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Dessine-moi un métier d’ingénieur

Logo Métier IngénieurMalgré un contexte économique tendu, les indicateurs d’insertion professionnelle dans les métiers de l’industrie s’améliorent. Et les ingénieurs de la dernière promotion en profitent largement. Leur taux d’emploi progresse de près d’un point, et le taux de satisfaction de l’emploi exercé par les diplômés est bon. Mais les disparités hommes-femmes persistent et l’intérêt pour les sciences et la technique est moindre. L’enseignement des sciences de l’ingénieur en série S est un vrai levier pour inverser ces deux tendances.

Des diplômés recherchés…

Les filières scientifiques et technologiques ont actuellement du mal à pourvoir certains postes de l’industrie. Les niveaux de qualification requis pour les métiers scientifiques et techniques identifiés par les employeurs sont variables : les ingénieurs et chercheurs représentent 61 % des emplois en création, les techniciens 29 %, et les ouvriers 10 %. Pour la majorité de ces métiers − ingénieurs, techniciens, ouvriers −, les employeurs évoquent des difficultés de recrutement qui résultent « du manque de motivation, d’expérience ou de diplôme ».

Camerbert niveau de qualification

Les niveaux de qualification requis dans les métiers scientifiques et technologiques qui recrutent

Le numérique et les industries à la pointe de l’innovation − aéronautique, biotechnologies, énergie − sont porteurs d’emplois d’avenir. Pour les BTS, DUT ou licences des filières technologiques et industrielles, les taux d’emploi sont supérieurs à la moyenne. À titre d’exemple, alors que le taux d’emploi de l’ensemble des diplômés du supérieur est de 82 %, il est de 88 % pour les BTS industriel, 83 % pour les DUT industriel, et jusqu’à 92 % pour les licences industrielles – c’est-à-dire un taux d’emploi presque aussi élevé que celui des diplômés des écoles d’ingénieurs, qui détiennent le record, 94 % un an après leur sortie de l’école.

Dans un marché tendu, le titre d’ingénieur est donc une valeur sûre pour trouver un emploi : 86 % des diplômés 2011 ont été recrutés moins de deux mois après leur sortie de l’école. À cela s’ajoute un niveau de salaire en général plus élevé. Le salaire médian annuel brut hors prime des BTS industriels est de 18 000 €, soit 1 200 € de plus que celui de l’ensemble des BTS. Celui des DUT industriels est de 19 500 €, soit près de 2 400 € de plus que le salaire médian des DUT tertiaires. L’écart atteint près de 4 800 € lorsque l’on compare les salaires des licences industrielles par rapport à l’ensemble des licences universitaires. Cette tendance est légèrement inversée pour les ingénieurs face aux cadres de management. Pour la promotion 2011, le salaire médian annuel brut hors prime des ingénieurs est de 33 000 € contre 34 000 € pour les des diplômés des écoles de management.

Le nombre d’ingénieurs croît assez linéairement depuis ces vingt dernières années, de 16 500 diplômés en 1991 à 30 000 élèves ingénieurs en 2011. Pas uniquement des garçons : 27,4 % des élèves ingénieurs sont des filles. C’est peu, mais la progression de ces quatre dernières années est un encouragement : seulement 17 % des ingénieurs en activité sont des femmes. Elles sont même largement majoritaires dans les écoles d’agronomie comme AgroParisTech, dont les effectifs sont à 68 % féminins.

« Il faudrait 40 000 ingénieurs par an pour répondre aux besoins des entreprises, et nous n’en formons que 30 000 », déclare Christian Lerminiaux, le président de la CDEFI (Conférence des directeurs d’écoles françaises d’ingénieurs), très engagé sur cette question. Il prévoit un déficit de 6 500 ingénieurs en 2017 et 13 000 en 2022. La conséquence en est que près d’un ingénieur sur trois est recruté dans l’entreprise où il effectue son dernier stage durant sa formation.

Cette pénurie s’explique aussi par les comportements des acteurs concernés, jeunes diplômés et DRH. Les uns aspirent majoritairement à intégrer une grande entreprise pour y faire carrière, et les autres cherchent à recruter les diplômés des plus grandes écoles. Cette sélectivité des offrants et des offreurs nuit à la bonne fluidité nécessaire à ce marché de l’emploi.

Lire la suite de l’article de Philippe Taillard, IA-IPR STI et rédacteur en chef de la revue Technologie.

Une Revue technologie 186