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Une séance à Jules Siegfried

« Jouer l’histoire ne suffit pas ; il nous faut aussi regarder dans d’autres directions. Si nous levons la tête, nous apercevons l’immense étendue du monde. Si nous baissons la tête, c’est la réalité sociale quotidienne que nous voyons, avec son cortège de problèmes sociaux, politiques et économiques. Entre ces deux mondes, le théâtre doit établir un pont. Un acteur doit avoir conscience de la réalité de l’univers, autant que de celle de la vie quotidienne. »

Yoshi Oida, L’acteur flottant

Comme chaque mercredi, nous travaillons de 14h à 17h au Local, un lieu de spectacle en plein cœur d’un quartier populaire de Belleville.

Nous sommes en Novembre et le groupe est composé de 18 élèves issus du Lycée technologique Jules Siegfried. Pour mes élèves, cette option est un moyen de découvrir le théâtre autrement, c’est aussi l’espace dans lequel ils vont réaliser un projet collectif et découvrir une discipline artistique exigeante, qui se concrétisera au mois de mai par une représentation au théâtre de la Bastille.

Nous travaillons depuis quelques semaines sur Antigone de Sophocle. Plusieurs élèves travaillent sur le Prologue, c’est une volonté de notre part avec le comédien Gabriel Debray de laisser chaque élève se confronter à deux personnages essentiels de la pièce : Ismène et Antigone. Dans cette approche, il y a également le désir de chercher ensemble une forme de vérité sur le personnage, chacun se nourrit de l’approche des autres.

Nous avons abordé ensuite le travail du Chœur, si essentiel à la tragédie grecque, j’avais un souvenir ému de celui d’ Agamemnon dans la mise en scène d’ Ariane Mnouchkine. Cette première découverte du texte à voix haute est donc le premier sillon que nous traçons. Tout est fragile, on a le droit à l’erreur, à l’accident. C’est souvent un moment important car on sait que la rencontre entre un texte écrit il y a cinq siècles avant Jésus-Christ  et nos élèves n’est pas une évidence. Il faudra du temps, de la persévérance.

Je voulais également introduire un travail autour du bâton, à la fois dans un usage symbolique, mais aussi dans le prolongement du corps, pour aller chercher plus loin, à l’extrême de soi ou bien en écho avec les autres …

Benoît Couteleau,en charge de l’option facultative de théâtre

Pour accéder au film :Séance de répétition de l'option facultative Théâtre du lycée technologique Jules Siegfried

Une séance à Jules Siegfried