Bandeau

FIG 2015. Les Caldoches, des Australiens qui parlent le Français

vignette FIG 2015 Dans le cadre de la 26e édition du Festival International de Géographie de St-Dié-des-Vosges du 2 au 4 octobre 2015, Jean-Christophe Gay, professeur de géographie à l’université Nice-Sophia Antipolis, a pendant plus d’une heure tenue une conférence dans l’amphithéâtre du Lycée Jules Ferry sur le thème de «La Nouvelle-Calédonie, le plus australien des territoires français».

JC Gau 02Jean-Christophe Gay a mis en évidence les différentes formes d’influence de l’Australie, sur la Nouvelle-Calédonie, un territoire ultramarin français.

Cette influence est ancienne et précède la colonisation française. Jusqu’en 1853, date officielle de l’acquisition de l’île par la France, les premiers colons européens sont pour la plupart des Australiens d’origine britannique. L’anglais restera encore quelques années après, une langue très utilisée, imprégnant ainsi durablement la culture et les langues de Nouvelle-Calédonie.  Aujourd’hui encore, le français local comporte de nombreux termes dérivés de l’anglais.  Ainsi, le terme creek remplace celui de rivière. Comme en Australie, les Néocalédoniens utilisent le mot tata  pour dire au revoir. Les trente langues usitées en Nouvelle-Calédonie comportent elles aussi de nombreux anglicismes ou mots dérivés de l’anglais. Le rodéo, sport importé par les Australiens, reste une activité encore prisée. Dès la période coloniale, des contacts s’établissent entre les deux territoires avec des flux de populations dans les deux sens au point de faire des Caldoches des "Australiens qui parlent le Français".

 

JC GAY 01 L’exploitation minière tisse de nombreux liens économiques entre les deux territoires. Après la ruée vers l’or d'Autralie, de nombreux Australiens ont voulu poursuivre l’aventure en Nouvelle- Calédonie en exploitant d’autres ressources minérales, comme le nickel. Aujourd’hui encore, l’Australie reste la base arrière logistique de l’extraction du nickel.

L’influence australienne connaît une nouvelle poussée pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayant choisi le camp de la France Libre, la Nouvelle-Calédonie accueille, aux côtés des Américains, un régiment australien (la Robin Force) pour contrer la menace japonaise.

Si les relations diplomatiques franco-australiennes se sont très nettement dégradées dans les années 1980-1990 (le consul australien sera même expulsé en 1987) les échanges économiques ont repris depuis et les programmes de coopération se développent, à l’instar du CAFAT, qui permet à environ 2 000 néocalédoniens d’aller suivre des traitements médicaux lourds en Australie.