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Le périurbain au centre de la question urbaine

Laurent Cailly Peut-on faire le procès du périurbain sans nuances ?
Dans le cadre d'un stage de formation continue ayant pour thème " enseigner les espaces urbanisés en France", qui s'est déroulé au collège Thomas Mann (Paris 13e arr.) le 25 avril 2013, Laurent Cailly a présenté le renouvellement des approches scientifiques autour des questions de la définition du périurbain, de sa complexité croissante et de ses relations aux nouvelles formes d'habitabilité urbaine. *Il montre clairement au cours de cette conférence que* nos concepts traditionnels ne sont plus opératoires. Le lieu de résidence ne suffit pas à rendre compte de l'espace de vie et de socialisation. Il est nécessaire de souligner l'ampleur et la complexité du phénomène, de privilégier dans une structure en couronnes, l'utilisation les termes de couronne suburbaine pour le périurbain proche et ancien et de couronne périurbaine pour le périurbain jeune et récent.
Laurent Cailly est maître de conférences en géographie à l’Université de Tours et membre du laboratoire CITERES (Cités, territoires, environnement et sociétés ; UMR 6173). Auteur de nombreux articles et ouvrages, ses travaux se sont intéressés aux questions de mobilité, d’identité spatiale ou encore de représentation cartographique des pratiques spatiales et se sont portés plus particulièrement ces dernières années sur les périphéries urbaines.

Laurent Cailly introduit son propos en rappelant que le périurbain est associé à un processus migratoire. Il s'agit d'une catégorie d’espace associée à un mode d’habiter constituant un phénomène d’ampleur et qui pose d'emblée un problème de définition. 1 français sur 5 (ou sur 4) vit dans une commune périurbaine. Le périurbain représente près d’1/3 des communes.

Le géographe souligne que le périurbain  bouleverse notre modèle urbain hérité : étalement, polycentrisme, flux et réseaux, segmentation fonctionnelle et sociale accrue. Il constitue un modèle d’urbanisation controversé et jugé pathogène. Il déchaine la critique.  Les périurbains, via leurs manières d’habiter, sont tenus responsables d’une « crise » de l’habitabilité urbaine.

A revers de cette représentation péjorative et accusatrice du périurbain, Laurent Cailly propose de répondre à deux hypothèses :

  1. la plupart des critiques adressées au périurbain dépassent le périurbain : le périurbain est un miroir grossissant des dynamiques urbaines.
  2.  Les territoires et les habitants périurbains présentent une complexité et une différenciation croissantes. On ne peut enfermer la réalité périurbaine dans un petit nombre de représentations simplistes.

1. Un processus migratoire de grande ampleur

1.1 La révolution périurbaine est toujours en marche

(Cf. Carte de l'évolution de la densité de population entre 1990 et 2006)

Le périurbain trouve son origine dans le processus d’exurbanisation résidentielle des classes moyennes, principalement des familles. Il démarre à la fin des années 1960, s’intensifie entre 1975 et 1990, ralentit après. Il donne lieu à une croissance aréolaire et ondulatoire qui exprime un desserrement résidentiel d’autant plus fort que l’on « monte » dans la hiérarchie urbaine. Il favorise une structure en couronnes : périurbain proche et ancien : (le suburbain) et un périurbain jeune et récent. Le périurbain participe à la dédensification et à l’étalement des espaces urbanisés.

Il entraîne une dynamique d’urbanisation qui entraine des changements paysagers, sociaux, politiques brutaux.

1.2 1990-2010 : des formes renouvelées

(CF. Graphes de l'évolution des sous-espaces des aires urbaines 1962-2006 , p 4)

La croissance périurbaine ne se fait plus au détriment des centres. Depuis 2000, le desserrement résidentiel périurbain connaît un regain : + 1,3 %/an entre 1999 et 2006 contre + 0.96 %/an entre  1990 et 1999.  Plus loin, plus diffus, en auréoles, en corridors, en façades, en rebond, en peau de léopard.

La croissance périurbaine est très inégale selon les villes et les régions. Elle est d’autant plus forte qu’une région ou une ville est attractive ! Le modèle résidentiel « centrifuge » se complexifie : rural, petites villes, périurbain d’autres villes et surtout, croissance endogène.

Il présente aujourd'hui un signe de maturation et d’autonomisation.

1.3 La périurbanisation :  vecteur d’urbanisation et de métropolisation

(Cf. Carte des navettes domicile / travail en 2006, flux supérieurs à 25 p 5)

La périurbanisation est la principale modalité de  l’urbanisation contemporaine : le desserrement résidentiel est plus conséquent que les emplois et les campagnes sont intégrées fonctionnellement aux agglomérations par d’intenses mobilités quotidiennes. En 1995, le ZAU de l'INSEE (zonage en zone urbaine) institutionnalise cette conception fonctionnelle et relationnelle de l’urbain. Il permet la mesure et l’objectivation du phénomène : l’urbanisation du territoire par desserrement et « annexion » des espaces ruraux situés en périphérie.

La périurbanisation contribue à former des « bassins de vie » et contribue à la formation de véritables régions urbaines, c’est-à-dire des ensembles urbains très étendus, discontinus, multipolaires, organisés et rendus cohérents par des systèmes complexes de mobilité.

Il faut différencier deux définitions du périurbain. A la définition morphologique ancienne est venue s'ajouter une définition fonctionnelle du périurbain.

1.4  De la difficulté de définir et mesurer l’urbanisation du territoire

(Cf. Le ZAU en Région Centre et en Pays de la Loire p 6)

Le périurbain illustre la difficulté à définir et de mesurer l’urbanisation contemporaine. Les limites internes et externes sont mouvantes. Le ZAU (zonage en aire urbaine) a permis de mesurer le phénomène mais présente beaucoup d’inconvénients : il occulte la logique de gradient, il enferme le périurbain dans une représentation aréolaire et mono-centrique, il évince le périurbain des petites villes (avant 2012)... Il faut donc se demander qui vit dans quel contexte (plus ou moins) urbain ?

2. Comment expliquer ce succès ?

2.1 Les clés du succès : des leviers structurels intacts, ou presque

(Cf. Publicité mise en ligne sur le site d’un constructeur, 2013. p 7)

Malgré la loi SRU (lsolidarité et renouvellement urbain) et les bonnes intentions aménagistes, les leviers structurels s’avèrent particulièrement tenaces. Malgré la crise, la rencontre d’une demande solvable (classes moyennes accédantes) et d’une offre industrialisée et standardisée de pavillons ne s’est pas effritée : l’accession à la propriété joue un rôle social important pour les classes moyennes. Les politiques du logement, menées à partir de 1973 en faveur de l’accession à la propriété en maison individuelle, n’ont pas été remises en cause. L’Etat continue de « solvabiliser » les ménages sans condition de localisation.

L’idéologie du "tous propriétaire" est relayée par les banques et les constructeurs.

Les politiques en faveur de l’automobile, malgré des inflexions récentes, continuent d’étendre le marché foncier urbain. Le renchérissement de l’essence ne semble pas avoir d’effets importants (pour l’instant) sur les stratégies des ménages.

2.2 Les clés du succès : un modèle résidentiel solidement ancré

(Cf. Extrait d'une enquête Pourquoi vivre en périphérie ? La réponse d’une habitante d’Azay-sur-Cher (20 km de Tours, 2003 p 8)

Mais, le processus tient aussi et surtout à la vigueur du modèle résidentiel périurbain centré sur la quête de confort spatial. (*Modèle résidentiel : système de valeurs, de normes et d’appétences en matière résidentielle qui orientent les choix d’habitat). Quels en sont les leviers ?

- La propriété conçue comme une accumulation patrimoniale, un patrimoine transmissible, un désir de souveraineté, distinction et une assurance sociale ;
- la maison individuelle et la demande d’espace privatifs perçues comme un écrin pour la vie familiale et pour l’individu répondant à des logiques d’écart et de privatisation des activités ;
- la nature et l’imaginaire villageois : une campagne mythifiée, hédonique, récréative, conviviale, mais qui masque des rapports très différenciés.

Attention : le choix résidentiel périurbain n’en est pas moins un « choix sous contrainte » pour une partie des habitants, avec tout un gradient entre deux archétypes : le périurbain d’élection » ; le périurbain de « relégation ».

3. Les bouleversements  du modèle urbain hérité

3.1 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : la ville « à la campagne »

 (Cf. La ceinture verte, dispositif clé du SCOT de Lyon, ou un travail sur Fontainebleau p 9)

Le périurbain incarne l’hybridation entre la ville et la nature : la prédominance des espaces naturels et la discontinuité paysagère sont au coeur de la définition du périurbain et caractérisent un étalement urbain « à la française » (saut de grenouille). La nature est au centre des choix résidentiels : 2/3 des habitants déclarent choisir le périurbain pour le cadre « rural » et « campagnard ».  La nature est une valeur spatiale clé.

Le périurbain conduit à la patrimonialisation des espaces naturels (PNR : parc naturel régional), au malthusianisme foncier, à la défense de l’agriculture (ZAP: zone agricole protégée) qui  marquent les politiques locales, mais de manière inégale. Les espaces périurbains constituent un « patrimoine vert » qui en font des « appendices urbains destinées aux loisirs » particulièrement appréciés des citadins.

 3.2 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : une ville peu dense, sectorisée et tomophile

(Cf. Photographie aérienne du golf de Gif-sur-Yvette : l’enclavement des formes urbaines ; carte de la garrigue nîmoise : le mitage généralisé de l’espace,  p 10)

Plusieurs formes sont à distinguer dans le périurbain :
- des formes principalement pavillonnaires, peu denses, jugées uniformes qui masquent d’autres formes d’habitat (fermettes isolées, maisons de bourg).
- un urbanisme de « zones », fondé sur la séparation dans  l’espace : extension des zones d’habitat à l’écart des services urbains et des zones d’emplois. Campagne à forte orientation « résidentielle », mais pas dortoir… Il n’exclut pas une relative diversité fonctionnelle : fonctions récréatives, culturelles, productives, reproductives, etc.

Des discontinuités sont à relever à divers échelles :
- à l’échelle du quadrant : sectorisation des grands réseaux (voies rapides, autoroutes, rocades, LGV) et zonage des « parcs » ;
- à l’échelle de la commune : l’urbanisation en « stop en go » produit un urbanisme de plaques ;
- à l’échelle du lotissement, un enclavement résidentiel fait de boucles, de raquettes, d'impasses, de mitages,
- il faut aussi tenir compte des espaces délaissés, de la vacuité, des interstices.

Le périurbain n’a toutefois pas le monopole de la fragmentation physique et de l’enclavement résidentiel…

3.3 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : l’automobilité au cœur des modes d’habiter périurbains

(Cf. Carte des ménages multi-motorisés en France en 1999, carte des mobilités d'un cardiologue p 11)

Le périurbain porte à la caricature. L’allongement des distances parcourues au quotidien pour tous les motifs. Dans l’aire urbaine de Tours, la distance parcourue au quotidien est 2 fois plus élevée dans le périurbain proche et 4 fois plus élevée dans le périurbain lointain comparée à la ville-centre (ATU, 2010).
L'automobile est une norme. Un ménage sur deux possède deux voitures et plus. Les déplacements automobiles représentent plus de 80 % des distances parcourues, contre 65 % dans les villes centre. Le mode d’habiter est donc structuré par l’automobile : élargissement des échelles du quotidien, éclatement et organisation réticulaire des lieux de vie, reliés par des fils automobiles, multiterritorialisation... Cette configuration permet de rendre contigus des lieux éclatés et de recréer, par la mobilité, de la proximité et de l’urbanité. Les systèmes de mobilités sont complexes : centripètes, centrifuges, tangentielles, internes au périurbain ; variables selon les temporalités, les motifs et les contextes périurbains.

3.4 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : le polycentrisme plébiscité

(Cf. Carte du parc d'activités de Chesnes entre Lyon et l'Isle d'Abeau carte des mobilités d'une aide-soignante p 11)

 La périurbanisation a largement contribué à l’évolution polycentrique des espaces urbains :
- de nouvelles centralités commerciales sont nées aux franges d’agglomération, devenues « centres de vie » : espaces publics « marchandisés » ?
- des parcs d’activités industriels, commerciaux technopolitains ou logistiques se sont développées en périurbain.

La multiplication des centralités secondaires favorise une autonomisation relative des territoires périurbains et contribuent à la formation de bassins de vie périphériques. Elle donne prise à un polycentrisme vécu…

 3.5 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : un espace socialement fragmenté

(Cf. Carte de la répartition des foyers fiscaux par communes et arrondissements
de Paris en Île-de-France 2005, carte par anamorphose du revenu communal médian p 13)

Les populations périurbaines regroupent peu de minorités et accueillent plutôt des classes moyennes, au sens large.
La distance au centre et les prix décroissants du foncier organisent un tri concentrique, devenu prééminent dans un contexte de forte tension immobilière. Des effets de site (en fonction de l'accessibilité, des aménités, des servitudes), des ségrégations entre lotissements, et depuis peu à cause de la crise à l’intérieur des lotissements… apparaissent dans le périurbain.

3.6 Les figures de la vi(ll)e périurbaine : des modes d’habiter contrastés et individués

(Cf. Schémas p 14)

Les recherches sur la mobilité périurbaine font apparaître la diversité des rapports des périurbains à la mobilité et à leur espace de vie. Nous avons identifié 3 principaux archétypes (Cailly, 2007), que R. Dodier a fait évoluer en 9 types, révélateurs de la diversité des manière d’habiter le périurbain (Dodier, 2009).
- Le « métropolitain», environ 30 % de la population,  articule toutes les échelles, vit dans un système réticulaire, multisaclaire ;
- le « villageois », environ 45 % de la population, entretient des liens très forts avec sa commune, renvoie à une autonomisation des espaces périurbains ;
- le « reclus », environ 25 % de la population, vit centré dans son pavillon, ayant peu de lien avec le centre de l'agglomération.

Ces diverses catégories d’habitants n’ont pas les mêmes pratiques spatiales ni les mêmes représentations du territoire. Au-delà des déterminants collectifs apparaît une forte individualisation des systèmes de déplacement.

 4. La périurbanisation : un modèle d’urbanisation controversé

4.1 Le périurbain, sous les feux de la critique

(Cf. Corpus documentaire p 15)

Le périurbain fait débat. Il suscite depuis les années 1990 une controverse entre les observateurs bienveillants de la « ville émergente » et les contempteurs d’un périurbain  pathogène. La lecture « stigmatisante » n’a cessé de s’affirmer. Portée historiquement par les milieux de l’urbanisme et de l’aménagement, elle est progressivement relayée par « La France des marges qui s’est fait entendre le 22  avril » (J. Lévy, H. Le Bras, Le Monde, 25/04/2012), par les chercheurs, par les politiques et par les médias.

La critique (ancienne) s’est en partie renouvelée. Elle est devenue
- « esthétique » : "halte à la France moche" ;
- « sociale » dénonçant l'aliénation par l'accession à la propriété, reprochant un mode de repli, une mise à l'écart, des logiques d'entre-soi, un individualisme (à nuancer par l'existence de dynamiques associatives) ;
- « socio-politique » : se dressant contre ce qui est considéré comme des formes de malthusianisme foncier, marqué aussi par l'insuffisance de logement social, soulignant l'essor d'un vote souverainiste (à nuancer parce qu'il existe une pluralité du vote périurbain) ;
- « écologique » accusant les impacts environnementaux...

4.2 Le périurbain, au centre de la lutte contre l’étalement urbain

(Cf. Extrait de CEE, 1990, Livre vert sur l’environnement urbain, Luxembourg ;  carte du SCOT de Tours p 16)

La critique environnementale de la périurbanisation a amené les politiques d’aménagements à promouvoir une ville dense , mixte et favorable aux mobilités douces. Ce modèle de la vile « compacte » est apparu de manière « descendante », à trois niveaux (européenne, nationale, locale) :
- à l’échelle européenne : expériences étrangères, livre vert sur l’environnement urbain (1990), charte d’Aalborg (1990) ; 
-  à l’échelle nationale : loi sur l’air (1996), loi SRU (2000), Grenelle 1 (2007) et 2 (2010) ;
- à l'échelle locale : les PLU se rajoutent au SCOT.

La lutte contre l’étalement urbain rencontre certaines limites : les aspects récents des dispositifs, le caractère non prescriptif des SCOT, l'inadéquation des périmètres, les effets report, les contradictions avec les politiques sectorielles (logement, transport), l'inertie du modèle résidentiel. Les effets directs sont difficilement évaluables. Mais la mise en oeuvre de ces dispositifs sensibilisent et mobilisent les acteurs locaux autour de la lutte contre l’étalement urbain. La lutte contre l’étalement urbain entretient une « mythologie » suivant laquelle il faudrait en finir avec le périurbain. 

 4.3 Le périurbain, enjeux d’aménagement

(Cf. Huis clos pour un quartier 2007 • Documentaire de Serge Steyer • 52 minutes, Un exemple de ZAC dense, à Montlouis-sur-Loire p 17)

Le référentiel de la « ville dense » gagne à l’échelle locale. Une partie des élus périurbains sont sensibles à l’étalement : à son coût économique, à l'impact paysager et environnemental, à la volonté de changer de modèle, etc. Cette prise de conscience occasionne des projets urbanistiques innovants : densité, diversité des typologie d’habitat et des statuts, mixité sociale et générationnelle, espaces publics, cheminements piétonniers, équipements et services, etc. Certains écoquartiers sont en projet.

Ces opérations se heurtent néanmoins à certaines difficultés : le poids des acteurs privés et de la rentabilité économique (maison individuelle, qui assure la rentabilité de l’ensemble), l'acculturation lente et la frilosité des élus (en matière de densité, de mixité, etc.) soucieux de l’acceptabilité sociale, l'inertie des modèles architecturaux du côté de la production immobilière !

Les travaux menés sur la réception sociale de ces nouveaux ensembles résidentiels pointent d’autres limites : la maison de ville est perçue comme un bien transitoire, les espaces publics du quartier sont sous investis par les adultes, la mixité sociale fonctionne mais dans certaines limites, et surtout, la réflexion à l’échelle du quartier ne résout pas la question des mobilités quotidiennes… 

Le périurbain est donc « pluriel » dans ses caractéristiques, ses acteurs et ses enjeux d’aménagement.

4.4 Le périurbain, au prisme de la prospective

 (Cf. Schémas p 18)

Partant de l’idée qu’il faut composer avec le périurbain et chercher à le réguler, la DIACT a commandé en 2007 un travail de prospective sur le périurbain.
Cinq scénarios ont été identifiés :
- le périurbain digéré par l’urbain ;
- le périurbain dissout dans le confort spatial ;
- le périurbain transformé en conservatoire néo-rural ;
- le périurbain saisi par l’inter-territorialité ;
-le périurbain réquisitionné par les villes-régions

Ces scénarios extrapolent des tendances à l’oeuvre qui annoncent la « diffraction » déjà tangible des futurs périurbains :
-  croissance, renouvellement, densification, développement économique, connexion aux transports en commun  dans certaines communes de première couronne (scénario 1) ;
-  préservation du cadre de vie, malthusianisme foncier, comportement de club, logique de patrimonialisation et de sanctuarisation dans d'autres (scénario 3) ;
- attractivité résidentielle et croissance non contrôlée, réponse aux désirs des ménages, poursuite du desserrement urbain dans les communes lointaines (scénario 2).

 Conclusion

Le périurbain n’épuise pas toute la question urbaine, mais il montre que la prise en compte des logiques habitantes permet : de mieux comprendre la fabrique des villes (spatialité à espace); d'objectiver la diversité des habitants et de leurs territoires de vie, de discuter les représentations dominantes « sur »; de partir des représentations habitantes pour éclairer les débats citoyens ; de mieux identifier les enjeux d’aménagement.

Il permet d’aborder, de discuter ou d’exemplifier la totalité des grandes dynamiques urbaines : l’urbanisation, ses modalités contemporaines, les problèmes de définition et de mesure; la métropolisation, ses effets (concurrence spatiale, tensions immobilières) et ses formes (formation de régions urbaines); l’évolution polycentrique des organisations urbaines ; le rôle des mobilités dans le processus d’urbanisation ; les formes de l’urbanisation contemporaine (étalement, séparation des fonctions, fragmentation physique); le rapport ville/nature ; ville/campagne ; la fragmentation sociale des espaces urbanisés ; la complexité des enjeux d’aménagement et de la gouvernance des espaces urbanisés.

Les visuels de la conférence de Laurent Cailly sont téléchargeables dans l'encadré "en savoir plus" situé ci-dessous.

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