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La finance mise au pas ?, Cahiers français n°375

Éd. La Documentation française, Juillet-Août 2013

L’actuelle crise a ébranlé la croyance des économistes aux bienfaits de la finance institutions ; d’où la nécessité d’élaborer de nouvelles réglementations, pour tenter d’éviter que les dérives antérieures de la finance se répètent.

A. Cartapanis montre comment « l’aveuglement au désastre » face aux effets pervers des innovations financières et aux comportements déraisonnables des banques a débouché sur une crise systémique, touchant tous les marchés financiers de la planète puis les économies. D’où la légitimité d’un renforcement des régulations financières.

P. Salin se demande s’il s’agit d’une crise de la déréglementation financière ou d’une crise de l’intervention publique ; en libéral assumé, il penche pour la 2nde hypothèse : ce sont des politiques économiques inappropriées (surtout monétaires) qui sont à l’origine de mauvaises informations et incitations aux agents économiques, lesquels ont alors adopté de mauvais comportements qui ont favorisé cette crise. Evidemment, il estime que le remède ne consiste pas à introduire plus de réglementation mais, au contraire, à laisser davantage les marchés jouer leur rôle de régulation.

Ch. Boucher rappelle les innovations financières qui ont été accusées de favoriser la spéculation et l’opacité.

N. Gaillard examine la crise des dettes souveraines et montre que les Etats ont, souvent imprudemment, profité de l’essor de la finance de marché pour emprunter, se plaçant ainsi à la merci des marchés financiers. Et les « solutions » que les Etats ont imaginées, lorsque la crise des dettes souveraines a éclaté, ont plutôt attisé cette crise qu’elles ne l’ont atténuée.

Y. Jegourel propose un tour d’horizon des réformes bancaires et financières, aux Etats-Unis et en Europe, qui avaient pour objectif de mieux contrôler les activités sources de risques et d’instabilité. Elles portent surtout sur l’encadrement des produits dérivés, la segmentation des activités bancaires, la réglementation du système bancaire « de l’ombre » et la coopération fiscale.

J-M. Figuet présente l’architecture de la gouvernance financière mondiale et dresse un bilan des négociations internationales menées depuis 2007 (bilan qui fait apparaître les difficultés nombreuses qui entravent celles-ci).

J. Couppey-Soubeyran rappelle le contenu de Bâle 1 (1998) et de Bâle 2 (2004, avec application en 2007-2008) et décrit celui de Bâle 3 (accords conclus en réponse à la crise financière et prévoyant un « renforcement du prudentiel », donc imposant aux banques des règles supplémentaires afin de réduire les risques induits par leurs activités).

E. Jeffers et D. Plihon évoquent le « shadow banking system » (système financier parallèle) et sa responsabilité dans la crise financière.

C. Célérier et B. Vallée se demandent si les nouvelles réglementations risquent de freiner l’innovation financière ou si elles dynamiseront la finance en la rendant moins exposée aux risques. Leur avis est plutôt que ces deux effets ne sont pas à exclure.

Enfin, D. Goyeau et A. Tarazi pointent les évolutions que les places financières mondiales ont connues à la suite de la crise financière.

Dossier très fouillé et très utile à tous ceux qui souhaitent comprendre des questions économiques centrales mais assez techniques.

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