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Une professeur d’hôtellerie restauration dans un lycée de Séoul

mis à jour le 12/12/16

Dans le cadre du programme Jules Verne et du partenariat de coopération entre l’Académie de Paris et le Rectorat de Séoul (Seoul Metropolitan Office of Education), Madame Cynthia Perrod, professeur en hôtellerie restauration a été affectée à Seoul Tourism High School, par ailleurs partenaire du lycée hôtelier Guillaume-Tirel pour l’année scolaire 2016-17

Dans le cadre du programme Jules Verne et du partenariat de coopération décentralisé signé entre l’Académie de Paris et le Rectorat de Séoul (Seoul Metropolitan Office of Education), Madame Cynthia Perrod, professeur certifiée en hôtellerie restauration a été affectée à Seoul Tourism High School, par ailleurs partenaire du lycée hôtelier Guillaume-Tirel (75014) pour l’année scolaire 2016-17. Voici le premier témoignage qu’elle nous adresse :

Le lycée Seoul Tourism High School est spécialisé dans l’art culinaire, la restauration aérienne, l’animation de casinos, le service de restaurant et le tourisme. Les élèves en cuisine peuvent s’exercer en cuisine chinoise et asiatique, en cuisine occidentale et en pâtisserie. Mais contrairement à nos restaurants d’application aucune production ne part à la vente.

-Cynthia Perrod eleves

Les élèves sont disciplinés et éduqués aux actes de civisme. A tour de rôle ils sont sollicités pour accueillir leurs camarades sur le dernier boulevard et à l’entrée de l’école. D’autre part, ils arrivent avant leurs enseignants pour nettoyer les abords du lycée, mais aussi le lycée et même la salle des professeurs. La tenue est celle du Lycée. Chaque matin à 8h20 un message est diffusé dans toute l’école : une leçon de morale inspirée de la Bible, car, rappelons-le, il s’agit d’une école privée sous contrat.

Les langues enseignées sont l’anglais, 6h00 par semaine, le japonais ou le chinois, 3h00 par semaine. La deuxième langue est obligatoire. Plus de la moitié des élèves choisiront de quitter le cycle professionnel pour s’orienter vers des études universitaires plus classiques, voire d’autres études dans d’autres lycées. Les autres iront directement travailler.

Dès lors que le repas gastronomique des Français est inscrit au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, rien de plus facile que de partager la culture française au travers de sa gastronomie, mais aussi du savoir-vivre à la française, comme une pratique sociale.

J’ai travaillé à partir de produits connus des Coréens mais consommés différemment par les Français : le riz et la pomme. Les recettes proposées étaient : le riz au lait, la crêpe à la fleur d’oranger fourrée à la pomme caramélisée au beurre salé, la compote de pommes et la confiture de lait. Les impressions gustatives ont été positives. Il était intéressant de constater que les jeunes Coréens ont des goûts proches des Occidentaux surtout sur leur rapport au sucre. Ceci n’est pas le cas de leurs ainés. Les étudiants n’ont pas l’habitude des cours expérimentaux. Ils ont peu l’habitude d’exprimer leurs opinions. Après trois cours ils commencent à se sentir plus à l’aise sur cet exercice. Les cours se passent en anglais ou en français selon les traductrices présentes. Il est intéressant de constater que dans le cadre de cet échange culturel et pédagogique, nous apprenons à nous connaître mais surtout à nous comprendre. Je suis également agréablement surprise de constater que ces jeunes lycéens, à qui le français n’est pas dispensé au lycée, me sollicitent régulièrement pour apprendre un peu de vocabulaire de la langue française.

En étudiant les vins français, j’ai découvert les vins coréens, même les lycéens ignoraient qu’il y avait de jeunes vignobles en Corée. Lors d’une dégustation de choucroute alsacienne, nous sommes remontés à l’histoire du chou fermenté et au Kimchi. Nous étudions les influences lointaines de nos cuisines respectives et pourtant parfois bien liées.

J’ai la chance également d’assister deux enseignants de français sur deux lycées généraux. J’ai proposé des cours d’ouverture culturelle et parfois un complément d’apprentissage de la langue française par des outils plus ludiques. En trois semaines j’ai constaté des progrès extraordinaires des lycéens. Et enfin j’ai préparé deux jeunes filles à la 10e édition du concours national des lycées francophones  avec pour sujet « Cultures françaises en Corée ». Elles ont été classées en tête du podium toutes les deux. Pour leur prestation orale, nous avions travaillé l’implicite du gestuel, du ton, de la posture, du visage, de la respiration, etc. Nous avons constaté ensemble que la langue française était beaucoup plus complexe dans son langage implicite que dans son langage parlé.

Quant à mes relations avec mes collègues enseignants et la direction de SMOE, elles sont extraordinaires. Je propose des cours le vendredi à une équipe enseignante et d’autres suivront dans d’autres établissements.

Je souhaite réellement que cet échange soit bilatéral et que mon pays puisse à son tour accueillir des enseignants de la République de Corée du sud dans ses écoles.

Cynthia Perrod