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Internet, pas de droit de cité pour le plagiat !

mis à jour le 03/02/14

Quand peut-on dire qu’il y a plagiat ? Quels problèmes pose-t-il ? Que faire pour le prévenir ? Comment le détecter ? Autant de questions auxquelles il nous faut tenter de répondre.

Nos enseignements évoluent, et nous demandons de plus en plus des travaux de recherche personnelle… au risque de nous trouver devant une problématique nouvelle pour nous, celle du plagiat.

En 2007, une étude de l’université de Lyon montrait que 90 % des enseignants admettaient avoir été confrontés au copier-coller dans les travaux de leurs étudiants. Il faut dire que la chose est si aisée, dès lors que l’on a un accès à internet et un logiciel de traitement de texte, que résister à la tentation serait quasi surhumain. Qui d’ailleurs s’en prive, des élèves aux profs jusqu’aux plus hautes autorités ministérielles… en passant par les rédacteurs de pages Web eux-mêmes ? Et pourquoi d’ailleurs s’en priver ? Cela n’a rien de répréhensible ou d’infamant en soi… à condition toutefois de respecter certaines règles et d’éviter certains écueils.

C’est la facilité même du procédé qui pose problème. D’une part, elle est une incitation non seulement au plagiat, mais au pire des plagiats : l’acte du copier-coller ne garantit même pas, contrairement au recopiage manuel, que son « auteur » ait ne serait-ce que lu le texte original. D’autre part, elle jette le discrédit sur le contenu des sites, lequel contenu, outre qu’il n’offre pas dans bien des cas les garanties d’une publication papier, peut être lui-même issu d’un copier-coller, voire d’une chaîne de copier-coller dont l’origine se perd dans les méandres du Web. Alors, rappelons que la première des règles, pour une citation, c’est d’en donner la source, et d’en vérifier la crédibilité.

Certains plagiats sont réalisés sans intention de tricher. Cette facilité du copier-coller, son utilisation courante pour transmettre des informations à ses proches (courriels, blogs…) en font une pratique non considérée, a priori, comme répréhensible. D’ailleurs, en primaire et au collège, où il est souvent demandé une « recherche » internet sur tel ou tel sujet, il n’est attendu en réalité qu’une simple collecte de sources ou de citations. Un élève peut donc penser réaliser un travail de qualité, pour ce qui n’est en fait qu’un assemblage de données recueillies. Certes, le choix des sources et leur structuration en un ensemble cohérent sont un travail en soi.

À la question Pourquoi recourez-vous au copier-coller ? , les étudiants lyonnais ont répondu:

  • par facilité ( 59,7 % )
  • par manque de temps (34,8 %)
  • parce que  tout le monde le fait  (8,2 % )
  • parce que c’est une  pratique sans risque de sanction  et que  les professeurs ne voient pas la différence (5,8 % )

Alors, n’oublions pas que la raison d’être d’une citation est d’enrichir, illustrer, expliquer ou étayer un propos. Il est donc impératif de préciser en préalable à nos apprenants ce qu’est un plagiat, notion très floue pour eux, de leur donner les attendus et les méthodes à suivre pour les travaux demandés, mais aussi de leur faire prendre conscience des bénéfices qu’ils peuvent tirer d’un travail personnel, qui seul permet de se situer dans son apprentissage, étape nécessaire pour cerner ce qui reste perfectible et progresser.

Fichier pdf Lire la suite de l’article très documenté de Jacques Riot, professeur agrégé de sciences industrielles de l’ingénieur et rédacteur de la revue Technologie |CNDP|.