre cursus (théâtre, musique, danse …),

  • ou simplement un élève qui, de par son parcours, a des lacunes importantes dans certaines matières.

Dans tous ces cas, l'équipe pédagogique l'aide à faire le choix qui lui permettra de valider certaines matières en fin d'année, de façon à travailler les autres matières l'année suivante. En principe, cette solution est envisagée au cours du 2nd trimestre.

 

La filière ES a été supprimée il y a 4 ans sur le constat que les élèves qui fréquentaient cette section, sauf exception, étaient souvent des élèves multi-doublants qui n'avaient pas choisi ce bac.

Dans cette section par défaut, ils ne correspondaient pas vraiment au profil des élèves du LDTC. Les élèves accueillis au LDTC peuvent changer de filière (faire une Terminale L après une 1ère STG ou autre ou une terminale STG après un autre cursus).

Certains élèves de BEP qui ont subi  une orientation non choisie peuvent être admis au LDTC. Un certain nombre de ces élèves ont d'ailleurs obtenu un bac en un ou deux ans.

 

Les élèves ont aussi la possibilité de suspendre ou adapter leur temps de fréquentation pour des raisons qui leur sont propres (engagements professionnels, sportifs ou artistiques, problèmes de santé, etc…).

 

L'équipe pédagogique respecte les programmes de terminale mais adapte les horaires de cours. Ils sont dispensés par bloc de 2 à 4 heures consécutives sur une même discipline. L'emploi du temps est conçu pour laisser  aux élèves du temps libre (en principe 3 demi-journées par semaine).


 

 

II 2  Les objectifs visés :

 

Ce projet tel qu'il apparaît dans les documents rédigés par l'ancien proviseur à l'attention des autorités académiques et nationales  repose sur une conception individualisée des apprentissages et de la scolarisation au sein de l'enseignement public.

Il s'agit de re-scolariser ou d'éviter la déscolarisation des jeunes qui ont souvent rencontré des problèmes avec l'institution.

La vocation du LDTC n'est pas de recevoir des élèves qui présenteraient des troubles psychologiques graves au niveau de l'apprentissage ou au niveau  du comportement.

Beaucoup de ces jeunes sont en rupture de confiance vis à vis de toute autorité scolaire, voire de toute autre autorité et en déficit de confiance en eux. Ils ont parfois été "cassés" par le système scolaire.

Le premier travail de l'équipe pédagogique est de leur redonner confiance en eux, de les réconcilier avec l'institution et au-delà avec le monde des adultes.

L’engagement des élèves dans leur études est symbolisé par un « contrat individuel de scolarité[2] » qui est inclus dans leur dossier d’inscription.

Témoignage d'élève : « L'équipe a confiance en nous avant que nous retrouvions nous-mêmes cette confiance ».

 

 

II. 3 Le cadre institutionnel

 

Dans le cadre de l'article 34 de la « loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école », le LDTC aurait le statut d'expérimentation pédagogique. Ce qui d'après cet article engage la structure à « une contractualisation sur objectifs et le devoir d'une communication annuelle » à l'Académie.

 

Mais cette approche de l'article 34 ne fait pas consensus. En effet, les structures innovantes de l'enseignement public et parmi elles les structures spécifiques du lycée J. Lurçat se sont regroupées en une fédération, la FESPI qui, d'après le fondateur du LDTC, négocierait directement avec le ministère leur cahier des charges et les modalités de leur évaluation : « Un cahier des charges a été établi  par la fédération des structures innovantes de l'enseignement public qui regroupe les enseignants exerçant dans des structures telles que le LDTC. La fédération  aurait passé un accord avec le Ministère et notamment avec le ministre Gilles de Robien pour l'application du cahier des charges qui prévoit l’autonomie des classes innovantes, les  moyens afférents et leur évaluation. Le LDTC n'est pas engagé dans cette opération,  ses enseignants considérant qu’ils jouissent actuellement d’une liberté suffisante pour accomplir leurs missions. Par ailleurs, ils redoutent que le cahier des charges ne leur impose à terme des perspectives ou des méthodes qui ne seraient pas adaptées à leurs élèves »

 

Précisons qu’au lycée Jean Lurçat, le LDTC s'inscrit dans un ensemble de projets dont il est le précurseur. Dans cet établissement, sont développées différentes structures spécifiques visant à adapter l'offre d'enseignement aux besoins des élèves. Citons le lycée intégral (LI), La Ville pour école (LVPE), le lycée de la solidarité internationale (LSI) et Envol/Lien.


 

II. 4 Moyens et sources de financement

 

Actuellement, la structure fonctionne grâce à des moyens horaires accordés par le Rectorat de l'Académie de Paris. Les moyens octroyés à la structure du LDTC sont de 63.5 HSA (Heure Supplémentaire Année). Le LDTC représenterait un faible coût pour l'établissement selon l'ancien proviseur et fondateur du LDTC : « un élève du temps choisi ne revient absolument pas plus cher qu'un élève de BEP par exemple, il revient même un peu moins cher ». Ces moyens sont renouvelés annuellement depuis 11 ans sans garantie de pérennisation. Ce mode de fonctionnement ne permet pas la stabilité financière souhaitable pour des projets dans la durée.

La structure fait partie intégrante du lycée Jean Lurçat et n'a pas de financement de fonctionnement spécifique.

La coordinatrice de la structure souligne que depuis Novembre 2005,  elle est seule à gérer le LDTC. Elle n'a plus d’assistance administrative et se déclare surchargée.

Cette assistance  apportée par des « emplois jeunes » ou « emplois solidarité » lui permettait d’être dégagée de certaines tâches administratives.


 

II. 5 Les acteurs du LDTC

 

Sont acteurs du LDTC les jeunes inscrits, le personnel d’encadrement, les familles  et membres d’autres structures spécifiques ou classiques.

 

            5. 1 Les jeunes qui fréquentent la structure

 

Les jeunes inscrits prennent connaissance de l'existence du LDTC par Internet, par le CIO, par la presse et par le réseau relationnel.

 

Le recrutement est assuré par la coordinatrice en collaboration avec l'équipe d’enseignants. Les admis sont de la région parisienne et de la proche-banlieue. Le LDTC accueille à peu près tous les profils; comme le dit une enseignante : «ils sont comme les élèves « décrocheurs » des autres classes,  peut être plus abîmés, un peu plus en souffrance mais eux ont dit stop, ont voulu  sortir de cette situation et sont allés chercher des solutions ailleurs ».

 

D’après l’ancien proviseur, trois catégories d’élèves peuvent se distinguer au sein de cette structure. D'abord les « classiques » de milieu social dit défavorisé. Ensuite les "modestes" avec quelquefois des problèmes spécifiques (carte de séjour, francophonie récente). Enfin, les "gâtés". En effet, depuis une décennie,  on observe une recrudescence d’élèves issus des classes moyennes. En général, ils décrochent en fin de collège ou pendant les années lycée; leurs parents exercent des métiers globalement dans les milieux culturels, intellectuels, journalistiques voire éducatifs. Ce sont des jeunes qui n’ont pas subi de carence culturelle, ils ont voyagé et vivent dans un environnement  permettant un épanouissement intellectuel. Mais, ils manifestent une  inappétence pour l’effort, un refus du carcan scolaire et une certaine révolte. Parfois, ils ont cédé à la consommation de produits illicites ou d’alcool.

Bien qu'il n’existe pas de suivi statistique concernant les catégories socio-professionnelles des jeunes du LDTC, il semblerait que ces trois profils soient nettement représentés en son sein.

 

D'après les différents entretiens réalisés auprès de la coordinatrice et des enseignants, les profils des  jeunes de la structure sont :

           

       Elèves aux cursus incomplets, arrivants tardifs dans l'année, diplômés étrangers nécessitant un ajustement.

       Personnes reprenant des études, jeunes mères, adolescents aspirant à une réinsertion après une rupture scolaire.

       Jeunes salariés, élèves multi-doublants, lycéens perturbés par leur écart d'âge avec des camarades.

l        Elèves rejetant une filière, jeunes saturés par le rythme d'une filière intensive, élèves en opposition dans une matière.

l        Elèves ne supportant pas la pression de certains établissements.

l        Elèves « doués » qui se sont ennuyés à l’école

 

La majorité des jeunes du LDTC ont entre 18 et 20 ans. Pour cette année scolaire, il y a autant de filles que de garçons. Au cours du jour, quarante-trois jeunes sont inscrits en L et trente en STG. Au cours du soir, vingt-six jeunes sont inscrits dont dix-sept filles et neuf garçons. Le nombre d'élèves peut légèrement varier selon les années.

Voici quelques témoignages recueillis au cours de l'enquête sur les parcours scolaires et personnels antérieurs, relatés par des jeunes scolarisés en 2006-2007 au lycée du temps choisi, toutes filières confondues :

 

A/ une  élève en section L : « J'étais en première ES dans un lycée classique. Auparavant, j'ai fréquenté des écoles privées. L'année dernière  dans le lycée dans lequel j'étais, je commençais à étouffer. A cause de la même  pression,  j'avais redoublé ma seconde ainsi que ma troisième...donc je savais que je n’allais pas aller bien loin. Trop de pression me démotive ».

 

B/ un élève en section L : « L’année dernière, j’étais dans un lycée classique. Deux ans plus tôt, j’étais au Lycée Intégral. J’avais fait quatre lycées. J’en suis donc à mon septième aujourd’hui, pas parce que je suis nul mais parce que l’ennui me fait partir. Il m’est arrivé de fréquenter deux lycées en trois semaines.

 

C/ un élève en section L : « J’étais l'année dernière au lycée intégral. J’y ai fait une seconde et une première L en un an, avec succès  Lors des deux années précédentes, j’ai fréquenté  deux privés. Le premier, j’y suis resté 6 mois avant d’intégrer le second pendant un an pour finalement décrocher ».

 

D/ un élève en section STG : « Après ma quatrième, on voulait me mettre en BEP [...] mes parents ne voulaient pas. Ils m’ont mis dans une boîte à bac, j’y ai fait une seconde puis une première ES qui était trop difficile pour moi. On m’a conseillé une orientation en filière technologique. J’ai suivi une première STG dans un autre lycée ainsi qu’une terminale mais comme je n’ai pas travaillé, j’ai échoué au bac et ai fait une dépression de deux mois.

 

E/ une élève en section STG : « Je repasse mon Bac en candidat libre parce que je l'ai loupé l'année dernière de peu. J’avais fait une seconde générale, une première et une terminale STT, en province et je suis arrivée à Paris pendant les vacances. Au total, j’ai redoublé deux classes, ma première et ma terminale.

 

Les élèves qui fréquentent cette structure sont issus d’établissements classiques ou privés ou des structures innovantes du lycée Jean Lurçat, telles que le lycée intégral et la ville pour école. Les données fournies par la coordinatrice, pour l'année scolaire 2006-2007 indiquent que quatorze élèves de L et trois élèves de STG viennent du lycée intégral. Cela représente environ un quart de l'effectif des jeunes fréquentant la structure du LDTC pour l'année scolaire 2006-2007.

 

En résumé, comme le précise une enseignante de la structure, l'équipe recrute des élèves :  « décrocheurs qui ont envie de travailler, qui veulent avoir le bac et qui veulent remettre le pied à l'étrier ». Cependant, la même constate que cette année, les jeunes sont moins acteurs dans leur apprentissage : « ça dépend des années, j'ai l'impression que les élèves de cette cession sont plus dans l’attente d’un kit pour obtenir le bac, je les trouve beaucoup moins curieux, moins ouverts, ils n’ont pas encore laissé tomber cette  rivalité qu'il peut y avoir entre profs et élèves. J'en suis encore à leur prouver que nous sommes là pour travailler ensemble. Cette année c'est peut-être un peu particulier ».

 

Ces jeunes qui, après des parcours différents ou/et chaotiques, ont ou devraient avoir une motivation forte pour obtenir le baccalauréat et se réinvestir dans un projet de formation, n’arrivent pas toujours pour autant à travailler régulièrement dès le début.

 

            5. 2 Les acteurs professionnels du LDTC

 

Sont acteurs professionnels : La Proviseure, la coordinatrice, les enseignants.

 

                        5.2. 1 La Proviseure du lycée Jean Lurçat

 

La Proviseure, Mme Dauphin a pris la direction du lycée Jean Lurçat en septembre 2006. Elle succède au proviseur, Mr Longhi qui fut à l'initiative du LDTC. D'après l'entretien réalisé, le chef d'établissement souhaite se rapprocher de l'équipe qui gère la structure LDTC et collaborer avec elle.

 

La Proviseure n'ignore pas que le départ de Mr Longhi a suscité de vifs regrets au sein de l'équipe du LDTC. Pour autant, elle souhaite s'investir dans le pilotage de la structure. En effet, responsable de l'ensemble du lycée, elle souligne qu'elle l'est également du LDTC, et à ce titre souhaite « jouer son rôle » au sein de la structure et non pas servir de simple support administratif.

 

Elle espère engager une collaboration avec l'équipe du LDTC en toute sérénité et améliorer la communication avec elle. La Proviseure aimerait également être perçue par les jeunes de la structure comme un acteur dans le LDTC et ne pas être cantonnée à un rôle de gendarme, comme l'attestent ces propos recueillis : « la seule relation que j'ai avec eux [les élèves du LDTC] c'est de les « engueuler" dans les couloirs quand ils font quelque chose qui est interdit. Donc ils me perçoivent comme le gendarme de la maison.»

 

De son côté, l'équipe éducative demande à ce que la chef d'établissement la sollicite et développe des réunions avec elle. Cette équipe espère que sa collaboration permettra la pérennité de la structure. Un enseignant regrette ainsi le peu de lien avec la Proviseure : « Nous entretenons des liens d'une sociabilité apparente qui ne vont jamais plus loin [...] nous avons eu une réunion demandée par M. Longhi l'année dernière quand on savait qu'elle avait été nommée, avec l'ensemble des personnes qui travaillent dans toutes les structures expérimentales et qui a duré une heure». Les relations sont donc à construire.


 

 

                        5.2.2 L'équipe éducative du LDTC en 2006-2007

 

L'équipe éducative est composée de la coordinatrice et des enseignants de la structure du LDTC.

                                   5.2.2.a Les enseignants

 

Pour l'année scolaire 2006-2007, sept personnes enseignent dans la structure du LDTC.

 

Une grande diversité des origines, des formations, des parcours professionnels et des statuts caractérise cette équipe. D'après les informations recueillies auprès de la coordinatrice, les enseignants ont une formation universitaire classique. Certains appartiennent au monde de l’entreprise et de la formation professionnelle et certains continuent parallèlement à exercer ou à développer des activités professionnelles. Par ailleurs, les statuts ne sont pas unifiés : ils peuvent être personnel titulaires de l'éducation nationale ou vacataires. Certains enseignants interviennent également au CFA dont Mme. BARRAL assure aussi la coordination.

 

Ils enseignent souvent différentes matières : histoire-géographie, économie-droit ; ou philosophie, lettres, allemand

 

Le recrutement des enseignants est opéré  par la coordinatrice en accord avec la Proviseure.

 

Les élèves qui ont besoin de passer ou repasser les épreuves de 1ère ont la possibilité de suivre un cours de français tout au long de l’année, pour l’épreuve de SVT, physique ou maths, des modules sont proposés.

 

La motivation première de l’équipe repose sur le désir d’une « Ecole autrement » dans laquelle chaque élève est considéré comme un être unique.

 

Un enseignant déclare : « Pendant deux ans, j’ai été surveillant et j’ai été étonné par la distance que maintenait les enseignants envers leurs élèves. La directrice de l’établissement m’a même reproché la bonne entente qui existait entre les élèves et moi alors que celle-ci me semblait nécessaire pour remplir ma fonction. On m’a demandé de choisir « mon camp » alors que pour moi il n’y en avait qu’un. »

 


 

 

                                   5.2.2.b La coordinatrice de la structure au lycée Jean Lurçat

 

La coordinatrice vient du monde de l'entreprise. Elle est coordinatrice de la structure du LDTC depuis douze ans. Elle l'a mise en place avec l'ancien proviseur : « je porte le bébé finalement depuis sa naissance » dit-elle. Elle assume le fonctionnement de la structure depuis sa fondation.

La coordinatrice joue tous les rôles : accueil de 8h à 19h, écoute et soutien affectif des jeunes, solutions aux problèmes des jeunes et des professeurs, organisation et gestion administratives. La Proviseure souligne la fragilité d'une expérience qui repose sur les épaules et le surinvestissement d'une personne dont elle craint l'épuisement. D'ailleurs, la coordinatrice s'interroge sur le futur de son poste de travail et incite l’équipe à une réflexion sur l’organisation à venir.

 

Pour la coordinatrice, les jeunes sont la priorité. Voici comment les jeunes la perçoivent : un élève de la section STG : « elle est super gentille, elle est vachement à l'écoute et tout ».

 

Elle est considérée par les enseignants comme le pivot de la structure, comme le dit un enseignant : « Nous avons Mme B. qui est notre point de convergence et d'échanges. Le bureau de Mme B. est un espace très convivial  dans lequel se rencontrent tous les enseignants ».  « Le fait que Mme B. assure une présence continue, favorise la transmission des informations » ajoute un enseignant.

 

                                   5.2.2.c La collaboration au sein de l'équipe

 

L’échange, au sein de l’équipe est informel mais constant. Il a lieu avant ou après chaque cours.  C'est un mode de fonctionnement non institutionnalisé avec une équipe « habituée à une demande individuelle dans un cadre non formalisé et réactive » dit un enseignant. D'après les échanges et les observations conduits, l'équipe paraît très flexible et adaptable aux réalités.

 

L'équipe du LDTC a l'habitude de travailler ensemble. Un enseignant ajoute qu' « il faut une équipe sûre, qui y croit » c'est à dire une équipe soudée dans le temps, disponible et avec les mêmes objectifs mais sans doctrine spécifique. Ainsi l'ancien proviseur précise : « il n'était pas question au temps choisi de verrouiller les professeurs par une doctrine, par une obédience pédagogique. Il n’était la vitrine de personne donc l'idée c'était d'être extrêmement empirique et très pragmatique. Il s'agissait chaque année pour chaque élève, en fonction de ce qu'il pouvait faire et ce qu'il avait envie de réussir, de lui donner la meilleure adéquation entre ses capacités et nos possibilités ».

 

Les propos des enseignants témoignent de la place centrale de l'équipe dans le fonctionnement de la structure :

 

 

     Dans la gestion pédagogique des cours : les enseignants pratiquent l'interdisciplinarité et cherchent à rendre cohérentes les méthodologies.


 

Une enseignante : « Nous croisons nos disciplines et élaborons ensemble une brochure, support du module « Histoire des idées ». J'ai intégré dans mon enseignement des éléments communs à mon programme et au contenu de ce module . J'essaye de réactiver des  thèmes abordés dans les autres matières.

 Le professeur de philosophie et moi-même sommes allées voir « SHINNING », ce qui nous a permis de travailler en langue anglaise le thème de la Conscience et du Temps.

 

Un enseignant : « La complémentarité naît de  l'idée qu’en fait sans les autres nous ne  pourrions pas fonctionner.

 

     Dans les relations avec les élèves : les élèves ont le sentiment de travailler avec une communauté d'adultes solidaires.

 

Un enseignant : « Parce qu'au delà de la matière, c'est la relation aux élèves qui nous intéresse, l’enseignant face à une situation pédagogique difficile (absence de méthodologie, blocage à l’écrit, etc…) sait pouvoir compter sur une réponse réfléchie en équipe.

 

l        Participation au fonctionnement de la structure :

 

L’une des caractéristiques de l’équipe du LDTC vient probablement à la fois de son hétérogénéité et de sa complémentarité.

L’échange, le partage et la durée sont des éléments clés d’une harmonie qui donne aux élèves à la fois un sentiment de fiabilité, de complicité, de solidarité et de convivialité.

 

Un enseignant : «Mme Barral nous laisse une forte marge d’initiative. Sa position est différente de la nôtre et lui permet de privilégier une vision globale de longue durée. Cette position centrale dans le temps et dans le fonctionnement permet de neutraliser les conflits de pouvoir et favorise les prises d’initiatives spontanées.

Si, par contre, nous manquons d’initiative, elle profite de sa position centrale pour nous inviter à en avoir ».

 

 


 

            5.3 Les autres acteurs

 

                        5.3.1 Les familles

 

L'inscription au lycée du temps choisi est négociée directement entre le jeune et les responsables du projet, d’autant que la plupart sont majeurs. Les enseignants sont en contact avec les familles en fonction des relations jeunes/parents. L'équipe éducative est ouverte au dialogue avec les parents lorsque ces derniers la sollicitent.

 

On trouvera en annexe[3] une lettre de remerciement d'une famille qui témoigne du climat entre familles, élèves et équipe éducative.

 

                                    5.3.2 Les autres structures spécifiques

 

Parmi les jeunes scolarisés au LDTC, certains sont issus du lycée intégral, mais il n'y a pas à l'heure actuelle de relation pédagogique construite entre le lycée intégral et le LDTC. Il y aurait eu, à un moment donné, d'après un enseignant, une tentative de collaboration pédagogique avec le lycée intégral mais sans continuité. 

Néanmoins une collaboration administrative existe et permet d’utiliser les spécificités des différentes structures pour répondre à des besoins élèves particuliers.

 

5.3.3          Les enseignants et élèves des classes classiques du Lycée Jean Lurçat

 

Les élèves du LDTC ont parfois suivi les cours de certains enseignants du lycée et les élèves du lycée sont accueillis au LDTC dans le cadre de l’Ecole Ouverte.

Il est arrivé que des élèves du lycée « classique » soient accueillis en cours du soir pour un soutien ou pour pallier une carence.


 

III. Le fonctionnement quotidien du LDTC

 

L’'observateur est surpris par la grande liberté de comportement des jeunes. Ils peuvent se déplacer librement dans et hors de la salle dans laquelle le cours a lieu. Ils ont un emploi du temps adaptable en fonction de leur emploi du temps et de leur rythme.

Les professeurs vérifient les présences et les absences, ce qui permet le suivi.  En cas d'absence, la coordinatrice appelle le jeune, s'informe de la situation et essaie de résoudre avec lui le problème de son absentéisme. En effet, le rapport entre les jeunes et les adultes apparaît comme amical, respectueux et non conflictuel. L'objectif de l'équipe est de privilégier toujours la négociation et le dialogue. Selon l'équipe, on ne peut remobiliser les jeunes par des mesures répressives : « C'est la pugnacité des enseignants qui croient complètement en leurs pratiques qui sert de moteur et de motivation plus que leur autorité en termes coercitifs[4] ».

 

Certains jeunes suivent les cours du jour, d'autres le cours du soir. Nous verrons ci-après une présentation succincte de ces deux fonctionnements.

           

III. 1 Les cours du jour[5]

 

Pour l'année 2006-2007, soixante-treize inscrits ont suivi le cours du jour dont quarante-trois en section L et trente en section STG. Pour l'ensemble des sections, trente-huit sont des garçons et trente-cinq sont des filles. La coordinatrice précise que pour la rentrée prochaine, elle ne dépassera pas un total de trente-cinq candidats maximum pour la section L et de 30 pour la section STG.  

 

Sont proposés dans le cadre du projet « Deux cordes à mon arc », des modules « Arts plastiques » et « Audiovisuel ».

 

La plupart des cours sont dispensés sous forme de blocs de deux à quatre heures, ce qui suscite une interrogation quant à la capacité des élèves à se concentrer.

Un élève en section L apporte un élément de réponse : « l'emploi du temps en lui même est pas mal, les cours sont compacts ce qui permet de ne pas perdre de temps et de traiter un sujet dans son ensemble. Un cours peut intégré  un débat,  un travail sur exercice, des ouvertures sur d’autres thèmes dans le programme ou en dehors.

Un élève interviendra plus dans ce type de cours parce qu’il repose sur l’échange et intègre la réflexionde l’ élève dans sa construction ».

 

Un intérêt supplémentaire est souligné par un autre élève : « je peux aller au conservatoire, avoir du temps pour moi, faire mes devoirs  et ça n'enlève rien à la qualité ou à l'apprentissage, j'apprends beaucoup de choses, c'est pas dévalorisé, c'est juste que c'est autrement »


 

 

III. 2 Les cours du soir

 

 

Les cours du soir préparent au baccalauréat des personnes dont les profils sont très variés. Les inscrits peuvent être en activité professionnelle, sans lycée (qui n'ont pas été pris au cours de jour par manque de place) et/ou des jeunes du cours du jour qui souhaitent approfondir leurs matières et avoir un soutien supplémentaire. On y retrouve aussi les redoublants du LDTC de l'année précédente.

 

Vingt-six jeunes sont inscrits en cours du soir dont dix-sept filles et neuf garçons. Dix neuf préparent le baccalauréat L, deux le baccalauréat ES, un en S  et quatre sont en première L.

 

Les cours du soir ont pour vocation de fournir un soutien à un travail personnel important. Les adultes y enseignent le même programme qu'au cours du jour mais dans des temps beaucoup plus réduits. Comme le dit un enseignant, c'est « du soutien approfondi, ça ne peut pas réellement remplacer un cours ». Il s'agit de donner une nouvelle chance à un jeune qui souhaite repasser le bac sans lui imposer un horaire lourd. Ces cours permettent aussi de « refamiliariser » les jeunes avec les études pour qu’ils puissent mûrir leur projet.

 

Un enseignant ajoute que : « Même si leur présence n’est pas toujours régulière, cela leur permet d’avoir des références, de vérifier leur préparation pour l’examen.

Cette irrégularité est due aux contraintes professionnelles de certains jeunes qui travaillent avec des horaires variables ou des activités intermittentes. Les jeunes sont amenés continuellement à s'ajuster aux contraintes du marché du travail; ce qui les amène souvent à s'absenter. »

 

Une ancienne élève de L :  « C’est vraiment pour des élèves motivés. Il faut du sérieux, retravailler ses cours. Il faut fournir un travail personnel ».

 


 

III.3 En cours de réflexion

 

Les cours du soir font l'objet d'une réflexion de l'équipe. En effet, depuis quatre ans, ce cours a connu une évolution importante en raison de la situation économique.

De plus en plus de jeunes en situation de précarité, inscrits au cours du soir sont amenés à sacrifier leurs études pour pouvoir gagner leur vie. Un enseignant décrit ainsi le cours du soir : «D'une semaine à l'autre, la composition du groupe peut changée, la rotation peut être assez forte. »

 

Depuis l'année dernière, l'équipe a choisi d'utiliser ce cours pour tester la motivation de certains qui ont échoué au baccalauréat l'année précédente, au sein de LDTC.

Elle utilise également les cours du soir pour répondre à une demande élève du cour du jour désireux d'approfondir une question en particulier.

 

III.4 Un cours atypique ou innovant : "Histoire des Idées"

 

Il a été mis en place en 2003, suite à une réflexion menée conjointement entre professeurs et élèves des années précédentes.

 

Les participants à cette réflexion avaient constaté à la fois un manque de culture générale et des difficultés à relier les différents domaines de connaissances.

 

Pour répondre à cette problématique, l'équipe a pensé construire un cours interdisciplinaire dans lequel plusieurs professeurs interviendraient simultanément.

 

Ce cours interactif permet :

 

·        de développer l'esprit critique par un débat encadré,

·        de mettre en place la méthodologie par la confrontation des points de vue professeur/élève et/ou professeur/professeur,

·        de leur donner les points de repère relatifs aux différents domaines.

·        Travailler ensemble permet de dépasser le seul cadre de la préparation au bac. L'équipe va plus loin, dépasse l'exigence du bac, "nourrit" les élèves pour tenter de leur offrir des cours de type universitaire dans l'objectif d'éviter le décrochage post-bac.

·        De répondre à des thématiques correspondant à la curiosité intellectuelle des élèves


 

III.5 Deux cordes à mon arc

 

Cette année, toujours dans cet objectif, un projet "Deux cordes à mon arc" a été mis en place. A travers ce projet, l'équipe souhaitait favoriser l'intégration des jeunes qui souhaitent se diriger vers des métiers d'art, dans les écoles d’architecture ou audio-visuel avec ou sans baccalauréat.

 

Ce projet, soutenu par le conseil régional d’Île de France dans le cadre « ambition réussite pour tous », a été  mené avec l’équipe enseignante du lycée, des professionnels du cinéma, des arts appliqués et de l’architecture et l’association des cinémas indépendants de Paris.

 

Il vise trois pôles pédagogiques qui s’articulent autour d’un sujet d’étude commun :  « Berlin, mémoire des chutes ».

 

Du point de vue pédagogique, le projet vise trois objectifs pragmatiques qui s’interpénètrent :

 

- le développement de compétences générales et transversales,

- l’acquisition de compétences langagières en allemand et en anglais,

- la réalisation d’un documentaire à Berlin.

 

La création artistique implique totalement l’élève, elle touche l’intimité de l’élève. Il vit la langue et crée avec elle et grâce à elle. Il associe une expérience intime à une capacité linguistique. L’engagement dans le réel permet de dépasser le cadre froid des apprentissages. La fonction émotive liée à la création artistique permet, au delà du conceptuel, de générer un goût pour les langues.

 

Voici le regard d’une élève sur cette expérience :

« Le voyage à Berlin nous a permis de découvrir la ville à notre rythme, d’avoir des échanges en allemand. Les relations que nous avons pu faire entre les bâtiments et le thème de travail nous a aidé à mieux comprendre la culture de cette ville.»

 

III.5 La pratique pédagogique des enseignants au LDTC

 

Les enseignants du LDTC pratiquent une pédagogie active et différenciée. Tout est fait pour inciter l‘élève à s’approprier le cours.

 

« Je travaille à partir des idées de l’élève, des problématiques sous-jacentes et je construis le cours au fur et à mesure de leurs interventions.

L’élève s’inscrit au cœur du projet et construit son savoir avec l’enseignant qui joue le rôle d’un marionnettiste. »

 

« La pédagogie différenciée exige que l’on adapte son cours à des niveaux hétérogènes. Cela  passe par un échange constructif entre le prof et l’élève et, il est vrai, que cet échange n’est pas toujours simple à mettre en place. Tout prof de langue travaillant avec des niveaux non homogènes se heurte à des difficultés et c’est ce qui rend la pédagogie différenciée si complexe et en même temps force le prof et l’élève à être tous deux acteurs dans cet échange ».


 

Quelques témoignages d'élèves du LDTC sur la pédagogie dans la structure :

 

Voici comment un élève de STG qualifie l'équipe : « j'aime leur gentillesse, leur ouverture d'esprit et surtout le temps qu'ils nous donnent. Ils n'ont aucun à priori, tout est dans l'humour. » Les élèves peuvent tutoyer leurs professeurs et il arrive qu'ils déjeunent ensemble. Les observations montrent que ce mode de fonctionnement avec les jeunes n'entraîne pas des attitudes de non-respect envers les enseignants.

 

Un élève de  la classe de L : « Ils veulent (les profs) que tout le monde apprenne bien. Leur méthode est bonne parce qu'ils nous demandent de parler, de donner nos idées, nos opinions. Le fait de parler, d'échanger et d'écouter les autres nous permet de mieux et plus réfléchir et nous  fait apprendre et évoluer ».

 

Un élève de STG : « Les profs ont une autre approche, ils nous demandent par exemple, de préparer des fiches, ensuite on pose des questions. Ces échanges nous permettent d'aborder les cours différemment et on ne voit pas passer les 4 heures. En fait, on peut dire que la préparation occupe 50% du temps d’étude et que les autres 50% se jouent en cours ».

 

Un ancien élève de la classe de L : «  les cours sont condensés et denses, il n'y a pas de blabla inutile mais il y a des anecdotes. Tout est fait pour qu'on retienne ».

 

III.6 Le système de notation

 

La notation fait partie intégrante de la démarche pédagogique. Elle aide l’élève à se situer sans pour autant se dévaloriser.

 

Chaque enseignant utilise la méthode de notation qu'il juge approprié. Les enseignants, souvent en début d'année mettent des annotations, des remarques sur les copies de façon à ce que l'élève saisisse ce qui est correct et ce qui ne l'est pas.

 

Ensuite, les enseignants notent, souvent à la demande des élèves et ils appliquent la notation "bac". Les notes n’ont pas pour fonction de juger l’élève mais ce qu'il a rendu par rapport à ce qui est attendu à l'examen.

 

L'équipe pédagogique insiste sur le fait que la notation doit être "honnête" pour ne pas tromper l'élève même, si, dans la première partie de l'année, les notes sont "optimistes" afin d'éviter aux élèves le découragement et leur de permettre de s'accrocher.

 


 

IV. Les résultats au LDTC

           

Les résultats au baccalauréat ne peuvent être l’objet de statistiques :

  • D’une part, les informations ne sont pas toujours connues de la structure

  • D’autre part, le parcours des élèves peut s’étendre de 1 à parfois 3 ans.

Néanmoins un grand nombre d’élèves obtiennent le bac alors qu’ils n’auraient même pas tenter de le présenter ou de le représenter sans cette structure.

 

Voici ce que disent les élèves interviewés :

 

     Ils découvrent le goût d'apprendre :

 

Un élève de la classe L : « Ils nous donnent envie d'apprendre. Je leur fais totalement confiance, ils ne doutent pas, contrairement aux profs que j'ai eu.»

 

Un élève de la classe STG : « Après avoir été accepté  dans cette classe, je me suis dit que c’était le début de quelque chose. Les profs me faisaient confiance et je n’avais pas envie de les décevoir. Je me suis mis à bosser et j’ai eu les encouragements du conseil de classe !»

 

Une élève de la classe L : «Dans cette classe, les profs ne nous mettent pas dans une case. Ils prennent en compte la personnalité de chacun ; ce qui nous laisse plus de liberté pour apprendre.»

 

       Ils reprennent confiance en eux et dans les adultes :

 

Un élève de la classe STG : «Alors que j’étais un rejeté de la société, ils mont fait confiance et m’ont donné le sens des responsabilités. Grâce à eux, je me suis dit que les gens n’étaient pas aussi méchants, qu’ils pouvaient penser aux autres»

 

Une élève de la classe L : « Il existe une vraie  interaction entre les élèves et les profs, il n’ y a pas cette barrière imaginaire qui empêche un vrai dialogue.»

 

Un élève de la classe L : « Mais là j'ai vraiment le sentiment que des gens sont derrière moi, qu’ils sont là pour te soutenir, t'épauler, essayer de te comprendre...Tu sens que les profs sont là pour toi ».

 

Témoignent aussi de ce rapport positif au LDTC, les visites des anciens élèves :

 

Un ancien élève en classe L : « En fait, le temps choisi, c'est la seule structure où je reviens bien que j'ai eu mon bac. Je ne suis jamais retourné en pension, je ne suis jamais retourné au foyer, Il n’y a qu’ici que je revienne. Je n’y ai pas appris que des cours, j’ai aussi appris la vie, c’est peut-être idiot à dire mais c’est comme ça…Mon prof d’histoire m’a aussi donné des cours de karaté ! Et oui il y a des profs qui font ça !

On pouvait parler de tout avec eux. Dans la cour de récré, pendant les pauses, ils sont souvent avec nous, nous écoutent. Nous échangions sur toutes sortes de sujets. Je suis peut-être un peu nostalgique de cette époque parce que c’était vraiment de bons moments. »

 

Le rapport positif à l'école, aux adultes et aux apprentissages est confirmé par ces citations.

 

Le temps imparti pour cette enquête n’a pas permis de connaître de façon quantitative le devenir des anciens élèves.

 


 

V. Synthèse

 

Au terme de cette monographie, on trouvera ci-dessous sous forme de tableau une présentation des éléments qui nous ont semblé caractéristiques du LDTC et que nous avons observés au cours de cette étude. Pour simplifier la lecture de la présentation des données, on a distingué entre ce qui nous a semblé être les « points forts » et les « points à renforcer ».

 

Points forts

Points à renforcer

Concernant l'équipe pédagogique

Concernant l'équipe pédagogique

Investissement important de la coordinatrice

Aide administrative de la coordinatrice

Investissement important des enseignants

Cohésion de l'équipe

 

Flexibilité

Diversité des profils

Pragmatisme et empirisme

 

Transmission patrimoine pédagogique au sein de l’équipe et soutien au « nouvel arrivant ».

Communication à construire avec la proviseure récemment nommée

Concernant la méthode et la pratique

Concernant la méthode et la pratique

De nombreuses réunions informelles

Pas de pérennité assurée

Pédagogie active/différenciée

 

Interdisciplinarité

 

Concernant la structure

Concernant la structure

Souplesse de la structure

Complexité du suivi individuel.

Faiblesse du coût

 

Structure intégrée dans les locaux d'un lycée classique

 

Concernant le ressenti et les résultats

Concernant le ressenti et les résultats

Motivation et satisfaction des élèves

Pas de statistiques

Satisfaction des parents

 

 

 

Concernant la relation avec l'extérieur

Concernant la relation avec l'extérieur

 

Peu  de relation avec les enseignants des classes dites « ordinaires »

Peu de relation pédagogique avec les autres structures expérimentales

Soutien des médias

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

Ouvrage consulté

 

VIAUD, M-L., « Des collèges et des lycées différents », Puf, 2005, p.87 à 169.

 

Rapports et documents internes

 

HUGON, M-A., VIAUD, M-L., grille d'évaluation des dossiers, EC « Innovations pédagogiques », 2006-2007, document interne, département Sciences de l'éducation, Université Paris X.

 

LONGHI, G., rapports et bilans annuels de 1994 à 1999, documents internes.

 

MOUVET, B., « Comment tisser entre l'école et son environnement des liens qui contribuent à instaurer des conditions de vie et de travail paisibles dans l'établissement? », 2004, rapport interne, Université de Liège, Faculté de psychologie et de sciences de l'éducation, chap. II.2, P.5 à 13.

 

Communication

 

CROS, F., « Innovations et institutions : continuités et ruptures », communication présentée lors des journées inter-académiques « Questions à l'innovation », Paris, 28-29 Novembre 2000.

 

Articles de presse

 

« (Re) passe ton bac d'abord », TELERAMA, Janvier 1998, N°2506, p.12.

« « ALBATROS » : pôle des pédagogies différentes », entretien avec G. LONGHI, Journal des enseignants de l'UPR de Paris, Octobre 1999, p.8 à 12.

Comment combattre l'ennui », LE PARISIEN, Janvier 2003, p.6.

« Le lycée qui leur fait aimer le lycée », ELLE, Février 2003, p. 82-85.

« Le sauvetage des élèves devient une cause nationale », CHALLENGES, N°48, Septembre 2006,  p.66-67.

 

Travaux sur Internet

 

HUGON, M.-A., « Rescolariser et préparer au baccalauréat des jeunes en rupture : l'expérience du lycée du temps choisi », étude de cas, Innova : Observatoire européen des innovations en éducation et en formation, INRP, 1998.

http://www.inrp.fr/Acces/Innova/Savoirs_nouveaux/Etudes_de_cas/Egalite_chances/France_1_08.htm