▼ Navigation | ▼ Contenu | ▼ Recherche | ► Glossaire

Rechercher

Portraits numériques sonores et animés

mis à jour le 02/05/17

Sur l’écran, le visage de Tania s’anime : "Mon défaut ? C’est de me moquer un peu des autres…". Téléréalité ? Vous n’y êtes pas !
Les élèves de la classe de CM2 d’Anne-Laure Puig, de l’école rue de Vaucanson dans le 3e arrondissement de Paris, ont réalisé leurs autoportraits animés et sonores.
Apprendre avec le numérique ? Bien sûr, mais apprendre des méthodes de travail aussi !

Depuis plusieurs années Anne-Laure Puig se forme en autodidacte pour mieux tirer profit des films du dispositif « École et cinéma ». Après la projection de Pierre et le loup de Prokofiev, elle a pu ainsi mettre en relief, auprès des élèves, les spécificités du film d’animation.
Les personnages donnent l’impression d’un monde à taille humaine, pourtant ils tiennent dans les mains des créateurs. Et leurs mouvements sont une illusion donnée par la succession de plans fixes photographiés, image par image.
« Mais alors on peut faire pareil, nous aussi ! » proposèrent des élèves prêts à passer de l’autre côté du miroir. L’analyse des illustrations musicales du conte mène à l’idée d’autoportrait.  Les débats décident qu’ils seront  animés et textuels ! Un projet de plusieurs semaines commence.

activite portrait

Écrire son portrait

À travers des portraits littéraires, les élèves rencontrent des gens, des sorcières, des monstres, des personnages de toutes espèces. Les textes sont découverts en silence, puis lus collectivement pour mieux les comprendre. Les différents aspects sont étudiés afin de démonter le fonctionnement du genre : le physique, les origines, la personnalité, les goûts. Des noms, des adjectifs, des verbes rencontrés s’accumulent et constituent un corpus de référence, enrichissant mais non contraignant. La créativité reste au cœur de la réalisation.
Puis chacun doit rédiger son autoportrait. « Quels éléments me définissent le mieux ? » s’interroge-t-on. On écrit donc et on lit son esquisse à la classe. Les auditeurs critiquent, proposent des améliorations, signalent des ajouts possibles.
Les textes prennent forme.

prodecrit portraits 500

Dessiner son portrait

En parallèle, avec le professeur d’arts visuels, Fabienne Fehrenbach, les élèves apprennent la physionomie et la construction du visage : le délicat emplacement des oreilles, la place centrale du nez, l’expression du sourcil. Ils comprennent  le rendu d’une texture pour représenter les cheveux et l’importance de la couleur de fond pour mettre en valeur le teint.
Chacun dessine alors son portrait. Drôle de portrait d’ailleurs, puisque les yeux et la bouche en sont absents ! Ils seront dessinés séparément, en plusieurs versions, chacune représentant une expression particulière. Bouche mécontente, heureuse ou ouverte, souriante ou triste. Yeux qui pleurent ou qui rient, yeux qui louchent ou qui blaguent.
Mais ces inventions viennent déranger les textes déjà écrits ! Il faut maintenant justifier que les yeux se ferment ou se plissent, que la bouche grimace ou s’étonne. Les élèves reprennent la plume et développent  des explications.

duo portraits

Image par image

Puis vient le temps de la photographie.
Un portrait est fixé au mur. On y ajoute une bouche et des yeux, tenus par de la pâte fixante. On photographie l’ensemble avec un appareil sur pied pour éviter les bougés. On change la bouche et les yeux, on photographie à nouveau. Et ainsi de suite, avec toutes les combinaisons voulues.
Chacun dispose ainsi d’une dizaine de portraits expressifs que l’enseignante enregistre dans un dossier particulier des ordinateurs de la salle informatique.

Montage vidéo

trio portraitsIl faut désormais assembler les images. Madame Puig montre au vidéoprojecteur comment monter un film avec le logiciel Windows Movie Maker. Elle explique chacune des procédures pour importer les photos et commencer le montage. Les élèves passent ensuite à l’action, chacun leur tour. A deux par poste, ce n’est pas toujours facile.
Les premiers rushes ne sont pas à la hauteur des attentes. Point d’animation ! Seulement des images qui se succèdent en saccades. Il faut revenir sur l’ouvrage et jouer avec la durée d’affichage de chaque photo jusqu’à obtenir l’illusion du mouvement.
L’enregistrement de la piste son se fait individuellement avec l’enseignante. Ce n’est pas une mince affaire. Il faut dire et redire jusqu’à parvenir à une diction fluide et expressive. Pas trop vite, ni trop lentement car les paroles doivent correspondre à l’image affichée. La synchronisation parfaite des deux éléments est indispensable à la compréhension du portrait.
Les élèves sourient quand, petit à petit, la suite chaotique d’images et le son s’organisent, se calent l’un sur l’autre. L’œuvre prend forme, l’œuvre est là. 

Méthode et ténacité

Au cours de cette réalisation, il aura fallu imaginer, construire, mettre en place des procédures, les adapter aux imprévus, reprendre le travail plusieurs fois, l’améliorer. Il aura fallu travailler par groupes, par binômes. Il aura fallu préparer le matériel, ranger et déranger les ressources du film, effectuer des tâches ingrates et répétitives.
Et recommencer encore pendant plusieurs semaines.
Cet apprentissage n’est pas le moindre…



« Ha ! Le film commence ! Quelqu’un peut éteindre ? »