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Que se cache-t-il sous Crispr-CAS9 ? - S. Deligeorges (Continent science - 2016)

mis à jour le 20/03/16

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Que se cache-t-il sous Crispr-CAS9 ? (Continent science - 2016)

Invité(es) :Christine Pourcel et David Bikard, biologistes .

Tout commence en 2012 par la découverte et la mise au point d’un nouvel l’outil d’ingénierie génétique : Crispr-CAS9, dont l’acronyme développé, en français, signifie « Courtes séquences palindromiques répétées, groupées et régulièrement espacées ».
Cette découverte est le fruit du travail conjugué de deux biologistes : Jennifer Doudna, de l’université de Berkeley, et la française Emmanuelle Charpentier, de l’Institut Max-Planck à Berlin.
Les techniques utilisant Crispr-CAS9 peuvent être assimilées à de nouveaux « ciseaux moléculaires » qui permettent de remplacer un gène à son emplacement précis dans le chromosome. C’est donc une technologie qui, en d’autres termes, revient à insérer ou éliminer un gène comme un simple copier-coller (« Gene editing », en anglais.) Cette technique révolutionne complétement l’ingénierie génétique en permettant d’effectuer, en quelques jours seulement, des modifications qui auparavant prenaient beaucoup plus de temps.
La communauté scientifique a pris acte que cette technologie sur l’« édition » du génome ouvrait des perspectives vertigineuses. Ainsi, à l’initiative des Académies nationales de sciences et de médecine des Etats-Unis, s’est tenu à Washington un sommet international, en décembre 2015, afin de réfléchir sur les conséquences que peut connaître la diffusion de Crispr-CAS9, en particulier sur la modification du génome humain.
Elle ouvre, en effet, des perspectives très puissantes de traitements des maladies ; mais les risques sont tout aussi considérables. Aussi, aujourd’hui, la communauté scientifique est divisée quant à l’évaluation des risques par rapport aux bénéfices. Pour certains critiques, c’est la « civilisation » elle-même qui est en jeu si rien n’est fait pour interdire, à l’échelle de la planète, les expériences sur les cellules germinales : elles pourraient en effet aboutir à des modifications transmissibles aux enfants et aux futures générations. On se trouverait alors face à la création d’humains génétiquement modifiés... N’est-il pas nécessaire d’associer le public à toutes ces interrogations ?