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Made in Germany, Le modèle allemand au-delà des mythes, G. Duval

Éd. du Seuil,  230p., Janvier 2013

L’Allemagne est aujourd’hui souvent considérée comme le « bon élève » de la « classe » européenne et donc comme le modèle à imiter. L’auteur se propose d’examiner de près ce « modèle allemand ».

Le 1er chapitre (« Le modèle allemand ne date pas de Schröder ») montre qu’un certain nombre de facteurs politiques et socio-économiques expliquent les performances de l’économie allemande en termes de croissance, de compétitivité et d’exportations (Etat décentralisé, qualité des relations sociales, cogestion, apprentissage très développé pour les jeunes, politique d’investissement anticipatrice, spécialisations industrielles avisées…). Mais l’auteur indique également que certains de ces facteurs tendent à épuiser leurs effets positifs (par exemple, l’apprentissage montre ses limites, la cogestion est difficile à pérenniser dans une économie mondialisée, les investissements publics pâtissent de la rigueur budgétaire…).

Le 2ème chapitre (« La réunification et son coût ») rappelle que si le coût de la réunification a effectivement été très élevé (en raison de la nécessité de mettre à niveau de l’ex-RFA l’ex-RDA nettement moins développée), l’Allemagne, en menant une politique monétaire très restrictive (dans ces années 1990), a favorisé la récession et la crise qui ont frappé tous les pays d’Europe, contraints d’adopter la même politique restrictive. Alors même qu’elle a vu sa propre croissance dynamisée par les nouveaux débouchés offerts par l’ex-RDA et par les pays d’Europe centrale et orientale voisins.

Le 3ème chapitre (« Le cas Schröder ») analyse les réformes de l’ère Schröder (baisse des dépenses publiques, et en particulier sociales, baisse des impôts…) et montre qu’elles ont flexibilisé le marché du travail au détriment des salariés en même temps qu’elles ont entraîné un ralentissement de la croissance et une montée du chômage et de l’endettement public ; le rebond enregistré en fin de période devant moins aux réformes qu’à une amélioration de la conjoncture européenne et mondiale.

Enfin, le 4ème chapitre (« Les vraies raisons du rebond de l’Allemagne d’Angela Merkel ») explique que les succès actuels de l’Allemagne sont dus aux facteurs structurels (vus dans le 1er chapitre) et à la baisse de l’euro et des taux d’intérêt mais le déclin démographique (et les difficultés d’intégration des immigrés dont le pays ne peut plus se passer), l’existence de fortes inégalités salariales et d’un important travail précaire menacent ce modèle dont la France peut, parfois, s’inspirer mais ne doit en aucun cas systématiquement imiter.

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