Copie de L'Archive du mois de février 2020

Marie-Louise Peyrat, marquise AV

Marie Arconati Visconti, femme engagée et mécène de l’Université de Paris.

Cette année 2020 marque le 180ème anniversaire de la naissance d’une des plus grandes bienfaitrices de l’Université de Paris.

“[…] J’ai cru toujours et j’ai fondé ma vie sur cette croyance – que les œuvres utilitaires n’étaient pas utiles, et que les choses utiles entre toutes, les choses humaines par excellence étaient les lettres et les sciences par lesquelles se crée lentement une humanité supérieure. Il n’y a pas à mes yeux d’établissement philanthropique qui égale en bienfaisance les Universités où s’élaborent les vérités nouvelles et la civilisation de demain.”
Lettre de la marquise au recteur Paul Appell, Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne MS 1940 F. 12-13

 Marie Louise Jeanne Peyrat est née le 26 décembre 1840 à Paris. Issue d’une famille laïque et républicaine, elle devient marquise par son mariage avec Gianmartino Arconati Visconti qu’elle rencontre selon toute vraisemblance à l’École des chartes qu’elle fréquente en auditrice libre. Son mari décède après seulement trois années de mariage. Elle hérite alors d’une fortune considérable dont elle fait profiter généreusement les musées (musée des arts décoratifs, musée du Louvre) et les institutions d’enseignement et de recherche (Université de Paris, École des hautes études, Collège de France). A titre d’exemple, elle finance à hauteur d’un million de francs la construction de l’institut de géographie rue Saint-Jacques et porte à trois millions de francs son soutien à la création de l’institut d’art et d’archéologie rue Michelet, à Paris.

 

 

Institut art Paul-Bigot-Paris©MarcBaronnet

Institut d'art et d'archéologie édifié par Paul Bigot à Paris. ©MarcBaronnet

 

En outre, la marquise fonde de nombreux prix et bourses. Tous portent le nom d’un être aimé ou estimé comme Alphonse Peyrat, son père, Raoul Duseigneur, son tendre ami, et Auguste Molinier, le chartiste dreyfusard dont le prix éponyme récompense encore aujourd’hui la meilleure thèse soutenue chaque année à l’École des chartes.

Son apport financier se double de dons en nature : bibliothèques, œuvres d’art, mobilier, objets et bijoux que l’on peut voir au musée des arts décoratifs.

bijou tête femme lalique

René Lalique, Broche Tête de femme coiffée d'une aile de paon et d'un serpent. [1898-1899], musée des arts décoratifs.

 

Très loin d’être exhaustif, ce petit inventaire de la générosité constante d’une mécène éclairée par ses connaissances et son entourage intellectuel (hommes politiques, érudits, amateurs d’art, recteurs de l’académie de Paris) démontre son influence bienfaisante sur le monde des arts, de l’histoire, des lettres et des sciences.

Le 3 mai 1923, la marquise s’éteint après avoir fait de l’université de Paris sa légataire universelle.

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Testament de Marie Arconati-Visconti.Paris, Archives nationales, MC/ET/XXXIV/1699. © SCN Archives nationales

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Extrait du testament cité.