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Le TBI, fonctionnalités et pédagogie

mis à jour le 02/04/14

Le tableau blanc interactif va-t-il révolutionner l’apprentissage ? Peut-il enrichir nos pratiques pédagogiques ? Quels logiciels exploiter pour favoriser l’interactivité en classe ? Avis d’experts québécois et retours d’expérience.

Au Québec, M. Guillaume Pelletier, enseignant de mathématiques, sciences et technologie en secondaire, intègre le tableau blanc interactif (TBI) dans son enseignement. Le TBI, ou tableau numérique interactif (TNI), lui permet de présenter des ressources multimédias, de manipuler directement les objets étudiés, parfois abstraits, de noter les observations du groupe, de compiler le tout dans un tableur accessible aux élèves, auquel tous peuvent collaborer. Ces manipulations peuvent venir préparer, compléter ou renforcer une ressource, et leur sauvegarde permet de revoir la démarche afin d’ajuster le processus.

Bref, M. Pelletier, avec l’expérience, a appris à exploiter le plein potentiel de cet outil, dont il apprécie la flexibilité et la souplesse, en l’intégrant dans ses pratiques pédagogiques, et il constate que ses élèves sont plus participatifs et ses cours plus dynamiques.

Les études sur le terrain : recommandations

Mme Mônica Macedo-Rouet, titulaire d’un doctorat en sciences de l’information et de la communication, s’est intéressée à la première étude scientifique sur le tableau numérique. Pour cette étude, des chercheurs britanniques du Research Center for Learning and Teaching de l’université de Newcastle ont accompagné durant deux ans des classes utilisant ou non le TBI. Il en est ressorti qu’enseignants et apprenants étaient plus participatifs et attentifs avec un TBI, car l’outil rend les cours plus dynamiques. Cependant, cette étude a aussi démontré que le TBI n’améliore pas nécessairement les résultats aux examens. Dans un de ses articles, Mme Macedo-Rouet résume les recommandations afin d’utiliser le plein potentiel de cet outil technologique dans la classe :

  • comme tout autre outil technologique, il doit répondre à un besoin pédagogique 
  • les alternatives au TBI doivent avoir été considérées préalablement à l’achat de cette technologie, pour vérifier que l’on a vraiment besoin des fonctionnalités spécifiques du tableau (et éviter des dépenses inutiles)
  • un haut niveau de fiabilité et de support technique doit être garanti pour minimiser les problèmes quand ils arrivent 
  • les enseignants doivent investir du temps (surtout au début) pour préparer les cours
  • les idées et contenus doivent être partagés avec les collègues
  • l’accès au TBI doit être suffisamment sûr (nombre, horaires, lieu et caractéristiques d’installation, etc.) pour que les enseignants puissent réellement s’approprier cet outil 
  • les élèves doivent directement utiliser le tableau (surtout par petits groupes)

Mme Macedo-Rouet précise que la qualité de la formation livrée aux enseignants, la capacité à franchir certaines étapes d’appropriation et le temps d’expérience sont des éléments clés pour l’intégration du TBI dans l’enseignement.

Plusieurs études sont parues sur les usages de cet outil en classe depuis celle de Newcastle, et, contrairement à cette dernière, elles montrent que l’usage du TBI est associé à une amélioration des résultats scolaires des élèves. Cette différence de constat pourrait s’expliquer par le fait que les enseignants, après plusieurs années d’expérience, font un usage de plus en plus approfondi du TBI et changent leurs pratiques pédagogiques en faveur d’un enseignement plus interactif et attractif, qui impliquent plus les élèves.

TBI

L’interactivité : Quelle forme cette interactivité peut-elle prendre en classe ?

L’enseignant, même avec l’intégration de cette technologie dans son enseignement, continue de varier ses pratiques pédagogiques afin que l’apprenant construise son savoir dans un apprentissage actif. « Ainsi, alors qu’on a pu craindre, par la nature même du TBI, un élève spectateur passif, on trouve en fait des [élèves] médiateurs, acteurs de leurs apprentissages, curieux et jamais rassasiés des activités proposées. C’est ce trajet qui replace l’élève au centre du dispositif médiatique à l’école et lui permet de mieux se construire en tant qu’être social donc communicant » (Marc Deloménie ). Pour établir un tel climat, il est primordial que le TBI soit installé dans la classe et intégré dans la vie de tous les jours.

L’enseignant devient alors un médiateur qui intervient devant le TBI sur les stratégies d’apprentissage avec l’élève, une petite équipe ou le groupe en modélisant, en pointant, en orientant sur ce qui est intéressant pour le développement des compétences et des habiletés cognitives ciblées.

Si l’élève qui manipule le TBI est effectivement au travail, les autres le sont tout autant cognitivement. Le TBI est un outil de réflexion collective. Il a tout son intérêt lorsqu’il permet de faire réfléchir en même temps tous les cerveaux de la classe, en tenant compte des idées et des représentations de chacun.

Lire l’intégralité de cet article (en deux parties)  publié dans la revue Technologie en mars et avril 2013 [CNDP] pdf TBI 1 et pdf  TBI 2