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Communiquer avec Babytwit

mis à jour le 02/05/17

Cette année, les formateurs en informatique pédagogique ont proposé aux professeurs des écoles une formation sur Babytwit et Twitter.
Témoignage

Dans le cadre du projet DéfiTwit (Défi75) qui propose, à titre expérimental, des activités numériques de communication, de productions et d’échanges, quelques enseignants volontaires et formateurs en informatique pédagogique réfléchissent à la mise en œuvre d’activités, visant à l’acquisition des connaissances et des compétences en culture numérique citoyenne des réseaux sociaux. Notre intention de départ est d’éduquer à l’outil en même temps qu’éduquer aux usages des réseaux sociaux, dans le respect de la vie privée et des données personnelles.

C’est l’outil de micro-blogging « Babytwit » qui a été choisi. Il reprend les mêmes caractéristiques que Twitter mais c’est une plateforme dédiée à l’éducation, sécurisée, sécurisante pour les professeurs qui enseignent à l’école primaire et pour les parents d’élèves.

Au cours de l’année, des situations d’échange et de communication sont envisagées : jeux de langue, rédaction de poèmes courts, décryptage d’images. Nous commençons par une activité d’écriture dans laquelle les élèves sont invités à rédiger des phrases avec une structure imposée. Ensuite, nous partageons notre travail sur Babytwit et proposons aux autres classes de créer des « cadavres exquis » avec nos productions. Les élèves sont enthousiastes et éprouvent une réelle satisfaction à lire les nouvelles créations rédigées par d’autres, avec leurs propres mots.

babytwit 1


Puis nous poursuivons le projet en proposant d’autres jeux d’écriture inspirés de l'OULIPO : lipogrammes, portraits chinois, tautogrammes. Pendant les séances de rédaction ou au moment des travaux autonomes, les élèves « tweetent » leurs créations sur le tableau interactif, à la vue de tous et sous le regard attentif du professeur. Nous corrigeons ensemble et nous nous interrogeons sur les règles, les bonnes pratiques… Nous travaillons, parfois collectivement et parfois plus individuellement, les compétences liées à l’utilisation du numérique : respect des données personnelles, contenus vérifiés et conformes (orthographe et typographie).

 

Les enfants comprennent rapidement les enjeux et les dangers. Il faut dire que nous ne faisons pas l’économie de rappels et de mises en garde. Nous nous plongeons régulièrement dans la charte d’utilisation des réseaux sociaux (semblable à celle-ci) !

babytwit 2

Nous échangeons aussi sur la construction de l’identité numérique positive.
« Ce que tu « tweetes » est très émouvant » dit l’un. « Tout le monde va dire que tu es un poète. » dit l’autre. Cette fois-là, l’occasion était trop belle pour ne pas échanger sur l’image de nous-même que renvoie la diffusion de nos productions.
Les élèves s’appliquent donc, relisent, corrigent, demandent la validation d’autrui, utilisent des pseudos. Ils seront bientôt prêts pour « tweeter » seuls. C’est l’objectif visé !

babytwit 3

Certains élèves aimeraient faire évoluer le projet. Ils souhaiteraient surtout partager avec leur famille et plus « d’abonnés » afin de multiplier les échanges et avoir davantage de retours, d’interactions (des notifications, des messages, des « j’aime »). Ils souhaiteraient aussi élargir l’utilisation en partageant leurs expériences quotidiennes, leurs réflexions, leurs découvertes, l’avancement de leurs projets, les évènements. un peu comme un blog de classe mais qui serait plus spontané et qui permettrait d’ouvrir la classe vers l’extérieur.
J’ajouterai, de mon point de vue de professeur, que j’aimerais utiliser l’outil davantage comme un moyen de collaborer : réalisation de productions collectives (écriture d’histoires à plusieurs mains, création d’outils…), collecte et partage d’informations sur un thème, participation à des « tweetchats ».

Les élèves et moi-même nous interrogeons donc…
Babytwit est un espace fermé, très sécurisé et très sécurisant pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans l’utilisation d’un réseau social au service des apprentissages, mais ne complexifie-t-il pas le partage (nécessité de se créer un compte, d’une validation pour les abonnés…) ?
Si l’outil Twitter est bien maîtrisé par l’enseignant, pourquoi ne pas utiliser un compte classe en prenant toutes les précautions d’usage, pour communiquer via un réseau plus connu et davantage utilisé par les familles?

Pour conclure, intégrer un outil de micro-blogging tels que Babytwit ou Twitter à son enseignement, c’est accepter de bousculer ses pratiques, d’ouvrir sa classe sur l’extérieur mais c’est surtout le moyen de préparer efficacement les élèves à une communication numérique tellement présente dans leur quotidien. Après quelques semaines d’utilisation, on s’aperçoit également que cet outil de partage est non seulement un vecteur de motivation et d’engagement chez nos élèves mais qu’il offre un potentiel pédagogique indéniable.

Sandrine Gourdon-D’Henin
CM2 – Ecole Hamelin - Paris