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Quatre figures de la Seconde Guerre mondiale au Panthéon

Pantheonisation Le 27 mai 2015, seront transférées, au Panthéon, les cendres de quatre figures illustres de la Seconde Guerre mondiale :

Germaine Tillion, ethnologue et résistante, et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du général de Gaulle et ancienne présidente de ATD Quart Monde. Toutes deux furent déportées à Ravensbrück.

Pierre Brossolette, journaliste et résistant, et Jean Zay, ministre de l'Éducation du Front populaire assassiné le 20 juin 1944 par des miliciens.

Par Anne Doustaly, professeur au collège Bernard Palissy, Paris Xe

Portraits de quatre figures de la Seconde Guerre mondiale

 

 

Pierre brosselette
 

 Genevie de gaulle  Germaine Tillon

 

Jean Zay

 

Pierre Brossolette

(1903-1944)

Geneviève

de Gaulle-Anthonioz

 (1920-2002)

Germaine Tillion

(1907-2008)

Jean Zay

(1904-1944)

 

Une date symbolique

Le 27 mai 1943, Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, fondait le Conseil national de la Résistance, qui devait diriger et coordonner les différents mouvements de résistants au régime de Vichy, constitués après l’appel du 18 juin 1940. Aujourd’hui en 2015, cette date devenue Journée nationale de la Résistance, voit l’entrée de quatre personnalités de la Résistance au Panthéon.

Le Panthéon, temple républicain des héros de la nation

Construite à la fin du règne de Louis XV qui en pose la première pierre (1764), cette église dédiée à sainte Geneviève, patronne de Paris, devient sous la Révolution un temple destiné à recevoir les dépouilles « des grands Hommes, à dater de l’époque de la liberté française » (décret des 4-10 avril 1791). La mort de Mirabeau, le 2 avril 1791, a fait naître l’idée du Panthéon.

Le lieu voit ses usages osciller entre le laïc et le religieux jusqu’en 1885, année de la mort de Victor Hugo, qui marque la fixation définitive de sa fonction par la République stabilisée. À la suite du décret du 26 mai 1885 lui accordant des obsèques nationales, Hugo est conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en temple des grands Hommes. Environ deux millions de personnes et 2 000 délégations se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage, le cortège vers le Panthéon s'étirant sur plusieurs kilomètres. La part conservatrice de l’opinion française y voit alors encore un lieu symbolique de valeurs dans lesquelles elle peine à se reconnaître. Il faut attendre 1964, l’entrée de Jean Moulin et le mémorable discours d’André Malraux pour que le lieu devienne emblématique d’une forme de cohésion nationale. Les nombreux signes religieux qui persistent aujourd’hui dans le monument attestent les méandres de son histoire.

Quant aux « grands Hommes » qui y sont honorés, dont Marie Curie, seule femme à ce jour, ils le sont à des titres et selon des modalités variables : de nombreux panthéonisés de l’époque napoléonienne sont aujourd’hui oubliés. Certains y reposent par l’esprit (Jean Moulin, faute de dépouille), ou cités sur une plaque (Émilie Tillion, mère de Germaine et résistante elle aussi) ; pour d’autres enfin, le respect de leurs dernières volontés a fait entrer avec eux leur épouse (Marcellin Berthelot), ou leur père (Victor Schœlcher). Parmi les quatre cercueils qui seront honorés le 27 mai 2015, ceux de Jean Zay et Pierre Brossolette contiendront bien les corps, mais ceux de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz transporteront de la terre de leur sépulture, les familles n’ayant pas souhaité voir les dépouilles déplacées.

La « panthéonisation » est une tradition reprise des Égyptiens qu'ont suivie ensuite les Grecs puis les Romains. Le choix de donner à un personnage l'hommage ultime de « grand Homme» de la nation française, ainsi que la mise en scène de la cérémonie, varient suivant les périodes de l'histoire de France.

En 1791, au moment de la création du concept de Panthéon français, c'est l'Assemblée constituante qui décide des personnalités qui seront honorées. La Convention en 1794 prend le relais pour le choix de l'inhumation de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi pour retirer Mirabeau en 1794 et plus tard Marat. Pendant le Premier Empire, c'est Napoléon Ier qui s'attribue ce privilège. Sous les Troisième et Quatrième Républiques, ce sont les députés qui proposent et décident sous la forme d'une loi. Certains transferts, comme celui d’Émile Zola en 1908, déclenchent de violentes polémiques.

À l'heure actuelle, ce choix revient au président de la République, cependant la famille peut s'opposer à cette décision comme ce fut le cas pour Charles Péguy ou Albert Camus en 2009. Il s'agit plus d'un état de fait que d'un véritable droit, aucun texte officiel ne régissant ni les critères nécessaires ni la forme de la cérémonie. On peut toutefois noter que plusieurs présidents de la Cinquième République (Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac) ont voulu ponctuer leur époque par des panthéonisations, symboliques de leur propre vision de l'histoire de la France.

Pour préparer une visite 

Dossier pédagogique conçu par les Monuments nationaux

Bibliographie

  • Édouard Leduc, Dictionnaire du Panthéon de Paris, Éditions Publibook, 2013
  • Mona Ozouf, « Le Panthéon », dans Les lieux de mémoire, t. I : La République, Gallimard, Paris, 1984
  • Le Panthéon, Temple de la nation, Éditions du Patrimoine, coll. « Itinéraires du Patrimoine »

Sitographie

http://pantheon.monuments-nationaux.fr
http://www.ihtp.cnrs.fr/sites/ihtp/IMG/pdf_Garcia_Chirac_au_Pantheon.pdf

Sur le réseau du Musée de l’Homme

Le groupe du musée de l'Homme sur le site des Chemins de Mémoire
L'histoire du réseau du musée de l'Homme

La Résistance dans les programmes scolaires

École élémentaire - Cycle des approfondissements, CE2, CM1, CM2

LE XXE SIECLE ET NOTRE ÉPOQUE
La violence du XXème siècle :

  • les deux conflits mondiaux ;
  • l’extermination des Juifs et des Tziganes par les nazis : un crime contre l’humanité.

Programmes du Collège, classe de Troisième

LA VIE POLITIQUE EN FRANCE
Thème 2 - EFFONDREMENT ET REFONDATION RÉPUBLICAINE (1940-1946)
Connaissances :
La défaite de 1940 entraîne le renversement de la IIIe République.
Le régime de Vichy, autoritaire et antisémite s’engage dans la voie de la collaboration avec l’Allemagne nazie.
En liaison avec la France libre, la Résistance intérieure lutte contre l’occupant et porte les valeurs de la République.
Démarches :
Pétain et de Gaulle illustrent les deux attitudes devant la défaite militaire. On présente les conditions de l’armistice et on explique le renversement de la République. (…)
La Résistance est abordée à travers l’exemple d’un réseau, d’un mouvement, ou d’un  maquis. Une mise en perspective permet d’expliquer la place de la France libre, ses liens avec la Résistance intérieure et le rôle qu’elle a joué dans son unification.
L’étude du programme du CNR ou du préambule de la Constitution de 1946 met en évidence la volonté de refonder les valeurs républicaines en relation avec les grandes réformes de la Libération.

Programmes du Lycée, Première générale

Thème : La guerre au XXe siècle
Guerres mondiales et espoirs de paix
La Seconde guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes

Thème : Les Français et la République
La République, trois républiques

  • L'enracinement de la culture républicaine (les décennies 1880 et 1890)
  • Les combats de la Résistance (contre l'occupant nazi et le régime de Vichy) et la refondation républicaine

Classes de Terminales

Thème 1 introductif : le rapport des sociétés à leur passé
Les mémoires : lecture historique
L’historien et les mémoires de la Seconde guerre mondiale en France

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