Bandeau

Histoire, mémoire et témoignage

Niveaux : Terminale Lycée d'enseignement général
Mot(s) Clé(s) : mémoire - témoin - Seconde Guerre mondiale - témoignage - France libre
Résumé

vignette Forces Françaises Libres L’exemple de la France Libre. Comment s’approprier et restituer le contenu d’une conférence de type universitaire avec des outils numériques ? Mise en œuvre des capacités du programme d’histoire de terminale. Par Samuel Coulonici

Chapeau

Vignette Forces françaises Libres Samuel Coulon est professeur au lycée Sophie Germain (Paris 4e arr.), membre du GIPTIC et du groupe de travail Lycée, et chargé de la conception de nouveaux outils numériques au CRDP de Paris. Le travail proposé ici s’intègre dans à la mise en œuvre d’une des deux questions à traiter dans le thème 1 du nouveau programme d’histoire de terminale : « Le rapport des sociétés à leur passé ». Il porte sur la question n°2 : « Les mémoires - lecture historique : L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ». Il s'inscrit dans le cadre national des TRAAM 2012-2013 ayant pour thème : "dire et écrire avec les TICE en histoire et géographie". Il a été réalisé avec une classe de terminale Economique et Sociale du lycée Sophie Germain au début de l’année scolaire 2012-2013.

Les travaux académiques mutualisés ont mobilisé sous le pilotage de Jean-Pierre Lauby IA-IPR, une équipe de six professeurs de collège et de lycée de l'académie qui ont produit chacun des ressources pédagogiques à des niveaux et dans des domaines différents du champ de recherche. L'équipe a soulevé des questionnements, formulé des conclusions, envisagé des variantes possibles qui s'appuient sur les bilans des pratiques conduites en classe ou hors la classe et sur l'évaluation des ressources ou logiciels mobilisés. Une réflexion sur la progression des apprentissages a eu lieu. Des plus-values et des moins-values ont été identifiées. Le bilan complet de l'ensemble des productions est consultable sur ce site dans l'onglet TICE puis Actions académiques mutualisées.

Objectifs

Objectifs de contenus

Les lycéens de classe terminale sont invités à travers la question des « lectures historiques des mémoires » à  réfléchir sur l’apport de la démarche historique et à développer un esprit critique. Quelque peu différente du programme précédent centré sur  « le bilan et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale », la question du nouveau programme de terminale propose de mettre en avant le rôle ou la place de « l’historien » dans  la construction des « mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ». S’il s’agit toujours de différencier la « mémoire  » (qui établit une relation émotionnelle et changeante avec le passé) et l’histoire qui reconstitue méthodiquement (scientifiquement ?) le passé en respectant les règles déontologiques  de la profession, cette question doit permettre d’engager d’une manière plus approfondie et plus critique une réflexion avec les élèves sur le rôle l’historien, « artisan » d’une mémoire savante, qui, par ses travaux contribue à l’avancement des recherches et de la connaissance historique et participe, qu’il le veuille où non au façonnement de la mémoire collective. Ainsi, si l’épopée gaulliste pour la libération a été retracée à plusieurs reprises, si le rôle et la composition sociologique de la résistance intérieure ont fait l’objet de nombreuses recherches et publications, les travaux sur les « hommes et femmes » de la France Libre, même s’ils existent, ont eu tendance à rester dans l’ombre pendant les années 1980, 1990. Qui sont-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés dans la FFL ? Combien sont-ils véritablement ? Existe-t-il une mémoire collective des Français Libres ? Comment le témoignage (écrit ou oral), peut-il être utilisé pour répondre à ces questions ?
S’appuyant sur une rencontre organisée au Lycée Sophie Germain entre un enseignant-chercheur, Jean-François MURACCIOLE (Professeur d’Histoire contemporaine à l’université de Paul Valery de Montpellier) et des élèves de classe terminale ES et L, ce travail propose d’aborder la question du témoignage   comme source historique. L’historien Jean-François MURACCIOLE fait part de son expérience auprès des lycéens,  décrit son travail colossal de collecte de témoignages (écrits ou oraux) auprès de plusieurs milliers de Français Libres où de leurs proches  et apporte ensuite un éclairage méthodologique sur l’usage du témoignage en histoire ; à charge pour les lycéens de restituer sous plusieurs formes le contenu de cette conférence.

Problématique générale : le témoignage : une source historique comme les autres ?
Notions : Mémoire – mémoire collective – histoire – témoignage – souvenir

Objectifs méthodologiques

On se réfère au tableau des capacités situé dans le préambule des programmes de lycée
II - Maîtriser des outils et méthodes spécifiques
3) Utiliser les Tic
- ordinateurs, logiciels, tableaux numériques pour rédiger des textes, confectionner (…) des montages documentaires
III - Maîtriser des méthodes de travail personnel
1) Développer son expression personnelle et son sens critique - développer un discours oral ou écrit construit et argumenté, le confronter à d'autres points de vue
2) Préparer et organiser son travail de manière autonome - prendre des notes
- mener à bien une recherche individuelle ou au sein d'un groupe ; prendre part à une production collective

Pour les séances de travail organisées dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, on se réfère aux  ressources d’eduscol
Il s’agit de préparer les élèves aux études supérieures et de les aider à exploiter au mieux une leçon de type universitaire :
- aider les élèves à se préparer aux méthodes de l'enseignement supérieur
- travail sur la prise de notes, l'organisation du travail personnel

Description

Durée

Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement personnalisé d’une classe de terminale ES,  parallèlement au cours d’histoire et avec le concours du professeur documentalistede l’établissement. Il couvre 5h00 de séances d’accompagnement personnalisé auxquelles doivent s’ajouter les  2h00 qui correspondent à la durée de la conférence.

Outils et ressources numériques utilisés

  • Camera HD dédiée à la captation de la conférence
  • 18 ordinateurs fonctionnant sous Linux
  • KdenLive : un logiciel de montage vidéo pour restituer la conférence sous la forme d’un film plus ou moins long
  • LibreOffice
  • GoogleDrive : pour la rédaction des comptes-rendus de la conférence et le dépôt des fichiers
  • Réseau pédagogique de l’établissement : pour le dépôt des fichiers vidéos (rush) et des montages

 

Déroulement

Fig.1 Principales phases de travail

Il s’agit de créer une situation qui permette de passer :
    - de l’oral (intervention d’un conférencier) à l’écrit sous la forme de 3  textes de nature différente : un compte-rendu complet de 2 pages, un article court d’une page pour le site Internet de l’établissement et d’un communiqué d’une demi-page.  Afin de comparer les différentes productions écrites, les élèves se sont imposés les mêmes contraintes : police Arial, 12 pt, marge 1 cm, interligne 1,5. Chaque texte est rédigé par deux élèves en utilisant le traitement de texte de GoogleDrive et ses outils de partage. Un fois terminé et corrigés, ces articles seront mis en page avec LibreOffice.
    - de l’oral à « l’oral » sous la forme de 3 montages vidéos plus ou moins longs  de la conférence : 1h00, 30 minutes, 10/15 minutes. Le montage vidéo est réalisé à l’aide d’un logiciel de montage développé sous Linux installé dans une salle informatique adjacente au Cdi : KdenLive.
Par une « mise en abyme » en quelque sorte, les lycéens sont chargés de restituer le contenu d’une conférence dont le sujet central est l’utilisation du témoignage comme source historique. S’il s’agit pour JF MURACCIOLE de « dire » l’histoire, il s’agit pour les lycéens de « relater »  par écrit ce que l’historien dit de l’histoire, ou de « faire dire » au conférencier ce que les lycéens souhaitent restituer sous la forme d’un film. Les objectifs sont ici clairement méthodologiques.  Destinés à l’enseignement supérieur, les lycéens doivent gagner en autonomie, s’initier à la prise de notes dans des situations parfois inconfortables, et se préparer à un enseignement de type universitaire en sélectionnant les informations qu’ils jugent utiles à leur travail de restitution. C’est donc un exercice d’écriture, et de réécriture qui leur est ici proposé. Il conviendra bien sûr de réfléchir sur le ton, le nombre informations ou les thèmes  à retenir ayant une utilité pour répondre au sujet, et surtout leur lien avec la question du programme histoire :  "l’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale". Pour les élèves ayant en charge la réalisation d’un film, s’ajoutent aux difficultés de « l’écriture » le séquençage, et les contraintes techniques liées au montage. En classe et dans le cadre de l’AP, l’ensemble de ces productions  donnera lieu à un examen collectif avant validation des propositions par les élèves et leur professeur pour diffusion auprès d'une autre classe de terminale.  Il s'agit donc de déconstruire pour reconstruire en passant d’une narration scientifique (avec captation vidéo) à un montage vidéo et plusieurs compte rendus.

 
1. Heures de cours d’histoire et  géographie

La question de « L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France » est traitée en cours d'histoire, parallèlement aux séances d'accompagnement personnalisés.


Plan de la leçon
    I. UNE « HISTOIRE » AU SERVICE DES VAINQUEURS (de 1944 aux années 1960-70)
         1. Une mémoire « résistancialiste »  développée par les Gaullistes
         2. Une variante communiste du « résitancialisme »
         3. Le « résistantialisme » : une version « vichysiste » ?

    II. L’HISTORIEN ET  LA CONSTRUCTION DES MEMOIRES DES VICTIMES (de la fin des années 1960 aux années 1990)
         1. Des victimes peu présentes jusqu’à la fin des années 1960
         2. L’émergence d’une mémoire juive spécifique dans les années 60-70
         3. De l’action militante à la reconnaissance officielle dans les années 80-90

    III. L’HISTORIEN, LE TEMOIN ET L’OPINION PUBLIQUE
         1. Des historiens tributaires des contraintes de leur temps
         2. Des acteurs du débat publics
         3. Des Mémoires, objet d’histoire


2. Séances d’accompagnement personnalisé (AP)

    AP1. 1h00 : Préparation de la conférence
        ● Répartition des tâches

        ● Préparation des questions

Fig. 2,3 Travail en salle de cours

SC phase01SC phase02

 

 

 

 

 

  

 

CONFERENCE (2h00)
      ● Prise de notes manuscrites pendant la conférence
     ● Captation vidéo mise à disposition des élèves sur le réseau pédagogique de l’établissement

Fig. 4,5 Accueil du conférencier

SC phase03aSC phase03


   

 

   

 

 

 

Fig. 6,7 Captation de la conférence

SC phase03dSC phase03c

 

AP2. 1h00 : Montage vidéo/Rédaction de comptes-rendus   
      ● Identification des thèmes ou informations à retenir liées au sujet posé et aux principales notions vues en cours
        -  Construction du plan détaillé du compte-rendu de la conférence sur Google Drive
        - Construction d’un synopsis sur feuille pour le montage vidéo

Fig. 8,9 Salle informatique du CDI  (groupe 1)  et salle de lecture et de travail du CDI (groupe 2)

SC phase04a

DSC 0052

 

 

 

 

 

 

 

 

AP3. 1h00 : Montage vidéo/Rédaction de comptes rendus
        ● Rédaction, autocorrection sur un fichier texte de Google Drive
        ● Montage : initiation

Fig. 10,11  Montage sur KdenLive et rédation des articles sur GoogleDrive

SC phase06   SC phase04

 

 

 

 

 

 

 

AP4. 1h00 : Montage vidéo/Rédaction de comptes-rendus
        ● Rédaction, autocorrection sur un fichier texte de GoogleDrive
        ● Montage : réalisation

Fig. 12, 13 Interface graphique de KdenLive et de GoogleDrive

kdenliveGoogleDrive

  

AP5. 1h00 : Mise en commun - Lecture et analyse critique des comptes-rendus
        ● Utilisation d’une grille d’analyse comparative sous la forme d'un tableau à double entrée

        ● Correction des articles

        ● PAO

Fig. 14, 15 Deux exemples de grille d'analyse complétées par les élèves

Grille-evaluation01Grille-evaluation02

Fig. 16,17,18 Trois exemples d'articles rédigés par les élèves

article02article03article01 

Montage réalisé par un goupe d'élèves (vidéo 1) et captation de la conférence (vidéo 2)


Un autre montage réalisé par les étudiants en communication du lycée Sophie Germain est accessible dans le rubrique "En savoir plus", située en bas de la page.

 Plus values

Pour le montage vidéo

  • « Séquençage » bien construit chez certains élèves  qui rencontrent parfois des difficultés à l’écrit  : une restitution cohérente du contenu de la conférence et une sélection judicieuse des passages les plus intéressants.
  • La 1ère partie de la conférence qui ne répondait pas exactement au sujet de la conférence (environ 30 minutes de la captation), n’apparait pas dans le montage final.

    Sur le réseau pédagogique de l’établissement

  • Possibilité pour le professeur, de suivre régulièrement les productions vidéos des élèves : conseils méthodologiques et techniques laissés par le professeur sous la forme d’un petit fichier texte.
  • Possibilité de travailler à deux élèves sur le même projet.

Pour le compte rendu écrit

  • Auto-correction rendue possible sur un texte élaboré sur plusieurs semaines : reformulation, reclassement, précision du vocabulaire.
  • Interactivité lors des échanges (dynamique collective).
  • Correction  ou amélioration « en temps réels » des productions.

   Sur Google Drive

  • Possibilité de suivre régulièrement les productions des élèves (par exemple, rappel des échéances lorsque le travail demandé n’est pas très avancé). Un accompagnement pédagogique  prolongé hors classe (« guidance »).
  • Fichier vidéo de la captation de la conférence (en libre accès sur le réseau pédagogique du lycée) très utile pour la rédaction de l’article. Une aide précieuse notamment pour les élèves qui rencontrent encore des difficultés dans leur prise de notes.
  • Travail de relecture et de correction facilité par Google Drive.
  • Modifications et corrections rapides lors de la phase d’analyse collective des productions.

Moins values

 Montage vidéo

  • Des  activités qui nécessitent des compétences techniques difficiles à acquérir dans le volume horaire consacré à la discipline.
  • KdenLive étant un logiciel d’édition vidéo Linux peu présent dans les familles, il  ne permet donc pas de prolonger l’activité de  montage hors la classe.  Seulement trois montages ont été réalisés dans leur intégralité dans le temps imparti. Deux sont de  bonne qualité.

Compte rendu

● Aucune

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