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De la défense des frontières à la défense sans frontières. La défense de la France dans l’après-guerre froide. Par Tristan Lecoq

mis à jour le 10/02/14

Tristan Lecoq Tristan Lecoq, inspecteur général de l’Education nationale, Professeur des Universités associé (histoire contemporaine) à l’Université de Paris Sorbonne, Institut d’histoire de la défense et de la sécurité nationale de l’Université de Paris Sorbonne, propose une réflexion riche et complète sur la défense de la France.

L’histoire moderne et contemporaine de la France est intimement liée à la défense de ses frontières. La « ceinture de fer » de Vauban, achevée entre 1690 et 1700, aura joué ce rôle jusques et y compris pendant les guerres révolutionnaires et au-delà. La ligne de fortifications mise en place dans les années 1880-1890 par le général Séré de Rivières , avec Verdun pour barrer la route de Paris, sert jusque pendant la Grande Guerre. La ligne Maginot, conçue et construite dans les années trente pour assurer la défense du Nord et de l’Est, tombe après avoir été tournée et non sans combattre, à la fin de juin 1940. La dissuasion nucléaire et la force de frappe en portent encore la trace et la marque, des années soixante aux années quatre-vingt dix. Le nucléaire, c’est la sacralisation de la frontière nationale, dans l’indépendance nationale.

Vingt-quatre ans après la fin de la Guerre froide, douze ans après les attentats du 11 septembre, les principes de la politique publique de défense et de sécurité évoluent dans le sens d’un rapprochement de la sécurité intérieure et de la sécurité extérieure. La notion et l’importance de la frontière s’estompent. L’accent mis sur la sécurité plus que sur la défense a des conséquences sur la place des militaires dans le système de défense et de sécurité nationale.

Si notre organisation de défense remonte, pour l’essentiel, au début des années soixante, le cadre, le contexte et les acteurs de notre système de défense et de sécurité ont connu des transformations majeures, dont les livres blancs de 1972, 1994, 2008 et 2013 sont  des témoins. Notre organisation de défense et de sécurité est en effet passée de la défense nationale (Livre blanc de 1972) à la défense (Livre blanc de 1994), et de la défense à la défense et la sécurité nationale (Livres blancs de 2008 et 2013). Au cœur de ce travail : la recherche de la frontière de la défense de la France.

L’organisation de défense et de sécurité s’inscrit dans ce cadre, y compris au plan territorial et connait une évolution de moyen terme, depuis dix ans, dans le sens d’un resserrement administratif et politique au profit de l’exécutif, avec une accélération depuis 2007. Dans le même temps, la mobilisation face aux crises fait émerger une nouvelle culture de gouvernement, pour que soient assurées non plus seulement la sécurité intérieure et extérieure du pays, mais la continuité de la vie nationale.

La mise en ordre de la façon dont notre pays se défend découle, pour l’essentiel, de l’ordonnance de 1959 et des décrets des années 1960-1961. Il s’agit d’une réflexion longue, dont les origines datent des années trente et dont les textes qui la portent ont été conçus et pour une part rédigés par le général de Gaulle lui-même. On sait l’importance, l’ancienneté et la maturité des analyses de De Gaulle en la matière, alors qu’il est lieutenant-colonel, et l’un des chefs de service du Secrétariat permanent de la défense nationale, de 1932 à 1937.

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